Burundi : Comment se réinventer pour un idéal anti-corruption ?

Au Burundi, depuis 2005, un arsenal d’instrument juridique et d’organe de contrôle et de répression de la corruption ont été mise en place au Burundi. En analysant tous les efforts entrepris dans la tolérance zéro, plusieurs questions s’imposent. Quelles sont les raisons qui ont contribué à sa défaillance ? Y-aurait-il des stratégies particulières et innovantes fondées sur la non intervention étatique faut- il entreprendre pour juguler à la recrudescence de la corruption au Burundi ? Quelques réponses avec notre collègues ISHIMWE Jean Acutis

Selon le classement fait en 2021 par Transparency International, le Burundi est un pays classé à la 168ème sur 180 pays dans l’indice de la corruption au monde. Pourtant, depuis 2005 ; un arsenal d’instrument juridique et d’organe de contrôle et de répression de la corruption ont été mise en place. Considérant les formes de généralisations et de banalisations et la manière dont la corruption rentre dans le lot commun des négociations quotidiennes routinières des burundais, il nous convient de ne pas utiliser le terme « corruption » mais d’utiliser l’expression «complexe de corruption» comme le dit Olivier de Sardan pour souligner comment la corruption s’est insérée dans un même tissu de normes et d’attitudes sociales usuelles.( Olivier de Sardan, « L’Economie morale de la corruption », in Politique africaine, 63,p,97-116)

La routinisation et la banalisation du phénomène de la corruption

Presque tous les services (publics et privés) se tarifent actuellement à une forme de geste qui prend le sens d’un devoir moral pourvu que ça ne soit pas une rémunération tarifée ou négociée. Une grande partie de ce qu’on appelle la petite corruption est monnaie courante sous forme de cadeau au service rendu. Il suffit de chercher un document dans un service d’une façon urgente, c’est le même bénéficiaire qui pense au prix de l’encre (amazi y’ikaramu).

Qui plus un, il ne serait pas absurde d’imputer ce phénomène de la corruption à notre culture burundaise. Chaque individu est inséré dans de multiples réseaux (clan, famille, région), dont chacun est porteur de solidarités, et donc de pressions correspondantes. Par le biais de ces liens, la multiplication des interventions en faveur de tel membre du réseau devient progressivement le mode normal de gestion des dossiers et des cas et cela se consolident par des adages ou certains proverbes comme ibunyokorome uhashikanwa na nyoko (c’est grâce à sa mère qu’on arrive chez l’oncle maternel).

Les dispositifs anti-corruption mis en place finiront-ils de porter ses fruits ?

Oui, un pas significatif a été franchi avec la promulgation de la loi n° 1/12 du 18 avril 2006 portant mesures de prévention et de répression de la corruption et des infractions connexes. De nouvelles institutions spécialisées ont été mises en place, à savoir la cour anti-corruption, le parquet général près la cour anti-corruption et la brigade spéciale anti-corruption. Cependant, comme me disait un avocat rencontré, cette loi sur la corruption semble toucher les petites gens, qui ne sont pas de vrais corrompus, ceux qui volent un sac de ciment, un sac de riz, un militaire qui réclame dix mille francs sur la route. Donc, malgré la mobilisation pour la tolérance zéro, on voit un dispositif qui manque toujours d’indépendance.

En plus, ce dispositif anti-corruption ne semble pas toucher certains domaines comme les passations de marché publique. C’est pourquoi, un nouveau cadre harmonisé dans le cadre de passation de marchés publiques lieu soupçonné pour plus de corruption s’avère nécessaire, pour qu’il y ait une gestion transparente et efficace des finances publiques. Toutes ces réformes constituent des instruments permettant de réaliser les objectifs en matière de lutte contre la corruption et les infractions connexes.

Ainsi, au Burundi comme dans pas mal des pays africains se sont ainsi conjugués et cristallisés dans les classes dirigeantes une confusion de la chose publique et de la chose personnelle, ce qui par conséquent contribue à la recrudescence de la corruption parmi les dirigeants. Certains penseurs tentent de trouver une raison comme quoiles indépendances ont vu la construction précipitée d’une bureaucratie nouvelle prenant la place des colonisateurs, et soucieuse avant tout d’exercer ses privilèges à leur place, et d’asseoir son statut au plus vite. Ni la chose publique ni le service public n’étaient vraiment au centre des préoccupations. Ces notions morales ne semblent toujours pas être entrées dans les mœurs pratiques, soixante ans plus tard. (Guillaume Nicaise, Petite corruption et situations de Pluralisme normatif au Burundi, in Afrique contemporaine 2018/2(N ° 266), 193 -213).

La quête de l’idéal anti-corruption par les normes éthiques

Toutefois, bien que nécessaire, tout ce dispositif juridique reste insuffisant. Il leur faut un complément par la norme éthique. Ceci étant, la quête de la « tolérance zéro » peut trouver un excellent ancrage dans la norme éthique. Ici, il nous incombe de proposer des alternatives innovantes souvent ignorées voire négligées basées sur la non intervention de l’Etat.

Devant ce complexe de la corruption qui gangrène beaucoup de secteur du pays, les citoyens sont informés mais ne sont pas formés. Si nous considérons comment les systèmes traditionnels et certains codes culturels justifient la corruption et parviennent de l’ancrer dans la banalisation des pratiques quotidiennes. Il est temps de couper court à ces pratiques qui stipulent que chacun broute là où on l’attache (impene irishwa aho iziritse).

Pour ce, il y a une urgence de former les jeunes générations des citoyens au sens de la res publica (la chose publique). Normalement sans la chose publique, il advient une vie publique qui s’éloigne progressivement des principes, non pas simplement traditionnels mais de valeur traditionnelle, de la sagesse burundaise. Par cette sensibilité à la chose publique, il faut développer d’autres réflexes de dénonciation des actions et des personnes suspectées de corruption pour éviter d’avoir sans cesse la main au portefeuille. En sus, il est nécessaire que les populations soient initiées aux voies et procédures permettant de les associer aux décisions (collectivité territoriale). L’exercice du contrôle citoyen de l’action publique contre la corruption par le principe de la participation à la gouvernance devient une autre norme éthique nécessaire parce que la gestion au quotidien de leur collectivité semble échapper aux citoyens au profit d’une classe dirigeante.

En somme, la corruption est donc aussi dénoncée dans les mots qu’elle est pratiquée dans les faits. L’influence de la tradition et un certain syncrétisme culturel fait de la tolérance-zéro un cul-de -sac qu’il nous faut une génération décidée pour assurément impulser une dynamique nouvelle à la réalisation de l’idéal anti-corruption.

A propos de nous:

Institute for Economics and Enterprises est un Think Tank qui promeut la liberté économique et individuelle au Burundi en particulier et en Afrique en général.

Burundi : Entre monopole et capitalisme, dans quelle voie faut-il cheminer le secteur agricole ?

Le secteur agricole figure sur la liste des priorités budgétaires 2022-2023 du Burundi, avec une enveloppe de 80 milliards de francs burundais. Cette somme sera principalement affectée à la subvention des engrais organo-mineraux, la production des semences sélectionnés et le repeuplement des cheptels. Plusieurs questions taraudent notre blogueur Guy Marie Eloi sur les stratégies retenues pour améliorer la production agricole ? 

Pendant plus de trente ans, l’agriculture et l’élevage ont été les parents pauvres des investissements nationaux, à tel point que le budget alloué à l’agriculture et l’élevage oscillait entre 5 et 7%. Nonobstant, ce secteur reste jusqu’ici le principal source de revenus au Burundi depuis son indépendance , elle constitue 90% de l’emploi totale et contribue 50% dans le PIB actuellement. En dépit des initiatives visant à réduire les milliers barrières qui empêchent ce secteur à s’épanouir, le chemin reste encore trop long.

En effet, les monopoles et les irrégularités dans la distribution des engrais chimiques et les monopoles dans l’achat et la vente des récoltes par les pouvoirs publics constituent un obstacle de front dans l’accessibilité équitable du marché et la disponibilité des produits agricoles sur le marché au moment opportun, d’où l’instabilité récurrente des prix.

Les défis à relever ?

Les principaux défis souvent rencontrés dans ce domaine est la monopolisation des grands fournisseurs des intrants agricoles indispensables pour la grande production d’une part. L’achat et la distribution des engrais minéraux sont très difficiles. « On est contraint d’utiliser le seul engrais Fomi disponible au Burundi même si sa distribution reste à améliorer », nous raconte Thierry, un cultivateur de Ngozi

Il ajoute que le retard de la distribution des engrais chimiques influence leur niveau de production parce que il arrive que la saison pluvieuse se termine longtemps avant le moment de récolte :  » Le retard de la distribution des engrais induit automatiquement le retard de la plantation, ce qui rapporte ainsi le moment de récolte. Or la pluie peut disparaître dans certaines mesures avant la maturation des plantations, d’où la baisse de la production« , poursuit Thierry.

Parallèlement, le secteur agricole n’est pas libéralisé, le monopole sur l’achat et la vente des récoltes paralyse de plus en plus l’accessibilité des produits sur le marché, ce qui induit la pénurie et l’inflation de certains produits agricoles sur le marché. D’ajouter, les exportations agricoles restent toujours centrées sur un petit nombre de plantes industrielles dont le thé, café et le coton.

Libéralisation du secteur agricole, une solution ?

Pour moderniser l’agriculture au Burundi, les décideurs doivent miser au libéralisation et professionnalisation du secteur. Cela n’impliquerait pas des interférences de l’État dans ce domaine, plutôt une bonne libéralisation du secteur agricole axé sur la libéralisation des intrants, la libéralisation du marché d’écoulement, en jouant sur les prix que le marché fixe lui-même et non pas celui de l’état est très encourageable.

Cela pourrait alors contribuer dans l’amélioration de l’entrepreneuriat rural, fondé principalement sur l’agriculture et l’élevage, ce qui crée les emplois dans le domaine agricole et à la fin du compte la pauvreté, la faim dans les ménages, le chômage élevé qui sévit notre pays seront éradiquer progressivement et porter l’espoir sur la croissance de l’économie nationale. De cette manière le capitalisme agricole peut faciliter l’accessibilité des produits sur les marchés et contenir toute sorte d’inflation par la libéralisation du marché agricole.

Par Guy Marie Eloi Igirubuntu

Afrique : L’individualisme, une philosophie adaptée pour la prospérité ?

Alors qu’individualisme est une philosophie favorisant l’initiative individuelle, l’indépendance et l’autonomie de la personne au regard de la société ; une doctrine qui fait de l’individu le fondement de la société et des valeurs morales, le collectivisme, lui ; est un système économique fondé sur la propriété collective des moyens de production. L’un voit la lutte de la pauvreté dans l’initiative individuelle / privée alors que l’autre c’est dans l’initiative publique / coopérative, collectivité. Donc, la différence entre collectivisme et individualisme réside dans ce que chaque idéologie considère comme important: l’individu ou le groupe.

Pourquoi alors l’individualisme ?

Dans son « Second traité de gouvernement », Locke soutient que les droits individuels sont le fondement d’une société libérale. La conclusion est qu’il est mauvais de violer les droits de propriété d’autrui : « Bien que la terre et toutes les créatures inférieures soient communes à tous les hommes, chaque homme a une propriété sur sa propre personne, sur laquelle personne n’a de droit à part lui-même. Le travail de son corps, et le travail de ses mains, nous pouvons dire, sont proprement à lui. »

Une philosophie qui met les décisions de l’individu au centre de tout a déjà révélé ses atouts dans le combat de la pauvreté. Une société qui valorise le fondement libérale est une société prospère. Par exemple, nous trouvons une codification la plus célèbre « des principes du libéralisme » dans la Déclaration d’indépendance des Etats Unis d’Amérique : “Nous tenons ces vérités pour évidentes, que tous les hommes sont créés égaux, qu’ils sont dotés par leur Créateur de certains droits inaliénables, que parmi ceux-ci se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. » Pourquoi ne pas se demander si ce n’est pas la raison de la puissance économique de l’Amérique ?

Une philosophie pour l’avenir africaine ?

La lutte contre la pauvreté a été et continue à être un combat de longue haleine dans le monde entier. Les pays africains, quant à eux devraient doubler les efforts. Plutôt devrait chercher une philosophie à adopter qui peut aider dans cette lutte. Il semble que le libéralisme a déjà démontré son impact positif dans ce chemin de croix. Lorsque nous cherchons à vaincre la pauvreté, nous devrons tenir compte des droits individuels, à commencer par le droit de propriété de soi.

La philosophie de l’individualisme a radicalement modifié nos relations les uns avec les autres. Elle a créé des cultures individualistes qui célèbrent l’accomplissement individuel, ainsi que des structures politiques et économiques qui protègent les droits individuels. En conséquence, comme George Ayittey les appelaient « Génération des Guépards », des générations de briseurs de moule et de pionniers ont renouvelé et amélioré notre monde, en tant qu’explorateurs, pionniers, inventeurs, entrepreneurs, artistes, scientifiques et leaders moraux.

À mesure que le temps avance, de nouveaux innovateurs ont la possibilité de se lever et de faire la différence. Et l’appel de ceux deux auteurs, Dan Sanchez et Patrick Carroll,ne nous échappe pas:« En décidant de tracer notre propre voie, nous pouvons nous aussi devenir des agents de changement revitalisants dans un monde qui stagne. Nous pouvons ouvrir de nouvelles voies là où d’autres ne sont pas encore allés, et nous pouvons donner l’exemple à ceux qui viendront après nous. »

La seule question est de savoir si nous allons saisir cette évidence d’Henry David Thoreau : « Si un homme ne suit pas le rythme de ces compagnons c’est peut-être parce qu’il entend un autre tambour. Qu’il marche au rythme de la musique qu’il entend, même si elle est mesurée ou lointaine ». Le ferez-vous ?

Par Lambert Nduwayezu, Fondateur et Directeur de l’Institute for Economics and Enterprises.

Afrique : Le collectivisme, une menace pour la lutte contre la pauvreté ?

Depuis les années 60, les pays africains cherchent à accéder à leur indépendance tant économique que politique. Cependant lorsqu’ils cherchent à rompre avec le système colonialiste, ces « leaders nationalistes » ont eu du mal à choisir le système économique propre à l’identité africaine.

A croire que le système capitaliste était propre au colonialisme, plusieurs d’entre eux ont voulu adopter le collectivisme comme système économique de leurs pays. Cependant, il y a lieu de se demander : Pourquoi nous sommes toujours dans la pauvreté ? Et si nous avons fait fausse route dès la recherche de nos indépendances, depuis les années 60 ?  

Quid du collectivisme.

Le collectivisme est un système économique (philosophie) fondé sur la propriété collective des moyens de production, selon le dictionnaire Larousse. Les adeptes du collectivisme voient la lutte de la pauvreté dans l’initiative publique / coopérative, collectivité. Donc, le mot clés de l’idéologie du collectivisme réside dans ce qu’elle considère comme important: « le groupe ».

En raison de vouloir rompre avec le colonialisme, les dirigeants africains ont voulu adopter un système économique radicalement opposée. Dans leurs plans de développement, nous y trouvions souvent ce que Georges Ayittey a qualifié « religion de développement, qui a façonné ou dirigée une grande partie de l’effort de développement postcoloniale ».

Donc, après l’indépendance des pays africains, de nombreux dirigeants nationalistes africains adoptèrent une idéologie socialisme comme idéologie directrice. Et au lieu de chercher aux problèmes africains les solutions internes africaines, ils cherchaient les solutions extérieures. Et cela dans la tendance de la « religion de développement ».

Cette tendance n’a pas cessé de se développer. Aujourd’hui, la majorité des pays africains fêtent leurs plus de 60 ans d’’indépendance politique. Mais l’indépendance économique reste à désirer. La pauvreté reste une grande menace de nos pays malgré les multiples politiques pour en sortir. Et nous devrions nous poser cette question actuellement : « Et si nous avons fait fausse route il y a plus de 60 ans ? »

 Une philosophie vouée à l’échec ?

En Afrique, nous rencontrons souvent des discours prônant le collectivisme : promotion des coopératives et associations dans la recherche du bonheur ou pour lutter contre la pauvreté. Cela n’est pas d’aujourd’hui, il date depuis la recherche de l’indépendance de nos pays. L’expérience et l’histoire montrent que l’adoption du système économique collectiviste a échoué dans la lutte contre la pauvreté dans le monde entier.

Dans son article critique du collectivisme en URSS, l’auteur Gérard-Michel Thermeau se posait cette question cruciale : « Le  socialisme réel aurait un bilan globalement positif selon ses adeptes. Qu’en dit vraiment l’histoire ?» La force est de constater que ce système n’a jamais réussi. Il conclut : « Le communisme reste toujours à l’horizon. Faut-il s’en étonner ? Seul le marché est intéressé à satisfaire les désirs individuels. En supprimant le marché, l’économie socialiste mettait en avant les seuls besoins définis par les gouvernants. »

En Afrique en général, nous avons essayés le collectivisme, sous toutes ses formes. Malheureusement cela a échoué tout comme dans le monde entier. Il est clair que cela ne pourrait jamais fonctionner à n’importe quelles stratégies « planifiées ». C’est un système défaillant, à la fois conceptuellement et moralement et qui cause en plus trop de morts. Il finit toujours à créer des inégalités et des classes dans un même « groupe ». Toujours les profitants sont les dirigeants du « groupe ». Ce n’est pas difficile de voir cela. Portez vos regards dans les pays communistes. Pourquoi allez loin ? Non, restez ici.

Pour avancer mieux dans notre lutte, il est primordial d’adopter l’opposé du collectivisme et de l’étatisme. Cela consiste à accorder aux gens la liberté de commercer, reconnaître les gens comme des individus différents capables de rechercher leur propre bonheur tel que défini par eux-mêmes.

Par Lambert Nduwayezu, Fondateur et Directeur de l’Institute for Economics and Enterprises

Burundi : L’économie de marché pourra-elle sauver la population de leur pauvreté ?

Le Burundi est un petit pays d’Afrique centrale orientale dont le taux de pauvreté est supérieur à 60 %. Il est difficile pour de nombreux burundais d’accéder aux produits de première nécessité. Pour les uns, se nourrir est quasi impossible.  Plus de la moitié d’entre eux vivent avec moins de deux dollars par jour. Aussi, la faible croissance économique par rapport à la croissance démographique entraîne une hausse continue du taux de pauvreté, qui a atteint environ 87,1% en 2021, selon la Banque mondial.

Le capitalisme est bon remède pour la pauvreté ?

Les causes de la pauvreté peuvent être cherchées dans plusieurs angles comme nous le lisons dans cette analyse. L’accent est porté sur la catégorisation des causes. Pour les uns, la pauvreté est d’origine externe et pour les autres, interne. Pour nous, le problème n’est pas la question de cause à effet pour le moment. Mais plutôt de savoir la possibilité et le moyen de sortir de la pauvreté.  L’histoire montre que c’est possible de vaincre la pauvreté. Il suffit de tourner les yeux vers,par exemple, les pays comme la Chine et l’Inde. Et plutôt de se demander comment ont-ils possédé pour réussir ?  

Si l’on considère la période historique plus longue, on constate que les tendances actuelles ne sont que la continuation des victoires du capitalisme, économie de marché, dans la lutte contre la pauvreté. La majeure partie de l’histoire de l’humanité a été beaucoup caractérisée par quelques nantis et beaucoup de démunis. Cette situation a lentement commencé à changer avec l’avènement du capitalisme. Ainsi, les gains les plus importants dans la lutte contre la pauvreté ont eu lieu dans les pays qui ont ouvert leurs marchés, la Chine et l’Inde en sont témoins.

Comme l’auteur Steven Horwitz l’a remarqué, « Rien n’a fait plus pour sortir l’humanité de la pauvreté que l’économie de marché».  Regardez, aujourd’hui, dans les pays capitalistes, les pauvres vivent comme des rois, cela grâce à la libération du travail et à la possibilité d’accumuler du capital qui rend ce travail plus productif et enrichit même les plus pauvres. Sous l’impulsion du marché concurrentiel, économie de marché, et de ses signaux de profits et de pertes, les pauvres peuvent entreprendre une activité génératrice du revenu. Et à Steven Horwitz de conclure que « lorsque la recherche du profit et l’innovation sont devenues des comportements acceptables pour la bourgeoisie, la corne d’abondance a produit sa générosité, et même les plus pauvres ont partagé cette richesse ». Les inventions ne deviennent des innovations que lorsque les institutions adéquates existent pour qu’elles améliorent la vie des masses populaires, la population. C’est ce que le capitalisme a fait et continue de faire chaque jour. Et c’est pourquoi le capitalisme a été si bon pour les pauvres.

Est-il un bon modèle à suivre…. ?

Comme aussi l’auteur Steven Horwitz continue à le souligner, « une fois que les gens n’ont plus eu besoin de permission pour innover, et que la valeur des nouvelles inventions a été jugée en fonction des améliorations qu’elles apportaient à la vie des masses sous forme de profits et de pertes, les pauvres ont commencé à vivre dans le confort et la dignité. ».

Pour réduire la pauvreté, il est important d’embraser l’économie de marché.  C’est ce modèle qui est le plus important dans la promotion de l’esprit d’entreprise. Le marché libre ou libre-échange en est ingredient.  L’esprit d’entreprise ne peut pas évoluer dans un environnement des interventions étatique excessives.

Ces aspects ne découragent pas seulement l’esprit d’entreprise. Ils bloquent également la compétitivité et l’ouverture commerciale. Ces aspects rendent l’environnement des affaires difficile. Les hommes et femmes d’affaires externes et internes ne voient pas d’opportunités lucratives pour produire ou commercer dans un environnement pareil. Afin de réduire la pauvreté, il est impératif de sauver la liberté économique qui est basée sur le choix personnel, le commerce volontaire et la protection de la propriété privée. Il faut promouvoir le capitalisme conscient, l’économie de marché.

Par Lambert NDUWAYEZU, Fondateur et Directeur Exécutif de l’Institute for Economics and Enterprises

Burundi : Déficit budgétaire chronique, Comment faut-il combler le trou ?

Au Burundi, le déficit budgétaire augmente d’une année à l’autre. Cependant, il y a toujours lieu de se demander les principaux facteurs qui perdurent ce phénomène. Quels sont les effets du déficit budgétaire chronique ? Y aurait-il un moyen efficace pour rectifier le tir ? Analyse avec Lambert NDUWAYEZU, notre Fondateur et Directeur.

En date du 21/06/2022, le conseil des ministres s’est réuni pour analyser le projet loi budgétaire que le gouvernement burundais va utiliser au cours de l’exercice 2022-2023. Toujours, comme ça devient monnaie courante, le projet loi fait ressortir un déficit budgétaire.

Les exemples sont légions. Pour l’année budgétaire 2022/2023, les recettes globales passent de 1 562,06 milliards de BIF en 2021/2022 à 2193,6 milliards de BIF en 2022/2023, soit une augmentation de 40,4%. Quant aux charges, elles passent de 1 713,8 milliards de BIF dans le budget de l’Etat, Exercice 2021/2022 à 2 391,08 milliards de BIF dans le projet de budget de l’Etat pour l’Exercice 2022/2023, soit un accroissement de 39,5%. Le déficit global du projet du Budget général 2022/2023 s’élève à 197,4 milliards de BIF contre 151,8 milliards de BIF (2,02%) en 2021/2022, soit une hausse de 2,38 %.

Un déficit permanent, pourquoi ?

L’analyse des précédentes lois budgétaires ne peut pas laisser à chaque individu de conclure que le déficit va toujours en crescendo de l’année à l’année. Donc ce fléau devient permanent. Et il y a une raison pour cela. Les adeptes de la théorie keynésienne considèrent que le déficit budgétaire n’est pas mauvais. Pour eux, il stimule la « croissance » à long terme. Mais cette vision a été longtemps controversée par les adeptes de la liberté économique. La question n’est pas de comment stimuler la croissance, mais plutôt par qui et pourquoi la stimuler.

Et c’est avec ce dérangement des finances ? Donc, Il nous est impossible d’échapper à cette question de Fréderic Bastiat : « Pourquoi nos finances sont-elles dérangées ? »  Et d’en trouver la réponse également. « Parce que, pour les représentants, il n’y a rien de plus facile que de voter une Dépense et rien de plus difficile que de voter une Recette » première raison, et aussi « parce que Tout le monde veut vivre aux dépens de l’Etat et qu’on oublie que l’Etat vit aux dépens de tout le monde », deuxième raison.

Il n’est pas donc étonnant de trouver qu’un déficit budgétaire traduit une trop forte intervention de l’Etat dans les affaires économiques. Toujours il cherche à faire des dépenses excessives alourdissant les prélèvements obligatoires.

Des solutions

Plusieurs idées ont été avancées et continuent à être discutées sur comment réduire les déficits budgétaires. On est arrivé même à dire que si un Etat veut réduire son déficit budgétaire, il a le choix entre deux options : accroître les recettes fiscales tout en maintenant les dépenses constantes ou réduire les dépenses publiques à recettes fiscales stables. Le second choix est ordinairement le plus difficile à opérer. Car le problème ne se trouve pas là. Le problème est que, comme Bastiat l’a dit, « il veut tout faire ». Et cela conduira toujours les finances dans le rouge et elles ne tardèrent pas d’arriver dans le désarroi. Comment pensez-vous pouvoir en être autrement quand l’Etat est chargé de fournir tout à tous ?

Comme le second est difficile, les dirigeants se calment en pensant à combler le déficit par des « miracles ». Des solutions incertaines. Car le déficit surgit quand les dépenses excédent les recettes. Donc impossible d’accroitre les recettes à court terme pour combler le vide.  Ce qui fait que les déficits s’accumulent de l’année à l’autre. Et à long terme, cette évidence nous rattrape « être écrasé par des impôts, faire des emprunts sur emprunt, après avoir épuisé le présent, dévorer l’avenir ». Et voilà le mal !

Donc le mal est « d’être trop gouvernés », et avec cela, nous ne pouvons pas s’appuyer aux « miracles/aides » pour combler nos déficits. Il fait plutôt appliquer cette principe de subsidiarité : L’Etat doit se concentrer seulement sur les activités plus complexe que ses subalternes ne peuvent pas réaliser.

Par Lambert Nduwayezu, Fondateur et Directeur de l’ Institute for Economics and Enterprises

Pour réussir, la ZLECAf doit concerner le libre-échange réel, et non le « libre-échange » géré par le gouvernement

La zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est la plus grande zone de libre-échange au monde en nombre de pays. C’est le projet de libre-échange le plus ambitieux et, compte tenu des tendances démographiques, le plus prometteur au monde. La ZLECAf est très importante pour les économies africaines séparément et pour le développement économique collaboratif et intégré du continent. En cas de succès, il a également des implications importantes pour l’économie mondiale. En tant que tel, la ZLECAf est important. Pas seulement pour les Africains mais pour tout le monde

La ZLECAf a été créée en 2018 et les échanges commerciaux dans le cadre de l’accord ont officiellement commencé le 1er janvier 2021. Je dis officiellement car, curieusement, aucun échange n’a eu lieu dans le cadre de l’accord à ce jour. Plus d’un an plus tard. 

Bien qu’avec les gouvernements, presque tout prenne plus de temps et coûte plus cher qu’autrement, il est déroutant, troublant et peut-être aussi embarrassant que seize mois depuis le début des échanges, aucun échange n’ait eu lieu dans le cadre de la ZLECAf. Surtout si l’on considère que pour sortir des millions de personnes de la pauvreté et stimuler un véritable développement économique à travers le continent, les Africains doivent commercer librement les uns avec les autres à plus grande échelle.

Alors pourquoi le commerce n’a-t-il pas décollé dans le cadre de la ZLECAf ?

Non, ce n’est pas dû aux restrictions covid, à la guerre russo-ukrainienne ou à d’autres facteurs externes. La raison pour laquelle les sociétés africaines postcoloniales commercent à peine entre elles est philosophique. A l’indépendance, au lieu de démanteler les barrières mercantilistes coloniales pour rétablir un commerce libre et sans frontières entre Africains, les dirigeants africains, poussés par la pensée socialiste, ont doublé les régimes coloniaux étatistes et protectionnistes et, dans la plupart des cas, les ont rendus encore plus étatistes et répressifs. C’est essentiellement la raison pour laquelle le commerce intra-africain a été lamentablement faible.

Les systèmes économiques fortement étatiques de l’Afrique

Contrairement aux idées reçues, les économies d’aujourd’hui, du premier au tiers monde, ne sont pas capitalistes de marché libre. Même les États-Unis, le bastion du « capitalisme », ne sont pas une économie de marché. Au lieu de cela, nous, l’humanité, vivons sous des systèmes économiques étatiques de sévérité variable. 

Comme expliqué dans cet article , certains des systèmes les plus étatiques (c’est-à-dire cruels et oppressifs) se trouvent en Afrique. La grande majorité des pays africains sont régulièrement classés comme étant pour la plupart non libres et réprimés dans l’indice de liberté économique de la Heritage Foundation. Deux exceptions rafraîchissantes sont Maurice, qui se classe comme étant principalement libre, et le Botswana, qui se distingue par son succès économique relatif. 

Dans ce contexte de systèmes économiques étatiques répressifs, il ne faut pas s’étonner que, seize mois plus tard, aucun commerce n’ait eu lieu dans le cadre de la ZLECAf. Autrement dit, le commerce n’a pas encore eu lieu en raison du degré suffocant de répression économique et monétaire imposé aux Africains par les gouvernements africains.

Les politiciens et les bureaucrates africains, dont la plupart ont des opinions étatistes/socialistes, hésitent encore à démanteler les nombreuses barrières artificielles qui répriment le commerce entre Africains. Le paradoxe ici est que les politiciens mêmes qui ont ratifié l’accord pour établir un marché unique africain sont les mêmes politiciens qui hésitent à démanteler les barrières artificielles coloniales et postcoloniales qui empêchent les Africains de commercer librement. Il faudra de l’audace et un changement tectonique de la pensée économique pour que le commerce intra-africain décolle et pour que la ZLECAf réussisse : les politiciens africains devront supprimer les nombreuses barrières économiques et monétaires artificielles en place. 

Oui, l’existence de la ZLECAf est une preuve claire et en effet remarquable de l’engagement des dirigeants africains à créer un marché unique africain. Mais à quel point le marché sera-t-il libre ou non ? Je soutiens qu’il doit être véritablement gratuit.

Bien que la ZLECAf soit une étape décisive vers le libre-échange en Afrique, son succès n’est pas garanti en raison de la pensée économique étatiste/socialiste parmi les décideurs africains et de la prévalence de l’anti-marché libre, de l’anti-libre-échange et de l’anti-libre entreprise. croyances du public.

Désormais, le secrétariat de la ZLECAf pourrait engager une grande société de conseil pour analyser pourquoi le commerce n’a toujours pas eu lieu. Le cabinet de conseil proposerait, bien sûr, une pile de graphiques et de chiffres expliquant les nombreuses raisons pour lesquelles il en est ainsi. Cependant, la raison fondamentale est philosophique et se cache à la vue de tous. 

La ZLECAf peut être abordée de deux manières

Les dirigeants politiques africains peuvent aborder la ZLECAf de deux manières : la voie du marché ou la voie étatique.

De manière étatique, les gouvernements jouent le rôle principal dans le contrôle central, le commandement et la régulation de l’activité économique (c’est-à-dire la vie des gens). Telle a été l’approche en Afrique depuis « l’indépendance », qui, de toute évidence, n’a pas réussi à créer des sociétés africaines libres et prospères. 

La voie du marché est le système économique naturel. Les individus existaient bien avant l’émergence du gouvernement ou de l’État. La vie humaine, l’action humaine (rationnelle et déterminée), la coopération humaine, la propriété, et donc les marchés libres, le libre-échange et la libre entreprise sont bien antérieurs à l’État et à toutes les formes de gouvernement. Avec l’approche du marché, les dirigeants africains laisseraient enfin les Africains vivre, se déplacer, produire, innover et commercer librement dans la ZLECAf. 

En revanche, la voie étatique continuerait de réprimer et donc de saper gravement le plein potentiel de la ZLECAf. Les politiciens et les bureaucrates continueraient à détenir le pouvoir sur l’économie (c’est-à-dire la vie des gens). Par conséquent, la corruption, le copinage, la tyrannie, l’injustice, la recherche de rente, le détournement de fonds, le favoritisme, le chômage de masse, l’inflation galopante, la dette écrasante, la fiscalité lourde et la pauvreté généralisée, pour ne citer que quelques problèmes, continueraient probablement comme ils l’ont fait au cours des cinquante dernières années. . Plus tragiquement, le dividende démographique sans précédent de l’Afrique et l’énergie entrepreneuriale des jeunes resteraient largement réprimés et donc gaspillés, comme c’est le cas aujourd’hui. 

La voie du marché est le seul moyen de générer un développement économique généralisé, décentralisé et durable. Le marché libre est le seul système économique durable. C’est aussi le seul système qui garantit que le dividende démographique de l’Afrique devienne une grande bénédiction et non une grande malédiction. En d’autres termes, l’approche axée sur le marché est le seul moyen de garantir que le plein potentiel de la ZLECAf est réalisé. Il n’y a pas de troisième voie. Un système économique peut être dirigé soit par le marché, soit par l’État.

Les Africains doivent à nouveau commercer librement 

Le libre-échange géré par le gouvernement n’est pas du libre-échange. La ZLECAf devrait porter sur le véritable libre-échange. Un seul marché libre africain.

Forbes Afrique pose la question : « La ZLECAf sera-t-il le cœur de l’économie mondiale ? »

La ZLECAf a le potentiel de devenir le cœur de l’économie mondiale. Mais les décideurs africains doivent nécessairement abandonner leurs vues économiques étatistes et socialistes profondément enracinées et adopter les marchés libres, le libre-échange et la libre entreprise. 

Plus important encore, les dirigeants africains doivent adopter l’héritage économique de l’Afrique en matière de marchés libres, de libre-échange et de libre entreprise, car c’est le seul moyen de recréer un commerce africain libre et sans frontières, qui libérerait le continent de son héritage colonial pernicieux et omniprésent, comme l’a expliqué Dr. Steve Davies dans Restoring Trade in Africa: Liberating the Continent from the Colonial Legacy .

Dans « L’humanité du commerce », Frank Chodorov précise :

« Testons les affirmations des « protectionnistes » par une expérience de logique. Si un peuple prospère grâce à la quantité de biens étrangers qu’il n’est pas autorisé à posséder, alors un embargo complet, plutôt qu’une restriction, lui ferait le plus grand bien. Poursuivant ce raisonnement, ne serait-il pas préférable que chaque communauté soit hermétiquement isolée de sa voisine, comme Philadelphie de New York ? Mieux encore, chaque ménage n’aurait-il pas plus sur sa table s’il était contraint de vivre de sa propre production ? Aussi stupide que soit cette reductio ad absurdum, elle n’est pas plus stupide que l’argument « protectionniste » selon lequel une nation s’enrichit de la quantité de biens étrangers qu’elle garde hors de son marché, ou l’argument de la « balance commerciale » selon lequel une nation prospère grâce à l’excédent de ses exportations sur ses importations. »

En effet, il n’y a pas d’arguments convaincants que les protectionnistes peuvent utiliser pour justifier la balkanisation économique en Afrique et la poursuite des nombreuses restrictions tarifaires, non tarifaires et autres restrictions artificielles qui empêchent les Africains de commercer librement.

La plupart des sociétés africaines se situent essentiellement au même niveau de développement économique et de précarité socio-économique. Maintenir les barrières artificielles au commerce entre Africains, ou ne les supprimer que partiellement, est aussi absurde que les Caroliniens du Sud se sentent économiquement menacés par les Caroliniens du Nord et militent pour des barrières commerciales.

Dans son article « L’ZLECAf pourrait-elle recréer les réseaux commerciaux africains perdus ? », note Alexander Jelloian :

« Le colonialisme a provoqué une augmentation des politiques commerciales protectionnistes alors que les puissances européennes ont divisé l’Afrique sans accorder une attention suffisante aux facteurs sociaux, économiques ou géographiques. Les contrôles exercés par les autorités coloniales ont restructuré la vie économique loin des relations commerciales naturelles qui existaient depuis des centaines, voire des milliers d’années. Dans la plupart des États, la situation ne s’est pas améliorée après l’indépendance, car de nombreux nouveaux dirigeants africains ont poursuivi un développement dirigé par l’État et espéraient que la substitution des importations stimulerait la fabrication nationale. L’industrialisation n’a jamais eu lieu de manière substantielle dans la majeure partie du continent. Les gouvernements post-indépendance qui ont poursuivi le socialisme africain ont généralement maintenu à ce jour des tarifs élevés et des contrôles aux frontières, qui continuent d’étouffer la croissance économique. »

Conclusion 

Pour réussir, la ZLECAf doit porter sur le véritable libre-échange et établir un marché unique africain libre Le « libre-échange » géré par le gouvernement n’est pas du libre-échange.

Aborder la ZLECAf avec la pensée économique fortement étatique d’aujourd’hui est une recette pour l’échec complet ou partiel de la ZLECAf, le projet de libre-échange le plus ambitieux et le plus prometteur au monde. Parce que la ZLECAf est très importante pour des raisons qui vont au-delà du libre-échange, il est vital d’assurer son succès. 

Même s’il est difficile d’imaginer que les gouvernements africains abandonnent le contrôle répressif et le pouvoir de commandement qu’ils ont accumulé sur la vie des Africains depuis l’indépendance, il est néanmoins vital que les dirigeants africains abandonnent les concepts étatiques importés et adoptent véritablement l’héritage économique de l’Afrique des marchés libres, le libre-échange et la libre entreprise si la ZLECAf doit réussir à assurer un développement économique continental intégré, décentralisé, élargi et durable. 

Les dirigeants africains actuels et futurs doivent supprimer toutes les restrictions artificielles qui suppriment, répriment et entravent autrement la libre production, l’échange et la consommation de biens et de services en Afrique.

Cet article a été publié initialement en Anglais  par Mises Institute et a été traduit par l’Institute for Economics and Enterprises.

Auteur :

Manuel Tacanho est le fondateur d’Afridom, une start-up bancaire numérique solide basée sur l’argent pour l’Europe et l’Afrique. Il est également un défenseur des marchés libres et de l’argent sain pour le développement économique de l’Afrique.

ETAT DE DROIT : UNE EGALITE DEVANT LA LOI ET UN SYSTEME JUDICIAIRE INDEPENDANT

Un classement mondial des pays suivant l’indice de la liberté économique effectué chaque année par « The Heritage Foundation » prend en considération le score obtenu après pondération des 12 variables réparties dans 4 zones de la vie du pays. Il s’agit notamment de : l’Etat de droit (le droit de propriété, l’intégrité du gouvernement, l’efficacité judiciaire) ; la prépondérance du gouvernement (les dépenses publiques, la pression fiscale, la santé fiscale) ; l’efficacité réglementaire (la liberté des affaires, la liberté de travail, la liberté monétaire) ; les marchés ouverts (la liberté commerciale, la liberté d’investissement, la liberté financière). Le rapport de 2018 classe le Burundi au 157e rang mondial avec un score de 50.9.

La zone de l’Etat de droit nous intéresse beaucoup dans cette article.

Nous ne pouvons pas aborder le concept d’état de droit sans comprendre son champ d’application. Ce concept va de pair un autre concept qui est « Etat » car c’est celui-ci qui est autorisé de garder le monopole de la force dans nos sociétés seulement. La question devient donc de savoir quand est ce que, dans une société libre, ce pouvoir qu’a l’Etat est justifié ? Les défenseurs de la philosophie libertarienne répondent souvent que c’est lorsqu’il s’agit de « protéger les individus contre la fraude et le vol ». Autrement dit, contre ceux qui outrepassent la loi par leurs ambitions et/ou intérêts personnels et ceux qui usurpent la propriété de l’autrui sans son consentement. Le deuxième argument découle de la propriété privée et le premier de l’état de droit que nous abordons dans cet article. Nous allons esquisser cette notion et voir comment elle affecte l’économie du pays.  Par état de droit, nous entendons une garantie de la justice à travers des règles telles que l’égalité devant la loi et système judiciaire indépendant.

De l’Egalité devant la loi

Qu’en est-il de l’égalité devant la loi au Burundi ? La question mérite de tirer une attention particulière. Nous nous bornons ici sur la loi des finances. Même si la Constitution, dans son article 70 reconnait que tous les citoyens sont égaux devant les charges publiques, elle reconnait également une exonération légale. : « …. Il ne peut être établi d’exonération que par la loi ». (Constitution du Burundi) Toute personne physique ou morale, remplissant les conditions légales requises peut bénéficier de l’exonération. », comme ne le lisons dans un document de OBR : GUIDE DU CONTRIBUABLE : LES PROCEDURES FISCALES, DOUANIERES ET D’EXONERATION. Par cette déclaration, nous trouvons que quel que soit les motivations, l’exonération est un phénomène de traitement inégales des citoyens devant la loi. Pire encore, est qu’elle ne met pas les agents économiques dans une même ligne de course. Sur le marché, ces agents économiques ne peuvent pas compéter ensemble, ce qui permet d’étouffer les nouveaux venus dans le circuit économique facilement et donc entraver l’esprit d’entreprise et l’innovation. Non seulement elle bloque l’esprit d’entreprise, cette phénomène fait à l’Etat une norme perte et au citoyen une norme charge sans son consentement. A titre d’exemple, le budget de l’Etat de 2019 fait ressortir une somme de plus de 17 milliards d’exonération, comme nous le trouvons dans la Loi n°1/14 du 30 juin 2019 portant fixation du budget général. (decret loi) Le résultat a été la hausse des prix de denrées alimentaires, car ce manque à gagner l’état le comble avec la hausse des autres taxes.  Important pour les citoyens parce que avec la somme que l’état semble laisser, elle vient gonfler impôts à payer par tête d’un citoyen.

Du système judiciaire indépendant

Un état de droit a besoin d’un cadre d’application des lois en provenance de l’exécutif et votées par le législatif très indépendant. Ce cadre est un système judicaire œuvrant pour tous. Alors qu’en est-il du système judicaire au Burundi ? Bien que les textes disent que le judicaire est un pouvoir indépendant et impartial, comme le stipule l’article 214 de la constitution, quelques lacunes ne manquent pas. Les modalités de recrutements et de nominations de membres du corps judicaire doivent obéir aux critères ethnique, régionale et à l’équilibre de genre comme nous le trouvons dans le même texte. C’est ce que la philosophie libertarienne considère comme une « discrimination positive », une forme de préférence aux groupes minoritaires par imposition des quotas pour participer dans la vie du pays. En plus de cela, la nomination des hauts fonctionnaires du judiciaire se fait à base des critères politiques. Ce qui ne garantit pas l’indépendance et l’impartialité dans leurs fonctions.

La constitution du Burundi donne au Président de la République une fonction de « Garant de l’Independence de la magistrature et par conséquent il est le « juge suprême ». Il est assisté par une plus haute instance disciplinaire de la magistrature. Donc la manière dont le système judicaire est composé et dont la nomination aux fonctions du système fait qu’il devient dépendant de l’exécutif et agit en fonction du contexte politique actuelle. Le changement des juridictions prononcées suivant un tel et tel autre pouvoir en fait la démonstration.

De la relation entre l’Etat de droit et de l’économie du pays

L’état de droit n’est seulement nécessaire pour la bonne cohabitation des individus, le social. Il est également important dans la vie économique de ces individus. Attirer les entreprises et les investissements de l’étranger, et rendre plus accessible aux individus l’échange domestique, sont bien sûr des facteurs importants pour le développement économique et la prospérité de la population. Et cela c’est du ressort de la loi et du système judiciaire pour son application. C’est ainsi que chaque année ; la Banque mondial classe les pays en fonction de la facilité d’y faire les affaires. Cette indice se penche sur la transparence du système fiscal et des réglementations, les niveaux de corruption au sein des fonctionnaires, et la facilité avec laquelle les individus peuvent démarrer une entreprise, l’enregistrement des biens, le commerce international et le droit des  faillites.

Nous concluons que la distinction entre une société libre d’une société non libre se réfère à l’État de droit. « Cette idée que les citoyens doivent être régis par des principes clairs et généraux du droit, plutôt que par le caprice arbitraire des monarques et des politiciens. Les législateurs ne peuvent pas faire simplement ce qu’ils veulent. Leurs lois doivent s’appliquer également à tous, y compris à eux-mêmes ; selon Eamonn BUTLER. »

Article publié sous son titre orginal BURUNDI: QUID OF THE RULE OF LAW par SPEAK FREELY

DROITS DES FEMMES : Le 08 Mars, de l’origine à nos jours.

Avec le thème de cette année pour la Journée internationale des femmes (le 8 mars) qui est de « Je suis de la Génération Égalité : Pour les droits des femmes et un futur égalitaire », nous avons pensé à savoir comment le 8 mars est devenu la Journée Internationale des Femmes. Voici le resultats de nos recherches

L’origine du 8 mars

Au début du XXe siècle, des femmes de tous pays s’unissent pour défendre leurs droits.

La légende veut que l’origine du 8 mars remonte à une manifestation d’ouvrières américaines du textile en 1857, événement qui n’a en réalité jamais eu lieu ! En revanche, l’origine de cette journée s’ancre dans les luttes ouvrières et les nombreuses manifestations de femmes réclamant le droit de vote, de meilleures conditions de travail et l’égalité entre les hommes et les femmes, qui agitèrent l’Europe, au début du XXe siècle.

En 1910, Clara Zetkin a proposé la création d’une Journée internationale des femmes pour la première fois dans une conférence internationale des femmes socialistes. Cette femme s’inscrit donc dans une perspective révolutionnaire.

 La date n’est pas fixée du coup, ce n’est qu’après 7 ans, en 1917, avec la grève des ouvrières de Saint Pétersbourg, que la tradition du 8 mars se met en place. Après 1945, la Journée internationale des femmes devient une tradition dans le monde entier.

Jusqu’à nos jours…

Dans les années 70, la date est réinvestie avec le regain féministe et en 1977, la Journée internationale des femmes est reconnue officiellement par les Nations Unies, puis en France en 1982. C’est une journée de manifestations à travers le monde, l’occasion de faire un bilan.

Axée sur l’égalité de sexe, la Journée des femmes reste aujourd’hui d’une brûlante actualité. Car pour les militants de cette journée, tant que l’égalité entre les hommes et les femmes ne sera pas atteinte, ils auront besoin de la célébrer.

C’est dans cette optique que la directrice exécutive d’ONU Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka, souligne, dans sa déclaration à l’occasion de la Journée internationale de la femme de cette année ,8 mars, que 2020 est l’année pour l’égalité des sexes et réclame détruire les obstacles persistants à l’égalité des sexes. Et de continuer, nous voulons nous mobiliser afin de mettre fin à la violence basée sur le genre ; nous lançons un appel en faveur de la justice économique et des droits pour toutes et tous ; de l’autonomie corporelle et de la santé sexuelle et reproductive et des droits ; et de l’action féministe pour la justice climatique. Nous voulons utiliser la technologie et l’innovation pour favoriser l’égalité des sexes et le leadership féministe.

Voilà que Margaret Mead avait raison en disant que nous ne pouvons jamais douter qu’un petit nombre de citoyens volontaires et réfléchis peut changer le monde ; en fait, cela se passe toujours ainsi. Tant que l’Egalite n’est pas atteinte, le 8 mars reste et restera une journée de lutte.

Juste pour vous femmes visionnaires et révolutionnaires !!

BURUNDI : LETTRE D’UN CITOYEN LIBRE SUR SES ATTENTES AUX ELUS DE 2020

Nous avons beaucoup de talents, nous vivrons dans une société possédant beaucoup d’opportunités et ce que nous avons besoin pour parier au chômage qui affecte plus de 60% de nos jeunes est la libre entreprise. Cette faculté d’entreprendre tout ce qui permet notre développement économique.

Cher élus du Burundi,

Depuis le 04/06/2020, le jour où la cour constitutionnelle s’est prononcée sur les résultats du triple scrutin du 20 mai, vous n’avez aucun doute sur votre victoire. Une victoire qui reflète la volonté des peuples qui ont apprécié vos projets. Ainsi, ça a été un moment de connaitre les dirigeants de notre cher pays dans plus ou moins les sept années à venir. Une marque dans l’histoire de notre pays.  Des messages de félicitations vous inondent. Tout comme tout autre citoyens, recevez également mes félicitations.  Mais que c’est qu’en citoyen libre, comme moi, attend de vous ? La réponse à cette question est simple : « Je veux que vous œuvrez pour un Etat qui a un objectif de protéger la propriété privée, la liberté des personnes (libre entreprise et libre marché) et faire respecter les contrats entre ces personnes ».

Cher élus,

Premièrement, j’attends que vous travailleriez pour la protection de nos contrats et nos droits de propriété privée

Moi, un citoyen libre, j’attends de vous des nouvelles règles pour encourager la coopération volontaire et promouvoir les droits de propriétés privées. Ces règles doivent prendre en considération un principe de la non-agression et non forcing, comme nous le trouvons dans une société libre. Je veux donc vivre dans un pays où il y a un cadre juridique qui protège les contrats et force à respecter les contrats entre deux contractants volontaires. Cette coopération via les contrats est promue aussi dans un respect des droits de propriétés. Un contrat est une Convention volontaire entre une ou plusieurs personnes par laquelle elles s’engageant à donner, à faire ou à ne pas faire quelque chose, vis-à-vis de quelqu’un. Par cette coopération et/ou engagement, les individus améliorent leur situation économique.

Deuxièmement, j’attends que vous favoriseriez la libre entreprise pour parier au chômage

Nous avons beaucoup de talents, nous vivrons une société avec beaucoup d’opportunités et ce que nous avons besoin pour parier au chômage qui affecte plus de 60% de nos jeunes est la libre entreprise. Cette faculté d’entreprendre tout ce qui permet notre développement économique. Moi, un citoyen libre, attends de vous un changement de climat d’affaire pour ouvrir à tous les entrepreneurs les porte d’entreprise. Je demande que vous œuvreriez pour une société burundaise qui libère l’invention, l’innovation et le talent humain. C’est cette société seulement qui peut permettre la réduction du chômage, car elle encourage l’esprit d’entreprise et libère l’esprit de la peur de risque. Pour ce faire, il est impérativement nécessaire de réduire toutes sortes de barrières dans ce domaine, que ce soit administratives et financières.  Cela par la promotion d’égalité de chance à tous. Par égalité de chance, un citoyen libre entend que les individus ne devraient pas faire face à des barrières arbitraires pour poursuivre les propres ambitions, pire encore que ces barrières sont mises en place par quelqu’un que suit également ses propres ambitions.

Troisièmement, j’attends que vous favoriseriez le libre marché pour parier à la pauvreté.

Il ne suffit de favoriser la création la richesse via la libre entreprise seulement pour lutter contre le chômage, il est aussi nécessaire de trouver un moyen sûr et promettant pour faire écouler la production obtenue, un débouché plus promettant en bénéfice.  Pour que la création de la richesse contribue à la réduction de la pauvreté, il faut que leur mode de distribution et/ou d’échange s’exerce dans un climat volontaire et confiant. Moi, un citoyen libre, j’attends donc de vous un système économique mettant l’accent sur le libre marché. Ce système doit considérer que « les individus sont libres de choisir si, comment, quand, où et avec qui ils travaillent, dépensent, investissent, épargnent et commercent. »  Donc, pas de forcing et de limitation particulière dans chaque action/choix individuelle en ce qui concerne les transactions économiques.

En se focalisant sur ces attentes, je trouve que vous mettriez notre pays sur une voie sûre de croissance économique et de développement durable. Et en nous, citoyen d’un pays de lait et de miel de vous en remercie à la fin de votre mandat.

Cher élus, trouvez ici mes plus hautes considérations.

Mes Félicitations encore.

Un citoyen libre épris de la prospérité de son pays