Les trois niveaux de leadership libertaire de Leonard Read

Le leadership se définit comme la capacité, pour le responsable de l’équipe, d’influencer des personnes de façon à ce qu’elles puissent exécuter des tâches sans contraintes, avec toute la motivation voulue pour atteindre des objectifs communs. Mais dans un contexte libertaire, Leonard Read à donner trois niveaux de leadership. Avez-vous ce qu’il faut pour atteindre le plus haut niveau ? Dan Sanchez nous aide à identifier les trois niveaux de leadership libertaire de Leonard Read

Compréhension de la philosophe libertaire : Pour atteindre le premier niveau, il faut comprendre suffisamment la philosophie de la liberté pour s’abstenir personnellement de préconiser ou de participer à des violations de la liberté. Un leader libertaire de premier niveau prêche par l’exemple. Comme Read l’a écrit : « Ne sous-estimez pas les énormes influences mises en mouvement par une personne qui refuse de sanctionner ou de promouvoir toute mauvaise action. Les qualités exemplaires prononcées ont des pouvoirs rayonnants incroyables. L’individu qui n’offense pas les idéaux libertaires – même s’il est totalement silencieux – attire des émules, fixe des normes élevées à suivre par les autres. »

Influencer les autres : Pour atteindre le deuxième niveau de leadership libertaire, il faut être capable d’articuler suffisamment bien la philosophie de la liberté pour influencer « ceux qui entrent dans sa propre orbite personnelle ». Cela peut inclure sa famille, ses amis et ses collègues. Cela peut également inclure des personnes que vous rencontrez (dans l’avion, lors d’un dîner, etc.). À l’ère numérique, cela peut inclure des personnes avec lesquelles vous êtes connecté sur les réseaux sociaux.

Devenir un phare : Pour atteindre le troisième niveau de leadership libertaire, il faut être un tel phare de compréhension claire et d’exposition de la philosophie de la liberté que d’autres recherchent votre tutelle. Ils suivent vos travaux publiés et recherchent des occasions d’apprendre de vous par la conversation.

Et pourquoi prendre le parcours ?

Il est imprudent, et peut-être impossible, de « sauter » l’un de ces niveaux. Si votre compréhension de la liberté est si imparfaite que vous approuvez les violations de la liberté, alors vous ne serez pas en mesure d’expliquer avec précision la philosophie de la liberté aux autres. Et si vous manquez de conviction et ne pratiquez donc pas ce que vous prêchez, votre hypocrisie rebutera les étudiants potentiels et vos actions parleront plus fort que vos paroles. Et comme Read l’a souligné, même si les deuxièmes et troisièmes niveaux de leadership libertaire impliquent d’articuler la liberté aux autres, l’accent doit être mis sur l’amélioration de soi. Aux deuxième et troisième niveaux, le leader libertaire articule sa compréhension des autres comme un exercice pour affiner et tester cette compréhension et afin de partager ce qu’il a appris au cas où son auditoire le trouverait précieux.

Le véritable enseignement consiste à apprendre à haute voix et le véritable leadership consiste à donner l’exemple. L’éducation/le leadership n’est pas l’amélioration directe des autres. C’est l’amélioration de soi qui inspire et équipe les autres à imiter en poursuivant eux-mêmes l’amélioration de soi. Le vrai leadership est un modèle, pas une ingérence . Une fois que le plaidoyer libertaire consiste à « infliger votre sagesse » (comme le dit Read) aux autres afin de paraître intelligent ou d’humilier les opposants idéologiques, alors, alors que vous avez peut-être avancé dans votre carrière de démagogue libertaire, vous vous êtes disqualifié en tant que leader libertaire. La vanité intellectuelle est incompatible avec le leadership intellectuel.

Un véritable leadership est une excroissance, non de l’arrogance, mais de l’humilité. Les « doux » (c’est-à-dire les humbles) hériteront de la terre, parce que c’est une humble dévotion à l’amélioration de soi qui entraîne une véritable amélioration chez les autres et rend le monde meilleur.

Cet article a été publiée initialement en Anglais par FEE et traduit en français par Institute for Economics and Enterprises.

A propos de l’auteur : Dan Sanchez est le directeur du contenu à la Foundation for Economic Education (FEE) et rédacteur en chef de FEE.org. 

État droit, repère d’un système économique prospère ? 

Quand le rôle du gouvernement est bien respecté, l’État de droit devient un enzyme qui stimule les entrepreneurs à investir sur le marché. Au contraire, quand l’Etat participe sur le marché, il crée un déséquilibre entre l’offre et la demande en favorisant les entreprises publique au détriment du secteur privé, seul détenteurs des investissements et des innovations qui défient la pauvreté. Analyse de notre blogueur Janvier CISHAHAYO.

Commençons par les origines du concept. L’État de droit a été théorisé au début du 20eme siècle par le juriste Kelsen HANS qui le définit comme un État dans lequel les normes juridiques sont hiérarchisées de telle sorte que sa puissance s’en trouve limitée; car elle est soumise aux règles de droit. Le concept État de droit s’oppose à la notion de pouvoir arbitraire.

Le spectre des mesures de l’État dans la réglementation de l’entrepreneuriat est très large et a une base juridique, économique et organisationnelle. Ses actions se portent sur des activités régaliennes et institutionnelles. C’est-à-dire sécuriser les contrats et veillez au respect des droits individuels, droits à la propriété privée dans un environnement sain.

Donc pour ce faire, l’État doit d’abord participer dans la formation d’entités entrepreneuriales dans toutes les sphères économiques. Il va ensuite garantir un environnement favorisant le développement de l’entrepreneuriat. Puis, agir dans l’orientation ciblée, en stimulant et en soutenant les petites entreprises. L’Etat va aussi établir l’infrastructure organisationnelle et de marché des petites entreprises. Et en dernier lieu, il va aider à assurer l’orientation sociale de développement des entreprises.

Autrement dit, l’État de droit est un État soumis à un ensemble de normes juridiques qui s’oppose à son pouvoir arbitraire pour assoir la protection des libertés et droits fondamentaux. Grossièrement, l’État de droit répond à la formule : « Nul n’est au-dessus de la loi ».

Cas d’école en Haïti

Malgré le cadre légal des affaires en Haïti et, plus particulièrement le Code des investissements institué en 2002, la réglementation de l’État dans l’activité entrepreneuriale n’a pas été à mesure d’attirer les investissements directs étrangers, et à faciliter la réalisation des activités entrepreneuriales. La cause est que ce cadre légal n’est pas adapté à la situation particulière des entrepreneurs locaux ni à celle des entrepreneurs de la diaspora intéressés à entreprendre des affaires dans leur pays. Les lourdeurs administratives, la difficulté de trouver du financement, l’absence de définition du statut d’entrepreneur et d’un encadrement des activités entrepreneuriales proprement dites, hantent l’entrepreneuriat haïtien.

Le cas haïtien montre bel et bien que les Etats ne devraient pas se limiter à la seule mise sur pied d’un cadre légal, mais qu’il faut fixer des outils et des jalons comme citer ci-dessus, pour que la réglementation en entrepreneuriat soit effective. Ces outils et jalons devront être accompagnés de la liberté d’entreprendre en toute concurrence, tout en bannissant le monopole. Les Etats devraient aussi se conformer à l’application de la loi de l’activité économique des entrepreneurs de la diaspora pour attirer les investissements directs étrangers.

A propos de nous

Institute for Economics and Enterprises est Think Tank basé au Burundi qui une mission de produire une société basée sur les principes du libre marché, de l’Etat de droit et de la propriété privée

Burundi : Enregistrement en ligne des entreprises, une mesure venue à point nommé.

Le processus complexes de l’enregistrement des entreprises au Burundi constitue une des barrières qui hante les Start ups. Même si la nouvelle mesure d’enregistrement en ligne est un ouf de soulagement, il reste encore des échelons à gravir pour faciliter l’accès rapide aux documents légaux des entreprises d’après notre collègue Odyssé NIYONKURU.

« Désormais, l’immatriculation des sociétés et des personnes physiques commerçantes s’effectuera en ligne, les créateurs des sociétés pourront le faire directement chez eux après le paiement de 40 000 Fbu pour les personnes morales et 30 000 Fbu pour les personnes physiques », lit-on dans  le communiqué officiel de l’Agence de développement du Burundi.

 Le Burundi est un pays où la création d’entreprise est en pleine expansion, créer cette dernière en ligne semble être une solution attrayante pour les jeunes qui se lancent dans les procédures de la formalisation car l’ensemble des formalités peut être effectué de manière dématérialisée. Ainsi, les jeunes entrepreneurs de l’intérieur du pays, entravés par l’éloignement des agences qui facilitent la création des entreprises et perdent beaucoup de temps et d’argent pour la formalisation de leur société, la digitalisation bénéficieront dorénavant des services virtuelles.

Un ouf de soulagement,…

Avant le budget global à prévoir pour effectuer sa création d’entreprise était une somme exorbitante pour les jeunes entrepreneurs d’autres provinces que Bujumbura qui débutent dans l’entrepreneuriat, alors qu’avec cette digitalisation une économie substantielle peut être réalisée par la réduction des dépenses, du temps et des processus qui suscitaient parfois de la corruption ou autres lobbying.

Pour Christian un jeune entrepreneur de NGOZI, cette mesure est un ouf de soulagement : «  Ça fait une année que je veux toujours formaliser mon entreprise, mais comme je n’ai pas de moyen pour me rendre au guichet unique de l’ADB à Bujumbura, car ça exige des frais supplémentaires pour déplacement, restauration et logement qui s’ajoutent au 40 000 Fbu pour l’enregistrement étaient au-delà de mes moyens, j’espère donc réaliser mon rêve en ligne », explique-t-il.

Et Pourtant…

C’est une mesure économiquement séduisante, même si réaliser seul ces procédures de création en ligne peut s’avérer complexe, malgré qu’elle présente des avantages évidents en termes de simplicité, de rapidité et d’économies suite à l’accès à l’Internet qui reste un défi à pallier dans notre pays où seulement environ 10% de la population peut avoir accès à l’internet.

En générale cette mesure va avoir un impact positif sur toute la vie économique du pays, surtout dans la réduction du secteur informel, lequel occupant une place prépondérante dans l’économie burundaise. Pourtant avec la digitalisation, elle favorisera l’accès du plus grand nombre à ses services ce qui contribuera par ricochet à l’élargissement de l’assiette fiscale mais aussi il faudra aussi que l’État créé des guichets unique dans chaque province pour les  décentraliser, dans ce cas toute personne y compris ceux qui n’ont pas accès à l’internet pourront être bénéficiaires.

A propos de nous:

Institute for Economics and Enterprises est un groupe de réfléxion basé au Burundi. Il fait promouvoir les idées liberales économiques

Burundi : Le Capitalisme, un pneu de secours dans la lutte contre la corruption ?

Selon Transparency International, les pays qui ont plus de plus de liberté  économique sont les moins corrompus, or le pays des tambours fait encore la queue du classement se positionnant à la 168ème place sur les 180 pays évalués. Dans une telle position, le capitalisme et ses principes s’imposent comme pneu de secours dans la lutte contre la corruption et toute malversation économique afin de booster les indicateurs de la liberté économique. Plus d’éclaircissement avec notre collègue, Odyssé NIYONKURU

Commençons par une brève définition. Le CAPITALISME est un système économique où les acteurs privés possèdent et contrôlent des biens conformément à leurs intérêts, et l’offre et la demande fixent librement les prix sur les marchés, de la meilleure manière qui soit pour la société. L’essence du capitalisme est la recherche du profit. Adam Smith, philosophe du XVIIIe siècle et père de l’économie moderne, l’a dit : « Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du brasseur ou du boulanger que nous attendons notre dîner, mais plutôt du soin qu’ils apportent à la recherche de leur propre intérêt ». Dans un échange librement consenti, les deux parties recherchent chacune leur avantage, mais aucune des deux ne peut obtenir ce qu’elle veut sans tenir compte du souhait de l’autre. C’est cela donc qui peut conduire à la prospérité économique.

4 moyens d’arrêter la corruption par le capitalisme.

Au Burundi comme partout ailleurs, la corruption nait surtout de la complexité du système économique qui empêchent les à produire à cause de l’inondation des règlementations sur le marché. La corruption s’impose alors comme un moyen de lobbying permettant aux entreprises et individu d’échapper ces réglementations multiples, créant ainsi des inégalités.

Pour prévenir ou juguler à cette pratique, le système économique doit puiser sa grandeur dans les piliers du capitalisme qui convergent sur la création d’un marché libre qui tiennent en considération la compétition et la concurrence des biens et services :

Primo, la propriété privée, qui permet aux individus de posséder des biens matériels (terres, maisons) et immatériels (actions, obligations), stimule l’intérêt personnel, qui pousse les individus à agir selon leur propre avantage, insensibles à la pression sociopolitique. Ces individus non coordonnés finissent néanmoins par profiter à la société comme s’ils étaient guidés par une main invisible dans la quête de la prospérité.

 Secundo, la concurrence, qui, en laissant les entreprises libres de pénétrer et de quitter le marché, maximise la prospérité sociale, c’est-à-dire la prospérité commune des producteurs et des consommateurs; un mécanisme de marché qui détermine les prix d’une façon décentralisée par les interactions entre acheteurs et vendeurs : les prix déterminent ensuite l’affectation des ressources, naturellement en vue d’atteindre la plus grande satisfaction, non seulement pour les biens et les services, mais aussi pour les salaires.

Tertio, la liberté de choix en matière de consommation, de production et d’investissement : un client mécontent peut acheter d’autres produits, un investisseur placer son argent dans un projet plus lucratif, et un travailleur quitter son emploi pour un autre mieux rémunéré.

Quarto, le rôle limité des pouvoirs publics, qui doivent protéger les droits des citoyens et maintenir un environnement propre à favoriser le bon fonctionnement des marchés. En fonction du degré de force de ces piliers, on distingue différentes formes de capitalisme. Dans les économies de marché, la réglementation des marchés est minime ou inexistante. Dans les économies mixtes, le marché joue un rôle prépondérant, mais les pouvoirs publics le réglementent davantage afin d’en corriger les défaillances (pollution, encombrements, etc.), de promouvoir le bien-être social, ou pour d’autres raisons comme la défense ou la sécurité publique. Le capitalisme mixte est actuellement le modèle dominant.

Il faut agir maintenant !

La corruption freine la croissance économique, nuit à l’état de droit et entraîne un gaspillage de compétences et de précieuses ressources. Lorsque la corruption est omniprésente, les entreprises hésitent à investir face au coût nettement plus élevé de l’activité économique.

A mon humble avis, rien ne peut pas vaincre la pauvreté si la corruption persiste au Burundi, il faut que les lois et les stratégies soient mises en œuvre pour éradiquer la culture des ponts de vins qui enclouent le pays de  Mwezi sur la croix de la pauvreté depuis son indépendances. Pour y arriver, la voie n’est autre que le cheminement vers capitalisme.

A propos de nous:

Institute for Economics and Enterprises est un groupe de réflexion independant. Il promeut un système économique caractérisé par une philosophie de marché libre, d’état de droit et de propriété privée

« The Fountainhead » d’Ayn Rand, un roman pour notre temps

Bien qu’il ait été écrit il y a plusieurs décennies, The Fountainhead a un attrait durable car il aborde des questions qui sont aussi pertinentes aujourd’hui qu’elles l’étaient lorsque le roman a été publié pour la première fois. La bataille entre l’individualisme et le collectivisme en particulier fait rage et ne montre aucun signe de ralentissement. Ce livre remettra en question de nombreuses hypothèses sur la moralité et sur ce à quoi ressemble une vie bien vécue. Mais le défi ne vient pas sous la forme d’un argument. Il se présente sous la forme d’une histoire, qui a le potentiel de transformer votre façon de voir le monde, bref apercu du livre avec Patrick Carrol

Pour ceux qui ne l’ont pas lu, The Fountainhead est l’histoire d’un jeune architecte nommé Howard Roark. Roark est un non-conformiste qui se trouve en désaccord avec le reste de sa profession en raison de son refus de compromettre son expression artistique au nom de la tradition.  Cela va cependant plus loin que cela. La vision du monde autoproclamée de Roark est « l’égoïsme », et c’est cette attitude égoïste et individualiste que le reste du monde ne semble pas pouvoir supporter, à l’exception de quelques-uns de ses amis proches. Rand utilise sans vergogne l’histoire pour faire avancer sa philosophie de vie, appelée objectivisme. Roark est le héros prototypique de cette philosophie, bien que si vous lisez certaines des choses que fait Roark, vous pourriez vous hérisser à l’idée de le considérer comme un exemple à imiter. En repensant au livre, j’ai apprécié le récit, mais les dialogues sont vraiment ce qui le distingue. Ils étaient incroyablement intelligents et pointus, et ils aident vraiment le lecteur à connaître les personnages et leurs visions du monde.

Le livre m’a également mis au défi de repenser à de nombreuses idées de « bon sens » que les gens tiennent souvent pour acquises. Tout au long de l’histoire, Rand fait de nombreux points contre-intuitifs qui vont à l’encontre de la vision dominante sur divers sujets. Voici une sélection de quelques idées contre-intuitives qui m’ont marqué :

1) Notre culture n’est pas aussi individualiste que nous le pensons

La plupart des gens diraient que nous vivons dans une culture assez individualiste en Occident, mais Rand serait en désaccord. Selon Rand, notre société est pleine de « second-handers », des gens qui vivent pour et à travers les autres. Ce thème est introduit au début du livre dans un dialogue entre Roark et Peter Keating, un collègue architecte. Keating sait que Roark est bon en architecture, alors il demande conseil à Roark. La réponse de Roark est éclairante :« Si tu veux mon avis, Peter, tu as déjà fait une erreur, en me demandant. En demandant à personne. Ne demande jamais aux gens. Pas à propos de ton travail. Ne sais-tu pas ce que tu veux savoir? » Comme nous l’apprenons à travers le reste de l’histoire, demander des conseils peut sembler bénin, mais cela révèle souvent que vous n’avez pas d’opinion personnelle – vous ne pouvez vivre qu’à travers les opinions des autres. Et ce n’est pas comme si ces autres avaient leurs propres opinions non plus. Le fait est que nous vivons dans une culture où les gens ont peur d’être originaux et d’avoir leurs propres idées. Nous nous efforçons tellement de plaire aux autres, d’être la personne que les autres veulent que nous soyons, que dans le processus nous nous perdons nous-mêmes.

Être vraiment soi -même – un véritable individualisme – est difficile. Parce que cela signifie inévitablement être impopulaire, détesté et constamment critiqué. Et lorsque vous êtes critiqué, vous devez avoir suffisamment d’intégrité pour dire : « Je ne suis pas d’accord avec votre critique et je refuse de l’intégrer. Je refuse d’être la personne que les autres veulent que je sois simplement pour les apaiser ». L’intégrité dans ce sens est la loyauté envers vous-même, envers vous . Se trahir aux caprices des autres est le péché révélateur du second-hander.

Rand développe l’idée de seconde main dans une section ultérieure du livre. « C’est précisément la mort des brocanteurs », écrit-elle. « Ils ne se soucient pas des faits, des idées, du travail. Ils ne s’occupent que des gens. Ils ne demandent pas : « Est-ce vrai ? Ils demandent : « Est-ce que c’est ce que les autres pensent être vrai ? Pas pour juger, mais pour répéter. Non pas pour faire, mais pour donner l’impression de faire. Pas de création, mais de spectacle. Pas de compétence, mais d’amitié. Pas de mérite, mais de traction.

2) Le travail d’équipe ne permet pas toujours de réaliser le rêve

Les gens disent souvent que deux têtes valent mieux qu’une, et il y a des moments où c’est certainement le cas. Mais selon Rand, la mentalité de « travail d’équipe » est appliquée beaucoup trop largement dans notre culture, la médiocrité étant le résultat prévisible.

Il y a une histoire dans The Fountainhead qui vise à illustrer ce point, et elle tourne autour d’un projet architectural appelé La Marche des siècles, qui fait partie d’une exposition pour l’Exposition universelle. Huit des meilleurs architectes d’Amérique ont été choisis pour concevoir le bâtiment en collaboration. Il visait à démontrer combien il est préférable de travailler avec les autres par rapport à travailler seul. Peter Keating était l’un des huit collaborateurs.

Le projet, cependant, a été un « effroyable flop ». Et comme d’habitude, toutes les raisons sauf la plus évidente ont été données pour son échec. Quelques chapitres plus tard, Roark discute avec Peter Keating, essayant de lui faire comprendre la philosophie individualiste. Dans un commentaire désinvolte, Roark évoque La marche des siècles. « Peter, chacun d’entre vous au sein de ce comité a fait un meilleur travail seul que les huit d’entre vous ont produit collectivement. Demandez-vous pourquoi, parfois.

Je me suis demandé « pourquoi » quand j’ai lu cela, et la réponse était évidente, comme Rand l’avait voulu. La raison pour laquelle le projet a échoué est que « la création et la production sont mieux poursuivies en tant qu’entreprises individualistes ». Une personne avec une grande vision, quelqu’un qui peut contrôler chaque détail, est généralement la clé pour atteindre l’excellence. Lorsque vous dirigez en comité, personne n’est vraiment responsable ; vous devez faire des compromis et intégrer l’apport de chacun. Le résultat est un méli-mélo d’idées à moitié cuites. Aucune vision unique et globale ne peut se concrétiser. Mais ce sont précisément des visions uniques et complètes qui font la qualité d’un produit. Il y a une raison pour laquelle presque tous les grands arts sont créés par des individus plutôt que par des équipes.

3) Quand il s’agit de gens, vous pouvez souvent juger un livre par sa couverture

Il est de notoriété publique que vous n’êtes pas censé juger les autres sur la première impression. Vous venez de les rencontrer, après tout. Il est presque injuste de tirer des conclusions hâtives sur leur caractère et leur personnalité alors que vous les connaissez à peine.

Ou est-ce? Dans une section du livre, Rand fait un point intéressant sur l’intuition qui remet en question cette notion selon laquelle nous ne pouvons pas juger les gens simplement en les regardant.

« ‘Il n’y a rien de plus significatif qu’un visage humain. Ni aussi éloquent. Nous ne pouvons jamais vraiment connaître une autre personne, sauf par notre premier coup d’œil sur elle. Parce que, dans ce regard, on sait tout. Même si nous ne sommes pas toujours assez sages pour démêler les connaissances. As-tu déjà pensé au style d’une âme, Kiki ? ‘Le quoi?’ ‘Le style d’une âme. Vous souvenez-vous du célèbre philosophe qui parlait du style d’une civilisation ? Il l’appelait ‘style’. Il a dit que c’était le mot le plus proche qu’il pouvait trouver pour cela. Il a dit que chaque civilisation a son principe de base unique, une conception unique, suprême et déterminante, et que chaque effort des hommes au sein de cette civilisation est fidèle, inconsciemment et irrévocablement, à ce principe unique. … Je pense, Kiki, que chaque âme humaine a aussi son propre style. C’est un thème de base. Vous le verrez reflété dans chaque pensée, chaque acte, chaque souhait de cette personne. Le seul absolu, le seul impératif dans cette créature vivante. Des années à étudier un homme ne vous le montreront pas. Son visage le fera. Il faudrait écrire des volumes pour décrire une personne. Pensez à son visage. Vous n’avez besoin de rien d’autre. Vous trahissez bien plus que vous ne le réalisez lorsque vous montrez votre visage au monde.

4) L’ego de l’homme est la source du progrès humain

Le résumé de The Fountainhead paru sur la première édition en 1943 commence par la ligne suivante : « Un roman passionnant et dramatique, ce livre est basé sur une croyance provocante en l’importance de l’égoïsme, sur l’idée provocatrice que l’ego de l’homme est la source de progrès humain ». Dans sa postface, le protégé de Rand, Leonard Peikoff, éclaire un peu plus le titre, qui n’est jamais directement expliqué dans le livre lui-même : « Le titre de travail d’Ayn Rand pour le roman était Second-Hand Lives. Le titre final, choisi après l’achèvement du manuscrit, change l’accent : comme le livre, il donne la primauté non pas aux /méchants, mais au héros créateur, l’homme qui utilise son esprit de première main et devient ainsi la source de tous. réalisation

L’idée que l’ego de l’homme est la source du progrès et de la réussite est l’affirmation centrale du livre, et peut-être la plus radicale. Mais l’explication de Rand de cette idée – à la fois par le dialogue et le récit – est convaincante. « Avant de pouvoir faire des choses pour les gens, vous devez être le genre d’homme qui peut faire avancer les choses. Mais pour faire avancer les choses, vous devez aimer le faire, pas les conséquences secondaires. Le travail, pas les gens. Votre propre action, pas n’importe quel objet possible de votre charité. Je serai heureux si les personnes qui en ont besoin trouvent une meilleure façon de vivre dans une maison que j’ai conçue. Mais ce n’est pas le motif de mon travail. Ni ma raison. Ni ma récompense ».

Le point de vue de Rand est que la productivité et la réussite créative ne proviennent vraiment que d’individus agissant dans leur propre intérêt. Paradoxalement, la meilleure façon d’aider les autres est d’être, en un sens, égoïste. Cela semble probablement grossier, mais Rand nous met au défi de lutter au moins avec l’idée. Demandez-vous qui est le bienfaiteur le plus efficace des opprimés ? Celui qui professe de l’amour pour eux mais est incapable de les aider, ou celui qui agit par pur intérêt personnel mais – en raison de cet intérêt personnel – est en fait capable de produire quelque chose de valeur ?

Cet article a été publiée initialement en anglais par FEE et traduit en francais par Institute for Economics and Enterprises.

A propos de l’Auteur :

Patrick Carrol  est titulaire d’un diplôme en génie chimique de l’Université de Waterloo et est chargé de rédaction à la Foundation for Economic Education.

Qu’est-ce que l’entrepreneuriat ?

L’entrepreneuriat est plein d’incertitudes et n’offre aucune garantie. Si vous interrogez la plupart des gens sur leur impression de l’entrepreneuriat, ils pourraient utiliser des mots comme « petite entreprise » ou « innovation » ou le décrire comme « travailler pour vous-même ». Certains peuvent aller au-delà de cela et brosser le portrait d’un fondateur audacieux de la Silicon Valley qui prend des risques avec audace et surmonte inlassablement les défis. Pour d’autres, un entrepreneur est un rebelle à l’esprit libre qui fait son chemin dans le monde des affaires. Toutes ces choses contribuent à donner de la couleur au canevas de l’entrepreneuriat, mais elles ne brossent pas un tableau complet de la chose elle-même. Alors, qu’est-ce que l’entrepreneuriat  avecDoug McCullough et Brooke Médine?

En termes simples, l’entrepreneuriat est l’ effort de créer, de posséder et de commercialiser une idée, une technologie, un produit ou un service, ainsi que d’assumer les risques et les avantages associés à cette entreprise.C’est une entreprise pleine d’incertitudes, sans aucune garantie. Alors, si lancer une entreprise est si difficile et incertain, pourquoi l’entrepreneuriat est-il si séduisant ? Pour répondre à cela, examinons les aspects de l’entrepreneuriat et les caractéristiques des fondateurs qui brossent un tableau plus vivant de l’entrepreneuriat.

La relation entre entrepreneuriat et innovation

Les entrepreneurs sont souvent considérés comme des innovateurs ou même des pionniers de nouvelles industries. Parfois, l’innovation n’est pas une nouvelle technologie, comme un véhicule autonome, mais une nouvelle application ou un nouveau processus. Amazon est maintenant l’une des plus grandes entreprises au monde, mais elle a commencé par simplement vendre des livres en ligne plutôt que dans des magasins physiques.

Uber a bouleversé l’industrie du taxi non pas en lançant une flotte de taxis, mais en développant une application de covoiturage. En plus des innovations audacieuses et perturbatrices, les entrepreneurs qui réussissent innovent en s’efforçant d’améliorer continuellement les processus, de réduire les coûts ou d’améliorer les produitsLes entrepreneurs sont associés à l’innovation car innover donne à l’entreprise du fondateur un avantage concurrentiel et offre aux entrepreneurs un débouché pour leur créativité.

En quoi l’entrepreneuriat est différent de l’emploi

Responsabilité. Les fondateurs sont souvent les premiers PDG de leur startup. Le fondateur sera responsable de décisions apparemment interminables allant de l’embauche et du licenciement à la conception de produits et à l’achat d’une assurance commerciale. Le fondateur peut parfois être le visionnaire qui définit la mission de l’entreprise. Mais à d’autres moments, il ou elle sera embourbée dans les tâches peu glorieuses de conformité réglementaire, de reporting fiscal et financier, et d’autres tâches fastidieuses mais nécessaires.

Et contrairement à un employé qui est convaincu qu’il recevra un dépôt direct de son salaire à chaque période de paie, un entrepreneur porte le fardeau de faire la paie chaque mois, même s’il ne touche pas personnellement un salaire. Lorsque la fondatrice est également PDG, la responsabilité s’arrête à elle. Le travail d’un entrepreneur n’est jamais terminé. Lorsqu’une décision doit être prise, elle doit la prendre, même après l’heure de fermeture.

Compensation. Les employés, de l’associé débutant au cadre supérieur de la suite C, se voient généralement garantir un salaire mensuel stable. La contrepartie de ce revenu stable est que les employés ne peuvent pas participer au produit de la vente d’une entreprise et qu’ils ne sont généralement pas assurés d’une augmentation si les bénéfices de l’entreprise augmentent.

En revanche, il n’est pas rare que les entrepreneurs renoncent à un salaire malgré de très longues heures de travail pendant la phase de démarrage d’une entreprise. Les fondateurs sont prêts à le faire parce qu’ils ont de la peau dans le jeu. Nous appelons cela «l’équité». Selon le chercheur en capital-investissement Matthew Brach, les capitaux propres sont « le droit à tous les flux de trésorerie résiduels d’une entité après que tous les autres passifs et dettes ont été satisfaits ; mais c’est aussi la forme de base de la propriété. » L’équité équivaut à la propriété. Un fondateur est prêt à faire des sacrifices à court terme dans l’espoir d’une future récompense financière, parfois assez substantielle. Lorsque le fondateur finit par sortir par la vente de l’entreprise, il récoltera la plupart, sinon la totalité, des gains financiers de la vente.

Risque d’échec. Le revers de la médaille est que les entrepreneurs supportent le risque d’échec. Alors que les fondateurs bénéficient du plus grand avantage d’une entreprise, ils ont aussi le plus à perdre. Un entrepreneur investit du temps dans une entreprise, ce qui peut s’avérer précieux en termes de coût d’opportunité. Cependant, les fondateurs déploient souvent leur richesse personnelle et leur capital pour faire démarrer l’entreprise, ce qui représente un coût monétaire important. La réalité est que de nombreuses entreprises échouent, et il n’y a aucune garantie que lorsqu’une entreprise ferme ses portes, l’entrepreneur récupérera la valeur du temps et du capital qu’il a investis dans cette entreprise. Un employé peut perdre la source de son salaire, mais l’entrepreneur peut perdre la totalité de son investissement (qui représente parfois l’essentiel de ses économies).

À quoi ressemble un entrepreneur ?

Quiconque lance une nouvelle entreprise, qu’il s’agisse d’une société d’inspection environnementale à Houston ou d’une startup de jeux dans le Research Triangle Park de Caroline du Nord, est un entrepreneur. Selon une analyse de la Harvard Business School , les entrepreneurs ont tendance à partager certains traits, tels qu’un engagement obstiné au travail acharné, une détermination résiliente et une tolérance au risque élevée. Ils sont également sûrs d’eux et plus ouverts aux nouvelles expériences. Bien que ces traits soient généralement partagés par les fondateurs, ils ne constituent pas un test décisif pour un entrepreneur potentiel. Au lieu de cela, développer ces traits peut permettre à un entrepreneur en herbe de cultiver intentionnellement des qualités entrepreneuriales même si elles ne viennent pas naturellement.

Essentiellement, toute personne ayant du temps, du talent et du capital peut devenir entrepreneur si elle fait le saut de la foi et démarre une entreprise. Que le plan d’affaires du fondateur soit tout nouveau ou qu’il s’appuie sur un modèle éprouvé, l’entrepreneur doit faire le travail acharné pour le faire passer du théorique au concret, reconnaissant que sans cette transformation, le potentiel de l’idée reste non réalisé. Cela signifie qu’un entrepreneur aura besoin d’une grande réserve d’initiative personnelle et de perspicacité pour concrétiser son idée.

Comme nous l’avons déjà écrit , la plupart des entrepreneurs démarrent leur entreprise avec des fonds provenant de leurs propres économies, ainsi que l’aide d’amis et de la famille. Pour créer autre chose qu’une petite entreprise de style de vie, un fondateur peut avoir besoin d’accepter un financement extérieur. Il existe diverses sources de capital pour les entreprises en démarrage et émergentes, y compris les prêts ou les prises de participation d’investisseurs providentiels et, à un stade ultérieur, le capital-risque et le capital- investissement . Accepter l’argent des investisseurs est assorti de conditions, mais les investisseurs et le capital qu’ils fournissent font partie intégrante de l’écosystème entrepreneurial, multipliant parfois l’impact sur le marché qu’un fondateur pourrait autrement avoir.

Au-delà des petites entreprises

Comme mentionné précédemment, les gens associent souvent l’entrepreneuriat à la petite entreprise. Bien que cela soit vrai dans de nombreux cas, les deux termes ne sont pas synonymes. De nombreux entrepreneurs ne cherchent pas simplement à être leurs propres patrons. Ces fondateurs axés sur la croissance aspirent à développer une très grande entreprise ou même à devenir une licorne, une entreprise en démarrage valorisée à plus d’un milliard de dollars, comme WeWork, Airbnb et Epic Games. Ainsi, qu’une entreprise fasse partie des 89 % qui comptent moins de 20 employés ou qu’elle devienne une « licorne » d’élite, chacune de ces entreprises peut être considérée comme un succès à ses propres conditions.

Comment définissez-vous le succès ?

Une partie de l’attrait d’être votre propre patron est la capacité de définir le succès comme bon vous semble. Traditionnellement, les entrepreneurs mesurent le succès en fonction de leur revenu, de la croissance de leur patrimoine personnel ou d’une autre mesure financière. Mais le marché libre signifie également qu’un entrepreneur peut définir le succès en termes subjectifs et personnels. Un entrepreneur peut juger de son propre succès en commercialisant un produit qui améliore la vie, fournit de l’emploi à des dizaines ou des centaines de personnes, ou crée la sécurité financière et la prospérité pour l’entrepreneur et ses enfants.

Alternativement, un propriétaire d’entreprise peut juger du succès en fonction de l’impact social de l’entreprise. Ce concept est souvent appelé entreprise sociale. L’entreprise sociale consiste à « répondre à un besoin fondamental non satisfait ou à résoudre un problème social ou environnemental par le biais d’une approche axée sur le marché ».

Pourquoi se lancer dans l’entrepreneuriat ?

Les gens choisissent de devenir entrepreneurs pour diverses raisons, mais il existe quelques principaux facteurs de motivation que près de la moitié de tous les entrepreneurs citent comme étant un facteur majeur dans leur décision de lancer une entreprise. Au sommet de la liste se trouve la capacité d’être son propre patron et la possibilité d’avoir des revenus plus importants. Les entrepreneurs affirment également que parvenir à un équilibre travail/vie familiale et créer un débouché pour leurs idées sont des facteurs très importants dans leur décision de démarrer une entreprise.

Bien que l’entrepreneuriat comporte de nombreux sacrifices et défis, il peut être très gratifiant, tant sur le plan financier que personnel. Le fondateur/PDG d’une startup prospère peut gagner un revenu annuel lucratif, combinant un salaire et des dividendes. Peut-être encore plus attrayant pour les fondateurs, il a le potentiel de générer de la richesse qui peut être transmise à ses enfants et petits-enfants ou donnée pour faire avancer des activités philanthropiques. Profiter des fruits de son travail, transmettre la sécurité financière aux enfants ou bénir les autres avec des dons de bienfaisance sont de puissantes incitations pour de nombreux entrepreneurs.

Prêt à lancer? Comment se préparer

Se préparer à l’entrepreneuriat commence par embrasser la conviction que posséder et exploiter une entreprise est réalisable. Avant même de s’installer sur un plan d’affaires, un fondateur en herbe peut commencer à se préparer en développant des traits entrepreneuriaux communs comme le courage, la détermination et une tolérance à l’échec. Au-delà de ces qualités personnelles, un entrepreneur potentiel devrait s’efforcer d’acquérir les compétences techniques dans le secteur de son choix et les compétences financières qui seront essentielles à la gestion de son entreprise, ainsi que les compétences non techniques, comme une communication efficace et une prise de décision judicieuse, qui seront nécessaires pour diriger une entreprise.

Il faut du temps, du talent et du capital pour réussir le lancement d’une entreprise. Avec une préparation minutieuse, un engagement envers l’apprentissage continu, la culture de l’expérience et du savoir-faire de l’industrie et la promotion des qualités propres aux fonceurs courageux, un aspirant fondateur peut commencer son propre voyage vers l’entrepreneuriat.

Cette article est apparue en Anglais sur FEE et a été traduit en français par Institute for Economics and Enterprises.

Auteurs : Par Doug McCullough et Brooke Médine

Burundi : Favoritisme et népotisme, déparasiter la libre entreprise urge

Pour générer un climat favorable au libre marché et à la liberté concurrentielle, l’équité dans les procédures visant à accéder sur le marché est plus que nécessaire. Mais que ce passe-t-il quand le favoritisme ou le népotisme s’en mêle ? Le point avec notre confrère Jean Hubert KWIZERA.

Le Burundi fait partie des pays qui enregistrent un faible taux de liberté d’entreprise avec un pourcentage de 27,5 % selon  l’indice de liberté économique. Ce faible taux peut s’expliquer d’une part, par le favoritisme et le népotisme qui est monnaie courante. Avec la lenteur et les coûts de transaction qui quelquefois sont élevés, certaines personnes font recours au trafic d’influence, à la corruption ou à tous les moyens possibles pour recevoir des faveurs et accroître la rapidité des transactions.

Or, l’intervention de la corruption pour obtenir une faveur est considérée comme une sorte d’investissement, ce qui conduit à la recherche de plus de profits dans le but de combler le vide des dépenses occasionné par la recherche de ces faveurs, et les conséquences se répercutent sur la libre entreprise. Ceci explique ainsi les recrudescences des spéculations et pénurie des produits stratégiques et un taux d’inflation qui culmine à l’horizon de 17.5% alors que la moyenne de la hausse des prix pour les pays en voie de développent est estimée à 8.7% pour l’année 2022.  

Du favoritisme au capitalisme de copinage ?

Le capitalisme de copinage  désigne une économie dans laquelle la réussite en affaires dépend de relations étroites entre le business et le pouvoir : favoritisme dans la distribution des autorisations légales, subventions gouvernementales, allégements fiscaux, etc.  Plus grand est le budget de l’État, plus les occasions de copinage existent.

Au Burundi, l’économie en place n’échappe pas à cette définition. En effet, l’impact du favoritisme et du népotisme sur la libre entreprise ne sont plus à démontrer. Les faits parlent d’eux-mêmes, en témoignent les monopoles récurrents et la faillite de l’entreprise publique. Ces derniers se présentent comme des agents perturbateurs qui coûtent cher aux entreprises défavorisées  qui se retrouvent en situation de désavantage concurrentiel sans oublier que le favoritisme ou le népotisme entraîne une mauvaise gestion des entreprises publiques, et dans le pire des cas ils conduisent au capitalisme de copinage qui est l’arme de destruction de la liberté économique .

Or, avec un désavantage concurrentiel qui déséquilibre le marché et qui nuit à la croissance de petites et moyennes entreprises, certains entrepreneurs se retrouvent évincés et voient leur petit business disparaître petit à feu. Par contre, en l’absence de la concurrence, les choses deviennent de plus en plus difficiles, car, sans la concurrence, l’amélioration de la production par les entreprises est souvent négligée, en raison de la baisse de la compétitivité et le menu des produits, soit la quantité et la qualité diminuent d’où les spéculations, les fraudes et les pénuries et patati patata. Également, les consommateurs se retrouvent leur liberté de choix bafouer.

Des exemples,….

L’évidence est qu’au Burundi, certaines entreprises ont monopolisé le marché. A titre d’exemple, on peut voir la SOSUMO pour la production du sucre, BUCECO pour la production du ciment et la REGIDESO pour la production de l’eau et de l’électricité. Mais, bien que ces entreprises jouissent du monopole, elles ne parviennent pas à satisfaire la demande, ce qui entraîne souvent de diverses spéculations, pénuries et fraudes.

Pour les pagnes et les tissus, une commerçante évoque l’existence des fraudes organisées impliquant certaines autorités et les forces de l’ordre. Elle témoigne qu’ellevoit de temps en temps des gens qui débarquent avec des pagnes et que souvent, ils utilisent des voitures luxueuses qui ne sont pas destinées au transport des marchandises. Dautres vendeurs témoignent que certaines autorités et les agents des forces de l’ordre se déguisent en agents de l’OBR et négocient avec les fraudeurs pour les laisser passer. En conséquence, il y a une mévente des pagnes pour les commerçants qui passent par les services de la douane.

Que faire alors ?

Ce dont les commerçants ont besoin aujourd’hui, plus que jamais, c’est plus de liberté pour entreprendre. Alors que c’est prouvé que plus de liberté économique favorise la libre concurrence, contribue à l’innovation et mène un pays à la prospérité générale, le Burundi devrait revoir certaines lois et décrets en les purifiant de toute forme de monopole, forger des politiques solides visant à combattre le favoritisme et le népotisme et bannir le protectionnisme au profit du libre-échange.

Egalement, le Burundi devrait adopter des réformes de réglementation qui contribue à un environnement qui prône le libre marché en réduisant l’interventionnisme étatique qui souvent est la source du favoritisme pour que non seulement les entreprises puissent s’épanouir, mais aussi pour que les consommateurs puissent bénéficier plus de liberté de choix.

Apropos de nous:

Institute for Economics and Enterprises est une organisation independante, elle promeut les principes du libre marché et rêve à un Afrique libre et prospère.

Introduction sur la façon de penser à l’économie

« L’économie est basée sur le concept de l’action humaine en tant que comportement intentionnel. » Ce sont les mots de l’économiste Per Bylund, dont le nouveau livre How to Think about the Economy: A Primer (2022) propose une introduction conviviale à la pensée économique. Son livre est une introduction idéale pour les étudiants en économie. Aperçu du libre avec David Weinberg.

L’idée centrale du livre est que les gens agissent rationnellement, c’est-à-dire pour des buts ou des objectifs. Cela peut sembler évident, mais cela prête souvent à confusion. Par exemple, cela ne signifie pas que les gens réussissent toujours à atteindre les objectifs pour lesquels ils s’efforcent, ou que leurs objectifs sont « raisonnables » aux yeux des autres. Au contraire, cela signifie simplement que les gens agissent pour essayer d’atteindre ce qu’ils apprécient. En d’autres termes, la « valeur » (dans ce sens économique) est subjective. En outre, cela signifie également qu’en tant que discipline, la méthodologie de l’économie est individualiste. 

Et Pourquoi cela ?

Parce que les groupes n’agissent pas, seuls les individus le font. 

Bylund écrit : « Les gens peuvent choisir d’agir de concert, mais ce sont des choix individuels… Que quatre personnes collaborent pour soulever et déplacer un piano ne signifie pas que le groupe a soulevé le piano mais que quatre personnes ont coordonné leurs efforts individuels vers cette fin commune. »

Cette idée clarifie une autre confusion. Beaucoup de gens croient que l’économie favorise les marchés libres. Mais l’analyse économique est en fait une discipline neutre : elle ne peut pas nous dire si nous « devons » faire un choix plutôt qu’un autre, ou promouvoir une politique plutôt qu’une autre. Au lieu de cela, cela nous rend conscients des compromis impliqués dans les choix que nous faisons. Bylund fait valoir ce point en notant que l’économie ne « favorise » pas plus les marchés libres que la physique ne « favorise » la chute libre. Au contraire, le raisonnement économique ne peut se passer du modèle de marché libre, tout comme le raisonnement de la physique ne peut se passer du modèle de chute libre.

De plus, parce que la méthodologie économique est individualiste, les données concernant l’économie globale (ou « macro ») – des données comme le « PIB », « le taux de chômage », « la demande globale », etc. fonctionnements sous-jacents de l’économie, les « pourquoi » de l’échange. Bylund le démontre avec l’exemple suivant : « Disons qu’Adam offre une pomme à Beth et que Beth donne à Adam un litre de lait en retour. Il y a deux manières d’analyser cet échange. L’une consiste à l’étudier de manière empirique en observant l’échange dans la vie réelle et en collectant des données « objectives », c’est-à-dire mesurables avant, pendant et après l’échange. »

Problème avec la méthode ?

Mais le problème avec cette méthode est que les « données objectives » ne nous disent pas pourquoi la pomme est passée d’Adam à Beth. Tout ce qu’il nous dit, c’est qu’une personne (Beth) a une pomme et qu’une autre personne (Adam) a du lait. Mais parce que nous pouvons comprendre l’échange en termes de choix rationnel, nous pouvons en fait savoir pourquoi l’échange a eu lieu. Parce que les gens agissent avec une fin ou un but en tête, nous savons qu’Adam et Beth ont échangé parce qu’ils pensaient tous les deux que l’échange les améliorerait. En termes simples, nous pouvons dire pourquoi l’échange a eu lieu et pas simplement qu’un échange a eu lieu.

Notez, en outre, la notion de tarification que cet exemple introduit. Les prix sont les rapports d’échange de divers biens et services, et ils sont déterminés par la valeur subjective des individus. Les préférences subjectives de Beth et d’Adam concernant le lait et les pommes fixent le rapport d’échange – ou le prix – entre les deux biens : dans ce cas, le « prix » d’une pomme était un litre de lait. Bien que cette illustration implique un échange direct de biens (« troc »), nous pouvons également effectuer des échanges indirects en utilisant de l’argent, qui sert de moyen d’échange dans l’économie moderne. Pour faciliter cela, l’argent doit conserver sa valeur. Les périodes d’inflation (augmentation de la masse monétaire) ou de déflation (réduction de la masse monétaire) peuvent entraîner le déversement de sable dans les rouages ​​de l’échange, ce qui ralentit les échanges. 

Néanmoins, même si l’augmentation de la masse monétaire entraîne généralement une hausse des prix, il ne s’ensuit pas nécessairement qu’il existe une correspondance biunivoque entre la hausse de sa masse monétaire et la hausse subséquente des prix. Comme le note Bylund, un « doublement de la masse monétaire ne doublera pas tous les prix ». Pourquoi ? « Parce que les gens ne réagissent pas de la même manière ni en même temps au doublement de leur trésorerie. » Si quelqu’un achète, disons, trois bananes et que soudainement son argent double, cela ne signifie pas nécessairement qu’il achètera six bananes. Peut-être que l’argent supplémentaire sera dépensé pour un autre bien, ou simplement mis à la banque.

Prévision économique, une entreprise à risque ?

En outre, cela aide également à comprendre pourquoi la prévision économique est une entreprise risquée. Les gens ne sont pas comme les pièces d’un damier qui peuvent être facilement contrôlées et anticipées. Au contraire, les gens ont le libre arbitre. Ils agissent pour atteindre leurs objectifs souhaités, qui changent en fonction des opportunités et des compromis qui émergent spontanément à la lumière des milliards d’autres personnes faisant de même. Les prévisions économiques examinent un instantané de l’économie à un moment donné (et généralement un moment ancien, car les données économiques ne sont généralement disponibles qu’après coup plutôt qu’en temps réel) et la projettent vers l’avant. Mais l’économie n’est pas un instantané, c’est un processus de milliards d’individus agissant de concert les uns avec les autres. D’où la difficulté de prévoir ce que l’économie pourrait faire d’ici un an, voire un mois d’ici.

Mais ce ne sont là que quelques-uns des problèmes que le lecteur rencontrera dans Comment penser l’économie, et pour ceux qui se demandent par où commencer, il s’agit d’une introduction idéale au sujet.

Cet article a été publié initialement en Anglais par FEE et traduit en Français par Institute for Economics and Enterprises

A propos de l’Auteur :

David Weinberg travaillait auparavant dans une institution de politique publique. 

Burundi : La corruption dans l’entrepreneuriat, sevrage à tout prix !

Le Burundi, avec un taux d’inflation des produits alimentaires de 15,1% en mars 2022, reste un pays où le mot « pénurie »  rime  facilement avec corruption.  A partir d’un 2000 Fbu donné ici et là, pour  avoir ceci ou cela en plus de la surtaxation, cette corruption devient une entrave au développement des petites entreprises. Notre collègue Romaine Gaby nous emmène à la rencontre des jeunes entrepreneurs.

Dans un système économique qui fait face à la recrudescence de la corruption, les grandes entreprises ont tendance à monopoliser le marché en évinçant leurs concurrents par tous les moyens qui piétinent les principes du marché libre. Parallèlement, les ponts de vins imposés aux détenteurs de petits business pour accéder au marché ou aux capitaux affectent de plus en plus l’entrepreneuriat des jeunes, ce qui met à genou l’esprit de la libre innovation et incite à la désobéissance fiscale et affecte ainsi les recettes publiques.

Analysant la complexité de l’économie burundaise, les chiffres laissent deviner que le pays des tambours souffre encore de la corruption chronique. Classée à la 168ème sur 180 pays dans l’indice de la corruption au monde, l’économie du Burundi continue à faire face aux vents contraires avec une croissance économique de 3,3 % en 2022, un produit intérieur brut (PIB) de 267 dollars américains et un taux d’inflation de 17,57 % au mois de juin 2022 tandis que les chiffres de l’Institut des statistiques et d’études économiques du Burundi (Isteebu) montre que le taux d’inflation des produits alimentaires est passé de 8,3% en novembre 2021 à 15,1% en mars 2022. Cette situation laisse les jeunes entrepreneurs perplexes.

De la corruption à la pénurie, une contre marche.

Pour dire vrai la corruption a existé depuis des lustres mais lorsqu’un pays qui peine à trouver du sucre, du ciment, des boissons,…  pour sa population alors que les usines transformatrices travaillent à la normale, il est sûr que cette corruption doit s’aggraver. L’entrepreneur, abasourdi, se voit obligé de mettre tout ce qui est à sa disposition pour assurer la production de ses limonades, pâtisseries, … d’autant plus que la demande ne fait qu’augmenter du jour au jour sur le marché. Par conséquent, il n’a d’autres choix que de donner le billet rouge (allusion au billet de 2000 BIF) pour accélérer la livraison ou bien acheter le service avant les autres.

 Ils témoignent…

« Je suis désolé de le dire mais depuis que j’ai enregistré mon entreprise à l’agence de développement du Burundi ADB, je ne fais que dépenser ici et là pour voir si mes marchandises arrivent à temps dans mes boutiques », se lamente Ladislas Ntunzwenimana, propriétaire d’une mini-boulangerie à Kamenge.

En effet, les coûts de déplacement ont flambé au pays de Nyaburunga avec la crise pétrolière de 2022 causée par la guerre en Ukraine. « C’est très difficile à expliquer. Imaginez-vous ! Avant la crise, 10 sacs de farine de blé étaient transporté à 2000 Fbu par un taxi-vélo. Aujourd’hui, avec la délimitation de la circulation des motos, Bajaj et des vélos, 10 sacs sont acheminés à la boulangerie pour 12.000 Fbu par un taxi voiture. Et ceci dépend des jours. Parfois le carburant manque partout et pour éviter une rupture de stock, je file un dix milles francs à un gars pour me faire ce deal », continue-t-il.

« … Là je ne calcule pas des bières achetées par ici et par là pour trouver cette personne capable d’avoir le carburant à tout moment. Aussi, les prix de transports vont parfois jusqu’à 20. 000Fbu. Sérieusement, je travaille pour ne pas fermer. Je ne fais que dépenser. »

Cette situation est partagée par plusieurs jeunes qui travaillent tant bien que mal juste pour joindre les deux bouts du mois. A cela s’ajoutent la problématique du secteur informel qui emploi beaucoup de jeunes, mais qui reste jusqu’ici malmené par les pouvoirs publics.

Renverser le tir, c’est encore possible.

Certes le gouvernement essai tant bien que mal pour booster l’entreprenariat des jeunes, en témoignent la création de la banque des jeunes et le programme PAEEJ. Nonobstant, pour sortir dans la pauvreté, le Burundi a encore un long chemin  à faire, c’est-à-dire que la politique économique en vigueur doit s’inspirer avant tout  aux principes du marché libre et aux règles de la libre concurrence en jugulant toute perversion et malversation économiques liée à chaque tentative de corruption. Au contraire toutes les initiatives ne pourront pas aboutir

De cette manière les jeunes entreprises et particulièrement celles des jeunes  pourraient avoir la chance d’accéder librement aux marchés et aux capitaux afin de contribuer dans activement dans l’accessibilité et diversification des produits, tremplins du développement économique du pays.

A propos de nous:

Institute for Economics and Enterprises est un Think Tank qui promeut la liberté économique et individuelle au Burundi en particulier et en Afrique en général.

La « Main Invisible » : un guide pour mieux comprendre l’économie

« La vie n’est pas ce que nous voulons. Il s’agit des choix que nous faisons. »  Beaucoup d’entre nous connaissent cette vieille scie, mais combien savent que c’est plus qu’une simple leçon de vie, qu’elle est en fait le noyau central de l’économie ? Le nouveau livre de Matthew Hennessey, Visible Hand: A Wealth of Notions on the Miracle of the Market , explique comment il en est ainsi, et ce faisant, il montre que l’économie n’a pas besoin d’être intimidante pour l’homme de la rue. En fait, en tant que quelqu’un qui avoue n’avoir rien connu de l’économie avant 30 ans, Hennessey, qui est actuellement rédacteur d’opinion au Wall Street Journal, révèle que nous le comprenons intuitivement même lorsque nous ne le réalisons pas.

Prenons la notion de « coût d’opportunité ». Hennessey note que nous sommes tous confrontés à des choix quant à l’endroit où passer notre temps, notre énergie et notre argent. Au lycée, par exemple, Hennessey mentionne qu’il avait le désir à la fois de jouer dans la pièce de théâtre de l’école et de sortir pour l’équipe de baseball, mais parce qu’ils se chevauchaient, il devait choisir entre eux. S’il choisissait le jeu, il devait abandonner le baseball, et vice versa.

En l’occurrence, il a choisi d’agir. Perdre la chance de jouer au baseball était donc un « coût d’opportunité » de cette décision. Et ce n’était pas le seul. En effet, choisir la pièce signifiait renoncer à des opportunités de travailler, d’étudier ou de passer du temps avec des amis, qui étaient toutes des options viables avant qu’il ne prenne sa décision. Le point, alors, est que nous vivons dans un monde où les ressources (y compris le temps) sont rares et pourtant nos désirs sont illimités, ce qui signifie qu’il n’y a pas de « solutions » pour satisfaire tous nos désirs, il n’y a que des alternatives, et choisir parmi impliquent toujours des coûts d’opportunité.

Ainsi, si la « rareté » est la première leçon de l’économie, une conséquence est que nos décisions sont prises à la marge, ou par rapport à si nous voulons plus ou moins de quelque chose. Pour le voir, considérons le choix entre l’eau et les diamants, également connu sous le nom de « paradoxe diamant-eau», qui a déconcerté les économistes pendant près d’un siècle. Même si l’eau est essentielle à la vie et que les diamants ne le sont pas, si nous avions le choix (et en supposant que toutes choses sont égales), nous choisirions d’avoir des diamants plutôt que de l’eau.

Pourquoi ?

La réponse est que lorsque nous faisons un choix, nous ne choisissons pas entre tous les diamants du monde et toute l’eau du monde, auquel cas nous choisirions d’avoir de l’eau pour notre survie. Au contraire, nous choisissons entre avoir plus d’eau ou avoir un diamant supplémentaire. Compte tenu de l’abondance relative de l’eau, en avoir plus n’apporte que peu de satisfaction supplémentaire ; à l’inverse, du fait de leur relative rareté, disposer d’un diamant supplémentaire apporte une satisfaction considérable, ou « utilité marginale », par rapport à l’eau.

À partir de là, Hennessey ajoute la notion de bon sens selon laquelle plus nous avons de quelque chose, moins nous avons tendance à le vouloir, ce que les économistes appellent « l’utilité marginale décroissante ». Il illustre cela par un exemple brillant qui est peut-être le plus mémorable du livre. Imaginez, dit-il, que vous êtes à une foire locale et que vous n’avez pas mangé de toute la journée. Au fur et à mesure que vous parcourez les options alimentaires, vous et vos amis décidez d’acheter un favori de l’enfance, la barbe à papa. « La première bouchée, dit-il, est délicieuse.

Tout le monde sourit avec les yeux alors que ça fond dans la bouche. Le plaisir et les rires se développent vers la deuxième bouchée, mais le frisson culmine immédiatement. La maximisation a été momentanément atteinte. Il pend comme un ballon de football en l’air. À la troisième bouchée, le plaisir est terminé. Tout le monde est dégoûté de soi. Vous et vos amis aimeriez pouvoir revenir en arrière et éviter complètement la barbe à papa.

Si l’utilité marginale est la satisfaction que nous recevons d’avoir la barbe à papa par rapport aux alternatives, la satisfaction décroissante qui vient de chaque bouchée supplémentaire de barbe à papa constitue le concept d’utilité marginale décroissante. Comme le dit Hennessey, « chaque bouchée de barbe à papa procure moins de plaisir, moins d’avantages, moins de satisfaction que la précédente ». La vente à emporter ? Nos décisions sont toujours prises dans un sens relatif – que ce soit d’avoir la prochaine bouchée de barbe à papa ou non – et pas dans un sens absolu – que ce soit d’avoir chaque bouchée de barbe à papa ou pas de bouchées du tout.

C’est une leçon économique essentielle que nos politiciens feraient bien d’apprendre. Après tout, parce que les gens prennent des décisions à la marge, un taux d’imposition sur le revenu trop élevé peut décourager les gens d’entreprendre des activités génératrices de revenus supplémentaires, ce qui signifie qu’une imposition élevée finit par réduire le bien-être, même lorsque cela peut ne pas sembler évident (voir , par exemple, le témoignage personnel de l’économiste Greg Mankiw à ce sujet ici ). Pourtant, les politiciens reconnaissent rarement ce fait lorsqu’ils fanfaronnent sur tous les avantages que leurs lourdes politiques fiscales et de dépenses apporteront.

De plus, Hennessey souligne que la relation entre « l’offre » et la « demande » n’est pas aussi confuse qu’il n’y paraît souvent, car ce sont en fait les deux faces d’une même médaille. Autrement dit, l’offre est la demande, et vice versa. Il aide le lecteur à voir cela en utilisant l’exemple d’une entreprise Lego que son fils aime. Lorsque la société Lego vend des Legos aux consommateurs, ses employés se retournent et dépensent de l’argent pour l’épicerie, l’essence et les divertissements. Ainsi, « l’offre » de Legos constitue la « demande » d’autres biens et services dans l’économie. 

Néanmoins, le livre regorge de leçons comme celle-ci qui sont éminemment relatables, et il est écrit d’une manière à la fois accessible et amusante pour le non-spécialiste. Plus important encore, peut-être, le lecteur en sortira-t-il en sachant que si la vie se résume aux choix que nous faisons, l’économie aussi.

Cet article est apparue pour la première fois en Anglais sur FEE et a été traduit en français par Institute for Economics and Enterprises

A propos de auteur

David Weinberg travaillait auparavant dans une institution de politique publique.