L’Afrique a besoin de marchés libres, pas de transferts de richesse

Bien que la pauvreté ait été considérablement réduite dans les sociétés industrialisées, elle continue d’attaquer les pays en développement. Environ 689 millions de  personnes , soit environ 9,2 % de la population mondiale, vivent dans une extrême pauvreté, et la plupart d’entre elles se trouvent dans des pays en développement. Cependant, grâce à l’adoption de marchés plus libres, des pays en développement comme la Chine et le Vietnam ont réussi à arrêter la croissance de  la pauvreté .

Un mal préjugé de la philosophie ?

Mais malgré les progrès du capitalisme pour contrecarrer la montée de la pauvreté, certains experts blâment encore  le capitalisme de marché libre  pour l’extrême pauvreté, la faim et les catastrophes environnementales. Pour beaucoup, le capitalisme est un système d’exploitation brutale qui enrichit les riches aux dépens des pauvres. Cependant,  les études  montrent systématiquement que le capitalisme de marché libre est la stratégie la plus efficace pour améliorer la condition humaine et sortir les gens de la pauvreté.

Le capitalisme de libre marché tient ses promesses parce qu’il ne requiert que l’ingéniosité humaine et la liberté de produire sans ingérence du gouvernement. Lorsque les gens peuvent innover sans les inconvénients des réglementations gouvernementales, la création de richesse devient plus facile. De plus, des environnements commerciaux propices à l’entrepreneuriat inciteront davantage de personnes à améliorer leur niveau de vie en créant de nouvelles entreprises.

Plutôt que de dépeindre le capitalisme comme un ennemi du progrès, les experts devraient comprendre que des réglementations inefficaces cultivent la pauvreté dans les pays en développement et que partout où elles ont été démantelées, cela a déclenché une vague d’opportunités productives. L’ économiste AV Chari constate que  les industries  qui ont été retirées de la juridiction de License Raj ont produit une amélioration de la productivité totale des facteurs de 32 % en Inde. Cette amélioration s’explique par la baisse des coûts d’entrée et l’assouplissement des contraintes de capacité.

Sans surprise, la dérogation aux réglementations a permis de consacrer plus de temps et de ressources au développement des entreprises, améliorant ainsi la productivité. De plus, se conformer aux réglementations est souvent coûteux, donc en leur absence, plus de fonds peuvent être déployés dans l’expansion de l’entreprise. Par conséquent, la déréglementation réduit le coût de l’expansion des entreprises en garantissant que les ressources qui auraient été dépensées en raison des mandats gouvernementaux restent dans les coffres de l’entreprise et peuvent financer l’expansion.

Comme la déréglementation, la libéralisation est un autre outil de marché libre qui améliore le niveau de vie dans les pays en développement. Les sentiments protectionnistes sont toujours influents dans le monde en développement, mais protéger les marchés locaux de la concurrence ne parvient pas à élever les pauvres. Les pays qui adoptent la mondialisation sont plus susceptibles de bénéficier du transfert de technologie et d’enregistrer des réductions de la pauvreté. Bien que les importations soient perçues comme négatives, elles doivent être célébrées car les importations bon marché permettent aux personnes pauvres ayant moins de revenus disponibles d’économiser plus d’argent.

Ouverture commerciale comme solution ?

En Afrique, malgré le revirement de certaines politiques économiques rétrogrades, le protectionnisme continue de faire rage, notamment en raison des  retombées économiques  induites par le covid-19.  Une plus grande proportion des pauvres du monde vivent en Afrique subsaharienne (ASS) que partout ailleurs, c’est pourquoi la région devrait être plus sérieuse en matière d’ouverture commerciale que les autres régions. 

Jennifer Mbabazi, Oliver Morrissey et Chris Milner dans l’article « Trade Openness, Trade Costs and Growth: Why Sub-Saharan Africa Performs Poor »,  affirment que compte tenu de ses désavantages naturels, l’ouverture commerciale est particulièrement importante pour l’ASS : Les politiques qui encouragent les exportations et la diversification, et qui réduisent les obstacles à l’ouverture, peuvent stimuler les performances économiques.

Samuel Kwaku Agyei et Godwin Adolf Idan dans « Ouverture commerciale, institutions et croissance inclusive en Afrique subsaharienne »  soulignent  que l’Afrique subsaharienne a régressé dans la réduction des niveaux de pauvreté et que si les tendances actuelles persistent, 90 % de la population mondiale extrêmement pauvre sera résidant dans cette région. Pour éviter cette crise, ils recommandent aux pays d’Afrique subsaharienne de renforcer leurs institutions afin de promouvoir la bonne gouvernance et l’ouverture commerciale.

De même, les économistes déplorent généralement que l’Afrique soit sous-capitalisée ; cependant, la promotion de l’ouverture commerciale  peut faciliter la formation de capital en Afrique. Les biens de grande valeur sont souvent produits dans les pays riches ; par conséquent, les politiques qui permettent l’importation d’intrants étrangers permettent aux pays africains de remonter la chaîne de valeur. Les entrepreneurs africains produiront des produits de meilleure qualité pour les marchés d’exportation et nationaux et, par extension, acquerront plus de fonds pour alimenter une expansion et une accumulation de capital supplémentaires. Mais cela pourrait être un choc pour beaucoup que l’ouverture non seulement favorise la croissance, mais réduit également les inégalités. Dans un document de travail du Fonds monétaire international intitulé « Income Inequality in Small States and the Caribbean: Stylized Facts and Determinants », les auteurs  notent  qu’en attirant les investissements directs étrangers, l’ouverture financière conduit à plus d’emplois et à moins d’inégalités.

Blâmer le capitalisme pour les taux de pauvreté dans les pays en développement est politiquement correct, mais comme la plupart des hypothèses à la mode, cela ne peut pas être vérifié par des données. Les marchés libres ont enrichi le monde industriel, et les pays en développement peuvent facilement rejoindre la ligue des nations riches, s’ils ignorent les élucubrations erronées des intellectuels des pays riches.

Cet article est paru pour la première fois dans Mises Wire en Anglais et a été traduit en français par Institute for Economics and Enteprises.

Par Lipton Matthew : chercheur, analyste commercial et contributeur à mises.org,  The Federalist ,  The Imaginative Conservative ,  Merion West  et  American Thinker 

Afrique : L’individualisme, une philosophie adaptée pour la prospérité ?

Alors qu’individualisme est une philosophie favorisant l’initiative individuelle, l’indépendance et l’autonomie de la personne au regard de la société ; une doctrine qui fait de l’individu le fondement de la société et des valeurs morales, le collectivisme, lui ; est un système économique fondé sur la propriété collective des moyens de production. L’un voit la lutte de la pauvreté dans l’initiative individuelle / privée alors que l’autre c’est dans l’initiative publique / coopérative, collectivité. Donc, la différence entre collectivisme et individualisme réside dans ce que chaque idéologie considère comme important: l’individu ou le groupe.

Pourquoi alors l’individualisme ?

Dans son « Second traité de gouvernement », Locke soutient que les droits individuels sont le fondement d’une société libérale. La conclusion est qu’il est mauvais de violer les droits de propriété d’autrui : « Bien que la terre et toutes les créatures inférieures soient communes à tous les hommes, chaque homme a une propriété sur sa propre personne, sur laquelle personne n’a de droit à part lui-même. Le travail de son corps, et le travail de ses mains, nous pouvons dire, sont proprement à lui. »

Une philosophie qui met les décisions de l’individu au centre de tout a déjà révélé ses atouts dans le combat de la pauvreté. Une société qui valorise le fondement libérale est une société prospère. Par exemple, nous trouvons une codification la plus célèbre « des principes du libéralisme » dans la Déclaration d’indépendance des Etats Unis d’Amérique : “Nous tenons ces vérités pour évidentes, que tous les hommes sont créés égaux, qu’ils sont dotés par leur Créateur de certains droits inaliénables, que parmi ceux-ci se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. » Pourquoi ne pas se demander si ce n’est pas la raison de la puissance économique de l’Amérique ?

Une philosophie pour l’avenir africaine ?

La lutte contre la pauvreté a été et continue à être un combat de longue haleine dans le monde entier. Les pays africains, quant à eux devraient doubler les efforts. Plutôt devrait chercher une philosophie à adopter qui peut aider dans cette lutte. Il semble que le libéralisme a déjà démontré son impact positif dans ce chemin de croix. Lorsque nous cherchons à vaincre la pauvreté, nous devrons tenir compte des droits individuels, à commencer par le droit de propriété de soi.

La philosophie de l’individualisme a radicalement modifié nos relations les uns avec les autres. Elle a créé des cultures individualistes qui célèbrent l’accomplissement individuel, ainsi que des structures politiques et économiques qui protègent les droits individuels. En conséquence, comme George Ayittey les appelaient « Génération des Guépards », des générations de briseurs de moule et de pionniers ont renouvelé et amélioré notre monde, en tant qu’explorateurs, pionniers, inventeurs, entrepreneurs, artistes, scientifiques et leaders moraux.

À mesure que le temps avance, de nouveaux innovateurs ont la possibilité de se lever et de faire la différence. Et l’appel de ceux deux auteurs, Dan Sanchez et Patrick Carroll,ne nous échappe pas:« En décidant de tracer notre propre voie, nous pouvons nous aussi devenir des agents de changement revitalisants dans un monde qui stagne. Nous pouvons ouvrir de nouvelles voies là où d’autres ne sont pas encore allés, et nous pouvons donner l’exemple à ceux qui viendront après nous. »

La seule question est de savoir si nous allons saisir cette évidence d’Henry David Thoreau : « Si un homme ne suit pas le rythme de ces compagnons c’est peut-être parce qu’il entend un autre tambour. Qu’il marche au rythme de la musique qu’il entend, même si elle est mesurée ou lointaine ». Le ferez-vous ?

Par Lambert Nduwayezu, Fondateur et Directeur de l’Institute for Economics and Enterprises.

Afrique : Le collectivisme, une menace pour la lutte contre la pauvreté ?

Depuis les années 60, les pays africains cherchent à accéder à leur indépendance tant économique que politique. Cependant lorsqu’ils cherchent à rompre avec le système colonialiste, ces « leaders nationalistes » ont eu du mal à choisir le système économique propre à l’identité africaine.

A croire que le système capitaliste était propre au colonialisme, plusieurs d’entre eux ont voulu adopter le collectivisme comme système économique de leurs pays. Cependant, il y a lieu de se demander : Pourquoi nous sommes toujours dans la pauvreté ? Et si nous avons fait fausse route dès la recherche de nos indépendances, depuis les années 60 ?  

Quid du collectivisme.

Le collectivisme est un système économique (philosophie) fondé sur la propriété collective des moyens de production, selon le dictionnaire Larousse. Les adeptes du collectivisme voient la lutte de la pauvreté dans l’initiative publique / coopérative, collectivité. Donc, le mot clés de l’idéologie du collectivisme réside dans ce qu’elle considère comme important: « le groupe ».

En raison de vouloir rompre avec le colonialisme, les dirigeants africains ont voulu adopter un système économique radicalement opposée. Dans leurs plans de développement, nous y trouvions souvent ce que Georges Ayittey a qualifié « religion de développement, qui a façonné ou dirigée une grande partie de l’effort de développement postcoloniale ».

Donc, après l’indépendance des pays africains, de nombreux dirigeants nationalistes africains adoptèrent une idéologie socialisme comme idéologie directrice. Et au lieu de chercher aux problèmes africains les solutions internes africaines, ils cherchaient les solutions extérieures. Et cela dans la tendance de la « religion de développement ».

Cette tendance n’a pas cessé de se développer. Aujourd’hui, la majorité des pays africains fêtent leurs plus de 60 ans d’’indépendance politique. Mais l’indépendance économique reste à désirer. La pauvreté reste une grande menace de nos pays malgré les multiples politiques pour en sortir. Et nous devrions nous poser cette question actuellement : « Et si nous avons fait fausse route il y a plus de 60 ans ? »

 Une philosophie vouée à l’échec ?

En Afrique, nous rencontrons souvent des discours prônant le collectivisme : promotion des coopératives et associations dans la recherche du bonheur ou pour lutter contre la pauvreté. Cela n’est pas d’aujourd’hui, il date depuis la recherche de l’indépendance de nos pays. L’expérience et l’histoire montrent que l’adoption du système économique collectiviste a échoué dans la lutte contre la pauvreté dans le monde entier.

Dans son article critique du collectivisme en URSS, l’auteur Gérard-Michel Thermeau se posait cette question cruciale : « Le  socialisme réel aurait un bilan globalement positif selon ses adeptes. Qu’en dit vraiment l’histoire ?» La force est de constater que ce système n’a jamais réussi. Il conclut : « Le communisme reste toujours à l’horizon. Faut-il s’en étonner ? Seul le marché est intéressé à satisfaire les désirs individuels. En supprimant le marché, l’économie socialiste mettait en avant les seuls besoins définis par les gouvernants. »

En Afrique en général, nous avons essayés le collectivisme, sous toutes ses formes. Malheureusement cela a échoué tout comme dans le monde entier. Il est clair que cela ne pourrait jamais fonctionner à n’importe quelles stratégies « planifiées ». C’est un système défaillant, à la fois conceptuellement et moralement et qui cause en plus trop de morts. Il finit toujours à créer des inégalités et des classes dans un même « groupe ». Toujours les profitants sont les dirigeants du « groupe ». Ce n’est pas difficile de voir cela. Portez vos regards dans les pays communistes. Pourquoi allez loin ? Non, restez ici.

Pour avancer mieux dans notre lutte, il est primordial d’adopter l’opposé du collectivisme et de l’étatisme. Cela consiste à accorder aux gens la liberté de commercer, reconnaître les gens comme des individus différents capables de rechercher leur propre bonheur tel que défini par eux-mêmes.

Par Lambert Nduwayezu, Fondateur et Directeur de l’Institute for Economics and Enterprises

Il est temps de faire revivre l’individualisme ?

Un problème auquel sont confrontés les gens qui préfèrent généralement un gouvernement plus petit et limité ; propriété privée ; et le libre échange est ce qu’ils appellent eux-mêmes. Historiquement, le mot « libéral » était la réponse et l’est toujours dans de nombreuses régions d’Europe continentale. Cependant, dans le monde anglophone, en particulier aux États-Unis, le mot en est venu à désigner ceux qui favorisent un rôle interventionniste du gouvernement et une approche largement collectiviste de la politique et de la culture – une inversion presque complète du sens.

Il y a eu des efforts pour récupérer le terme par ceux qui se décrivent parfois comme des « libéraux à l’ancienne », mais ceux-ci n’ont pas réussi. Face à cette situation, les partisans de la position libérale originelle ont eu recours à un certain nombre d’expédients linguistiques. Pendant un certain temps, beaucoup ont adopté l’étiquette de « conservateur », qui était auparavant attachée à certains de leurs adversaires les plus résolus. Cette nomenclature, bien que largement utilisée aux États-Unis, n’a jamais fait son chemin ailleurs et ne s’y est pas encore complètement implantée. C’était en partie parce que de nombreux libéraux à l’ancienne refusaient de l’utiliser et aussi parce que le droit au label était vigoureusement contesté par ce que l’on peut appeler des conservateurs à l’ancienne ou « traditionalistes », qui revendiquaient un droit de premier usage.

Plus récemment, la plupart des partisans d’un gouvernement strictement limité ont opté pour le terme « libertaire », tandis que d’autres préfèrent le « libéral classique », plus savant. (J’ai utilisé les deux termes moi-même.)

Cependant, ces alternatives présentent toujours des problèmes et ne sont sans doute pas satisfaisantes. Comme l’a souligné FA Hayek, le terme « conservateur » n’apporte pas seulement des allusions à une tradition de pensée qui, bien que distinguée n’est pas « libérale » au sens ancien, il comporte également des implications d’une méfiance à l’égard de la raison et d’un scepticisme à l’égard du changement combiné à une révérence pour le passé et une affection pour des choses telles que la tradition, la hiérarchie et l’autorité, dont aucune ne fait partie intégrante de la tradition libérale historique, qui met l’accent sur la liberté individuelle, l’innovation et la responsabilité personnelle.

L’expression « libéral classique » est bien meilleure mais elle est maladroite et implique clairement que les idées sont une sorte de tradition préservée plutôt qu’un corps de pensée en développement. « Libertarian » est le plus populaire mais a ses propres inconvénients. En plus d’être un vilain mot, il implique pour quiconque connaît son histoire que la personne qui l’utilise comme étiquette est un anarchiste. Dans la plupart des cas, ce n’est pas vrai et cela prête à confusion. ?

Plus sérieusement, le terme « libertaire » attire l’attention sur une seule partie d’une philosophie beaucoup plus large : l’opposition à un gouvernement et à un pouvoir politique étendus. C’est en effet une partie centrale de la philosophie, mais ce n’est pas tout et l’utilisation du terme tend à faire en sorte que les autres éléments soient méprisés ou ignorés.

Est-ce vraiment un problème ? 

Si oui, est-ce suffisamment grave pour justifier une réflexion ? Ce n’est évidemment pas la difficulté la plus sérieuse, mais l’histoire et l’expérience politique suggèrent qu’elle est plus sérieuse qu’on ne pourrait l’imaginer. Tous les mots, et les étiquettes politiques en particulier, viennent avec toute une gamme d’associations historiques et culturelles et de significations secondaires qui ont un effet significatif sur la façon dont les gens réagissent aux individus et aux idées qui leur sont associées. Certaines étiquettes peuvent avoir une série d’associations si négatives qu’il est impossible de les utiliser pour identifier votre argument si vous voulez persuader les gens.

Aux États-Unis, par exemple, tout argument en faveur d’une plus grande décentralisation et d’une moindre centralisation est vain s’il est lié à l’expression « droits des États » en raison de l’association de ce terme avec le privilège racial et la ségrégation. D’autres mots portent tout un ensemble d’associations largement positives, ce qui rend les neutres plus favorablement disposés envers les arguments qui leur sont identifiés. C’était autrefois le cas du « libéral », c’est pourquoi les gens ont fait des efforts énormes et fructueux pour se l’approprier.

Il existe un terme disponible qui est rarement utilisé maintenant, mais qui était autrefois l’étiquette prédominante et acceptée pour l’ensemble des idées liées à la liberté et à la responsabilité personnelles. C’est « l’individualisme » – ou plutôt « l’individualisme ». Avant le milieu du XIXe siècle, le mot « individualisme » était rarement utilisé et, lorsqu’il l’était, c’était généralement au sens péjoratif, avec des connotations d’égoïsme et d’irresponsabilité. Cependant, à partir des années 1850 environ, toute une série d’écrivains des deux côtés de l’Atlantique (et pas seulement du monde anglophone) ont commencé à utiliser le mot et ses associés comme « individualité » de manière positive. À partir des années 1870, il a été capitalisé et utilisé comme étiquette politique.

La période entre 1880 et 1912 environ a vu un débat intense en Grande-Bretagne et dans l’Empire britannique, aux États-Unis et en France en particulier entre deux camps intellectuels assez bien définis et organisés, les individualistes autoproclamés et les collectivistes. Le deuxième groupe comprenait des socialistes fabiens et des progressistes américains (qui ont ensuite capturé le mot « libéral »), mais comprenait également des impérialistes conservateurs et des partisans de politiques telles que le nativisme et le racisme, ainsi que l’aile du parti républicain représentée par des personnalités telles que comme Théodore Roosevelt. (Beaucoup de progressistes socialistes et « de gauche » étaient également partisans de l’impérialisme, du racisme et de politiques telles que l’eugénisme – quelque chose aujourd’hui souvent oublié.)collectivisme , qu’il soit racial ou national. Elles étaient également associées à un certain nombre d’autres mouvements, surtout le féminisme, de nombreuses féministes de premier plan de l’époque s’identifiant fortement comme individualistes. Le cœur de l’argument était de savoir si le gouvernement a le devoir de promouvoir un bien-être collectif général, défini comme quelque chose au-delà de la poursuite du bonheur individuel, et s’il existe une identité collective qui l’emporte sur les revendications des hommes et des femmes individuels réels.

Le terme disparaît

Jusqu’aux années 1930, cette division entre individualisme et collectivisme était généralement considérée comme l’une des distinctions fondamentales de la politique moderne. Jusque dans les années 1930, l’opposition au New Deal provenait en grande partie de personnes qui s’identifiaient comme des individualistes et comme appartenant à ce qui était alors une tradition intellectuelle bien établie. Puis, tout à coup, dans les années 1940 et 1950, le terme a disparu de l’usage général en tant qu’étiquette politique et est revenu à un usage plus général, sans majuscule. Pourquoi cela s’est produit est un mystère, mais cela faisait clairement partie du remaniement général de la politique « de droite » qui a eu lieu avec l’avènement de la guerre froide.

Outre ses associations historiques, aujourd’hui largement oubliées mais mûres pour être redécouvertes, l’individualisme présente un certain nombre d’avantages par rapport à d’autres termes dans le monde contemporainIl a des connotations largement positives pour de nombreuses personnes mais crée également des divisions entre ceux qui répondent favorablement et d’autres qui ne le font pas plus clairement et clairement. En tant que tel, il envoie un message clair. Il a un large éventail de significations et d’associations en plus d’impliquer une vision claire du gouvernement et de son rôle, car il a également des implications sur les attitudes de chacun envers la culture, la philosophie et la vie sociale en général. Cela n’implique pas que si vous vous définissez de cette manière, vous êtes un partisan du statu quo (vous l’êtes peut-être, mais ce n’est pas l’implication clairement comprise du mot).

Il s’agit surtout de ce qui est de plus en plus le vrai débat dans les sociétés modernes. Depuis la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’Union soviétique, nous sommes de plus en plus revenus au débat de la période entre 1880 et 1914 entre des collectivistes de plus en plus agressifs de toutes sortes d’un côté et les défenseurs de l’autonomie individuelle et du choix volontaire de l’autre. Nous pouvons dire, et non ironiquement, « Individualistes du monde, unissez-vous ». Il est temps de dépoussiérer cette étiquette et de la raviver.

Cet Article a été publié initialement en anglais Foundation of Economic Education  et traduit en français par Institute for Economics and Enteprises

Par Stephen Davies, Responsable de programme à l’Institute for Humane Studies et Directeur de l’éducation à l’Institute for Economics Affairs de Londres.

Burundi : L’économie de marché pourra-elle sauver la population de leur pauvreté ?

Le Burundi est un petit pays d’Afrique centrale orientale dont le taux de pauvreté est supérieur à 60 %. Il est difficile pour de nombreux burundais d’accéder aux produits de première nécessité. Pour les uns, se nourrir est quasi impossible.  Plus de la moitié d’entre eux vivent avec moins de deux dollars par jour. Aussi, la faible croissance économique par rapport à la croissance démographique entraîne une hausse continue du taux de pauvreté, qui a atteint environ 87,1% en 2021, selon la Banque mondial.

Le capitalisme est bon remède pour la pauvreté ?

Les causes de la pauvreté peuvent être cherchées dans plusieurs angles comme nous le lisons dans cette analyse. L’accent est porté sur la catégorisation des causes. Pour les uns, la pauvreté est d’origine externe et pour les autres, interne. Pour nous, le problème n’est pas la question de cause à effet pour le moment. Mais plutôt de savoir la possibilité et le moyen de sortir de la pauvreté.  L’histoire montre que c’est possible de vaincre la pauvreté. Il suffit de tourner les yeux vers,par exemple, les pays comme la Chine et l’Inde. Et plutôt de se demander comment ont-ils possédé pour réussir ?  

Si l’on considère la période historique plus longue, on constate que les tendances actuelles ne sont que la continuation des victoires du capitalisme, économie de marché, dans la lutte contre la pauvreté. La majeure partie de l’histoire de l’humanité a été beaucoup caractérisée par quelques nantis et beaucoup de démunis. Cette situation a lentement commencé à changer avec l’avènement du capitalisme. Ainsi, les gains les plus importants dans la lutte contre la pauvreté ont eu lieu dans les pays qui ont ouvert leurs marchés, la Chine et l’Inde en sont témoins.

Comme l’auteur Steven Horwitz l’a remarqué, « Rien n’a fait plus pour sortir l’humanité de la pauvreté que l’économie de marché».  Regardez, aujourd’hui, dans les pays capitalistes, les pauvres vivent comme des rois, cela grâce à la libération du travail et à la possibilité d’accumuler du capital qui rend ce travail plus productif et enrichit même les plus pauvres. Sous l’impulsion du marché concurrentiel, économie de marché, et de ses signaux de profits et de pertes, les pauvres peuvent entreprendre une activité génératrice du revenu. Et à Steven Horwitz de conclure que « lorsque la recherche du profit et l’innovation sont devenues des comportements acceptables pour la bourgeoisie, la corne d’abondance a produit sa générosité, et même les plus pauvres ont partagé cette richesse ». Les inventions ne deviennent des innovations que lorsque les institutions adéquates existent pour qu’elles améliorent la vie des masses populaires, la population. C’est ce que le capitalisme a fait et continue de faire chaque jour. Et c’est pourquoi le capitalisme a été si bon pour les pauvres.

Est-il un bon modèle à suivre…. ?

Comme aussi l’auteur Steven Horwitz continue à le souligner, « une fois que les gens n’ont plus eu besoin de permission pour innover, et que la valeur des nouvelles inventions a été jugée en fonction des améliorations qu’elles apportaient à la vie des masses sous forme de profits et de pertes, les pauvres ont commencé à vivre dans le confort et la dignité. ».

Pour réduire la pauvreté, il est important d’embraser l’économie de marché.  C’est ce modèle qui est le plus important dans la promotion de l’esprit d’entreprise. Le marché libre ou libre-échange en est ingredient.  L’esprit d’entreprise ne peut pas évoluer dans un environnement des interventions étatique excessives.

Ces aspects ne découragent pas seulement l’esprit d’entreprise. Ils bloquent également la compétitivité et l’ouverture commerciale. Ces aspects rendent l’environnement des affaires difficile. Les hommes et femmes d’affaires externes et internes ne voient pas d’opportunités lucratives pour produire ou commercer dans un environnement pareil. Afin de réduire la pauvreté, il est impératif de sauver la liberté économique qui est basée sur le choix personnel, le commerce volontaire et la protection de la propriété privée. Il faut promouvoir le capitalisme conscient, l’économie de marché.

Par Lambert NDUWAYEZU, Fondateur et Directeur Exécutif de l’Institute for Economics and Enterprises

Burundi : Déficit budgétaire chronique, Comment faut-il combler le trou ?

Au Burundi, le déficit budgétaire augmente d’une année à l’autre. Cependant, il y a toujours lieu de se demander les principaux facteurs qui perdurent ce phénomène. Quels sont les effets du déficit budgétaire chronique ? Y aurait-il un moyen efficace pour rectifier le tir ? Analyse avec Lambert NDUWAYEZU, notre Fondateur et Directeur.

En date du 21/06/2022, le conseil des ministres s’est réuni pour analyser le projet loi budgétaire que le gouvernement burundais va utiliser au cours de l’exercice 2022-2023. Toujours, comme ça devient monnaie courante, le projet loi fait ressortir un déficit budgétaire.

Les exemples sont légions. Pour l’année budgétaire 2022/2023, les recettes globales passent de 1 562,06 milliards de BIF en 2021/2022 à 2193,6 milliards de BIF en 2022/2023, soit une augmentation de 40,4%. Quant aux charges, elles passent de 1 713,8 milliards de BIF dans le budget de l’Etat, Exercice 2021/2022 à 2 391,08 milliards de BIF dans le projet de budget de l’Etat pour l’Exercice 2022/2023, soit un accroissement de 39,5%. Le déficit global du projet du Budget général 2022/2023 s’élève à 197,4 milliards de BIF contre 151,8 milliards de BIF (2,02%) en 2021/2022, soit une hausse de 2,38 %.

Un déficit permanent, pourquoi ?

L’analyse des précédentes lois budgétaires ne peut pas laisser à chaque individu de conclure que le déficit va toujours en crescendo de l’année à l’année. Donc ce fléau devient permanent. Et il y a une raison pour cela. Les adeptes de la théorie keynésienne considèrent que le déficit budgétaire n’est pas mauvais. Pour eux, il stimule la « croissance » à long terme. Mais cette vision a été longtemps controversée par les adeptes de la liberté économique. La question n’est pas de comment stimuler la croissance, mais plutôt par qui et pourquoi la stimuler.

Et c’est avec ce dérangement des finances ? Donc, Il nous est impossible d’échapper à cette question de Fréderic Bastiat : « Pourquoi nos finances sont-elles dérangées ? »  Et d’en trouver la réponse également. « Parce que, pour les représentants, il n’y a rien de plus facile que de voter une Dépense et rien de plus difficile que de voter une Recette » première raison, et aussi « parce que Tout le monde veut vivre aux dépens de l’Etat et qu’on oublie que l’Etat vit aux dépens de tout le monde », deuxième raison.

Il n’est pas donc étonnant de trouver qu’un déficit budgétaire traduit une trop forte intervention de l’Etat dans les affaires économiques. Toujours il cherche à faire des dépenses excessives alourdissant les prélèvements obligatoires.

Des solutions

Plusieurs idées ont été avancées et continuent à être discutées sur comment réduire les déficits budgétaires. On est arrivé même à dire que si un Etat veut réduire son déficit budgétaire, il a le choix entre deux options : accroître les recettes fiscales tout en maintenant les dépenses constantes ou réduire les dépenses publiques à recettes fiscales stables. Le second choix est ordinairement le plus difficile à opérer. Car le problème ne se trouve pas là. Le problème est que, comme Bastiat l’a dit, « il veut tout faire ». Et cela conduira toujours les finances dans le rouge et elles ne tardèrent pas d’arriver dans le désarroi. Comment pensez-vous pouvoir en être autrement quand l’Etat est chargé de fournir tout à tous ?

Comme le second est difficile, les dirigeants se calment en pensant à combler le déficit par des « miracles ». Des solutions incertaines. Car le déficit surgit quand les dépenses excédent les recettes. Donc impossible d’accroitre les recettes à court terme pour combler le vide.  Ce qui fait que les déficits s’accumulent de l’année à l’autre. Et à long terme, cette évidence nous rattrape « être écrasé par des impôts, faire des emprunts sur emprunt, après avoir épuisé le présent, dévorer l’avenir ». Et voilà le mal !

Donc le mal est « d’être trop gouvernés », et avec cela, nous ne pouvons pas s’appuyer aux « miracles/aides » pour combler nos déficits. Il fait plutôt appliquer cette principe de subsidiarité : L’Etat doit se concentrer seulement sur les activités plus complexe que ses subalternes ne peuvent pas réaliser.

Par Lambert Nduwayezu, Fondateur et Directeur de l’ Institute for Economics and Enterprises

Pour réussir, la ZLECAf doit concerner le libre-échange réel, et non le « libre-échange » géré par le gouvernement

La zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est la plus grande zone de libre-échange au monde en nombre de pays. C’est le projet de libre-échange le plus ambitieux et, compte tenu des tendances démographiques, le plus prometteur au monde. La ZLECAf est très importante pour les économies africaines séparément et pour le développement économique collaboratif et intégré du continent. En cas de succès, il a également des implications importantes pour l’économie mondiale. En tant que tel, la ZLECAf est important. Pas seulement pour les Africains mais pour tout le monde

La ZLECAf a été créée en 2018 et les échanges commerciaux dans le cadre de l’accord ont officiellement commencé le 1er janvier 2021. Je dis officiellement car, curieusement, aucun échange n’a eu lieu dans le cadre de l’accord à ce jour. Plus d’un an plus tard. 

Bien qu’avec les gouvernements, presque tout prenne plus de temps et coûte plus cher qu’autrement, il est déroutant, troublant et peut-être aussi embarrassant que seize mois depuis le début des échanges, aucun échange n’ait eu lieu dans le cadre de la ZLECAf. Surtout si l’on considère que pour sortir des millions de personnes de la pauvreté et stimuler un véritable développement économique à travers le continent, les Africains doivent commercer librement les uns avec les autres à plus grande échelle.

Alors pourquoi le commerce n’a-t-il pas décollé dans le cadre de la ZLECAf ?

Non, ce n’est pas dû aux restrictions covid, à la guerre russo-ukrainienne ou à d’autres facteurs externes. La raison pour laquelle les sociétés africaines postcoloniales commercent à peine entre elles est philosophique. A l’indépendance, au lieu de démanteler les barrières mercantilistes coloniales pour rétablir un commerce libre et sans frontières entre Africains, les dirigeants africains, poussés par la pensée socialiste, ont doublé les régimes coloniaux étatistes et protectionnistes et, dans la plupart des cas, les ont rendus encore plus étatistes et répressifs. C’est essentiellement la raison pour laquelle le commerce intra-africain a été lamentablement faible.

Les systèmes économiques fortement étatiques de l’Afrique

Contrairement aux idées reçues, les économies d’aujourd’hui, du premier au tiers monde, ne sont pas capitalistes de marché libre. Même les États-Unis, le bastion du « capitalisme », ne sont pas une économie de marché. Au lieu de cela, nous, l’humanité, vivons sous des systèmes économiques étatiques de sévérité variable. 

Comme expliqué dans cet article , certains des systèmes les plus étatiques (c’est-à-dire cruels et oppressifs) se trouvent en Afrique. La grande majorité des pays africains sont régulièrement classés comme étant pour la plupart non libres et réprimés dans l’indice de liberté économique de la Heritage Foundation. Deux exceptions rafraîchissantes sont Maurice, qui se classe comme étant principalement libre, et le Botswana, qui se distingue par son succès économique relatif. 

Dans ce contexte de systèmes économiques étatiques répressifs, il ne faut pas s’étonner que, seize mois plus tard, aucun commerce n’ait eu lieu dans le cadre de la ZLECAf. Autrement dit, le commerce n’a pas encore eu lieu en raison du degré suffocant de répression économique et monétaire imposé aux Africains par les gouvernements africains.

Les politiciens et les bureaucrates africains, dont la plupart ont des opinions étatistes/socialistes, hésitent encore à démanteler les nombreuses barrières artificielles qui répriment le commerce entre Africains. Le paradoxe ici est que les politiciens mêmes qui ont ratifié l’accord pour établir un marché unique africain sont les mêmes politiciens qui hésitent à démanteler les barrières artificielles coloniales et postcoloniales qui empêchent les Africains de commercer librement. Il faudra de l’audace et un changement tectonique de la pensée économique pour que le commerce intra-africain décolle et pour que la ZLECAf réussisse : les politiciens africains devront supprimer les nombreuses barrières économiques et monétaires artificielles en place. 

Oui, l’existence de la ZLECAf est une preuve claire et en effet remarquable de l’engagement des dirigeants africains à créer un marché unique africain. Mais à quel point le marché sera-t-il libre ou non ? Je soutiens qu’il doit être véritablement gratuit.

Bien que la ZLECAf soit une étape décisive vers le libre-échange en Afrique, son succès n’est pas garanti en raison de la pensée économique étatiste/socialiste parmi les décideurs africains et de la prévalence de l’anti-marché libre, de l’anti-libre-échange et de l’anti-libre entreprise. croyances du public.

Désormais, le secrétariat de la ZLECAf pourrait engager une grande société de conseil pour analyser pourquoi le commerce n’a toujours pas eu lieu. Le cabinet de conseil proposerait, bien sûr, une pile de graphiques et de chiffres expliquant les nombreuses raisons pour lesquelles il en est ainsi. Cependant, la raison fondamentale est philosophique et se cache à la vue de tous. 

La ZLECAf peut être abordée de deux manières

Les dirigeants politiques africains peuvent aborder la ZLECAf de deux manières : la voie du marché ou la voie étatique.

De manière étatique, les gouvernements jouent le rôle principal dans le contrôle central, le commandement et la régulation de l’activité économique (c’est-à-dire la vie des gens). Telle a été l’approche en Afrique depuis « l’indépendance », qui, de toute évidence, n’a pas réussi à créer des sociétés africaines libres et prospères. 

La voie du marché est le système économique naturel. Les individus existaient bien avant l’émergence du gouvernement ou de l’État. La vie humaine, l’action humaine (rationnelle et déterminée), la coopération humaine, la propriété, et donc les marchés libres, le libre-échange et la libre entreprise sont bien antérieurs à l’État et à toutes les formes de gouvernement. Avec l’approche du marché, les dirigeants africains laisseraient enfin les Africains vivre, se déplacer, produire, innover et commercer librement dans la ZLECAf. 

En revanche, la voie étatique continuerait de réprimer et donc de saper gravement le plein potentiel de la ZLECAf. Les politiciens et les bureaucrates continueraient à détenir le pouvoir sur l’économie (c’est-à-dire la vie des gens). Par conséquent, la corruption, le copinage, la tyrannie, l’injustice, la recherche de rente, le détournement de fonds, le favoritisme, le chômage de masse, l’inflation galopante, la dette écrasante, la fiscalité lourde et la pauvreté généralisée, pour ne citer que quelques problèmes, continueraient probablement comme ils l’ont fait au cours des cinquante dernières années. . Plus tragiquement, le dividende démographique sans précédent de l’Afrique et l’énergie entrepreneuriale des jeunes resteraient largement réprimés et donc gaspillés, comme c’est le cas aujourd’hui. 

La voie du marché est le seul moyen de générer un développement économique généralisé, décentralisé et durable. Le marché libre est le seul système économique durable. C’est aussi le seul système qui garantit que le dividende démographique de l’Afrique devienne une grande bénédiction et non une grande malédiction. En d’autres termes, l’approche axée sur le marché est le seul moyen de garantir que le plein potentiel de la ZLECAf est réalisé. Il n’y a pas de troisième voie. Un système économique peut être dirigé soit par le marché, soit par l’État.

Les Africains doivent à nouveau commercer librement 

Le libre-échange géré par le gouvernement n’est pas du libre-échange. La ZLECAf devrait porter sur le véritable libre-échange. Un seul marché libre africain.

Forbes Afrique pose la question : « La ZLECAf sera-t-il le cœur de l’économie mondiale ? »

La ZLECAf a le potentiel de devenir le cœur de l’économie mondiale. Mais les décideurs africains doivent nécessairement abandonner leurs vues économiques étatistes et socialistes profondément enracinées et adopter les marchés libres, le libre-échange et la libre entreprise. 

Plus important encore, les dirigeants africains doivent adopter l’héritage économique de l’Afrique en matière de marchés libres, de libre-échange et de libre entreprise, car c’est le seul moyen de recréer un commerce africain libre et sans frontières, qui libérerait le continent de son héritage colonial pernicieux et omniprésent, comme l’a expliqué Dr. Steve Davies dans Restoring Trade in Africa: Liberating the Continent from the Colonial Legacy .

Dans « L’humanité du commerce », Frank Chodorov précise :

« Testons les affirmations des « protectionnistes » par une expérience de logique. Si un peuple prospère grâce à la quantité de biens étrangers qu’il n’est pas autorisé à posséder, alors un embargo complet, plutôt qu’une restriction, lui ferait le plus grand bien. Poursuivant ce raisonnement, ne serait-il pas préférable que chaque communauté soit hermétiquement isolée de sa voisine, comme Philadelphie de New York ? Mieux encore, chaque ménage n’aurait-il pas plus sur sa table s’il était contraint de vivre de sa propre production ? Aussi stupide que soit cette reductio ad absurdum, elle n’est pas plus stupide que l’argument « protectionniste » selon lequel une nation s’enrichit de la quantité de biens étrangers qu’elle garde hors de son marché, ou l’argument de la « balance commerciale » selon lequel une nation prospère grâce à l’excédent de ses exportations sur ses importations. »

En effet, il n’y a pas d’arguments convaincants que les protectionnistes peuvent utiliser pour justifier la balkanisation économique en Afrique et la poursuite des nombreuses restrictions tarifaires, non tarifaires et autres restrictions artificielles qui empêchent les Africains de commercer librement.

La plupart des sociétés africaines se situent essentiellement au même niveau de développement économique et de précarité socio-économique. Maintenir les barrières artificielles au commerce entre Africains, ou ne les supprimer que partiellement, est aussi absurde que les Caroliniens du Sud se sentent économiquement menacés par les Caroliniens du Nord et militent pour des barrières commerciales.

Dans son article « L’ZLECAf pourrait-elle recréer les réseaux commerciaux africains perdus ? », note Alexander Jelloian :

« Le colonialisme a provoqué une augmentation des politiques commerciales protectionnistes alors que les puissances européennes ont divisé l’Afrique sans accorder une attention suffisante aux facteurs sociaux, économiques ou géographiques. Les contrôles exercés par les autorités coloniales ont restructuré la vie économique loin des relations commerciales naturelles qui existaient depuis des centaines, voire des milliers d’années. Dans la plupart des États, la situation ne s’est pas améliorée après l’indépendance, car de nombreux nouveaux dirigeants africains ont poursuivi un développement dirigé par l’État et espéraient que la substitution des importations stimulerait la fabrication nationale. L’industrialisation n’a jamais eu lieu de manière substantielle dans la majeure partie du continent. Les gouvernements post-indépendance qui ont poursuivi le socialisme africain ont généralement maintenu à ce jour des tarifs élevés et des contrôles aux frontières, qui continuent d’étouffer la croissance économique. »

Conclusion 

Pour réussir, la ZLECAf doit porter sur le véritable libre-échange et établir un marché unique africain libre Le « libre-échange » géré par le gouvernement n’est pas du libre-échange.

Aborder la ZLECAf avec la pensée économique fortement étatique d’aujourd’hui est une recette pour l’échec complet ou partiel de la ZLECAf, le projet de libre-échange le plus ambitieux et le plus prometteur au monde. Parce que la ZLECAf est très importante pour des raisons qui vont au-delà du libre-échange, il est vital d’assurer son succès. 

Même s’il est difficile d’imaginer que les gouvernements africains abandonnent le contrôle répressif et le pouvoir de commandement qu’ils ont accumulé sur la vie des Africains depuis l’indépendance, il est néanmoins vital que les dirigeants africains abandonnent les concepts étatiques importés et adoptent véritablement l’héritage économique de l’Afrique des marchés libres, le libre-échange et la libre entreprise si la ZLECAf doit réussir à assurer un développement économique continental intégré, décentralisé, élargi et durable. 

Les dirigeants africains actuels et futurs doivent supprimer toutes les restrictions artificielles qui suppriment, répriment et entravent autrement la libre production, l’échange et la consommation de biens et de services en Afrique.

Cet article a été publié initialement en Anglais  par Mises Institute et a été traduit par l’Institute for Economics and Enterprises.

Auteur :

Manuel Tacanho est le fondateur d’Afridom, une start-up bancaire numérique solide basée sur l’argent pour l’Europe et l’Afrique. Il est également un défenseur des marchés libres et de l’argent sain pour le développement économique de l’Afrique.

Capitalisme de copinage vs liberté économique, un vilain couple ? 

Pour se développer, le secteur privé doit nécessairement s’appuyer sur les principes de la liberté économique et de la libre concurrence. Cependant, le capitalisme de copinage vient briser la chaîne de confiance en favorisant une seule partie qui empochent des forts revenus au détriment des concurrents sans aucune règle de compétence observée. Notre blogueur Odyssée Niyonkuru fait immersion dans l’œuvre « Moralité du capitalisme » de Tom G Palmer.

Lorsque les marchés sont libres, chacun est libre d’innover et d’entreprendre pour participer activement dans la concurrence du marché. Cette libéralisation économique stimule alors l’esprit d’entreprendre en augmentation en même temps la disponibilité et la diversification des produits sur le marché. En conséquence, les revenus et l’emploi augmentent, tandis que le chômage et le prix des produits sur le marché ont tendance à diminuer.

 Dans son ouvrage  » Moralité du capitalisme « , Tom G Palmer souligne que « Dans de nombreux pays, si quelqu’un est riche, il y a de fortes chances qu’il (plus rarement elle) détienne le pouvoir politique ou soit un proche parent, ami, ou un partisan, en un mot, un « copain » de ceux qui détiennent le pouvoir, et que la richesse de cette personne est venue, non pas du fait d’être un producteur de marchandises générant une valeur, mais du fait de jouir des privilèges que l’État  conférer à certains au détriment des autres ».

Quel est le meilleur choix pour le Burundi ?

Tant qu’une économie fonctionne en capitalisme de copinage, aucune croissance économique forte et durable, aucune politique de lutte contre les inégalités sociales et aucun accroissement des investissements privés et des emplois ne pourraient voir le jour.  Car dans un tel système, les acteurs privés sont incités, non pas à créer de la valeur par l’innovation, la concurrence et l’amélioration de la productivité, mais à exploiter des relations politiques pour obtenir des monopoles ou des avantages de toutes sortes, exonérations et des privilèges que décrochent certains mais pas d’autres.

Selon Faustin Ndikumana directeur de Parcem :  » Le manque de concurrence dans les marchés publics, la multiplication des monopoles, les tricheries dans les exonérations provoquent une concurrence déloyale gravement nocive au développement du secteur privé. Il faut prendre des mesures fortes pour assainir le secteur des marchés publics et des exonérations. Si non il y a risque de voir se développer au Burundi un capitalisme de copinage comme ça a été dans certains pays.”, explique-t-il.

L’Etat ne devrait pas intervenir dans les affaires privées. Cela pour laisser la libre concurrence qui est un moyen de stimuler l’innovation pour les entreprises, qui met en œuvre des techniques de production les plus efficaces, améliorer la qualité des services offertes et baisser les prix pour les clients mais plutôt favoriser plus que jamais “ le capitalisme de concurrence  » fondé sur l’égalité des chances et l’État solidaire, où le marché récompense véritablement l’initiative, le talent et la prise de risque entrepreneuriale. Ce qui est sûr, la concurrence est susceptible de garantir et de favoriser l’enrichissement du plus grand nombre grâce à la liberté économique.

En gros, comme le disait Walter E. Williams : »Ce dont une nation a besoin, c’est d’une séparation entre les affaires et l’État comme il y a séparation entre l’Eglise et l’État.  Cela signifierait que le capitalisme de connivence et le socialisme de copinage ne pourraient pas survivre « 

A propos de l’Auteur :

 Odyssée Niyonkuru, étudiant à l’Université de Ngozi et blogeur à l’Institute for Economics and Enterprises

Un fusil à trois coups détruit les économies africaines : inflation, dette publique et impôts élevés

Aujourd’hui, il est concluant que les  expériences socialistes africaines ont échoué, tout comme l’approche de développement menée par l’État. Non seulement l’approche fortement étatiste n’a pas permis de développer les économies africaines, mais elle a aggravé la pauvreté . Dans ce contexte de systèmes économiques étatiques répressifs, la plupart des pays africains sont pris au piège d’une inflation élevée, d’une dette élevée, d’une fiscalité élevée, d’une forte dépendance, d’une aggravation de la pauvreté, de l’insécurité alimentaire, d’un chômage de masse chronique et d’autres problèmes omniprésents. 

Première baril : Inflation élevée

Les monnaies instables et inflationnistes de l’Afrique ont été un obstacle important au développement économique en raison de leur effet déstabilisateur et appauvrissant. Une croissance économique organique et durable doit nécessairement être tirée par l’épargne, et non par la dette, les dépenses déficitaires ou l’impression d’argent. A long terme, l’inflation aboutit à l’effondrement de la monnaie. C’est ce qui s’est passé en Angola dans les années 1990 et au Zimbabwe dans la première décennie des années 2000.

Les preuves du passé et du présent, provenant des pays développés et en développement, montrent sans équivoque que l’inflation est une politique du gouvernement et de la banque centrale qui ne peut pas durer éternellement et qui a une fin catastrophique, aussi longue soit-elle. L’Afrique postcoloniale a été en proie à une grave instabilité monétaire due à l’inflation : crises monétaires, fluctuations monétaires erratiques, dévaluations monétaires, réinitialisations monétaires et même hyperinflation. Une situation monétaire aussi chaotique, déstabilisante et appauvrissante n’est ni accidentelle ni naturelle. C’est la conséquence inhérente des systèmes de monnaie fiduciaire de l’Afrique dans le contexte du colonialisme monétaire . 

D’une part, une monnaie stable et digne de confiance stimule la formation de capital local (c’est-à-dire l’épargne), conduisant à des investissements et à un esprit d’entreprise locaux, ce qui conduit à une croissance économique organique, décentralisée et durable. Une économie basée sur une monnaie fiable (par exemple, la monnaie d’or ), associée à d’autres facteurs tels que des impôts bas et la liberté économique, attire également davantage de capitaux et de talents étrangers, ce qui conduit à une prospérité généralisée. 

D’autre part, les monnaies peu fiables et inflationnistes, telles que les monnaies africaines d’aujourd’hui, auront l’effet inverse. Dans un contexte d’instabilité monétaire et d’inflation galopante, les gens auront tendance à moins épargner, à dépenser plus vite et à éviter les investissements à long terme et les entreprises. Et la formation de capital, l’attraction de capital et le déploiement de capital à long terme sont essentiels à l’industrialisation et à une prospérité durable. En déplaçant les incitations de la réflexion, de l’épargne et de la production à long terme vers la réflexion, la consommation et les activités économiques à court terme, les monnaies inflationnistes sapent le développement économique. Ils conduisent à la désindustrialisation et rendent la société plus dépendante de l’État. Notez que plus un système dépend de l’État, plus il devient cruel, oppressant et donc insoutenable.

De plus, en maintenant l’instabilité monétaire et une inflation élevée, les gouvernements africains détruisent le capital local, minent la formation de capital et veillent à ce que le capital local reste lamentablement rare. Cela maintient les pays africains pauvres et dépendants de l’aide systémique (prêts et subventions) et des injections de capitaux étrangers. Cette situation, créée par une politique gouvernementale malavisée, laisse les gouvernements africains endettés et à la merci d’acteurs étrangers prédateurs.

Deuxième baril : endettement élevé 

Bien que la dette soit un problème économique mondial , le fardeau de la dette affecte les pays différemment. Les conséquences pernicieuses de l’endettement sont plus invalidantes et plus rapides à se manifester dans les pays en développement que dans les pays développés.

Ne pouvant ou ne voulant pas voir les dépenses déficitaires pour le modèle ruineux qu’elles sont, de nombreux gouvernements africains répètent les erreurs du passé et enfoncent davantage leurs économies dans la ruine économique en accumulant une dette excessive (et en imposant par conséquent des charges fiscales plus lourdes). Bien que les rapports faisant état d’une crise imminente de la dette en Afrique soient probablement exagérés, l’accumulation de la dette des pays africains est alarmante .

Hormis le Soudan, l’Érythrée, le Cap-Vert, le Mozambique, l’Angola, Maurice et la Zambie, qui ont des ratios dette/PIB proches ou supérieurs au seuil de 100 %, le ratio moyen dette/PIB en Afrique oscille autour de 60 %, ce qui est inférieur au ratio moyen des pays développés, dont beaucoup ont depuis longtemps dépassé le seuil de 100 %. Pourtant, l’accumulation de la dette de l’Afrique est imprudente, insoutenable et dangereuse. 

Un endettement excessif nuit aux économies africaines de huit manières :

  1. Il perpétue l’approche de développement menée par l’État, qui n’a pas réussi à générer la prospérité économique et a laissé la plupart des économies africaines dans une situation précaire caractérisée par la dépendance, la pauvreté, la tyrannie, la corruption, l’inflation galopante et la désindustrialisation.
  2. En perpétuant l’approche de développement impulsée par l’État, les dépenses publiques alimentées par la dette aggravent la pauvreté , consolident la répression politique et économique et retardent ainsi davantage les réformes favorables au marché dont les sociétés africaines ont un besoin urgent pour se développer véritablement et affronter les tempêtes économiques mondiales.
  3. Les remboursements de la dette paralysent davantage des économies déjà paralysées en détournant des parts de plus en plus importantes des recettes publiques vers le service de la dette. Pire encore, les pays africains paient des taux d’intérêt beaucoup plus élevés ( 5 à 16 % ) sur leurs euro-obligations que les pays développés, qui, grâce aux taux d’intérêt ultra bas artificiels de leurs banques centrales, ont tendance à payer des intérêts quasi nuls sur leur dette ;
  4. Comme la plupart des dépenses publiques, les dépenses publiques africaines ont tendance à être embourbées dans la corruption, le copinage, le détournement de fonds, la recherche de rentes, la surfacturation et le gaspillage, ce qui signifie en fin de compte qu’elles font plus de mal que de bien. Cela ne conduit qu’à un endettement supplémentaire pour maintenir la frénésie des dépenses – un cercle vicieux qui attire davantage d’opportunistes politiques et économiques à la recherche d’un poste ou pour s’enrichir grâce aux dépenses et aux faveurs du gouvernement.
  5. Cela conduit à l’injustice et à un écart plus large d’inégalité de revenus et de richesse, car les politiciens et leurs associés (par exemple, les grandes entreprises et autres groupes d’intérêts) bénéficient en premier et le plus de ces injections d’argent par le biais de divers programmes.
  6. Les dépenses publiques motivées par la dette signifient également un fardeau fiscal plus lourd (c’est-à-dire plus oppressif) à l’avenir. Les impôts élevés sont l’un des principaux obstacles au développement économique. Moins de développement signifie plus de pauvreté, plus de souffrance humaine et plus de décès liés à la pauvreté.
  7. De plus, un endettement excessif conduit à une situation où les gens, leurs enfants et même les enfants à naître devront être imposés pour payer les dépenses gouvernementales largement inutiles et contre -productives d’aujourd’hui , qui ne font qu’enrichir les politiciens et leurs associés.
  8. En plus de tout cela, la dette (prêts et subventions) piège les pays africains dans la pauvreté et la vassalité aux gouvernements étrangers (principalement les États occidentaux, mais d’autres aussi, de nos jours).

Maintenant, pourquoi les politiciens africains optent-ils toujours volontairement pour ce modèle ruineux ?

Une partie de cela est le colonialisme monétaire ; une partie de cela est  le colonialisme philosophique . Mais une raison importante est que ce modèle est plutôt commode politiquement. Elle permet aux politiciens de faire des promesses électorales de conte de fées.

Troisième baril: Fiscalité élevée 

Nnete Okorie-Egbe était une princesse d’Akwete au Nigéria qui a mené une révolte de femmes contre la tyrannie coloniale britannique, en particulier contre la fiscalité oppressive, en 1929.  De même, un conte folklorique célèbre en Angola raconte qu’une fois, pour protester contre la fiscalité coloniale portugaise, les habitants du village de Caxito ont fait de la magie et ont envoyé un crocodile avec un sac d’argent dans la bouche au bureau colonial local pour payer des impôts. Bien qu’il s’agisse très probablement d’un mythe, le message est clair et le symbolisme est réel. A tel point qu’un monument alligator éternise ce conte. 

Des histoires de protestation comme celles-ci abondent à travers l’Afrique. Cela n’est pas surprenant car le concept d’imposition permanente et excessive est une imposition coloniale que les gouvernements africains postcoloniaux, au lieu de rejeter, ont doublé. L’Afrique précoloniale était caractérisée par peu ou pas d’imposition en raison de la tradition d’autonomie, de marchés libres et de libre-échange. Les sociétés apatrides étaient omniprésentes dans l’Afrique précoloniale.

Cependant, l’Afrique d’aujourd’hui est caractérisée par de tels degrés de taxation tyrannique qu’ils ressusciteraient Nnete Okorie-Egbe pour mener une autre révolte fiscale ou obligeraient les villageois de Caxito d’alors à envoyer non pas un mais une centaine de crocodiles au bureau des impôts en signe de protestation.

Business Insider Africa rapporte que :

« Les taux d’imposition des sociétés sont généralement plus élevés dans les pays en développement. En Afrique, le taux moyen d’imposition des sociétés est de 27,5 %, le plus élevé de toutes les régions. Le Tchad, les Comores, la Guinée équatoriale, la Guinée, le Soudan et la Zambie sont tous à égalité pour le deuxième taux d’imposition des sociétés le plus élevé au monde à 35,0 %. De nombreux pays de la région se classent également parmi les pires pour la facilité de faire des affaires, avec des coûts de démarrage élevés et de multiples barrières à l’entrée. »

Le fait que la région la plus pauvre ait les taux d’imposition des entreprises les plus élevés au monde est à la fois révélateur et déroutant. Au lieu de maintenir certains des régimes fiscaux les plus oppressifs au monde, l’Afrique devrait se vanter des charges fiscales les plus simples et les plus faibles, ce qui encouragerait grandement la formation de capital local, l’investissement, l’entrepreneuriat et une croissance économique durable.

De plus, comme nous le savons tous, les pays en développement ne peuvent presque jamais rembourser leurs dettes faute d’une économie solide. L’augmentation des charges fiscales dans ces économies précaires ne fera qu’appauvrir davantage des sociétés déjà appauvries.

En conclusion

Tel est le fusil à trois coups avec lequel la plupart des gouvernements africains, intentionnellement ou non, bombardent les sociétés africaines. On ne sait pas pourquoi les gouvernements africains, et non coloniaux, déploieraient une arme économique aussi destructrice contre les personnes mêmes qu’ils devraient servir et élever. Ce qui est clair, c’est qu’en maintenant un environnement d’inflation élevée, d’endettement élevé et de fiscalité élevée, les gouvernements africains veillent à ce que les sociétés africaines restent prises au piège de la tyrannie, de la dépendance et de la pauvreté.

Cet article a été initialement publié en Anglais par Mises Institute et a été traduit en français par Institute for Economics and Enterprises.

A propos de l’auteur: Manuel Tacanho est le fondateur d’Afridom, une start-up bancaire numérique solide basée sur l’argent pour l’Europe et l’Afrique. Il est également un défenseur des marchés libres et de l’argent sain pour le développement économique de l’Afrique.

Pourquoi le protectionnisme n’arrive pas à réduire la pauvreté en Afrique ?

Dans leurs courses pour le développement de leurs pays, les dirigeants africains élaborent des politiques diverses. Pour beaucoup d’eux promouvoir la production interne est la meilleure option. Donc, il faut protéger l’économie nationale en freinant les importations, en encourageant les exportations, en privilégiant les entreprises nationales dans les appels d’offres de marchés publics, ou en empêchant les investisseurs étrangers de prendre le contrôle d’entreprises nationales. Ce que les économistes appellent le « protectionnisme ». Analyse !

Protectionnisme, quid ?

Le protectionnisme est une politique économique interventionniste menée par un État ou un groupe d’États, consistant à protéger ses producteurs contre la concurrence des producteurs étrangers. Cela fait souvent dans le but de stimuler l’emploi, de diminuer le déficit commercial, ou de défendre un niveau de vie.

Pour ce faire, il faut par exemple freiner les importations par des mesures douanières et des exigences administratives et de normes contraignant, encourager les exportations par des subventions diverses ; des incitations fiscales comme de cas exonérations fiscales pour les entrepreneurs nationaux et aussi privilégier les industries nationales et aussi empêcher les investisseurs étrangers de travailler sur le territoire national. Ces dernières étant une politique douanière qui vise à protéger l’économie nationale contre la concurrence étrangère. Le protectionnisme est opposé au libre-échange (dont le résultat majeur actuel est la mondialisation des échanges) et par extension au terme libéralisme.

Pourquoi ce choix… ?

Comme l’Economiste du Ghana, George B.N. Ayittey l’a montré dans son livre « Economie Appliquée pour l’Afrique », depuis leurs accessions à l’indépendance, plusieurs pays Africains ont adopté des politiques protectionnistes dans tous les secteurs économiques en espérant se protéger du joug de néocolonianisme d’une part et les mettre sur la voie de concurrence, les développer de l’autre. Cette prise de position était en partie résultat des luttes des nationalistes africains, qui voulait à tout prix rompre avec le système colonialiste, qui d’après eux était responsable de tous les maux qu’a connu leurs pays, notamment la pauvreté.

Le résultat a été d’embrassé une philosophie n’émanant pas du colonialisme et le modèle de développement ne tenant pas aux spécificités de leurs pays. Les amateurs de ce système pensent que : « si l’on parvient à faire naitre dans le pays une nouvelle industrie ou à donner un plus grand développement à l’industrie déjà existante, on accroit la masse de travail et par conséquent de la richesse nationale », vue de l’économiste français Fréderic Bastiat.

…Un choix qui empile les choses… ?

Comme Fréderic Bastiat continue à le souligner, « il n’y a pas un décret au monde qui puisse augmenter le nombre de bras, ou la fertilité du sol d’une nation, ajouter une obole à ses capitaux ou un rayon à son soleil. Tout ce que peut faire une loi, c’est de changer les combinaisons de l’action que ces éléments exercent les uns sur les autres .. (Œuvres complètes de Fréderic Bastiat, Tom 1 page 206). Protéger les industries nationale est certainement mauvais de tout sens. Cette décision bloque la compétition. Et ces industries ne peuvent pas compéter sur le marché international. Sans recherche & Développement, ces entreprises ne peuvent pas donner une meilleure qualité de produits et leurs productivités devient nulle à long terme. Ce qui ne peut pas permettre la croissance économique durable.

Nous entrons petit à petit dans l’ère de la libéralisation de l’économie au niveau mondial. Et l’Afrique doit suivre le cours aussi. L’intégration mondiale tout comme régionale nécessite une nouvelle vision et approche pour lutter contre la pauvreté. Et l’approche est simple pour nous, libéraliser l’économie africaine. Embrasser la capitalisme et ouverture au commerce, tout cela libère l’esprit d’entreprise et par conséquent réduise la pauvreté. Les africains aiment la compétition. Et donc les Etats africains doivent permettre cette compétions à tous pour lutter contre la pauvreté. Car vouloir résoudre une question avec des variables inappropriées donne toujours de fausse réponse.

Par Lambert Nduwayezu

Fondateur et Directeur Exécutif de l’Institute for Economics and Enterprises.