Burundi : Entre monopole et capitalisme, dans quelle voie faut-il cheminer le secteur agricole ?

Le secteur agricole figure sur la liste des priorités budgétaires 2022-2023 du Burundi, avec une enveloppe de 80 milliards de francs burundais. Cette somme sera principalement affectée à la subvention des engrais organo-mineraux, la production des semences sélectionnés et le repeuplement des cheptels. Plusieurs questions taraudent notre blogueur Guy Marie Eloi sur les stratégies retenues pour améliorer la production agricole ? 

Pendant plus de trente ans, l’agriculture et l’élevage ont été les parents pauvres des investissements nationaux, à tel point que le budget alloué à l’agriculture et l’élevage oscillait entre 5 et 7%. Nonobstant, ce secteur reste jusqu’ici le principal source de revenus au Burundi depuis son indépendance , elle constitue 90% de l’emploi totale et contribue 50% dans le PIB actuellement. En dépit des initiatives visant à réduire les milliers barrières qui empêchent ce secteur à s’épanouir, le chemin reste encore trop long.

En effet, les monopoles et les irrégularités dans la distribution des engrais chimiques et les monopoles dans l’achat et la vente des récoltes par les pouvoirs publics constituent un obstacle de front dans l’accessibilité équitable du marché et la disponibilité des produits agricoles sur le marché au moment opportun, d’où l’instabilité récurrente des prix.

Les défis à relever ?

Les principaux défis souvent rencontrés dans ce domaine est la monopolisation des grands fournisseurs des intrants agricoles indispensables pour la grande production d’une part. L’achat et la distribution des engrais minéraux sont très difficiles. « On est contraint d’utiliser le seul engrais Fomi disponible au Burundi même si sa distribution reste à améliorer », nous raconte Thierry, un cultivateur de Ngozi

Il ajoute que le retard de la distribution des engrais chimiques influence leur niveau de production parce que il arrive que la saison pluvieuse se termine longtemps avant le moment de récolte :  » Le retard de la distribution des engrais induit automatiquement le retard de la plantation, ce qui rapporte ainsi le moment de récolte. Or la pluie peut disparaître dans certaines mesures avant la maturation des plantations, d’où la baisse de la production« , poursuit Thierry.

Parallèlement, le secteur agricole n’est pas libéralisé, le monopole sur l’achat et la vente des récoltes paralyse de plus en plus l’accessibilité des produits sur le marché, ce qui induit la pénurie et l’inflation de certains produits agricoles sur le marché. D’ajouter, les exportations agricoles restent toujours centrées sur un petit nombre de plantes industrielles dont le thé, café et le coton.

Libéralisation du secteur agricole, une solution ?

Pour moderniser l’agriculture au Burundi, les décideurs doivent miser au libéralisation et professionnalisation du secteur. Cela n’impliquerait pas des interférences de l’État dans ce domaine, plutôt une bonne libéralisation du secteur agricole axé sur la libéralisation des intrants, la libéralisation du marché d’écoulement, en jouant sur les prix que le marché fixe lui-même et non pas celui de l’état est très encourageable.

Cela pourrait alors contribuer dans l’amélioration de l’entrepreneuriat rural, fondé principalement sur l’agriculture et l’élevage, ce qui crée les emplois dans le domaine agricole et à la fin du compte la pauvreté, la faim dans les ménages, le chômage élevé qui sévit notre pays seront éradiquer progressivement et porter l’espoir sur la croissance de l’économie nationale. De cette manière le capitalisme agricole peut faciliter l’accessibilité des produits sur les marchés et contenir toute sorte d’inflation par la libéralisation du marché agricole.

Par Guy Marie Eloi Igirubuntu

L’Afrique a besoin de marchés libres, pas de transferts de richesse

Bien que la pauvreté ait été considérablement réduite dans les sociétés industrialisées, elle continue d’attaquer les pays en développement. Environ 689 millions de  personnes , soit environ 9,2 % de la population mondiale, vivent dans une extrême pauvreté, et la plupart d’entre elles se trouvent dans des pays en développement. Cependant, grâce à l’adoption de marchés plus libres, des pays en développement comme la Chine et le Vietnam ont réussi à arrêter la croissance de  la pauvreté .

Un mal préjugé de la philosophie ?

Mais malgré les progrès du capitalisme pour contrecarrer la montée de la pauvreté, certains experts blâment encore  le capitalisme de marché libre  pour l’extrême pauvreté, la faim et les catastrophes environnementales. Pour beaucoup, le capitalisme est un système d’exploitation brutale qui enrichit les riches aux dépens des pauvres. Cependant,  les études  montrent systématiquement que le capitalisme de marché libre est la stratégie la plus efficace pour améliorer la condition humaine et sortir les gens de la pauvreté.

Le capitalisme de libre marché tient ses promesses parce qu’il ne requiert que l’ingéniosité humaine et la liberté de produire sans ingérence du gouvernement. Lorsque les gens peuvent innover sans les inconvénients des réglementations gouvernementales, la création de richesse devient plus facile. De plus, des environnements commerciaux propices à l’entrepreneuriat inciteront davantage de personnes à améliorer leur niveau de vie en créant de nouvelles entreprises.

Plutôt que de dépeindre le capitalisme comme un ennemi du progrès, les experts devraient comprendre que des réglementations inefficaces cultivent la pauvreté dans les pays en développement et que partout où elles ont été démantelées, cela a déclenché une vague d’opportunités productives. L’ économiste AV Chari constate que  les industries  qui ont été retirées de la juridiction de License Raj ont produit une amélioration de la productivité totale des facteurs de 32 % en Inde. Cette amélioration s’explique par la baisse des coûts d’entrée et l’assouplissement des contraintes de capacité.

Sans surprise, la dérogation aux réglementations a permis de consacrer plus de temps et de ressources au développement des entreprises, améliorant ainsi la productivité. De plus, se conformer aux réglementations est souvent coûteux, donc en leur absence, plus de fonds peuvent être déployés dans l’expansion de l’entreprise. Par conséquent, la déréglementation réduit le coût de l’expansion des entreprises en garantissant que les ressources qui auraient été dépensées en raison des mandats gouvernementaux restent dans les coffres de l’entreprise et peuvent financer l’expansion.

Comme la déréglementation, la libéralisation est un autre outil de marché libre qui améliore le niveau de vie dans les pays en développement. Les sentiments protectionnistes sont toujours influents dans le monde en développement, mais protéger les marchés locaux de la concurrence ne parvient pas à élever les pauvres. Les pays qui adoptent la mondialisation sont plus susceptibles de bénéficier du transfert de technologie et d’enregistrer des réductions de la pauvreté. Bien que les importations soient perçues comme négatives, elles doivent être célébrées car les importations bon marché permettent aux personnes pauvres ayant moins de revenus disponibles d’économiser plus d’argent.

Ouverture commerciale comme solution ?

En Afrique, malgré le revirement de certaines politiques économiques rétrogrades, le protectionnisme continue de faire rage, notamment en raison des  retombées économiques  induites par le covid-19.  Une plus grande proportion des pauvres du monde vivent en Afrique subsaharienne (ASS) que partout ailleurs, c’est pourquoi la région devrait être plus sérieuse en matière d’ouverture commerciale que les autres régions. 

Jennifer Mbabazi, Oliver Morrissey et Chris Milner dans l’article « Trade Openness, Trade Costs and Growth: Why Sub-Saharan Africa Performs Poor »,  affirment que compte tenu de ses désavantages naturels, l’ouverture commerciale est particulièrement importante pour l’ASS : Les politiques qui encouragent les exportations et la diversification, et qui réduisent les obstacles à l’ouverture, peuvent stimuler les performances économiques.

Samuel Kwaku Agyei et Godwin Adolf Idan dans « Ouverture commerciale, institutions et croissance inclusive en Afrique subsaharienne »  soulignent  que l’Afrique subsaharienne a régressé dans la réduction des niveaux de pauvreté et que si les tendances actuelles persistent, 90 % de la population mondiale extrêmement pauvre sera résidant dans cette région. Pour éviter cette crise, ils recommandent aux pays d’Afrique subsaharienne de renforcer leurs institutions afin de promouvoir la bonne gouvernance et l’ouverture commerciale.

De même, les économistes déplorent généralement que l’Afrique soit sous-capitalisée ; cependant, la promotion de l’ouverture commerciale  peut faciliter la formation de capital en Afrique. Les biens de grande valeur sont souvent produits dans les pays riches ; par conséquent, les politiques qui permettent l’importation d’intrants étrangers permettent aux pays africains de remonter la chaîne de valeur. Les entrepreneurs africains produiront des produits de meilleure qualité pour les marchés d’exportation et nationaux et, par extension, acquerront plus de fonds pour alimenter une expansion et une accumulation de capital supplémentaires. Mais cela pourrait être un choc pour beaucoup que l’ouverture non seulement favorise la croissance, mais réduit également les inégalités. Dans un document de travail du Fonds monétaire international intitulé « Income Inequality in Small States and the Caribbean: Stylized Facts and Determinants », les auteurs  notent  qu’en attirant les investissements directs étrangers, l’ouverture financière conduit à plus d’emplois et à moins d’inégalités.

Blâmer le capitalisme pour les taux de pauvreté dans les pays en développement est politiquement correct, mais comme la plupart des hypothèses à la mode, cela ne peut pas être vérifié par des données. Les marchés libres ont enrichi le monde industriel, et les pays en développement peuvent facilement rejoindre la ligue des nations riches, s’ils ignorent les élucubrations erronées des intellectuels des pays riches.

Cet article est paru pour la première fois dans Mises Wire en Anglais et a été traduit en français par Institute for Economics and Enteprises.

Par Lipton Matthew : chercheur, analyste commercial et contributeur à mises.org,  The Federalist ,  The Imaginative Conservative ,  Merion West  et  American Thinker 

Capitalisme de copinage vs liberté économique, un vilain couple ? 

Pour se développer, le secteur privé doit nécessairement s’appuyer sur les principes de la liberté économique et de la libre concurrence. Cependant, le capitalisme de copinage vient briser la chaîne de confiance en favorisant une seule partie qui empochent des forts revenus au détriment des concurrents sans aucune règle de compétence observée. Notre blogueur Odyssée Niyonkuru fait immersion dans l’œuvre « Moralité du capitalisme » de Tom G Palmer.

Lorsque les marchés sont libres, chacun est libre d’innover et d’entreprendre pour participer activement dans la concurrence du marché. Cette libéralisation économique stimule alors l’esprit d’entreprendre en augmentation en même temps la disponibilité et la diversification des produits sur le marché. En conséquence, les revenus et l’emploi augmentent, tandis que le chômage et le prix des produits sur le marché ont tendance à diminuer.

 Dans son ouvrage  » Moralité du capitalisme « , Tom G Palmer souligne que « Dans de nombreux pays, si quelqu’un est riche, il y a de fortes chances qu’il (plus rarement elle) détienne le pouvoir politique ou soit un proche parent, ami, ou un partisan, en un mot, un « copain » de ceux qui détiennent le pouvoir, et que la richesse de cette personne est venue, non pas du fait d’être un producteur de marchandises générant une valeur, mais du fait de jouir des privilèges que l’État  conférer à certains au détriment des autres ».

Quel est le meilleur choix pour le Burundi ?

Tant qu’une économie fonctionne en capitalisme de copinage, aucune croissance économique forte et durable, aucune politique de lutte contre les inégalités sociales et aucun accroissement des investissements privés et des emplois ne pourraient voir le jour.  Car dans un tel système, les acteurs privés sont incités, non pas à créer de la valeur par l’innovation, la concurrence et l’amélioration de la productivité, mais à exploiter des relations politiques pour obtenir des monopoles ou des avantages de toutes sortes, exonérations et des privilèges que décrochent certains mais pas d’autres.

Selon Faustin Ndikumana directeur de Parcem :  » Le manque de concurrence dans les marchés publics, la multiplication des monopoles, les tricheries dans les exonérations provoquent une concurrence déloyale gravement nocive au développement du secteur privé. Il faut prendre des mesures fortes pour assainir le secteur des marchés publics et des exonérations. Si non il y a risque de voir se développer au Burundi un capitalisme de copinage comme ça a été dans certains pays.”, explique-t-il.

L’Etat ne devrait pas intervenir dans les affaires privées. Cela pour laisser la libre concurrence qui est un moyen de stimuler l’innovation pour les entreprises, qui met en œuvre des techniques de production les plus efficaces, améliorer la qualité des services offertes et baisser les prix pour les clients mais plutôt favoriser plus que jamais “ le capitalisme de concurrence  » fondé sur l’égalité des chances et l’État solidaire, où le marché récompense véritablement l’initiative, le talent et la prise de risque entrepreneuriale. Ce qui est sûr, la concurrence est susceptible de garantir et de favoriser l’enrichissement du plus grand nombre grâce à la liberté économique.

En gros, comme le disait Walter E. Williams : »Ce dont une nation a besoin, c’est d’une séparation entre les affaires et l’État comme il y a séparation entre l’Eglise et l’État.  Cela signifierait que le capitalisme de connivence et le socialisme de copinage ne pourraient pas survivre « 

A propos de l’Auteur :

 Odyssée Niyonkuru, étudiant à l’Université de Ngozi et blogeur à l’Institute for Economics and Enterprises

Un fusil à trois coups détruit les économies africaines : inflation, dette publique et impôts élevés

Aujourd’hui, il est concluant que les  expériences socialistes africaines ont échoué, tout comme l’approche de développement menée par l’État. Non seulement l’approche fortement étatiste n’a pas permis de développer les économies africaines, mais elle a aggravé la pauvreté . Dans ce contexte de systèmes économiques étatiques répressifs, la plupart des pays africains sont pris au piège d’une inflation élevée, d’une dette élevée, d’une fiscalité élevée, d’une forte dépendance, d’une aggravation de la pauvreté, de l’insécurité alimentaire, d’un chômage de masse chronique et d’autres problèmes omniprésents. 

Première baril : Inflation élevée

Les monnaies instables et inflationnistes de l’Afrique ont été un obstacle important au développement économique en raison de leur effet déstabilisateur et appauvrissant. Une croissance économique organique et durable doit nécessairement être tirée par l’épargne, et non par la dette, les dépenses déficitaires ou l’impression d’argent. A long terme, l’inflation aboutit à l’effondrement de la monnaie. C’est ce qui s’est passé en Angola dans les années 1990 et au Zimbabwe dans la première décennie des années 2000.

Les preuves du passé et du présent, provenant des pays développés et en développement, montrent sans équivoque que l’inflation est une politique du gouvernement et de la banque centrale qui ne peut pas durer éternellement et qui a une fin catastrophique, aussi longue soit-elle. L’Afrique postcoloniale a été en proie à une grave instabilité monétaire due à l’inflation : crises monétaires, fluctuations monétaires erratiques, dévaluations monétaires, réinitialisations monétaires et même hyperinflation. Une situation monétaire aussi chaotique, déstabilisante et appauvrissante n’est ni accidentelle ni naturelle. C’est la conséquence inhérente des systèmes de monnaie fiduciaire de l’Afrique dans le contexte du colonialisme monétaire . 

D’une part, une monnaie stable et digne de confiance stimule la formation de capital local (c’est-à-dire l’épargne), conduisant à des investissements et à un esprit d’entreprise locaux, ce qui conduit à une croissance économique organique, décentralisée et durable. Une économie basée sur une monnaie fiable (par exemple, la monnaie d’or ), associée à d’autres facteurs tels que des impôts bas et la liberté économique, attire également davantage de capitaux et de talents étrangers, ce qui conduit à une prospérité généralisée. 

D’autre part, les monnaies peu fiables et inflationnistes, telles que les monnaies africaines d’aujourd’hui, auront l’effet inverse. Dans un contexte d’instabilité monétaire et d’inflation galopante, les gens auront tendance à moins épargner, à dépenser plus vite et à éviter les investissements à long terme et les entreprises. Et la formation de capital, l’attraction de capital et le déploiement de capital à long terme sont essentiels à l’industrialisation et à une prospérité durable. En déplaçant les incitations de la réflexion, de l’épargne et de la production à long terme vers la réflexion, la consommation et les activités économiques à court terme, les monnaies inflationnistes sapent le développement économique. Ils conduisent à la désindustrialisation et rendent la société plus dépendante de l’État. Notez que plus un système dépend de l’État, plus il devient cruel, oppressant et donc insoutenable.

De plus, en maintenant l’instabilité monétaire et une inflation élevée, les gouvernements africains détruisent le capital local, minent la formation de capital et veillent à ce que le capital local reste lamentablement rare. Cela maintient les pays africains pauvres et dépendants de l’aide systémique (prêts et subventions) et des injections de capitaux étrangers. Cette situation, créée par une politique gouvernementale malavisée, laisse les gouvernements africains endettés et à la merci d’acteurs étrangers prédateurs.

Deuxième baril : endettement élevé 

Bien que la dette soit un problème économique mondial , le fardeau de la dette affecte les pays différemment. Les conséquences pernicieuses de l’endettement sont plus invalidantes et plus rapides à se manifester dans les pays en développement que dans les pays développés.

Ne pouvant ou ne voulant pas voir les dépenses déficitaires pour le modèle ruineux qu’elles sont, de nombreux gouvernements africains répètent les erreurs du passé et enfoncent davantage leurs économies dans la ruine économique en accumulant une dette excessive (et en imposant par conséquent des charges fiscales plus lourdes). Bien que les rapports faisant état d’une crise imminente de la dette en Afrique soient probablement exagérés, l’accumulation de la dette des pays africains est alarmante .

Hormis le Soudan, l’Érythrée, le Cap-Vert, le Mozambique, l’Angola, Maurice et la Zambie, qui ont des ratios dette/PIB proches ou supérieurs au seuil de 100 %, le ratio moyen dette/PIB en Afrique oscille autour de 60 %, ce qui est inférieur au ratio moyen des pays développés, dont beaucoup ont depuis longtemps dépassé le seuil de 100 %. Pourtant, l’accumulation de la dette de l’Afrique est imprudente, insoutenable et dangereuse. 

Un endettement excessif nuit aux économies africaines de huit manières :

  1. Il perpétue l’approche de développement menée par l’État, qui n’a pas réussi à générer la prospérité économique et a laissé la plupart des économies africaines dans une situation précaire caractérisée par la dépendance, la pauvreté, la tyrannie, la corruption, l’inflation galopante et la désindustrialisation.
  2. En perpétuant l’approche de développement impulsée par l’État, les dépenses publiques alimentées par la dette aggravent la pauvreté , consolident la répression politique et économique et retardent ainsi davantage les réformes favorables au marché dont les sociétés africaines ont un besoin urgent pour se développer véritablement et affronter les tempêtes économiques mondiales.
  3. Les remboursements de la dette paralysent davantage des économies déjà paralysées en détournant des parts de plus en plus importantes des recettes publiques vers le service de la dette. Pire encore, les pays africains paient des taux d’intérêt beaucoup plus élevés ( 5 à 16 % ) sur leurs euro-obligations que les pays développés, qui, grâce aux taux d’intérêt ultra bas artificiels de leurs banques centrales, ont tendance à payer des intérêts quasi nuls sur leur dette ;
  4. Comme la plupart des dépenses publiques, les dépenses publiques africaines ont tendance à être embourbées dans la corruption, le copinage, le détournement de fonds, la recherche de rentes, la surfacturation et le gaspillage, ce qui signifie en fin de compte qu’elles font plus de mal que de bien. Cela ne conduit qu’à un endettement supplémentaire pour maintenir la frénésie des dépenses – un cercle vicieux qui attire davantage d’opportunistes politiques et économiques à la recherche d’un poste ou pour s’enrichir grâce aux dépenses et aux faveurs du gouvernement.
  5. Cela conduit à l’injustice et à un écart plus large d’inégalité de revenus et de richesse, car les politiciens et leurs associés (par exemple, les grandes entreprises et autres groupes d’intérêts) bénéficient en premier et le plus de ces injections d’argent par le biais de divers programmes.
  6. Les dépenses publiques motivées par la dette signifient également un fardeau fiscal plus lourd (c’est-à-dire plus oppressif) à l’avenir. Les impôts élevés sont l’un des principaux obstacles au développement économique. Moins de développement signifie plus de pauvreté, plus de souffrance humaine et plus de décès liés à la pauvreté.
  7. De plus, un endettement excessif conduit à une situation où les gens, leurs enfants et même les enfants à naître devront être imposés pour payer les dépenses gouvernementales largement inutiles et contre -productives d’aujourd’hui , qui ne font qu’enrichir les politiciens et leurs associés.
  8. En plus de tout cela, la dette (prêts et subventions) piège les pays africains dans la pauvreté et la vassalité aux gouvernements étrangers (principalement les États occidentaux, mais d’autres aussi, de nos jours).

Maintenant, pourquoi les politiciens africains optent-ils toujours volontairement pour ce modèle ruineux ?

Une partie de cela est le colonialisme monétaire ; une partie de cela est  le colonialisme philosophique . Mais une raison importante est que ce modèle est plutôt commode politiquement. Elle permet aux politiciens de faire des promesses électorales de conte de fées.

Troisième baril: Fiscalité élevée 

Nnete Okorie-Egbe était une princesse d’Akwete au Nigéria qui a mené une révolte de femmes contre la tyrannie coloniale britannique, en particulier contre la fiscalité oppressive, en 1929.  De même, un conte folklorique célèbre en Angola raconte qu’une fois, pour protester contre la fiscalité coloniale portugaise, les habitants du village de Caxito ont fait de la magie et ont envoyé un crocodile avec un sac d’argent dans la bouche au bureau colonial local pour payer des impôts. Bien qu’il s’agisse très probablement d’un mythe, le message est clair et le symbolisme est réel. A tel point qu’un monument alligator éternise ce conte. 

Des histoires de protestation comme celles-ci abondent à travers l’Afrique. Cela n’est pas surprenant car le concept d’imposition permanente et excessive est une imposition coloniale que les gouvernements africains postcoloniaux, au lieu de rejeter, ont doublé. L’Afrique précoloniale était caractérisée par peu ou pas d’imposition en raison de la tradition d’autonomie, de marchés libres et de libre-échange. Les sociétés apatrides étaient omniprésentes dans l’Afrique précoloniale.

Cependant, l’Afrique d’aujourd’hui est caractérisée par de tels degrés de taxation tyrannique qu’ils ressusciteraient Nnete Okorie-Egbe pour mener une autre révolte fiscale ou obligeraient les villageois de Caxito d’alors à envoyer non pas un mais une centaine de crocodiles au bureau des impôts en signe de protestation.

Business Insider Africa rapporte que :

« Les taux d’imposition des sociétés sont généralement plus élevés dans les pays en développement. En Afrique, le taux moyen d’imposition des sociétés est de 27,5 %, le plus élevé de toutes les régions. Le Tchad, les Comores, la Guinée équatoriale, la Guinée, le Soudan et la Zambie sont tous à égalité pour le deuxième taux d’imposition des sociétés le plus élevé au monde à 35,0 %. De nombreux pays de la région se classent également parmi les pires pour la facilité de faire des affaires, avec des coûts de démarrage élevés et de multiples barrières à l’entrée. »

Le fait que la région la plus pauvre ait les taux d’imposition des entreprises les plus élevés au monde est à la fois révélateur et déroutant. Au lieu de maintenir certains des régimes fiscaux les plus oppressifs au monde, l’Afrique devrait se vanter des charges fiscales les plus simples et les plus faibles, ce qui encouragerait grandement la formation de capital local, l’investissement, l’entrepreneuriat et une croissance économique durable.

De plus, comme nous le savons tous, les pays en développement ne peuvent presque jamais rembourser leurs dettes faute d’une économie solide. L’augmentation des charges fiscales dans ces économies précaires ne fera qu’appauvrir davantage des sociétés déjà appauvries.

En conclusion

Tel est le fusil à trois coups avec lequel la plupart des gouvernements africains, intentionnellement ou non, bombardent les sociétés africaines. On ne sait pas pourquoi les gouvernements africains, et non coloniaux, déploieraient une arme économique aussi destructrice contre les personnes mêmes qu’ils devraient servir et élever. Ce qui est clair, c’est qu’en maintenant un environnement d’inflation élevée, d’endettement élevé et de fiscalité élevée, les gouvernements africains veillent à ce que les sociétés africaines restent prises au piège de la tyrannie, de la dépendance et de la pauvreté.

Cet article a été initialement publié en Anglais par Mises Institute et a été traduit en français par Institute for Economics and Enterprises.

A propos de l’auteur: Manuel Tacanho est le fondateur d’Afridom, une start-up bancaire numérique solide basée sur l’argent pour l’Europe et l’Afrique. Il est également un défenseur des marchés libres et de l’argent sain pour le développement économique de l’Afrique.

Burundi : Inflation généralisée, Il est temps de prendre le taureau par les deux cornes !

Au Burundi la pénurie des produits stratégiques tend à paralysé les activités économiques quotidiennes. De ce fait, le taux d’inflation a passé de 7.5% en 2020 à 8.3% en 2021 et les chiffres vont crescendo pour l’année 2022. Pour stimuler les revenus, les décideurs doivent à tout prix mettre en oeuvre des mesures qui favorisent la liberté économique. Analyse de notre collègue Edgard Mugenzi!

Les facteurs sont légions. Le monopole récurrent, l’interventionnisme étatique, le manque des capitaux, etc plombent le secteur économique et la guerre russo-ukrainien ne fait qu’enfoncer le clou. Au troisième trimestre 2021, les exportations ont diminué de 48,6% par rapport à la même période de 2020, passant de 99 180,2 millions BIF à 50 987,1millions BIF en 2021 et les importations du pays ont augmenté de 24,6% au cours de la période sous analyse passant de 436 619,0 millions BIF en 2020 à 544 217,2 millions BIF en 2021. Parallèlement, la balance commerciale s’est détériorée de 46.2%.

Actuellement, les conséquences parlent d’elles-mêmes. À titre d’exemple, le prix de l’essence a été revu en hausse deux fois en espace de trois mois passant de 2400 BIF à 3250 BIF sur pompe, le ciment de BUCECO et le sucre sont quasi-inaccessible sur le marché et le prix des produits alimentaires est en pleine hausse, les haricots ont passé à un prix moyenne de 1500 BIF en février à 2500 BIF dans le mois de mai et le charbon a presque doublé son prix.

Comment relancer la machine économique ?

Les exportations du Burundi au troisième 2021 sont essentiellement dominées par le thé, le café, les bières et les produits laminés plats qui totalisent à eux seuls 61,3% de la valeur totale des exportations. Or même si l’économie du Burundi repose sur l’agriculture, le pays dispose un sous-sol riche, un potentiel touristique important qui pourraient attirer les investissements.

Pour Nkengurutse Martin, économiste et analyste, le Burundi doit diversifier son menu d’exportation et faciliter la libre entreprise locale afin de stimuler la production intérieure :  » Les produits exportés se limitent sur le café et le thé majoritairement depuis plus de 20ans. À l’heure actuelle, ces produits ne peuvent pas rapatrier les devises nécessaires pour assurer les importations suffisantes. Toutefois, les décideurs doivent mettre en places des stratégies pour faciliter la production et l’exportation des produits manufacturiers locaux et attirer les investissements étrangers », explique-t-il.

Les défis à relever.

Primo, le processus complexe de l’accessibilité aux crédits et capitaux, le taux d’intérêt bancaire élevé sont une barrière majeur à l’investissement et à la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes.

Secundo, malgré les efforts investis dans les entreprises publiques, elles n’arrivent pas à satisfaire même le marché interne. L’interventionnisme étatique et le monopole sur certains produits de base empêchent le secteur privé de s’épanouir et de grandir. La sur-taxation et la corruption ont jusqu’ici évincé les petits commerçants et les Start-ups qui finissent par fermer les portes précocement.

Tertio, le commerce ambulant s’est confirmé comme une alternative pour l’employabilité des jeunes et des femmes particulièrement. Aujourd’hui il contribue 77% dans le PIB et représente 90% de l’emploi au Burundi. De toute façon, ce secteur mérite une attention particulière à l’égard des décideurs.

À mon humble avis, le processus du développement économique devrait aller de pair avec des actions et des réformes qui permettent l’accessibilité du marché pour tous en réduisant les mesures protectionnistes et les autres barrières qui entravent la libre entreprise afin que le secteur privé puisse contribuer dans la relance de l’économie tout en favorisant une libre compétition.

Principe de subsidiarité et libéralisme, tremplin pour la prospérité africaine ?

Un débat d’actualité mondiale se trouve autour de la contribution des secteurs publics dans la réduction de la pauvreté. Lorsqu’un les partisans de l’interventionnisme étatique et ceux du « laisser-faire » (interférence minimale du gouvernement dans les affaires économiques des individus et de la société) se trouve au tours de la question de réduire la pauvreté dans leurs communautés, il est rare qu’ils concertent sur la façon de faire. Pour les uns, le secteur public est plus performant car jamais, le gouvernement ne peut manquer à ses obligations de rendre le peuple riche. Alors que pour les autres, le secteur public est plus gaspillant des ressources qui devient de plus en plus rares et qui nécessitent une gestion rationnelle. Pour les uns, ils ont confiance en secteur privé, pour les autres en secteur public.

La place du secteur public et secteur privé dans la prospérité.

Comme l’économiste Henry HAZLITT le souligne dans son livre apparu en 1977, « Il n’y a pas de foi plus persistante et plus influente dans le monde d’aujourd’hui que la foi dans les dépenses gouvernementales. » cette phrase est aussi d’actualité dans nos pays. Il suffit de regarder dans les deux rubriques qui font le tableau de leurs budgets nationaux. Le constat est unique. La quasi-totalité des dépenses du gouvernement doivent être payé par un processus de taxation, ce qui conduit souvent à l’inflation. L’inflation elle-même est donc la forme de la taxation. Ainsi, l’interventionnisme étatique nuit aux incitations pour les entrepreneurs et à l’innovation. Et aussi, Dr Siméon Barumwete, un politologue burundais, d’ajouter que le libéralisme veut limiter l’ingérence de l’état dans la vie économique des personnes : « Le taux d’imposition d’un bénéfice ou du salaire mesure l’intensité de l’ingérence de l’état dans l’activité économique correspondante. » Et de conclure que chaque travail public créé implique une destruction du travail privé quelque part.

Le libéralisme économique est une notion en économie qui prône des pratiques libérales, telles que libre échange des marchandises, des droits du travail plus souples, une liberté élargie pour les entrepreneurs. Pour la liberté économique, le libre jeu de l’entreprise ne doit pas être entravés par qui conque. Le libéralisme préconise la libre concurrence. Selon les partisans du « laisser-faire », le libéralisme, qui est une primauté affirmée de l’homme dans la société, est la voie la plus sûre vers la prospérité des sociétés. En matière économique, le libéralisme trouve ces principes dans le droit de propriété : un droit posé comme sacré, et dans l’initiative privée qui est un droit de pouvoir exercer librement une activité génératrice de revenu sous la seule régulation des lois de marchés.

Ainsi, le secteur privé est encouragé dans le libéralisme économique dans ce sens qu’il permet d’exploiter et de jouir des droits les plus sacrés de l’individu : le droit de propriété privée et le droit de libre exercice de l’activité génératrice de revenu. Et d’ailleurs il libère l’esprit d’entreprise en récompensant les travailleurs plus rationnelles que les autres.

Principe de subsidiarité, une piste de solution efficace !

Comme le principe de subsidiarité refuse qu’un échelon supérieur d’une organisation décide de réaliser lui-même ce qu’un échelon inferieur pourrai décider de réaliser, il découle qu’une division taches et une délégation de responsabilité s’imposent. Pour Adam Smith, la division du travail augmente la puissance productive du travail : « Dans chaque art, la division du travail, aussi loin qu’elle peut y être portée, donne lieu à un accroissement proportionnel dans la puissance productive du travail. ».

Le concept managérial traite l’Etat comme un manager. Et celui-ci doit se concentrer seulement sur les activités plus complexe que ses subalternes ne peuvent pas réaliser. Pour nous, les adeptes de la liberté économique, ces activités ne sont rien d’autres que des fonctions régaliennes. Le rôle de l’état est donc de se concentrer sur les fonctions essentielles, comme la protection des contrats entre personnes, la défense et aussi assurer la sécurité pour tous. Bref, les initiatives que le secteur privé ne peut pas réussir à faire.

Par Lambert Nduwayezu, Directeur de l’ Institute for Economics and Enterprises

Les Jumeaux de Tuttle au Burundi avec Glenn Boyer et Libertas Press

L’Institute for Economics and Enterprises est heureux de recevoir dans ces locaux des merveilleux cadeaux de la part de Monsieur Glenn Boyer et de l’organisation Libertas Press via Mr Connor Boyack. En honneur de plusieurs auteurs du libertarianisme, les Jumeaux de Tuttle, qui sont Ethan et Emily, les enfants à la découverte des principes libertariens.

Qu’est que la jeunesse Burundaise doit apprendre de ce cadeau ?

Alors que la majorité des chômeurs au Burundi sont les jeunes qui terminent leurs études, plus 60%.  La plupart de ces jeunes se retournent vers l’entrepreneuriat pour s’en sortir. Mais nous trouvons des échecs partout, la question est de savoir pourquoi ?

« Parce que se prendre en charge, être son propre patron n’est pas dans le cursus scolaire burundais. On ne nous a jamais appris à prendre des risques, à évaluer des marchés, à penser par nous-mêmes ».

Dans cette faille du système éducatif, les jeunes élevés burundais comprendront avec ces livres que « l’éducation fonctionne mieux lorsque nous avons la liberté de découvrir nos intérêts et de développer nos capacités, plutôt que d’être façonnés selon les désirs de quelqu’un d’autre ».  Comme nous les retrouvons dans le volet The TUTTLE TWINS and the EDUCATION VOCATION. Ils comprendront également que « des penseurs courageux ont toujours proposé des idées pour un avenir meilleur où les gens utilisent plutôt la persuasion » et non la force.

Notre remerciement à..

L’Institute for Economics and Enterprises éprouve sa grande reconnaissance approfondie aux personnes qui n’hésitent pas à l’aider dans la construction d’une société africaine libre et plus prospère. Merci à Monsieur Glenn Boyer pour sa gratitude et sa volonté de lutter pour une société libre. Nous lui devons beaucoup de reconnaissance pour les livres qu’il nous a envoyé et son soutien pour notre Institute. Nous comptons utiliser ces dons dans l’amélioration de la compréhension du système économique basé sur le libre marché, l’état de droit et la propriété privée. Et montrer son importance dans la réduction de la pauvreté en Afrique en général et au Burundi en particulier.  Nous allons organiser des séances de discussion sur le contenu de livres. Nous allons écrire des articles et les publier sur notre site Web.

Notre appel à..

Soulignons que le manque des moyens financier et matériels reste toujours un défi pour l’Institute. Raison pour laquelle nous lacons notre appel vibrant aux différents partenaires potentiels , individu ou organisation, de soutenir notre mission afin d’unir nos forces pour continuer à lutter pour une société libre et prospère. L’Institute reste ouvert à toutes collaborations et partenariat et appréciera toute contribution de n’importe quelle nature susceptible de l’aider dans la réalisation de sa mission.

Rappelons également qu’à l’Institute for Economics and Enterprises nous rêvons à une Afrique où chaque individu est libre et prospère, nous continuerons à travailler en suivant notre mission qui est de « produire, à travers un apprentissage ciblé, une société basée sur les principes du marché libre, de la propriété privée et de l’état de droit ». Nous y parvenons en créant des programmes éducatifs participatifs et en fournissant les ressources nécessaires à la liberté individuelle et économique, seul moyen pour notre Afrique de prospérer.

Un marché ouvert pour une prospérité équitable

NELSON MANDELA : 10 CITATIONS SUR LA LIBERTE

En lisant certains des œuvres de ce combattant de la liberté individuelle et économique en Afrique, j’ai pu tirer ses 10 citations que je crois nécessaire pour une édification d’une société libre et prospère

Né en 1918 à Mvezo en Afrique du Sud, Nelson Rolihlahla Mandela est un célèbre homme politique sud-africain. Relâché le 11 février 1990, après vingt-sept années de prison, Nelson Mandela soutient la réconciliation et la négociation avec le gouvernement du président Frederik de Klerk. Il fut l’un des dirigeants de la lutte contre le système politique d’apartheid avant de devenir président de la République d’Afrique du Sud de 1994 à 1999, suite aux premières élections nationales non raciales de l’histoire du pays. Je vous partage 10 ses citations :

  1. « Etre libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. »
  2. « Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de la haine, des préjugés et de l’étroitesse d’esprit. »
  3. « Je ne suis pas vraiment libre si je prive quelqu’un d’autre de sa liberté. L’opprimé et l’oppresseur sont tous deux dépossédés de leur humanité. »
  4. « Un combattant de la liberté apprend de façon brutale que c’est l’oppresseur qui définit la nature de la lutte, et il ne reste souvent à l’opprimé d’autre recours que d’utiliser les méthodes qui reflètent celles de l’oppresseur. »
  5. « Toute personne, partout dans le monde, a le droit de vivre dans la dignité, libre de toute crainte et de toute oppression, libérée de la faim et de la soif… »
  6. « Quand un homme est privé du droit de vivre la vie dont il croit, il n’a pas d’autres choix que de devenir un hors la loi. »
  7. « Je ne suis pas né avec une soif de liberté. Je suis né libre. »
  8. « Nous ne sommes pas encore libres, nous avons seulement atteint la liberté d’être libres »
  9. « Le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de vaincre ce qui fait peur. »
  10. « Que règne la liberté. Car jamais le soleil ne s’est couché sur réalisation humaine plus glorieuse. »

Par ces citations, nous voyons que l’héro de la lutte de l’apartheid en Afrique du Sud partage ces convictions sur avec certain leader de la liberté. Comme lui, nous croyons que seule la liberté peut sauver le monde. Avec la liberté les gens entreprennent, les gens innovent, les gens commercent et les gens s’enrichissent car liberté implique responsabilité.

LE VOTE : VU PAR LES LIBERTARIENS

Donnez votre voix, une décision qui devrait être guidée par un intérêt personnel et non les sentiments que nous avons pour les autres. Cette décision conduit à choisir un gouvernement qui risque de diriger peut-être la moitié de l’économie nationale plus ou moins les sept prochaines années. Et donner un monopole de plus ou moins sept ans sur la production totale de ce qu’a besoin un pays et ces citoyens à certains individus rationnels, qui sont à la poursuite de leur intérêt personnel à travers l’Etat et qui font la promotion de leurs intérêts à travers l’action collective, doit être fait avec beaucoup de précaution.

A travers son livre « Introduction aux Choix Publics », EAMON BUTTER constate que :

« Voter demande un peu de temps et d’effort de la part de l’électeur. Ce n’est pas seulement un peu de temps et d’efforts pour se rendre au bureau de vote et remplir son bulletin. Cela prend aussi beaucoup plus de temps et d’efforts pour s’informer sur les candidats et leur politique afin de faire un choix

Cela explique pourquoi dans les discours politiques, nous entendons souvent nous présenter des projets à réaliser une fois élu dirigeants. Mais la question que nous ignorons souvent est de savoir d’où proviendra les fonds pour la réalisation de ces projets qui semblent être générale et non spécifiques. C’est même un critique important que l’auteur de l’Introduction aux choix publics souligne :

« Lors des élections, nous ne choisissons pas des projets particuliers, mais nous votons un tout un panier de supermarché rempli des politiques pouvant englober des problèmes aussi divers. (Politiques de la santé, de l’éducation, de l’aide sociale, des dépenses publiques, des impôts…) ».

Du Marketing électoral …

Les discours politiques, principalement pendant les campagnes électorales, sont plein des promesses et autres espoirs pour un lendemain meilleur, mais nous ignorons souvent que ce que nous choisissons nous les déléguons le pouvoir de monopoliser la force publique pour leurs intérêts personnels.

Le système de vote est régi par les réglementations presque semblables que ces qui régissent le marché. La recherche de voix, donc la campagne électorale, est ce moment d’attirer l’attention de « l’électorat médian » ou « électeur du centre » enfin de gagner les élections. Ce moment est donc caractérisé par plusieurs stratégies visant à ressembles plus de voix comme le marketing.

 Si nous, contribuables et consommateurs, savons que c’est à nous de payer les lourdes décisions que nous faisions, nous ferions de mieux à être responsable de ce que nous faisons étant dans les isoloirs.

…. Au coalition des parti politiques.

 Former des coalitions est aussi un phénomène plus courant pendant la recherche des voix. Comme nous le trouvons dans le livre déjà cité. Que les électeurs ne se trompent pas, car cette pratique est aussi guidée par des avantages souvent connu sous le slogan de « vous votez pour mon projet et je voterai pour le vôtre ». Cela est aussi nécessaire pour les minorités pour augmenter leurs influences pendant le vote comme le souligne l’introduction aux choix publics :

« Une manière par laquelle les minorités peuvent augmenter leur influence sur les élections, et par ce biais augmenter leur domination sur les systèmes représentatifs, est de former des coalitions avec d’autres. »

Toutes ces stratégies montrent la comment un petit groupe, motivé et résolue à défendre leurs intérêts peuvent collaborer jusqu’accepter d’échange les faveurs pour gagner les élections. Sur le marché de voix, la négociation n’est pas centrée sur le prix et la qualité d’un bien ou un service ; mais plutôt sur comment échanger les faveurs après avoir gagner les élections. Comme l’auteur de l’introduction au choix publics le souligne toujours, cette négociation doit être basée sur l’échange « explicite » ou « implicite ».  L’échange de faveurs est élevé à de nombreux niveaux, tout particulièrement lors de la formation de partis politiques et de leurs programmes électoraux.

 « Les partis politiques sont par leur nature même des assemblées d’intérêts différents qui s’accordent à se soutenir l’un et l’autre pour construire un groupe de militants doté d’une taille et d’une force crédibles. »

 Et le non-respect des conventions est à la base d’effondrement de ces parties et de conclure l’auteur de l’Introduction aux choix publics:

« Le fait que les partis politiques souffrent souvent de désaccords et de séparations internes est une preuve de ce partenariat basé sur l’échange. »

BURUNDI : LETTRE D’UN CITOYEN LIBRE SUR SES ATTENTES AUX ELUS DE 2020

Nous avons beaucoup de talents, nous vivrons dans une société possédant beaucoup d’opportunités et ce que nous avons besoin pour parier au chômage qui affecte plus de 60% de nos jeunes est la libre entreprise. Cette faculté d’entreprendre tout ce qui permet notre développement économique.

Cher élus du Burundi,

Depuis le 04/06/2020, le jour où la cour constitutionnelle s’est prononcée sur les résultats du triple scrutin du 20 mai, vous n’avez aucun doute sur votre victoire. Une victoire qui reflète la volonté des peuples qui ont apprécié vos projets. Ainsi, ça a été un moment de connaitre les dirigeants de notre cher pays dans plus ou moins les sept années à venir. Une marque dans l’histoire de notre pays.  Des messages de félicitations vous inondent. Tout comme tout autre citoyens, recevez également mes félicitations.  Mais que c’est qu’en citoyen libre, comme moi, attend de vous ? La réponse à cette question est simple : « Je veux que vous œuvrez pour un Etat qui a un objectif de protéger la propriété privée, la liberté des personnes (libre entreprise et libre marché) et faire respecter les contrats entre ces personnes ».

Cher élus,

Premièrement, j’attends que vous travailleriez pour la protection de nos contrats et nos droits de propriété privée

Moi, un citoyen libre, j’attends de vous des nouvelles règles pour encourager la coopération volontaire et promouvoir les droits de propriétés privées. Ces règles doivent prendre en considération un principe de la non-agression et non forcing, comme nous le trouvons dans une société libre. Je veux donc vivre dans un pays où il y a un cadre juridique qui protège les contrats et force à respecter les contrats entre deux contractants volontaires. Cette coopération via les contrats est promue aussi dans un respect des droits de propriétés. Un contrat est une Convention volontaire entre une ou plusieurs personnes par laquelle elles s’engageant à donner, à faire ou à ne pas faire quelque chose, vis-à-vis de quelqu’un. Par cette coopération et/ou engagement, les individus améliorent leur situation économique.

Deuxièmement, j’attends que vous favoriseriez la libre entreprise pour parier au chômage

Nous avons beaucoup de talents, nous vivrons une société avec beaucoup d’opportunités et ce que nous avons besoin pour parier au chômage qui affecte plus de 60% de nos jeunes est la libre entreprise. Cette faculté d’entreprendre tout ce qui permet notre développement économique. Moi, un citoyen libre, attends de vous un changement de climat d’affaire pour ouvrir à tous les entrepreneurs les porte d’entreprise. Je demande que vous œuvreriez pour une société burundaise qui libère l’invention, l’innovation et le talent humain. C’est cette société seulement qui peut permettre la réduction du chômage, car elle encourage l’esprit d’entreprise et libère l’esprit de la peur de risque. Pour ce faire, il est impérativement nécessaire de réduire toutes sortes de barrières dans ce domaine, que ce soit administratives et financières.  Cela par la promotion d’égalité de chance à tous. Par égalité de chance, un citoyen libre entend que les individus ne devraient pas faire face à des barrières arbitraires pour poursuivre les propres ambitions, pire encore que ces barrières sont mises en place par quelqu’un que suit également ses propres ambitions.

Troisièmement, j’attends que vous favoriseriez le libre marché pour parier à la pauvreté.

Il ne suffit de favoriser la création la richesse via la libre entreprise seulement pour lutter contre le chômage, il est aussi nécessaire de trouver un moyen sûr et promettant pour faire écouler la production obtenue, un débouché plus promettant en bénéfice.  Pour que la création de la richesse contribue à la réduction de la pauvreté, il faut que leur mode de distribution et/ou d’échange s’exerce dans un climat volontaire et confiant. Moi, un citoyen libre, j’attends donc de vous un système économique mettant l’accent sur le libre marché. Ce système doit considérer que « les individus sont libres de choisir si, comment, quand, où et avec qui ils travaillent, dépensent, investissent, épargnent et commercent. »  Donc, pas de forcing et de limitation particulière dans chaque action/choix individuelle en ce qui concerne les transactions économiques.

En se focalisant sur ces attentes, je trouve que vous mettriez notre pays sur une voie sûre de croissance économique et de développement durable. Et en nous, citoyen d’un pays de lait et de miel de vous en remercie à la fin de votre mandat.

Cher élus, trouvez ici mes plus hautes considérations.

Mes Félicitations encore.

Un citoyen libre épris de la prospérité de son pays