Burundi : Libéralisation du secteur café, une aubaine pour booster les revenus agricoles ?

Au Burundi l’agriculture contribue 39,6 % au Produit Intérieur Brut (PIB) et offre 84% d’emplois. Elle fournit 95% de l’offre alimentaire et est le principal pourvoyeur de matières premières à l’agro-industrie, le café constitue la principale source des exportations agricoles et fait vivre plus de 6000 familles. Néanmoins, la nationalisation de la filière est de loin de produire les effets escomptés car la production évolue en dents de scie. Analyse de notre collègue Guy Marie Eloi IGIRUBUNTU.

En 2021,  Plus de 70% de la valeur des exportations sont dominés par 3 produits dont deux logent dans le secteur agricole. Les exportations du Burundi 2021 sont essentiellement dominées par le café, le Thé et les minerais qui totalisent à eux seuls 73,4% de la valeur totale des exportations des produits locaux. Leurs proportions sont : le café (32,3%), le thé (22,3%) et les minerais dits de 3Ts (18,8%).

En effet la filière café est un secteur porteur de croissance économique. Elle fait vivre des milliers de caféiculteurs, plus de 600milles familles qui s’occupent de la production de ce produit si stratégique et le café se présente comme la première source de devises issues des exportations. Sur 74,8 milliards de Fbu résultant des exportations pour le quatrième trimestre de l’année 2021, le café représente plus de 47%, soit 35,2 milliards de Fbu selon l’Office Burundais des recettes (OBR).

Les défis à relever

La production continue à diminuer malgré les stratégies de nationalisation de la filière café prises depuis la campagne café 2020-2021. La nationalisation de la filière est de loin de produire les effets escomptés. La production évolue en dents de scie ou tout simplement elle a fortement chuté. Les expéditions de café ont rapporté 26,6 millions $ en 2021/2022 l’avait signalé le ministère en charge de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage, le 22 juillet dernier. L’enveloppe affiche un recul de 13 % comparativement à la campagne précédente où un revenu de 30,7 millions $ avait été engrangé. Cette déconvenue est imputable à la forte baisse de l’offre qui est passée de près de 15 000 tonnes à seulement 6 490 tonnes durant ladite campagne. Une situation qui a entraîné une contraction des expéditions de 59 % à 6 384 tonnes.  

Plus largement, il s’agit de la troisième campagne consécutive marquée par une contreperformance à l’export depuis le record de 41 millions $ de recettes engrangées en 2018/2019, soit un an avant la renationalisation du secteur libéralisé depuis 1991. Un exploit qui avait été rendu possible grâce à une production de 25 000 tonnes de fèves.

Cette nationalisation a annulé aussi la compétition «Cup of excellence» qui, n’existe plus alors qu’elle encourageait les caféiculteurs à miser sur la qualité du café en vue d’obtenir des primes, propos d’un caféiculteur en durci. Cet évènement visait en quelque sorte la promotion du café. Pas mal d’acheteurs potentiels et de traders faisaient le déplacement pour s’emparer des meilleurs lots.

Que faire ?

A mon humble avis, il est important de repenser à la politique agricole pour valoriser les efforts des producteurs. Il s’avère également nécessaire de libéraliser et de labéliser le café burundais pour qu’il soit compétitif sur le marché régional et international. Il faudra également investir dans la promotion du meilleur café à travers la création des marchés de niche, continue le spécialiste. Tels techniques devraient se faire sur n’importe quel produit agricole surtout de rente en vue d’augmenter les quantités exportées qui apportent à leur tour des devises dans le pays et comme ça on stimulera progressivement la croissance économique de notre pays des tambours.

A propos de nous:

Institute for Economics and Enterprises est une organisation independante qui rève un Afrique libre et prospère.

Burundi : La corruption dans l’entrepreneuriat, sevrage à tout prix !

Le Burundi, avec un taux d’inflation des produits alimentaires de 15,1% en mars 2022, reste un pays où le mot « pénurie »  rime  facilement avec corruption.  A partir d’un 2000 Fbu donné ici et là, pour  avoir ceci ou cela en plus de la surtaxation, cette corruption devient une entrave au développement des petites entreprises. Notre collègue Romaine Gaby nous emmène à la rencontre des jeunes entrepreneurs.

Dans un système économique qui fait face à la recrudescence de la corruption, les grandes entreprises ont tendance à monopoliser le marché en évinçant leurs concurrents par tous les moyens qui piétinent les principes du marché libre. Parallèlement, les ponts de vins imposés aux détenteurs de petits business pour accéder au marché ou aux capitaux affectent de plus en plus l’entrepreneuriat des jeunes, ce qui met à genou l’esprit de la libre innovation et incite à la désobéissance fiscale et affecte ainsi les recettes publiques.

Analysant la complexité de l’économie burundaise, les chiffres laissent deviner que le pays des tambours souffre encore de la corruption chronique. Classée à la 168ème sur 180 pays dans l’indice de la corruption au monde, l’économie du Burundi continue à faire face aux vents contraires avec une croissance économique de 3,3 % en 2022, un produit intérieur brut (PIB) de 267 dollars américains et un taux d’inflation de 17,57 % au mois de juin 2022 tandis que les chiffres de l’Institut des statistiques et d’études économiques du Burundi (Isteebu) montre que le taux d’inflation des produits alimentaires est passé de 8,3% en novembre 2021 à 15,1% en mars 2022. Cette situation laisse les jeunes entrepreneurs perplexes.

De la corruption à la pénurie, une contre marche.

Pour dire vrai la corruption a existé depuis des lustres mais lorsqu’un pays qui peine à trouver du sucre, du ciment, des boissons,…  pour sa population alors que les usines transformatrices travaillent à la normale, il est sûr que cette corruption doit s’aggraver. L’entrepreneur, abasourdi, se voit obligé de mettre tout ce qui est à sa disposition pour assurer la production de ses limonades, pâtisseries, … d’autant plus que la demande ne fait qu’augmenter du jour au jour sur le marché. Par conséquent, il n’a d’autres choix que de donner le billet rouge (allusion au billet de 2000 BIF) pour accélérer la livraison ou bien acheter le service avant les autres.

 Ils témoignent…

« Je suis désolé de le dire mais depuis que j’ai enregistré mon entreprise à l’agence de développement du Burundi ADB, je ne fais que dépenser ici et là pour voir si mes marchandises arrivent à temps dans mes boutiques », se lamente Ladislas Ntunzwenimana, propriétaire d’une mini-boulangerie à Kamenge.

En effet, les coûts de déplacement ont flambé au pays de Nyaburunga avec la crise pétrolière de 2022 causée par la guerre en Ukraine. « C’est très difficile à expliquer. Imaginez-vous ! Avant la crise, 10 sacs de farine de blé étaient transporté à 2000 Fbu par un taxi-vélo. Aujourd’hui, avec la délimitation de la circulation des motos, Bajaj et des vélos, 10 sacs sont acheminés à la boulangerie pour 12.000 Fbu par un taxi voiture. Et ceci dépend des jours. Parfois le carburant manque partout et pour éviter une rupture de stock, je file un dix milles francs à un gars pour me faire ce deal », continue-t-il.

« … Là je ne calcule pas des bières achetées par ici et par là pour trouver cette personne capable d’avoir le carburant à tout moment. Aussi, les prix de transports vont parfois jusqu’à 20. 000Fbu. Sérieusement, je travaille pour ne pas fermer. Je ne fais que dépenser. »

Cette situation est partagée par plusieurs jeunes qui travaillent tant bien que mal juste pour joindre les deux bouts du mois. A cela s’ajoutent la problématique du secteur informel qui emploi beaucoup de jeunes, mais qui reste jusqu’ici malmené par les pouvoirs publics.

Renverser le tir, c’est encore possible.

Certes le gouvernement essai tant bien que mal pour booster l’entreprenariat des jeunes, en témoignent la création de la banque des jeunes et le programme PAEEJ. Nonobstant, pour sortir dans la pauvreté, le Burundi a encore un long chemin  à faire, c’est-à-dire que la politique économique en vigueur doit s’inspirer avant tout  aux principes du marché libre et aux règles de la libre concurrence en jugulant toute perversion et malversation économiques liée à chaque tentative de corruption. Au contraire toutes les initiatives ne pourront pas aboutir

De cette manière les jeunes entreprises et particulièrement celles des jeunes  pourraient avoir la chance d’accéder librement aux marchés et aux capitaux afin de contribuer dans activement dans l’accessibilité et diversification des produits, tremplins du développement économique du pays.

A propos de nous:

Institute for Economics and Enterprises est un Think Tank qui promeut la liberté économique et individuelle au Burundi en particulier et en Afrique en général.

La « Main Invisible » : un guide pour mieux comprendre l’économie

« La vie n’est pas ce que nous voulons. Il s’agit des choix que nous faisons. »  Beaucoup d’entre nous connaissent cette vieille scie, mais combien savent que c’est plus qu’une simple leçon de vie, qu’elle est en fait le noyau central de l’économie ? Le nouveau livre de Matthew Hennessey, Visible Hand: A Wealth of Notions on the Miracle of the Market , explique comment il en est ainsi, et ce faisant, il montre que l’économie n’a pas besoin d’être intimidante pour l’homme de la rue. En fait, en tant que quelqu’un qui avoue n’avoir rien connu de l’économie avant 30 ans, Hennessey, qui est actuellement rédacteur d’opinion au Wall Street Journal, révèle que nous le comprenons intuitivement même lorsque nous ne le réalisons pas.

Prenons la notion de « coût d’opportunité ». Hennessey note que nous sommes tous confrontés à des choix quant à l’endroit où passer notre temps, notre énergie et notre argent. Au lycée, par exemple, Hennessey mentionne qu’il avait le désir à la fois de jouer dans la pièce de théâtre de l’école et de sortir pour l’équipe de baseball, mais parce qu’ils se chevauchaient, il devait choisir entre eux. S’il choisissait le jeu, il devait abandonner le baseball, et vice versa.

En l’occurrence, il a choisi d’agir. Perdre la chance de jouer au baseball était donc un « coût d’opportunité » de cette décision. Et ce n’était pas le seul. En effet, choisir la pièce signifiait renoncer à des opportunités de travailler, d’étudier ou de passer du temps avec des amis, qui étaient toutes des options viables avant qu’il ne prenne sa décision. Le point, alors, est que nous vivons dans un monde où les ressources (y compris le temps) sont rares et pourtant nos désirs sont illimités, ce qui signifie qu’il n’y a pas de « solutions » pour satisfaire tous nos désirs, il n’y a que des alternatives, et choisir parmi impliquent toujours des coûts d’opportunité.

Ainsi, si la « rareté » est la première leçon de l’économie, une conséquence est que nos décisions sont prises à la marge, ou par rapport à si nous voulons plus ou moins de quelque chose. Pour le voir, considérons le choix entre l’eau et les diamants, également connu sous le nom de « paradoxe diamant-eau», qui a déconcerté les économistes pendant près d’un siècle. Même si l’eau est essentielle à la vie et que les diamants ne le sont pas, si nous avions le choix (et en supposant que toutes choses sont égales), nous choisirions d’avoir des diamants plutôt que de l’eau.

Pourquoi ?

La réponse est que lorsque nous faisons un choix, nous ne choisissons pas entre tous les diamants du monde et toute l’eau du monde, auquel cas nous choisirions d’avoir de l’eau pour notre survie. Au contraire, nous choisissons entre avoir plus d’eau ou avoir un diamant supplémentaire. Compte tenu de l’abondance relative de l’eau, en avoir plus n’apporte que peu de satisfaction supplémentaire ; à l’inverse, du fait de leur relative rareté, disposer d’un diamant supplémentaire apporte une satisfaction considérable, ou « utilité marginale », par rapport à l’eau.

À partir de là, Hennessey ajoute la notion de bon sens selon laquelle plus nous avons de quelque chose, moins nous avons tendance à le vouloir, ce que les économistes appellent « l’utilité marginale décroissante ». Il illustre cela par un exemple brillant qui est peut-être le plus mémorable du livre. Imaginez, dit-il, que vous êtes à une foire locale et que vous n’avez pas mangé de toute la journée. Au fur et à mesure que vous parcourez les options alimentaires, vous et vos amis décidez d’acheter un favori de l’enfance, la barbe à papa. « La première bouchée, dit-il, est délicieuse.

Tout le monde sourit avec les yeux alors que ça fond dans la bouche. Le plaisir et les rires se développent vers la deuxième bouchée, mais le frisson culmine immédiatement. La maximisation a été momentanément atteinte. Il pend comme un ballon de football en l’air. À la troisième bouchée, le plaisir est terminé. Tout le monde est dégoûté de soi. Vous et vos amis aimeriez pouvoir revenir en arrière et éviter complètement la barbe à papa.

Si l’utilité marginale est la satisfaction que nous recevons d’avoir la barbe à papa par rapport aux alternatives, la satisfaction décroissante qui vient de chaque bouchée supplémentaire de barbe à papa constitue le concept d’utilité marginale décroissante. Comme le dit Hennessey, « chaque bouchée de barbe à papa procure moins de plaisir, moins d’avantages, moins de satisfaction que la précédente ». La vente à emporter ? Nos décisions sont toujours prises dans un sens relatif – que ce soit d’avoir la prochaine bouchée de barbe à papa ou non – et pas dans un sens absolu – que ce soit d’avoir chaque bouchée de barbe à papa ou pas de bouchées du tout.

C’est une leçon économique essentielle que nos politiciens feraient bien d’apprendre. Après tout, parce que les gens prennent des décisions à la marge, un taux d’imposition sur le revenu trop élevé peut décourager les gens d’entreprendre des activités génératrices de revenus supplémentaires, ce qui signifie qu’une imposition élevée finit par réduire le bien-être, même lorsque cela peut ne pas sembler évident (voir , par exemple, le témoignage personnel de l’économiste Greg Mankiw à ce sujet ici ). Pourtant, les politiciens reconnaissent rarement ce fait lorsqu’ils fanfaronnent sur tous les avantages que leurs lourdes politiques fiscales et de dépenses apporteront.

De plus, Hennessey souligne que la relation entre « l’offre » et la « demande » n’est pas aussi confuse qu’il n’y paraît souvent, car ce sont en fait les deux faces d’une même médaille. Autrement dit, l’offre est la demande, et vice versa. Il aide le lecteur à voir cela en utilisant l’exemple d’une entreprise Lego que son fils aime. Lorsque la société Lego vend des Legos aux consommateurs, ses employés se retournent et dépensent de l’argent pour l’épicerie, l’essence et les divertissements. Ainsi, « l’offre » de Legos constitue la « demande » d’autres biens et services dans l’économie. 

Néanmoins, le livre regorge de leçons comme celle-ci qui sont éminemment relatables, et il est écrit d’une manière à la fois accessible et amusante pour le non-spécialiste. Plus important encore, peut-être, le lecteur en sortira-t-il en sachant que si la vie se résume aux choix que nous faisons, l’économie aussi.

Cet article est apparue pour la première fois en Anglais sur FEE et a été traduit en français par Institute for Economics and Enterprises

A propos de auteur

David Weinberg travaillait auparavant dans une institution de politique publique.

Qu’est-ce que l’économie ?

L’économie est un domaine passionnant. L’économie d’autrefois cherchait à découvrir comment le monde fonctionne. Cela a montré, ou même prouvé, qu’il existe un ordre naturel. Il y a une structure dans le chaos apparent. L’économie a quelque chose d’une vie propre : elle a une nature. Cela signifie non seulement que nous pouvons l’étudier et en apprendre davantage sur ses manières, mais aussi que nous ne sommes pas libres de le modifier à volonté et que nous ne pouvons pas le faire fonctionner d’une manière que nous pourrions préférer mais qui ne correspond pas à sa nature. Il y a des « lois » selon lesquelles l’économie fonctionne, et elles sont immuables. L’économie des trois derniers siècles s’est attachée à identifier, apprendre et comprendre ces lois.

Pour comprendre l’économie, il est essentiel de reconnaître qu’il s’agit d’actions et d’interactions humaines. En fait, l’économie, ce sont les gens qui agissent et interagissent. C’est peu ou rien d’autre. Nous avons tendance à penser à l’économie en termes de ressources, de machines, d’entreprises et peut-être d’emplois. Mais c’est une simplification qui induit en erreur. Ce sont des éléments importants, mais ce ne sont que des moyens pour parvenir à des fins. L’économie consiste à utiliser des moyens pour atteindre des fins. Autrement dit, c’est la façon dont nous agissons pour satisfaire nos désirs, pour nous améliorer. En termes simples, l’économie consiste à créer de la valeur.

Nos moyens sont limités mais nos désirs ne le sont pas. Nous devons trouver comment faire le plus possible avec le peu que nous avons. Si nous choisissons de poursuivre une fin, nous ne pouvons pas utiliser les mêmes moyens pour poursuivre également d’autres fins. En d’autres termes, il y a toujours un compromis. Chaque choix que nous faisons et chaque action que nous entreprenons signifie que nous renonçons à ce que nous n’avons pas choisi. Soit vous prenez la voiture pour faire un tour, soit vous restez à la maison. Vous ne pouvez pas faire les deux en même temps. Vous pouvez utiliser votre argent pour acheter une chose ou pour en acheter une autre. Ou vous pouvez économiser votre argent pour une autre fois. Mais le même argent ne peut pas être utilisé à la fois pour acheter quelque chose et être épargné aussi. Votre choix d’une chose signifie que vous n’avez pas et ne pouvez pas choisir l’autre. En choisissant une chose plutôt qu’une autre, en agissant, nous hiérarchisons la valeur des choses pour nous, nous économisons. L’économie, c’est nous tous qui économisons.

L’économie, son essence et son objectif

L’économie est un ordre non planifié. C’est ce qui émerge lorsque les gens vaquent à leurs occupations, lorsque nous agissons et interagissons comme bon nous semble.

L’économiste français du XIXe siècle Frédéric Bastiat a résumé cela dans une question : « Comment Paris est-il alimenté ? » Vivant dans une grande ville, les Parisiens ne produisent pas de nourriture mais y ont tout de même un accès abondant. La question importante est de savoir comment cela se produit. Après tout, il n’y a pas de plan central sur les types et les quantités d’aliments à proposer aux Parisiens et à quel moment. Personne ne dit aux agriculteurs quand et quoi semer, quelles terres utiliser pour chaque culture, quels outils utiliser ou développer, ou dans quelles villes, villages ou places de marché vendre leurs produits et à quels prix. Tout cela arrive. L’économie est « un système décentralisé et distribué où tous les gens – les agriculteurs comme les citadins – font leurs propres plans et décisions ». Ils ne se contentent pas d’exécuter les ordres d’un commandement central.

L’objectif de l’économie est de comprendre comment une économie, sous toutes ses formes, fonctionne : « la nature et le fonctionnement du processus global des personnes prenant leurs propres décisions, agissant et interagissant comme bon leur semble ». L’économie manque à la fois de plan et de planificateur. Il n’a même pas de but. C’est juste.

Mais les gens ont des objectifs. Ils ont des besoins et des désirs qu’ils s’efforcent de satisfaire par différents moyens. Certaines choses sont fournies par la nature, mais la plupart d’entre elles exigent que les gens fassent des efforts pour les produire. Ce sont les biens et services qui satisfont tous nos désirs. La production est au cœur de l’économie : « il s’agit de fournir autant de moyens que possible pour satisfaire autant de besoins hautement valorisés que possible »

Le problème économique

La production est un problème. Ce n’est pas simplement une question de combien de ressources sont disponibles. Il n’y a pas de relation constante entre l’entrée et la sortie. Très souvent, plus d’entrées peuvent produire plus de sorties, c’est vrai. Mais avec les innovations, nous obtenons plus de production par intrant, nous augmentons la productivité. Cela est encore plus évident lorsque nous parlons de la valeur de la production et pas seulement de la quantité. La valeur n’est jamais automatique. On peut utiliser beaucoup de ressources pour produire quelque chose qui s’avère être assez sans valeur. Si je produis un tableau, le résultat attendu n’aura que peu de valeur, quels que soient mes efforts ou la quantité de peinture que j’utilise. La même toile et la même peinture utilisées par Vincent van Gogh créeraient quelque chose de beaucoup plus précieux. En apposant sa signature sur ma peinture, cela augmenterait la valeur de ma peinture. Mais ma signature sur sa peinture diminuerait sa valeur.

La seule relation qui existe entre les entrées et les sorties est que les entrées doivent être utilisées pour produire des sorties. Nous ne pouvons pas créer quelque chose à partir de rien.

Le problème économique n’est pas la production en soi mais l’économie de la production. Il s’agit du problème qui se pose parce que nous n’avons pas plus de ressources que nous ne pouvons en trouver. En d’autres termes, les ressources sont rares. Il nous incombe donc de déterminer comment nos ressources peuvent être utilisées pour produire le meilleur résultat possible (en termes de valeur). Nous sommes devenus de plus en plus doués pour comprendre cela, surtout au cours des derniers siècles. Pendant des milliers d’années, nous avons fait très peu de progrès, mais soudain, avec ce qu’on appelle l’industrialisation, nation après nation a commencé à se sortir de la pauvreté grâce à des percées dans la production. L’intérêt pour l’économie coïncide avec ce développement.

D’où le titre du traité extrêmement influent d’Adam Smith : « Une enquête sur la nature et les causes de la richesse des nations. » Le titre attire l’attention sur les deux dimensions de la richesse nationale (prospérité) qui sont encore au cœur de l’économie : la nature de la richesse et ses causes. La nature de la richesse fait référence à la manière dont nous devrions la comprendre, à ce qui la compose et à la manière dont l’économie en tant que système est liée à la théorie de la valeur en tant que satisfaction personnelle. Les causes de la richesse renvoient aux origines et aux processus particuliers qui ont amené cette prospérité. Si nous les comprenons bien, nous pouvons sortir les gens de la pauvreté et créer une société toujours plus prospère. L’économie, en tant qu’étude du fonctionnement de l’économie, est donc aussi la science de la création de la prospérité.

L’économie comme compréhension

Être économiste, c’est étudier l’économie en tant que processus continu. Le but est de comprendre son fonctionnement et sa nature. Il s’agit de comprendre la nature et les causes de ces processus, mécanismes et ordres universels que nous identifions comme l’économie. Nous en apprenons davantage sur la prospérité et, surtout, sur la manière d’en produire davantage et de faire en sorte que davantage de personnes en bénéficient.

Pour comprendre le fonctionnement de l’économie, nous devons être humbles devant le fait qu’elle existe et qu’il y a un ordre, elle a une nature. La tâche de l’économiste n’est pas de prédire les spécificités de l’avenir, mais de découvrir les processus sous-jacents qui produisent les résultats économiques que nous pouvons observer. En d’autres termes, nous devons développer une logique pour comprendre les phénomènes et comportements économiques agrégés – une théorie économique. L’économie est un cadre pour penser et raisonner sur l’économie, pour donner un sens à ce qui se passe. Une « intuition », si vous voulez.

Il s’ensuit que l’apprentissage de l’économie consiste fondamentalement à acquérir des connaissances en économie afin de mieux comprendre le monde dont nous faisons partie. Le monde réel, et non le monde inventé, que l’on retrouve dans les modèles formalisés. Comme l’a dit Ludwig von Mises, « l’économie traite de l’homme réel, faible et sujet à l’erreur tel qu’il est, et non d’êtres idéaux, omniscients et parfaits comme seuls les dieux pourraient l’être ». Oui, exactement.


Cet article est le chapitre 1 du nouveau livre de Bylund, How to Think about the Economy  et a été initialement publiée en anglais par Mises Institute et traduit par Institute for Economics and Enterprises

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Per Bylund est professeur associé d’entrepreneuriat et professeur Records-Johnston d’entreprise libre à la School of Entrepreneurship de l’Oklahoma State University. Site Web : PerBylund.com .

La liberté économique, quelles sont les catégories considérées dans chaque pays ?

Le développement de l’indice a été dirigé par le Dr James Gwartney à la fin des années 1980 et au début des années 1990 comme moyen de mesurer la liberté économique dans chaque pays. Les pays sont notés sur la base de plusieurs catégories et sont répartis en quatre groupes (quartiles) allant du « plus libre » au « moins libre » ou « répressive ». L’indice calcule le score chaque année depuis 2000, et tous les cinq ans depuis 1970 selon les catégories suivantes taille du gouvernement, système juridique et droits de propriété, accès à la monnaie saine, liberté de commerce international et règlement, bref aperçu par Lambert NDUWAYEZU.

Comment mesurer l’indice de la liberté économique ?

Pour comprendre la liberté économique, nous devons examiner comment les auteurs de l’indice la mesurent. Donc quelles sont les catégories prises en compte par ces auteurs ?  Ils le font en considérant cinq catégories à savoir : taille du gouvernement, système juridique et droits de propriété, accès à la monnaie saine, liberté de commerce international et règlement :

De la taille du gouvernement. La première catégorie est la taille du gouvernement. La logique est simple : « plus il y a de ressources contrôlées par le gouvernement, moins les individus peuvent accéder librement aux ressources ». La catégorie mesure la taille du gouvernement en examinant les impôts, les dépenses et la quantité d’industries contrôlées par le gouvernement, entre autres.

L’indice mesure chaque catégorie de 1 à 10. Obtenir un score de 10 signifie que votre pays est le plus libre possible pour cette mesure. En d’autres termes, un « 10 » dans la catégorie de la taille du gouvernement signifierait que vous avez un gouvernement relativement petit. Un « 1 » signifierait que le gouvernement dépense et taxe à des niveaux très élevés.

Du système juridique et droits de propriété. Au cœur de la liberté économique se trouve « la capacité des individus à s’appuyer sur les tribunaux pour des décisions impartiales relatives à des litiges de propriété ». La mesure dans laquelle le gouvernement peut faire respecter les droits de propriété et les contrats de manière impartiale est essentielle à la liberté économique.

De l’accès à la monnaie saine. Les auteurs de l’indice reconnaissent qu’un aspect clé des droits de propriété est « l’accès à une monnaie qui permet l’échange ». Lorsque le gouvernement empêche l’accès à des devises solides et s’engage dans des politiques qui font fluctuer énormément la valeur d’une monnaie nationale, il entrave l’accès à une monnaie saine et entrave les échanges mutuellement bénéfiques.Les auteurs mesurent les variations de la masse monétaire, les variables d’inflation et l’accès aux devises étrangères.

De la liberté de commerce international. La liberté économique inclut la « possibilité d’échanger volontairement votre propriété avec qui vous voulez, quelles que soient les frontières nationales ». Les gains de bien-être qui découlent de la spécialisation permise par le commerce international sont depuis longtemps reconnus par les économistes.

Les droits de douane, les quotas et autres restrictions au commerce international sont considérés dans cette catégorie.

Du règlement. La dernière catégorie de l’indice est la réglementation. Les lois du travail réglementaires, les restrictions à la mobilité des capitaux (comme l’investissement) et les lourdes lois sur les licences sont un obstacle à un marché véritablement libre. Les lois qui rendent certains contrats illégaux en raison de leurs conditions ou des prétendues qualifications des participants constituent des obstacles au commerce volontaire.

L’auteur de l’indice, le Dr Gwartney, l’a résumé succinctement en disant : « Les gens continueront de débattre de la pertinence des politiques pandémiques, mais il ne fait aucun doute qu’elles ont réduit la liberté économique. Le danger maintenant est que bon nombre de ces politiques resteront en place à l’avenir. »

Et donc pourquoi la liberté économique ?

Nous pouvons donc se demander pourquoi la liberté économique est plus importante. Quel est le problème si un pays quelconque se trouve dans la catégorie « répressive » ou « moins libre » ? Théoriquement, l’argument en faveur de la liberté est clair. Lorsque « les gens sont libres de posséder et d’échanger des biens, ils s’efforcent d’améliorer la valeur de leur propriété ». Permettre l’échange permet aux individus d’échanger des choses qu’ils apprécient moins contre des choses qu’ils apprécient davantage.

Il y a beaucoup à dire sur les raisons pour lesquelles les marchés libres sont bons en théorie, mais l’indice de liberté économique montre également que les pays plus libres réussissent mieux dans la pratique. Autrement dit, la théorie fonctionne. Les auteurs constatent systématiquement que les pays « les plus libres » sont plus riches, vivent plus longtemps, ont plus de droits civils et sont plus alphabétisés. De plus, les plus pauvres des pays les plus libres économiquement sont plus riches que les plus pauvres des pays les moins libres. En d’autres termes, la liberté économique n’est pas seulement bonne pour les riches.

( Si vous êtes intéressés par une méthodologie détaillée viellez consulter le site Web de Fraser. )

Par Lambert Nduwayezu, Fondateur de l’Institute for Economics and Enterprises

Afrique : Le collectivisme, une menace pour la lutte contre la pauvreté ?

Depuis les années 60, les pays africains cherchent à accéder à leur indépendance tant économique que politique. Cependant lorsqu’ils cherchent à rompre avec le système colonialiste, ces « leaders nationalistes » ont eu du mal à choisir le système économique propre à l’identité africaine.

A croire que le système capitaliste était propre au colonialisme, plusieurs d’entre eux ont voulu adopter le collectivisme comme système économique de leurs pays. Cependant, il y a lieu de se demander : Pourquoi nous sommes toujours dans la pauvreté ? Et si nous avons fait fausse route dès la recherche de nos indépendances, depuis les années 60 ?  

Quid du collectivisme.

Le collectivisme est un système économique (philosophie) fondé sur la propriété collective des moyens de production, selon le dictionnaire Larousse. Les adeptes du collectivisme voient la lutte de la pauvreté dans l’initiative publique / coopérative, collectivité. Donc, le mot clés de l’idéologie du collectivisme réside dans ce qu’elle considère comme important: « le groupe ».

En raison de vouloir rompre avec le colonialisme, les dirigeants africains ont voulu adopter un système économique radicalement opposée. Dans leurs plans de développement, nous y trouvions souvent ce que Georges Ayittey a qualifié « religion de développement, qui a façonné ou dirigée une grande partie de l’effort de développement postcoloniale ».

Donc, après l’indépendance des pays africains, de nombreux dirigeants nationalistes africains adoptèrent une idéologie socialisme comme idéologie directrice. Et au lieu de chercher aux problèmes africains les solutions internes africaines, ils cherchaient les solutions extérieures. Et cela dans la tendance de la « religion de développement ».

Cette tendance n’a pas cessé de se développer. Aujourd’hui, la majorité des pays africains fêtent leurs plus de 60 ans d’’indépendance politique. Mais l’indépendance économique reste à désirer. La pauvreté reste une grande menace de nos pays malgré les multiples politiques pour en sortir. Et nous devrions nous poser cette question actuellement : « Et si nous avons fait fausse route il y a plus de 60 ans ? »

 Une philosophie vouée à l’échec ?

En Afrique, nous rencontrons souvent des discours prônant le collectivisme : promotion des coopératives et associations dans la recherche du bonheur ou pour lutter contre la pauvreté. Cela n’est pas d’aujourd’hui, il date depuis la recherche de l’indépendance de nos pays. L’expérience et l’histoire montrent que l’adoption du système économique collectiviste a échoué dans la lutte contre la pauvreté dans le monde entier.

Dans son article critique du collectivisme en URSS, l’auteur Gérard-Michel Thermeau se posait cette question cruciale : « Le  socialisme réel aurait un bilan globalement positif selon ses adeptes. Qu’en dit vraiment l’histoire ?» La force est de constater que ce système n’a jamais réussi. Il conclut : « Le communisme reste toujours à l’horizon. Faut-il s’en étonner ? Seul le marché est intéressé à satisfaire les désirs individuels. En supprimant le marché, l’économie socialiste mettait en avant les seuls besoins définis par les gouvernants. »

En Afrique en général, nous avons essayés le collectivisme, sous toutes ses formes. Malheureusement cela a échoué tout comme dans le monde entier. Il est clair que cela ne pourrait jamais fonctionner à n’importe quelles stratégies « planifiées ». C’est un système défaillant, à la fois conceptuellement et moralement et qui cause en plus trop de morts. Il finit toujours à créer des inégalités et des classes dans un même « groupe ». Toujours les profitants sont les dirigeants du « groupe ». Ce n’est pas difficile de voir cela. Portez vos regards dans les pays communistes. Pourquoi allez loin ? Non, restez ici.

Pour avancer mieux dans notre lutte, il est primordial d’adopter l’opposé du collectivisme et de l’étatisme. Cela consiste à accorder aux gens la liberté de commercer, reconnaître les gens comme des individus différents capables de rechercher leur propre bonheur tel que défini par eux-mêmes.

Par Lambert Nduwayezu, Fondateur et Directeur de l’Institute for Economics and Enterprises

Capitalisme de copinage vs liberté économique, un vilain couple ? 

Pour se développer, le secteur privé doit nécessairement s’appuyer sur les principes de la liberté économique et de la libre concurrence. Cependant, le capitalisme de copinage vient briser la chaîne de confiance en favorisant une seule partie qui empochent des forts revenus au détriment des concurrents sans aucune règle de compétence observée. Notre blogueur Odyssée Niyonkuru fait immersion dans l’œuvre « Moralité du capitalisme » de Tom G Palmer.

Lorsque les marchés sont libres, chacun est libre d’innover et d’entreprendre pour participer activement dans la concurrence du marché. Cette libéralisation économique stimule alors l’esprit d’entreprendre en augmentation en même temps la disponibilité et la diversification des produits sur le marché. En conséquence, les revenus et l’emploi augmentent, tandis que le chômage et le prix des produits sur le marché ont tendance à diminuer.

 Dans son ouvrage  » Moralité du capitalisme « , Tom G Palmer souligne que « Dans de nombreux pays, si quelqu’un est riche, il y a de fortes chances qu’il (plus rarement elle) détienne le pouvoir politique ou soit un proche parent, ami, ou un partisan, en un mot, un « copain » de ceux qui détiennent le pouvoir, et que la richesse de cette personne est venue, non pas du fait d’être un producteur de marchandises générant une valeur, mais du fait de jouir des privilèges que l’État  conférer à certains au détriment des autres ».

Quel est le meilleur choix pour le Burundi ?

Tant qu’une économie fonctionne en capitalisme de copinage, aucune croissance économique forte et durable, aucune politique de lutte contre les inégalités sociales et aucun accroissement des investissements privés et des emplois ne pourraient voir le jour.  Car dans un tel système, les acteurs privés sont incités, non pas à créer de la valeur par l’innovation, la concurrence et l’amélioration de la productivité, mais à exploiter des relations politiques pour obtenir des monopoles ou des avantages de toutes sortes, exonérations et des privilèges que décrochent certains mais pas d’autres.

Selon Faustin Ndikumana directeur de Parcem :  » Le manque de concurrence dans les marchés publics, la multiplication des monopoles, les tricheries dans les exonérations provoquent une concurrence déloyale gravement nocive au développement du secteur privé. Il faut prendre des mesures fortes pour assainir le secteur des marchés publics et des exonérations. Si non il y a risque de voir se développer au Burundi un capitalisme de copinage comme ça a été dans certains pays.”, explique-t-il.

L’Etat ne devrait pas intervenir dans les affaires privées. Cela pour laisser la libre concurrence qui est un moyen de stimuler l’innovation pour les entreprises, qui met en œuvre des techniques de production les plus efficaces, améliorer la qualité des services offertes et baisser les prix pour les clients mais plutôt favoriser plus que jamais “ le capitalisme de concurrence  » fondé sur l’égalité des chances et l’État solidaire, où le marché récompense véritablement l’initiative, le talent et la prise de risque entrepreneuriale. Ce qui est sûr, la concurrence est susceptible de garantir et de favoriser l’enrichissement du plus grand nombre grâce à la liberté économique.

En gros, comme le disait Walter E. Williams : »Ce dont une nation a besoin, c’est d’une séparation entre les affaires et l’État comme il y a séparation entre l’Eglise et l’État.  Cela signifierait que le capitalisme de connivence et le socialisme de copinage ne pourraient pas survivre « 

A propos de l’Auteur :

 Odyssée Niyonkuru, étudiant à l’Université de Ngozi et blogeur à l’Institute for Economics and Enterprises

Un fusil à trois coups détruit les économies africaines : inflation, dette publique et impôts élevés

Aujourd’hui, il est concluant que les  expériences socialistes africaines ont échoué, tout comme l’approche de développement menée par l’État. Non seulement l’approche fortement étatiste n’a pas permis de développer les économies africaines, mais elle a aggravé la pauvreté . Dans ce contexte de systèmes économiques étatiques répressifs, la plupart des pays africains sont pris au piège d’une inflation élevée, d’une dette élevée, d’une fiscalité élevée, d’une forte dépendance, d’une aggravation de la pauvreté, de l’insécurité alimentaire, d’un chômage de masse chronique et d’autres problèmes omniprésents. 

Première baril : Inflation élevée

Les monnaies instables et inflationnistes de l’Afrique ont été un obstacle important au développement économique en raison de leur effet déstabilisateur et appauvrissant. Une croissance économique organique et durable doit nécessairement être tirée par l’épargne, et non par la dette, les dépenses déficitaires ou l’impression d’argent. A long terme, l’inflation aboutit à l’effondrement de la monnaie. C’est ce qui s’est passé en Angola dans les années 1990 et au Zimbabwe dans la première décennie des années 2000.

Les preuves du passé et du présent, provenant des pays développés et en développement, montrent sans équivoque que l’inflation est une politique du gouvernement et de la banque centrale qui ne peut pas durer éternellement et qui a une fin catastrophique, aussi longue soit-elle. L’Afrique postcoloniale a été en proie à une grave instabilité monétaire due à l’inflation : crises monétaires, fluctuations monétaires erratiques, dévaluations monétaires, réinitialisations monétaires et même hyperinflation. Une situation monétaire aussi chaotique, déstabilisante et appauvrissante n’est ni accidentelle ni naturelle. C’est la conséquence inhérente des systèmes de monnaie fiduciaire de l’Afrique dans le contexte du colonialisme monétaire . 

D’une part, une monnaie stable et digne de confiance stimule la formation de capital local (c’est-à-dire l’épargne), conduisant à des investissements et à un esprit d’entreprise locaux, ce qui conduit à une croissance économique organique, décentralisée et durable. Une économie basée sur une monnaie fiable (par exemple, la monnaie d’or ), associée à d’autres facteurs tels que des impôts bas et la liberté économique, attire également davantage de capitaux et de talents étrangers, ce qui conduit à une prospérité généralisée. 

D’autre part, les monnaies peu fiables et inflationnistes, telles que les monnaies africaines d’aujourd’hui, auront l’effet inverse. Dans un contexte d’instabilité monétaire et d’inflation galopante, les gens auront tendance à moins épargner, à dépenser plus vite et à éviter les investissements à long terme et les entreprises. Et la formation de capital, l’attraction de capital et le déploiement de capital à long terme sont essentiels à l’industrialisation et à une prospérité durable. En déplaçant les incitations de la réflexion, de l’épargne et de la production à long terme vers la réflexion, la consommation et les activités économiques à court terme, les monnaies inflationnistes sapent le développement économique. Ils conduisent à la désindustrialisation et rendent la société plus dépendante de l’État. Notez que plus un système dépend de l’État, plus il devient cruel, oppressant et donc insoutenable.

De plus, en maintenant l’instabilité monétaire et une inflation élevée, les gouvernements africains détruisent le capital local, minent la formation de capital et veillent à ce que le capital local reste lamentablement rare. Cela maintient les pays africains pauvres et dépendants de l’aide systémique (prêts et subventions) et des injections de capitaux étrangers. Cette situation, créée par une politique gouvernementale malavisée, laisse les gouvernements africains endettés et à la merci d’acteurs étrangers prédateurs.

Deuxième baril : endettement élevé 

Bien que la dette soit un problème économique mondial , le fardeau de la dette affecte les pays différemment. Les conséquences pernicieuses de l’endettement sont plus invalidantes et plus rapides à se manifester dans les pays en développement que dans les pays développés.

Ne pouvant ou ne voulant pas voir les dépenses déficitaires pour le modèle ruineux qu’elles sont, de nombreux gouvernements africains répètent les erreurs du passé et enfoncent davantage leurs économies dans la ruine économique en accumulant une dette excessive (et en imposant par conséquent des charges fiscales plus lourdes). Bien que les rapports faisant état d’une crise imminente de la dette en Afrique soient probablement exagérés, l’accumulation de la dette des pays africains est alarmante .

Hormis le Soudan, l’Érythrée, le Cap-Vert, le Mozambique, l’Angola, Maurice et la Zambie, qui ont des ratios dette/PIB proches ou supérieurs au seuil de 100 %, le ratio moyen dette/PIB en Afrique oscille autour de 60 %, ce qui est inférieur au ratio moyen des pays développés, dont beaucoup ont depuis longtemps dépassé le seuil de 100 %. Pourtant, l’accumulation de la dette de l’Afrique est imprudente, insoutenable et dangereuse. 

Un endettement excessif nuit aux économies africaines de huit manières :

  1. Il perpétue l’approche de développement menée par l’État, qui n’a pas réussi à générer la prospérité économique et a laissé la plupart des économies africaines dans une situation précaire caractérisée par la dépendance, la pauvreté, la tyrannie, la corruption, l’inflation galopante et la désindustrialisation.
  2. En perpétuant l’approche de développement impulsée par l’État, les dépenses publiques alimentées par la dette aggravent la pauvreté , consolident la répression politique et économique et retardent ainsi davantage les réformes favorables au marché dont les sociétés africaines ont un besoin urgent pour se développer véritablement et affronter les tempêtes économiques mondiales.
  3. Les remboursements de la dette paralysent davantage des économies déjà paralysées en détournant des parts de plus en plus importantes des recettes publiques vers le service de la dette. Pire encore, les pays africains paient des taux d’intérêt beaucoup plus élevés ( 5 à 16 % ) sur leurs euro-obligations que les pays développés, qui, grâce aux taux d’intérêt ultra bas artificiels de leurs banques centrales, ont tendance à payer des intérêts quasi nuls sur leur dette ;
  4. Comme la plupart des dépenses publiques, les dépenses publiques africaines ont tendance à être embourbées dans la corruption, le copinage, le détournement de fonds, la recherche de rentes, la surfacturation et le gaspillage, ce qui signifie en fin de compte qu’elles font plus de mal que de bien. Cela ne conduit qu’à un endettement supplémentaire pour maintenir la frénésie des dépenses – un cercle vicieux qui attire davantage d’opportunistes politiques et économiques à la recherche d’un poste ou pour s’enrichir grâce aux dépenses et aux faveurs du gouvernement.
  5. Cela conduit à l’injustice et à un écart plus large d’inégalité de revenus et de richesse, car les politiciens et leurs associés (par exemple, les grandes entreprises et autres groupes d’intérêts) bénéficient en premier et le plus de ces injections d’argent par le biais de divers programmes.
  6. Les dépenses publiques motivées par la dette signifient également un fardeau fiscal plus lourd (c’est-à-dire plus oppressif) à l’avenir. Les impôts élevés sont l’un des principaux obstacles au développement économique. Moins de développement signifie plus de pauvreté, plus de souffrance humaine et plus de décès liés à la pauvreté.
  7. De plus, un endettement excessif conduit à une situation où les gens, leurs enfants et même les enfants à naître devront être imposés pour payer les dépenses gouvernementales largement inutiles et contre -productives d’aujourd’hui , qui ne font qu’enrichir les politiciens et leurs associés.
  8. En plus de tout cela, la dette (prêts et subventions) piège les pays africains dans la pauvreté et la vassalité aux gouvernements étrangers (principalement les États occidentaux, mais d’autres aussi, de nos jours).

Maintenant, pourquoi les politiciens africains optent-ils toujours volontairement pour ce modèle ruineux ?

Une partie de cela est le colonialisme monétaire ; une partie de cela est  le colonialisme philosophique . Mais une raison importante est que ce modèle est plutôt commode politiquement. Elle permet aux politiciens de faire des promesses électorales de conte de fées.

Troisième baril: Fiscalité élevée 

Nnete Okorie-Egbe était une princesse d’Akwete au Nigéria qui a mené une révolte de femmes contre la tyrannie coloniale britannique, en particulier contre la fiscalité oppressive, en 1929.  De même, un conte folklorique célèbre en Angola raconte qu’une fois, pour protester contre la fiscalité coloniale portugaise, les habitants du village de Caxito ont fait de la magie et ont envoyé un crocodile avec un sac d’argent dans la bouche au bureau colonial local pour payer des impôts. Bien qu’il s’agisse très probablement d’un mythe, le message est clair et le symbolisme est réel. A tel point qu’un monument alligator éternise ce conte. 

Des histoires de protestation comme celles-ci abondent à travers l’Afrique. Cela n’est pas surprenant car le concept d’imposition permanente et excessive est une imposition coloniale que les gouvernements africains postcoloniaux, au lieu de rejeter, ont doublé. L’Afrique précoloniale était caractérisée par peu ou pas d’imposition en raison de la tradition d’autonomie, de marchés libres et de libre-échange. Les sociétés apatrides étaient omniprésentes dans l’Afrique précoloniale.

Cependant, l’Afrique d’aujourd’hui est caractérisée par de tels degrés de taxation tyrannique qu’ils ressusciteraient Nnete Okorie-Egbe pour mener une autre révolte fiscale ou obligeraient les villageois de Caxito d’alors à envoyer non pas un mais une centaine de crocodiles au bureau des impôts en signe de protestation.

Business Insider Africa rapporte que :

« Les taux d’imposition des sociétés sont généralement plus élevés dans les pays en développement. En Afrique, le taux moyen d’imposition des sociétés est de 27,5 %, le plus élevé de toutes les régions. Le Tchad, les Comores, la Guinée équatoriale, la Guinée, le Soudan et la Zambie sont tous à égalité pour le deuxième taux d’imposition des sociétés le plus élevé au monde à 35,0 %. De nombreux pays de la région se classent également parmi les pires pour la facilité de faire des affaires, avec des coûts de démarrage élevés et de multiples barrières à l’entrée. »

Le fait que la région la plus pauvre ait les taux d’imposition des entreprises les plus élevés au monde est à la fois révélateur et déroutant. Au lieu de maintenir certains des régimes fiscaux les plus oppressifs au monde, l’Afrique devrait se vanter des charges fiscales les plus simples et les plus faibles, ce qui encouragerait grandement la formation de capital local, l’investissement, l’entrepreneuriat et une croissance économique durable.

De plus, comme nous le savons tous, les pays en développement ne peuvent presque jamais rembourser leurs dettes faute d’une économie solide. L’augmentation des charges fiscales dans ces économies précaires ne fera qu’appauvrir davantage des sociétés déjà appauvries.

En conclusion

Tel est le fusil à trois coups avec lequel la plupart des gouvernements africains, intentionnellement ou non, bombardent les sociétés africaines. On ne sait pas pourquoi les gouvernements africains, et non coloniaux, déploieraient une arme économique aussi destructrice contre les personnes mêmes qu’ils devraient servir et élever. Ce qui est clair, c’est qu’en maintenant un environnement d’inflation élevée, d’endettement élevé et de fiscalité élevée, les gouvernements africains veillent à ce que les sociétés africaines restent prises au piège de la tyrannie, de la dépendance et de la pauvreté.

Cet article a été initialement publié en Anglais par Mises Institute et a été traduit en français par Institute for Economics and Enterprises.

A propos de l’auteur: Manuel Tacanho est le fondateur d’Afridom, une start-up bancaire numérique solide basée sur l’argent pour l’Europe et l’Afrique. Il est également un défenseur des marchés libres et de l’argent sain pour le développement économique de l’Afrique.

BURUNDI : L’IMPORTANCE DES MARCHES DANS LA REGULATION DES DEVISES

Dans une société prospere, les marchés ont joué un role plus important pour la régulation du secteur économique. Dans ces marchés n’ignorent pas aussi le role de marché de change comme regulateur de taux de change comme Institute For Economics and Enterprises le montre.

En date du 07 Février 2020, une décision est prise par la Banque Centrale, Retrait d’Agrément qui a été donné à toutes les maisons qui achètent et vendent les devises au Burundi, comme nous le lisons dans la lettre du 07/02/2020 adressée à ces maisons. Selon cette lettre, les bureaux de change sont accusé de la « non-respect généralisé du contenu du circulaire no 1/RC/19 relative à la marge à appliquer dans leurs opérations et qui sont par conséquent à l’origine des conséquences néfastes sur l’économie burundaise. Rappelons que cette circulaire, signée le 19/09/2019, avait comme objectif d’abords de « préciser les modalités de fixation des cours acheteurs et vendeurs ainsi que la marge bénéficiaire des bureaux de change qui ne doit pas dépasser 15 % » et ensuite de « fixer les primes d’encouragement pour dénonciation de celui qui viole les dispositions de cette circulaire et/ ou celui exerce cette activité sans l’agrément de la Banque de République du Burundi.

Est-ce la meilleure décision ?

La quantité de devise au Burundi semble toujours minimale à voir nos besoins en ce produit nécessaires pour faire nos importations qui suivent une courbe croissante. Chercher donc à imposer un « taux de marge » incite aux spéculateurs de passer outre cette « imposition » pour générer plus de bénéfice

Egalement, des faits historiques nous démontrent la faiblesse d’imposition des règles dans le processus de la résolution de problèmes généraux surtout de ceux liées ou ayant la corrélation directe avec la décision individuelle dans l’interaction avec l’autre via le marché. Au lieu d’atténuer ou résoudre le problème, elle l’a aggravé exponentiellement. Le problème n’est pas seulement dû à ce que les marchés parallèles sont spéculateurs, achètent et vendent les devises à un taux dépassant le taux fixé par les autorités monétaires pour générer plus de profit ; car aucun agent économique n’est moins spéculateurs que les autres agents économiques, même le gouvernement. Le problème vient dans la non abondance de ce produit sur le territoire national, c’est-à-dire sa rareté.

Libéré le marché comme meilleur décision

Le marché est un système d’échanges où se rencontrent l’offre (les vendeurs) et la demande (les acheteurs). Dans une économie de marché libre, le prix est fixé par le marché. La rencontre de l’offre et de la demande fixe un « prix » qu’on appelle « prix d’équilibre ». C’est-à-dire ce « prix » que l’acheteur et le vendeur sont prêts, de commun accord, à échanger leurs biens. Sur le marché, c’est donc l’abondance du produit et ou /l’insatisfaction de qualité qui fait chuter le prix tandis que la rareté et/ou la qualité fait grimper le prix d’un produit. Donc les décisions règlementaires des autorités ne font qu’aggraver le problème étant donné qu’elles contraignent les agents économiques à ne pas agir selon leurs propres volontés ou décisions individuelles. Ce qui pourrait pousser ces agents économiques à chercher d’échapper à ces décisions par voie frauduleuse qui risquerai de faire perdre le pays beaucoup qu’à bénéficier. Donc, le Burundi doit reconnaitre l’importance du marché dans la régulation du secteur économique. Le marché doit rester un meilleur régulateur du prix en suivant les lois de l’offre et de la demande, car c’est seulement lui qui permet les gens d’interagir en suivant leurs propres profits sans nuire aux profits des autres.  En répétant Gary M. Galles, auteur sur FEE,

« Le marché libre transforme la concurrence destructrice de la jungle pour une maigre subsistance en une concurrence coopérative pacifique au service de soi et des autres… Sur le marché, tout le monde y gagne. C’est le marché – la société contractuelle… qui permet aux « faibles» de vivre de manière productive ».