Afrique : Le collectivisme, une menace pour la lutte contre la pauvreté ?

Depuis les années 60, les pays africains cherchent à accéder à leur indépendance tant économique que politique. Cependant lorsqu’ils cherchent à rompre avec le système colonialiste, ces « leaders nationalistes » ont eu du mal à choisir le système économique propre à l’identité africaine.

A croire que le système capitaliste était propre au colonialisme, plusieurs d’entre eux ont voulu adopter le collectivisme comme système économique de leurs pays. Cependant, il y a lieu de se demander : Pourquoi nous sommes toujours dans la pauvreté ? Et si nous avons fait fausse route dès la recherche de nos indépendances, depuis les années 60 ?  

Quid du collectivisme.

Le collectivisme est un système économique (philosophie) fondé sur la propriété collective des moyens de production, selon le dictionnaire Larousse. Les adeptes du collectivisme voient la lutte de la pauvreté dans l’initiative publique / coopérative, collectivité. Donc, le mot clés de l’idéologie du collectivisme réside dans ce qu’elle considère comme important: « le groupe ».

En raison de vouloir rompre avec le colonialisme, les dirigeants africains ont voulu adopter un système économique radicalement opposée. Dans leurs plans de développement, nous y trouvions souvent ce que Georges Ayittey a qualifié « religion de développement, qui a façonné ou dirigée une grande partie de l’effort de développement postcoloniale ».

Donc, après l’indépendance des pays africains, de nombreux dirigeants nationalistes africains adoptèrent une idéologie socialisme comme idéologie directrice. Et au lieu de chercher aux problèmes africains les solutions internes africaines, ils cherchaient les solutions extérieures. Et cela dans la tendance de la « religion de développement ».

Cette tendance n’a pas cessé de se développer. Aujourd’hui, la majorité des pays africains fêtent leurs plus de 60 ans d’’indépendance politique. Mais l’indépendance économique reste à désirer. La pauvreté reste une grande menace de nos pays malgré les multiples politiques pour en sortir. Et nous devrions nous poser cette question actuellement : « Et si nous avons fait fausse route il y a plus de 60 ans ? »

 Une philosophie vouée à l’échec ?

En Afrique, nous rencontrons souvent des discours prônant le collectivisme : promotion des coopératives et associations dans la recherche du bonheur ou pour lutter contre la pauvreté. Cela n’est pas d’aujourd’hui, il date depuis la recherche de l’indépendance de nos pays. L’expérience et l’histoire montrent que l’adoption du système économique collectiviste a échoué dans la lutte contre la pauvreté dans le monde entier.

Dans son article critique du collectivisme en URSS, l’auteur Gérard-Michel Thermeau se posait cette question cruciale : « Le  socialisme réel aurait un bilan globalement positif selon ses adeptes. Qu’en dit vraiment l’histoire ?» La force est de constater que ce système n’a jamais réussi. Il conclut : « Le communisme reste toujours à l’horizon. Faut-il s’en étonner ? Seul le marché est intéressé à satisfaire les désirs individuels. En supprimant le marché, l’économie socialiste mettait en avant les seuls besoins définis par les gouvernants. »

En Afrique en général, nous avons essayés le collectivisme, sous toutes ses formes. Malheureusement cela a échoué tout comme dans le monde entier. Il est clair que cela ne pourrait jamais fonctionner à n’importe quelles stratégies « planifiées ». C’est un système défaillant, à la fois conceptuellement et moralement et qui cause en plus trop de morts. Il finit toujours à créer des inégalités et des classes dans un même « groupe ». Toujours les profitants sont les dirigeants du « groupe ». Ce n’est pas difficile de voir cela. Portez vos regards dans les pays communistes. Pourquoi allez loin ? Non, restez ici.

Pour avancer mieux dans notre lutte, il est primordial d’adopter l’opposé du collectivisme et de l’étatisme. Cela consiste à accorder aux gens la liberté de commercer, reconnaître les gens comme des individus différents capables de rechercher leur propre bonheur tel que défini par eux-mêmes.

Par Lambert Nduwayezu, Fondateur et Directeur de l’Institute for Economics and Enterprises

Capitalisme de copinage vs liberté économique, un vilain couple ? 

Pour se développer, le secteur privé doit nécessairement s’appuyer sur les principes de la liberté économique et de la libre concurrence. Cependant, le capitalisme de copinage vient briser la chaîne de confiance en favorisant une seule partie qui empochent des forts revenus au détriment des concurrents sans aucune règle de compétence observée. Notre blogueur Odyssée Niyonkuru fait immersion dans l’œuvre « Moralité du capitalisme » de Tom G Palmer.

Lorsque les marchés sont libres, chacun est libre d’innover et d’entreprendre pour participer activement dans la concurrence du marché. Cette libéralisation économique stimule alors l’esprit d’entreprendre en augmentation en même temps la disponibilité et la diversification des produits sur le marché. En conséquence, les revenus et l’emploi augmentent, tandis que le chômage et le prix des produits sur le marché ont tendance à diminuer.

 Dans son ouvrage  » Moralité du capitalisme « , Tom G Palmer souligne que « Dans de nombreux pays, si quelqu’un est riche, il y a de fortes chances qu’il (plus rarement elle) détienne le pouvoir politique ou soit un proche parent, ami, ou un partisan, en un mot, un « copain » de ceux qui détiennent le pouvoir, et que la richesse de cette personne est venue, non pas du fait d’être un producteur de marchandises générant une valeur, mais du fait de jouir des privilèges que l’État  conférer à certains au détriment des autres ».

Quel est le meilleur choix pour le Burundi ?

Tant qu’une économie fonctionne en capitalisme de copinage, aucune croissance économique forte et durable, aucune politique de lutte contre les inégalités sociales et aucun accroissement des investissements privés et des emplois ne pourraient voir le jour.  Car dans un tel système, les acteurs privés sont incités, non pas à créer de la valeur par l’innovation, la concurrence et l’amélioration de la productivité, mais à exploiter des relations politiques pour obtenir des monopoles ou des avantages de toutes sortes, exonérations et des privilèges que décrochent certains mais pas d’autres.

Selon Faustin Ndikumana directeur de Parcem :  » Le manque de concurrence dans les marchés publics, la multiplication des monopoles, les tricheries dans les exonérations provoquent une concurrence déloyale gravement nocive au développement du secteur privé. Il faut prendre des mesures fortes pour assainir le secteur des marchés publics et des exonérations. Si non il y a risque de voir se développer au Burundi un capitalisme de copinage comme ça a été dans certains pays.”, explique-t-il.

L’Etat ne devrait pas intervenir dans les affaires privées. Cela pour laisser la libre concurrence qui est un moyen de stimuler l’innovation pour les entreprises, qui met en œuvre des techniques de production les plus efficaces, améliorer la qualité des services offertes et baisser les prix pour les clients mais plutôt favoriser plus que jamais “ le capitalisme de concurrence  » fondé sur l’égalité des chances et l’État solidaire, où le marché récompense véritablement l’initiative, le talent et la prise de risque entrepreneuriale. Ce qui est sûr, la concurrence est susceptible de garantir et de favoriser l’enrichissement du plus grand nombre grâce à la liberté économique.

En gros, comme le disait Walter E. Williams : »Ce dont une nation a besoin, c’est d’une séparation entre les affaires et l’État comme il y a séparation entre l’Eglise et l’État.  Cela signifierait que le capitalisme de connivence et le socialisme de copinage ne pourraient pas survivre « 

A propos de l’Auteur :

 Odyssée Niyonkuru, étudiant à l’Université de Ngozi et blogeur à l’Institute for Economics and Enterprises

Un fusil à trois coups détruit les économies africaines : inflation, dette publique et impôts élevés

Aujourd’hui, il est concluant que les  expériences socialistes africaines ont échoué, tout comme l’approche de développement menée par l’État. Non seulement l’approche fortement étatiste n’a pas permis de développer les économies africaines, mais elle a aggravé la pauvreté . Dans ce contexte de systèmes économiques étatiques répressifs, la plupart des pays africains sont pris au piège d’une inflation élevée, d’une dette élevée, d’une fiscalité élevée, d’une forte dépendance, d’une aggravation de la pauvreté, de l’insécurité alimentaire, d’un chômage de masse chronique et d’autres problèmes omniprésents. 

Première baril : Inflation élevée

Les monnaies instables et inflationnistes de l’Afrique ont été un obstacle important au développement économique en raison de leur effet déstabilisateur et appauvrissant. Une croissance économique organique et durable doit nécessairement être tirée par l’épargne, et non par la dette, les dépenses déficitaires ou l’impression d’argent. A long terme, l’inflation aboutit à l’effondrement de la monnaie. C’est ce qui s’est passé en Angola dans les années 1990 et au Zimbabwe dans la première décennie des années 2000.

Les preuves du passé et du présent, provenant des pays développés et en développement, montrent sans équivoque que l’inflation est une politique du gouvernement et de la banque centrale qui ne peut pas durer éternellement et qui a une fin catastrophique, aussi longue soit-elle. L’Afrique postcoloniale a été en proie à une grave instabilité monétaire due à l’inflation : crises monétaires, fluctuations monétaires erratiques, dévaluations monétaires, réinitialisations monétaires et même hyperinflation. Une situation monétaire aussi chaotique, déstabilisante et appauvrissante n’est ni accidentelle ni naturelle. C’est la conséquence inhérente des systèmes de monnaie fiduciaire de l’Afrique dans le contexte du colonialisme monétaire . 

D’une part, une monnaie stable et digne de confiance stimule la formation de capital local (c’est-à-dire l’épargne), conduisant à des investissements et à un esprit d’entreprise locaux, ce qui conduit à une croissance économique organique, décentralisée et durable. Une économie basée sur une monnaie fiable (par exemple, la monnaie d’or ), associée à d’autres facteurs tels que des impôts bas et la liberté économique, attire également davantage de capitaux et de talents étrangers, ce qui conduit à une prospérité généralisée. 

D’autre part, les monnaies peu fiables et inflationnistes, telles que les monnaies africaines d’aujourd’hui, auront l’effet inverse. Dans un contexte d’instabilité monétaire et d’inflation galopante, les gens auront tendance à moins épargner, à dépenser plus vite et à éviter les investissements à long terme et les entreprises. Et la formation de capital, l’attraction de capital et le déploiement de capital à long terme sont essentiels à l’industrialisation et à une prospérité durable. En déplaçant les incitations de la réflexion, de l’épargne et de la production à long terme vers la réflexion, la consommation et les activités économiques à court terme, les monnaies inflationnistes sapent le développement économique. Ils conduisent à la désindustrialisation et rendent la société plus dépendante de l’État. Notez que plus un système dépend de l’État, plus il devient cruel, oppressant et donc insoutenable.

De plus, en maintenant l’instabilité monétaire et une inflation élevée, les gouvernements africains détruisent le capital local, minent la formation de capital et veillent à ce que le capital local reste lamentablement rare. Cela maintient les pays africains pauvres et dépendants de l’aide systémique (prêts et subventions) et des injections de capitaux étrangers. Cette situation, créée par une politique gouvernementale malavisée, laisse les gouvernements africains endettés et à la merci d’acteurs étrangers prédateurs.

Deuxième baril : endettement élevé 

Bien que la dette soit un problème économique mondial , le fardeau de la dette affecte les pays différemment. Les conséquences pernicieuses de l’endettement sont plus invalidantes et plus rapides à se manifester dans les pays en développement que dans les pays développés.

Ne pouvant ou ne voulant pas voir les dépenses déficitaires pour le modèle ruineux qu’elles sont, de nombreux gouvernements africains répètent les erreurs du passé et enfoncent davantage leurs économies dans la ruine économique en accumulant une dette excessive (et en imposant par conséquent des charges fiscales plus lourdes). Bien que les rapports faisant état d’une crise imminente de la dette en Afrique soient probablement exagérés, l’accumulation de la dette des pays africains est alarmante .

Hormis le Soudan, l’Érythrée, le Cap-Vert, le Mozambique, l’Angola, Maurice et la Zambie, qui ont des ratios dette/PIB proches ou supérieurs au seuil de 100 %, le ratio moyen dette/PIB en Afrique oscille autour de 60 %, ce qui est inférieur au ratio moyen des pays développés, dont beaucoup ont depuis longtemps dépassé le seuil de 100 %. Pourtant, l’accumulation de la dette de l’Afrique est imprudente, insoutenable et dangereuse. 

Un endettement excessif nuit aux économies africaines de huit manières :

  1. Il perpétue l’approche de développement menée par l’État, qui n’a pas réussi à générer la prospérité économique et a laissé la plupart des économies africaines dans une situation précaire caractérisée par la dépendance, la pauvreté, la tyrannie, la corruption, l’inflation galopante et la désindustrialisation.
  2. En perpétuant l’approche de développement impulsée par l’État, les dépenses publiques alimentées par la dette aggravent la pauvreté , consolident la répression politique et économique et retardent ainsi davantage les réformes favorables au marché dont les sociétés africaines ont un besoin urgent pour se développer véritablement et affronter les tempêtes économiques mondiales.
  3. Les remboursements de la dette paralysent davantage des économies déjà paralysées en détournant des parts de plus en plus importantes des recettes publiques vers le service de la dette. Pire encore, les pays africains paient des taux d’intérêt beaucoup plus élevés ( 5 à 16 % ) sur leurs euro-obligations que les pays développés, qui, grâce aux taux d’intérêt ultra bas artificiels de leurs banques centrales, ont tendance à payer des intérêts quasi nuls sur leur dette ;
  4. Comme la plupart des dépenses publiques, les dépenses publiques africaines ont tendance à être embourbées dans la corruption, le copinage, le détournement de fonds, la recherche de rentes, la surfacturation et le gaspillage, ce qui signifie en fin de compte qu’elles font plus de mal que de bien. Cela ne conduit qu’à un endettement supplémentaire pour maintenir la frénésie des dépenses – un cercle vicieux qui attire davantage d’opportunistes politiques et économiques à la recherche d’un poste ou pour s’enrichir grâce aux dépenses et aux faveurs du gouvernement.
  5. Cela conduit à l’injustice et à un écart plus large d’inégalité de revenus et de richesse, car les politiciens et leurs associés (par exemple, les grandes entreprises et autres groupes d’intérêts) bénéficient en premier et le plus de ces injections d’argent par le biais de divers programmes.
  6. Les dépenses publiques motivées par la dette signifient également un fardeau fiscal plus lourd (c’est-à-dire plus oppressif) à l’avenir. Les impôts élevés sont l’un des principaux obstacles au développement économique. Moins de développement signifie plus de pauvreté, plus de souffrance humaine et plus de décès liés à la pauvreté.
  7. De plus, un endettement excessif conduit à une situation où les gens, leurs enfants et même les enfants à naître devront être imposés pour payer les dépenses gouvernementales largement inutiles et contre -productives d’aujourd’hui , qui ne font qu’enrichir les politiciens et leurs associés.
  8. En plus de tout cela, la dette (prêts et subventions) piège les pays africains dans la pauvreté et la vassalité aux gouvernements étrangers (principalement les États occidentaux, mais d’autres aussi, de nos jours).

Maintenant, pourquoi les politiciens africains optent-ils toujours volontairement pour ce modèle ruineux ?

Une partie de cela est le colonialisme monétaire ; une partie de cela est  le colonialisme philosophique . Mais une raison importante est que ce modèle est plutôt commode politiquement. Elle permet aux politiciens de faire des promesses électorales de conte de fées.

Troisième baril: Fiscalité élevée 

Nnete Okorie-Egbe était une princesse d’Akwete au Nigéria qui a mené une révolte de femmes contre la tyrannie coloniale britannique, en particulier contre la fiscalité oppressive, en 1929.  De même, un conte folklorique célèbre en Angola raconte qu’une fois, pour protester contre la fiscalité coloniale portugaise, les habitants du village de Caxito ont fait de la magie et ont envoyé un crocodile avec un sac d’argent dans la bouche au bureau colonial local pour payer des impôts. Bien qu’il s’agisse très probablement d’un mythe, le message est clair et le symbolisme est réel. A tel point qu’un monument alligator éternise ce conte. 

Des histoires de protestation comme celles-ci abondent à travers l’Afrique. Cela n’est pas surprenant car le concept d’imposition permanente et excessive est une imposition coloniale que les gouvernements africains postcoloniaux, au lieu de rejeter, ont doublé. L’Afrique précoloniale était caractérisée par peu ou pas d’imposition en raison de la tradition d’autonomie, de marchés libres et de libre-échange. Les sociétés apatrides étaient omniprésentes dans l’Afrique précoloniale.

Cependant, l’Afrique d’aujourd’hui est caractérisée par de tels degrés de taxation tyrannique qu’ils ressusciteraient Nnete Okorie-Egbe pour mener une autre révolte fiscale ou obligeraient les villageois de Caxito d’alors à envoyer non pas un mais une centaine de crocodiles au bureau des impôts en signe de protestation.

Business Insider Africa rapporte que :

« Les taux d’imposition des sociétés sont généralement plus élevés dans les pays en développement. En Afrique, le taux moyen d’imposition des sociétés est de 27,5 %, le plus élevé de toutes les régions. Le Tchad, les Comores, la Guinée équatoriale, la Guinée, le Soudan et la Zambie sont tous à égalité pour le deuxième taux d’imposition des sociétés le plus élevé au monde à 35,0 %. De nombreux pays de la région se classent également parmi les pires pour la facilité de faire des affaires, avec des coûts de démarrage élevés et de multiples barrières à l’entrée. »

Le fait que la région la plus pauvre ait les taux d’imposition des entreprises les plus élevés au monde est à la fois révélateur et déroutant. Au lieu de maintenir certains des régimes fiscaux les plus oppressifs au monde, l’Afrique devrait se vanter des charges fiscales les plus simples et les plus faibles, ce qui encouragerait grandement la formation de capital local, l’investissement, l’entrepreneuriat et une croissance économique durable.

De plus, comme nous le savons tous, les pays en développement ne peuvent presque jamais rembourser leurs dettes faute d’une économie solide. L’augmentation des charges fiscales dans ces économies précaires ne fera qu’appauvrir davantage des sociétés déjà appauvries.

En conclusion

Tel est le fusil à trois coups avec lequel la plupart des gouvernements africains, intentionnellement ou non, bombardent les sociétés africaines. On ne sait pas pourquoi les gouvernements africains, et non coloniaux, déploieraient une arme économique aussi destructrice contre les personnes mêmes qu’ils devraient servir et élever. Ce qui est clair, c’est qu’en maintenant un environnement d’inflation élevée, d’endettement élevé et de fiscalité élevée, les gouvernements africains veillent à ce que les sociétés africaines restent prises au piège de la tyrannie, de la dépendance et de la pauvreté.

Cet article a été initialement publié en Anglais par Mises Institute et a été traduit en français par Institute for Economics and Enterprises.

A propos de l’auteur: Manuel Tacanho est le fondateur d’Afridom, une start-up bancaire numérique solide basée sur l’argent pour l’Europe et l’Afrique. Il est également un défenseur des marchés libres et de l’argent sain pour le développement économique de l’Afrique.

BURUNDI : L’IMPORTANCE DES MARCHES DANS LA REGULATION DES DEVISES

Dans une société prospere, les marchés ont joué un role plus important pour la régulation du secteur économique. Dans ces marchés n’ignorent pas aussi le role de marché de change comme regulateur de taux de change comme Institute For Economics and Enterprises le montre.

En date du 07 Février 2020, une décision est prise par la Banque Centrale, Retrait d’Agrément qui a été donné à toutes les maisons qui achètent et vendent les devises au Burundi, comme nous le lisons dans la lettre du 07/02/2020 adressée à ces maisons. Selon cette lettre, les bureaux de change sont accusé de la « non-respect généralisé du contenu du circulaire no 1/RC/19 relative à la marge à appliquer dans leurs opérations et qui sont par conséquent à l’origine des conséquences néfastes sur l’économie burundaise. Rappelons que cette circulaire, signée le 19/09/2019, avait comme objectif d’abords de « préciser les modalités de fixation des cours acheteurs et vendeurs ainsi que la marge bénéficiaire des bureaux de change qui ne doit pas dépasser 15 % » et ensuite de « fixer les primes d’encouragement pour dénonciation de celui qui viole les dispositions de cette circulaire et/ ou celui exerce cette activité sans l’agrément de la Banque de République du Burundi.

Est-ce la meilleure décision ?

La quantité de devise au Burundi semble toujours minimale à voir nos besoins en ce produit nécessaires pour faire nos importations qui suivent une courbe croissante. Chercher donc à imposer un « taux de marge » incite aux spéculateurs de passer outre cette « imposition » pour générer plus de bénéfice

Egalement, des faits historiques nous démontrent la faiblesse d’imposition des règles dans le processus de la résolution de problèmes généraux surtout de ceux liées ou ayant la corrélation directe avec la décision individuelle dans l’interaction avec l’autre via le marché. Au lieu d’atténuer ou résoudre le problème, elle l’a aggravé exponentiellement. Le problème n’est pas seulement dû à ce que les marchés parallèles sont spéculateurs, achètent et vendent les devises à un taux dépassant le taux fixé par les autorités monétaires pour générer plus de profit ; car aucun agent économique n’est moins spéculateurs que les autres agents économiques, même le gouvernement. Le problème vient dans la non abondance de ce produit sur le territoire national, c’est-à-dire sa rareté.

Libéré le marché comme meilleur décision

Le marché est un système d’échanges où se rencontrent l’offre (les vendeurs) et la demande (les acheteurs). Dans une économie de marché libre, le prix est fixé par le marché. La rencontre de l’offre et de la demande fixe un « prix » qu’on appelle « prix d’équilibre ». C’est-à-dire ce « prix » que l’acheteur et le vendeur sont prêts, de commun accord, à échanger leurs biens. Sur le marché, c’est donc l’abondance du produit et ou /l’insatisfaction de qualité qui fait chuter le prix tandis que la rareté et/ou la qualité fait grimper le prix d’un produit. Donc les décisions règlementaires des autorités ne font qu’aggraver le problème étant donné qu’elles contraignent les agents économiques à ne pas agir selon leurs propres volontés ou décisions individuelles. Ce qui pourrait pousser ces agents économiques à chercher d’échapper à ces décisions par voie frauduleuse qui risquerai de faire perdre le pays beaucoup qu’à bénéficier. Donc, le Burundi doit reconnaitre l’importance du marché dans la régulation du secteur économique. Le marché doit rester un meilleur régulateur du prix en suivant les lois de l’offre et de la demande, car c’est seulement lui qui permet les gens d’interagir en suivant leurs propres profits sans nuire aux profits des autres.  En répétant Gary M. Galles, auteur sur FEE,

« Le marché libre transforme la concurrence destructrice de la jungle pour une maigre subsistance en une concurrence coopérative pacifique au service de soi et des autres… Sur le marché, tout le monde y gagne. C’est le marché – la société contractuelle… qui permet aux « faibles» de vivre de manière productive ».