Burundi : Enregistrement en ligne des entreprises, une mesure venue à point nommé.

Le processus complexes de l’enregistrement des entreprises au Burundi constitue une des barrières qui hante les Start ups. Même si la nouvelle mesure d’enregistrement en ligne est un ouf de soulagement, il reste encore des échelons à gravir pour faciliter l’accès rapide aux documents légaux des entreprises d’après notre collègue Odyssé NIYONKURU.

« Désormais, l’immatriculation des sociétés et des personnes physiques commerçantes s’effectuera en ligne, les créateurs des sociétés pourront le faire directement chez eux après le paiement de 40 000 Fbu pour les personnes morales et 30 000 Fbu pour les personnes physiques », lit-on dans  le communiqué officiel de l’Agence de développement du Burundi.

 Le Burundi est un pays où la création d’entreprise est en pleine expansion, créer cette dernière en ligne semble être une solution attrayante pour les jeunes qui se lancent dans les procédures de la formalisation car l’ensemble des formalités peut être effectué de manière dématérialisée. Ainsi, les jeunes entrepreneurs de l’intérieur du pays, entravés par l’éloignement des agences qui facilitent la création des entreprises et perdent beaucoup de temps et d’argent pour la formalisation de leur société, la digitalisation bénéficieront dorénavant des services virtuelles.

Un ouf de soulagement,…

Avant le budget global à prévoir pour effectuer sa création d’entreprise était une somme exorbitante pour les jeunes entrepreneurs d’autres provinces que Bujumbura qui débutent dans l’entrepreneuriat, alors qu’avec cette digitalisation une économie substantielle peut être réalisée par la réduction des dépenses, du temps et des processus qui suscitaient parfois de la corruption ou autres lobbying.

Pour Christian un jeune entrepreneur de NGOZI, cette mesure est un ouf de soulagement : «  Ça fait une année que je veux toujours formaliser mon entreprise, mais comme je n’ai pas de moyen pour me rendre au guichet unique de l’ADB à Bujumbura, car ça exige des frais supplémentaires pour déplacement, restauration et logement qui s’ajoutent au 40 000 Fbu pour l’enregistrement étaient au-delà de mes moyens, j’espère donc réaliser mon rêve en ligne », explique-t-il.

Et Pourtant…

C’est une mesure économiquement séduisante, même si réaliser seul ces procédures de création en ligne peut s’avérer complexe, malgré qu’elle présente des avantages évidents en termes de simplicité, de rapidité et d’économies suite à l’accès à l’Internet qui reste un défi à pallier dans notre pays où seulement environ 10% de la population peut avoir accès à l’internet.

En générale cette mesure va avoir un impact positif sur toute la vie économique du pays, surtout dans la réduction du secteur informel, lequel occupant une place prépondérante dans l’économie burundaise. Pourtant avec la digitalisation, elle favorisera l’accès du plus grand nombre à ses services ce qui contribuera par ricochet à l’élargissement de l’assiette fiscale mais aussi il faudra aussi que l’État créé des guichets unique dans chaque province pour les  décentraliser, dans ce cas toute personne y compris ceux qui n’ont pas accès à l’internet pourront être bénéficiaires.

A propos de nous:

Institute for Economics and Enterprises est un groupe de réfléxion basé au Burundi. Il fait promouvoir les idées liberales économiques

Burundi : Le Capitalisme, un pneu de secours dans la lutte contre la corruption ?

Selon Transparency International, les pays qui ont plus de plus de liberté  économique sont les moins corrompus, or le pays des tambours fait encore la queue du classement se positionnant à la 168ème place sur les 180 pays évalués. Dans une telle position, le capitalisme et ses principes s’imposent comme pneu de secours dans la lutte contre la corruption et toute malversation économique afin de booster les indicateurs de la liberté économique. Plus d’éclaircissement avec notre collègue, Odyssé NIYONKURU

Commençons par une brève définition. Le CAPITALISME est un système économique où les acteurs privés possèdent et contrôlent des biens conformément à leurs intérêts, et l’offre et la demande fixent librement les prix sur les marchés, de la meilleure manière qui soit pour la société. L’essence du capitalisme est la recherche du profit. Adam Smith, philosophe du XVIIIe siècle et père de l’économie moderne, l’a dit : « Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du brasseur ou du boulanger que nous attendons notre dîner, mais plutôt du soin qu’ils apportent à la recherche de leur propre intérêt ». Dans un échange librement consenti, les deux parties recherchent chacune leur avantage, mais aucune des deux ne peut obtenir ce qu’elle veut sans tenir compte du souhait de l’autre. C’est cela donc qui peut conduire à la prospérité économique.

4 moyens d’arrêter la corruption par le capitalisme.

Au Burundi comme partout ailleurs, la corruption nait surtout de la complexité du système économique qui empêchent les à produire à cause de l’inondation des règlementations sur le marché. La corruption s’impose alors comme un moyen de lobbying permettant aux entreprises et individu d’échapper ces réglementations multiples, créant ainsi des inégalités.

Pour prévenir ou juguler à cette pratique, le système économique doit puiser sa grandeur dans les piliers du capitalisme qui convergent sur la création d’un marché libre qui tiennent en considération la compétition et la concurrence des biens et services :

Primo, la propriété privée, qui permet aux individus de posséder des biens matériels (terres, maisons) et immatériels (actions, obligations), stimule l’intérêt personnel, qui pousse les individus à agir selon leur propre avantage, insensibles à la pression sociopolitique. Ces individus non coordonnés finissent néanmoins par profiter à la société comme s’ils étaient guidés par une main invisible dans la quête de la prospérité.

 Secundo, la concurrence, qui, en laissant les entreprises libres de pénétrer et de quitter le marché, maximise la prospérité sociale, c’est-à-dire la prospérité commune des producteurs et des consommateurs; un mécanisme de marché qui détermine les prix d’une façon décentralisée par les interactions entre acheteurs et vendeurs : les prix déterminent ensuite l’affectation des ressources, naturellement en vue d’atteindre la plus grande satisfaction, non seulement pour les biens et les services, mais aussi pour les salaires.

Tertio, la liberté de choix en matière de consommation, de production et d’investissement : un client mécontent peut acheter d’autres produits, un investisseur placer son argent dans un projet plus lucratif, et un travailleur quitter son emploi pour un autre mieux rémunéré.

Quarto, le rôle limité des pouvoirs publics, qui doivent protéger les droits des citoyens et maintenir un environnement propre à favoriser le bon fonctionnement des marchés. En fonction du degré de force de ces piliers, on distingue différentes formes de capitalisme. Dans les économies de marché, la réglementation des marchés est minime ou inexistante. Dans les économies mixtes, le marché joue un rôle prépondérant, mais les pouvoirs publics le réglementent davantage afin d’en corriger les défaillances (pollution, encombrements, etc.), de promouvoir le bien-être social, ou pour d’autres raisons comme la défense ou la sécurité publique. Le capitalisme mixte est actuellement le modèle dominant.

Il faut agir maintenant !

La corruption freine la croissance économique, nuit à l’état de droit et entraîne un gaspillage de compétences et de précieuses ressources. Lorsque la corruption est omniprésente, les entreprises hésitent à investir face au coût nettement plus élevé de l’activité économique.

A mon humble avis, rien ne peut pas vaincre la pauvreté si la corruption persiste au Burundi, il faut que les lois et les stratégies soient mises en œuvre pour éradiquer la culture des ponts de vins qui enclouent le pays de  Mwezi sur la croix de la pauvreté depuis son indépendances. Pour y arriver, la voie n’est autre que le cheminement vers capitalisme.

A propos de nous:

Institute for Economics and Enterprises est un groupe de réflexion independant. Il promeut un système économique caractérisé par une philosophie de marché libre, d’état de droit et de propriété privée

Liberté économique, une piste pour résoudre la surtaxation au Burundi?

L’autofinancement budgétaire durant les sept dernières années rime avec la superposition des taxes et impôts, ainsi que l’introduction de nouvelles régulations fiscales. Dans un pays où l’entrepreneuriat est dominé par les petites entreprises des Start ups qui cherchent encore à se confirmer, il devrait y avoir des politiques fiscales qui favorisent la croissance économique en diversifiant les sources des recettes. Analyse de notre collègue Edgard MUGENZI

Les exemples sont légions. A titre illustratif, pour chaque kg de sucre acheté, il est appliqué une taxe de 600 Fbu. Quant à la sainte mousse qui est devenue un gisement des recettes, sa taxe a passée de plus de 90 milliards BIF en 2018 à 129.3 milliards BIF de recettes publiques, soit une augmentation de 39,3 milliards BIF. Sur la période 2018/2022, cette hausse fiscale se chiffre à plus de 43%. 

Pour NKENGURUTSE Salvator, économistes et commerçants, les surcharges fiscales contribuent dans l’augmentation des prix sur le marché et par conséquent c’est toute la population qui en paye le prix cher : « Quand la taxe augmente sur un produit, le prix doit nécessairement monter, et dans tous les cas, c’est au consommateur que revient l’impact direct », explique-t-il.

Des nouvelles mesures, mais…

Le projet de loi des finances instaure 14 nouvelles mesures fiscales. Ce projet compte retenir 15% sur les locations des véhicules et autres engins, à l’exception des celles effectuées par les contribuables qui en font la profession. Il est prévu un prélèvement forfaitaire pour les déclarants en douane de 30 000 FBu, soit une hausse de 50%. De même sur chaque opération de transfert d’argent mobile, il sera prélevé 1% sur la commission perçue par l’intermédiaire. De plus, les associations sans but lucratif ne sont pas exonérées sauf les exonérations reconnues par les lois nationales et internationales. 

Les métiers du secteur formel ne sont pas épargnés. A partir de l’exercice 2022-2023, les notaires et les avocats sont tenus de calculer et de payer au compte du Trésor public la taxe, soit 10% des honoraires encaissées. Dans le secteur du transport rémunéré, en plus du contrôle technique et de la redevance routière, l’article 70 du PLF instaure un impôt forfaitaire libératoire trimestriel sur le transport rémunéré. Par exemple, un bus de plus 35 places va payer 54 000 FBu tous les trois mois. Quant aux institutions financières, ils vont contribuer à hauteur de 5% de leur résultat brut avant impôt au projet du développement du pays.

La liberté économique, une solution ultime

Pour résoudre la problématique de surtaxation, il faut penser avant tout à stimuler plusieurs sources de recettes, donc instaurer des stratégies qui offrent la liberté des personnes à produire et à investir librement dans tous les domaines de la vie économique. Ici il faut divorcer avec la corruption, le favoritisme et interventionnisme étatique car « L’aide du gouvernement aux entreprises est tout aussi désastreuse que la persécution du gouvernement, le seul service qu’un gouvernement peut rendre à la nation est de ne pas toucher à la situation », Capitalism: The Unknown ideal, Ayn Rand, 1966.

C’est-à-dire que le gouvernement doit laisser aux peuples la liberté de produire et de retirer l’interventionnisme étatique en privatisant les entreprises publiques qui, de surcroît, monopolisent aujourd’hui les marchés sans jamais montrer de progrès remarquables pour libéraliser le capital et les capitaux. Cette façon de laisser les gens produire librement stimule l’innovation, la production et attire les capitaux, ce qui revient à élargir le nombre de contributeurs à l’assiette fiscale de l’État, à augmenter l’emploi et à résoudre le problème de la pauvreté.

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Institute for Economics and Enterprises est un groupe de refléxion independant. Il prone des idées liberales classiques et reve un Afrique libre et prospère.

Burundi: IEE lance la campagne NDEKANGERAGEZE pour promouvoir l’entreprenariat et le commerce libre

Dans un pays où tous les chiffres et statistiques économiques convergent sur l’agonie de la liberté économique, il n’est pas superflu de s’engager dans le changement des pratiques et politiques pour contribuer dans l’apport des solutions en s’attaquant aux barrières qui empêchent la prospérité. C’est dans cette perspective qu’Institute for Economics and Enterprises lance la campagne NDEKA NGERAGEZE au Burundi.

Avant tout, la campagne est une série d’échange d’informations, de formations et de revendications pour les entrepreneurs, étudiants et hommes d’affaires sur les défis auxquels ils sont confrontés dans leur vie entrepreneuriale et commercial. Elle vise également à faire des recommandations au gouvernement sur les avantages du marché libre. De plus, elle défie la corruption, la fiscalité excessive et le favoritisme et démontrent leur rôle dans le blocage de l’esprit d’entreprise et d’innovation et sur les affaires en général, ainsi que l’impact négatif de ces aspects sur la prospérité du pays. NDEKA NGERAGEZE montre l’importance de l’état de droit, des droits de propriété privée et des marchés libres dans la promotion de l’entrepreneuriat, de l’innovation et du libre-échange, qui sont les fondements de la prospérité.

Lancement officiel

Lancé officiellement à l’université de NGOZI, samedi le 29 octobre 2022, la campagne NDEKA NGERAGEZE a enregistré la présence des Start-Ups, étudiants et professionnels médias locaux dans le cadre d’échanger sur les défis qui plombent le libre entrepreneuriat au Burundi et les opportunités du marché libre dans la promotion de libre esprit d’entreprise afin d’assurer le développement économique du pays des tambours.

Dans son allocution, NDUWAYEZU Lambert, Directeur exécutif et fondateur de Institute for Economics and Enterprises, explique d’abord l’objectif de la campagne en grosso modo : «Autrement dit « LAISSEZ-MOI ESSAYER », NDEKA NGERAGEZE a pour principal objectif de promouvoir l’entreprenariat et le commerce volontaire au Burundi qui sont les deux piliers de l’Innovation et de la prospérité d’une part et le libre exercice des activités génératrices de revenus et libre le commerce au Burundi d’autre part », explique-t-il.

En poursuivant son exposé, il engage alors un débat sur les défis de la libre entreprise et du marché libre au Burundi. On notera alors que la sur taxation et l’interventionnisme étatique sur le marché, dans les mécanismes de production et dans la chaine de distribution des biens et services empêche l’épanouissement du commerce car cette pratique engendre en occurrence la corruption, le favoritisme et le népotisme en imposant la loi du plus fort sans respecter les principes du marché libre, droit à la propriété privée et Etat de droit.

L’importance du marché libre dans la prospérité du pays

Certes, il existe des barrières au libre entrepreneuriat au Burundi comme ailleurs. Cependant, la chaine de solution est ancrée dans l’instauration d’un climat d’affaire libre et un marché ouvert à tout le monde. Pour démontrer cela MUGENZI Edgard, éditeur en chef à notre institut s’appuie sur les principes du capitalisme et l’autorégulation du marché par l’offre et la demande : « Lorsque l’intervention étatique est minime, l’accessibilité du marché stimule les entrepreneurs qui entrent en libre concurrence par la suite. Cette compétition stimule la production et diversifie les produits sur le marché en diminuant aussi les prix de ventes et les recettes nationales. Au contraire trop d’intervention crée les monopoles et évince certains producteurs par corruption ou favoritisme et se solde par trop d’impôts et taxes sur les produits qui restent sur le marché »

Au total, les défis qui plombent le libre entrepreneuriat au Burundi sont légions. Mais les solutions locales doivent s’adapter aux principes du marché libre en prenant des mesures qui incitent la population à produire de la richesse, seule subvention et garantie de la prospérité.

A propos de nous :

L’Institute for Economics and Enterprises est une organisation indépendante. Il rêve à un Afrique libre et prospère, avec une mission de produire une société basée sur les principes libertaires

Burundi : Libéralisation du secteur café, une aubaine pour booster les revenus agricoles ?

Au Burundi l’agriculture contribue 39,6 % au Produit Intérieur Brut (PIB) et offre 84% d’emplois. Elle fournit 95% de l’offre alimentaire et est le principal pourvoyeur de matières premières à l’agro-industrie, le café constitue la principale source des exportations agricoles et fait vivre plus de 6000 familles. Néanmoins, la nationalisation de la filière est de loin de produire les effets escomptés car la production évolue en dents de scie. Analyse de notre collègue Guy Marie Eloi IGIRUBUNTU.

En 2021,  Plus de 70% de la valeur des exportations sont dominés par 3 produits dont deux logent dans le secteur agricole. Les exportations du Burundi 2021 sont essentiellement dominées par le café, le Thé et les minerais qui totalisent à eux seuls 73,4% de la valeur totale des exportations des produits locaux. Leurs proportions sont : le café (32,3%), le thé (22,3%) et les minerais dits de 3Ts (18,8%).

En effet la filière café est un secteur porteur de croissance économique. Elle fait vivre des milliers de caféiculteurs, plus de 600milles familles qui s’occupent de la production de ce produit si stratégique et le café se présente comme la première source de devises issues des exportations. Sur 74,8 milliards de Fbu résultant des exportations pour le quatrième trimestre de l’année 2021, le café représente plus de 47%, soit 35,2 milliards de Fbu selon l’Office Burundais des recettes (OBR).

Les défis à relever

La production continue à diminuer malgré les stratégies de nationalisation de la filière café prises depuis la campagne café 2020-2021. La nationalisation de la filière est de loin de produire les effets escomptés. La production évolue en dents de scie ou tout simplement elle a fortement chuté. Les expéditions de café ont rapporté 26,6 millions $ en 2021/2022 l’avait signalé le ministère en charge de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage, le 22 juillet dernier. L’enveloppe affiche un recul de 13 % comparativement à la campagne précédente où un revenu de 30,7 millions $ avait été engrangé. Cette déconvenue est imputable à la forte baisse de l’offre qui est passée de près de 15 000 tonnes à seulement 6 490 tonnes durant ladite campagne. Une situation qui a entraîné une contraction des expéditions de 59 % à 6 384 tonnes.  

Plus largement, il s’agit de la troisième campagne consécutive marquée par une contreperformance à l’export depuis le record de 41 millions $ de recettes engrangées en 2018/2019, soit un an avant la renationalisation du secteur libéralisé depuis 1991. Un exploit qui avait été rendu possible grâce à une production de 25 000 tonnes de fèves.

Cette nationalisation a annulé aussi la compétition «Cup of excellence» qui, n’existe plus alors qu’elle encourageait les caféiculteurs à miser sur la qualité du café en vue d’obtenir des primes, propos d’un caféiculteur en durci. Cet évènement visait en quelque sorte la promotion du café. Pas mal d’acheteurs potentiels et de traders faisaient le déplacement pour s’emparer des meilleurs lots.

Que faire ?

A mon humble avis, il est important de repenser à la politique agricole pour valoriser les efforts des producteurs. Il s’avère également nécessaire de libéraliser et de labéliser le café burundais pour qu’il soit compétitif sur le marché régional et international. Il faudra également investir dans la promotion du meilleur café à travers la création des marchés de niche, continue le spécialiste. Tels techniques devraient se faire sur n’importe quel produit agricole surtout de rente en vue d’augmenter les quantités exportées qui apportent à leur tour des devises dans le pays et comme ça on stimulera progressivement la croissance économique de notre pays des tambours.

A propos de nous:

Institute for Economics and Enterprises est une organisation independante qui rève un Afrique libre et prospère.

Introduction sur la façon de penser à l’économie

« L’économie est basée sur le concept de l’action humaine en tant que comportement intentionnel. » Ce sont les mots de l’économiste Per Bylund, dont le nouveau livre How to Think about the Economy: A Primer (2022) propose une introduction conviviale à la pensée économique. Son livre est une introduction idéale pour les étudiants en économie. Aperçu du libre avec David Weinberg.

L’idée centrale du livre est que les gens agissent rationnellement, c’est-à-dire pour des buts ou des objectifs. Cela peut sembler évident, mais cela prête souvent à confusion. Par exemple, cela ne signifie pas que les gens réussissent toujours à atteindre les objectifs pour lesquels ils s’efforcent, ou que leurs objectifs sont « raisonnables » aux yeux des autres. Au contraire, cela signifie simplement que les gens agissent pour essayer d’atteindre ce qu’ils apprécient. En d’autres termes, la « valeur » (dans ce sens économique) est subjective. En outre, cela signifie également qu’en tant que discipline, la méthodologie de l’économie est individualiste. 

Et Pourquoi cela ?

Parce que les groupes n’agissent pas, seuls les individus le font. 

Bylund écrit : « Les gens peuvent choisir d’agir de concert, mais ce sont des choix individuels… Que quatre personnes collaborent pour soulever et déplacer un piano ne signifie pas que le groupe a soulevé le piano mais que quatre personnes ont coordonné leurs efforts individuels vers cette fin commune. »

Cette idée clarifie une autre confusion. Beaucoup de gens croient que l’économie favorise les marchés libres. Mais l’analyse économique est en fait une discipline neutre : elle ne peut pas nous dire si nous « devons » faire un choix plutôt qu’un autre, ou promouvoir une politique plutôt qu’une autre. Au lieu de cela, cela nous rend conscients des compromis impliqués dans les choix que nous faisons. Bylund fait valoir ce point en notant que l’économie ne « favorise » pas plus les marchés libres que la physique ne « favorise » la chute libre. Au contraire, le raisonnement économique ne peut se passer du modèle de marché libre, tout comme le raisonnement de la physique ne peut se passer du modèle de chute libre.

De plus, parce que la méthodologie économique est individualiste, les données concernant l’économie globale (ou « macro ») – des données comme le « PIB », « le taux de chômage », « la demande globale », etc. fonctionnements sous-jacents de l’économie, les « pourquoi » de l’échange. Bylund le démontre avec l’exemple suivant : « Disons qu’Adam offre une pomme à Beth et que Beth donne à Adam un litre de lait en retour. Il y a deux manières d’analyser cet échange. L’une consiste à l’étudier de manière empirique en observant l’échange dans la vie réelle et en collectant des données « objectives », c’est-à-dire mesurables avant, pendant et après l’échange. »

Problème avec la méthode ?

Mais le problème avec cette méthode est que les « données objectives » ne nous disent pas pourquoi la pomme est passée d’Adam à Beth. Tout ce qu’il nous dit, c’est qu’une personne (Beth) a une pomme et qu’une autre personne (Adam) a du lait. Mais parce que nous pouvons comprendre l’échange en termes de choix rationnel, nous pouvons en fait savoir pourquoi l’échange a eu lieu. Parce que les gens agissent avec une fin ou un but en tête, nous savons qu’Adam et Beth ont échangé parce qu’ils pensaient tous les deux que l’échange les améliorerait. En termes simples, nous pouvons dire pourquoi l’échange a eu lieu et pas simplement qu’un échange a eu lieu.

Notez, en outre, la notion de tarification que cet exemple introduit. Les prix sont les rapports d’échange de divers biens et services, et ils sont déterminés par la valeur subjective des individus. Les préférences subjectives de Beth et d’Adam concernant le lait et les pommes fixent le rapport d’échange – ou le prix – entre les deux biens : dans ce cas, le « prix » d’une pomme était un litre de lait. Bien que cette illustration implique un échange direct de biens (« troc »), nous pouvons également effectuer des échanges indirects en utilisant de l’argent, qui sert de moyen d’échange dans l’économie moderne. Pour faciliter cela, l’argent doit conserver sa valeur. Les périodes d’inflation (augmentation de la masse monétaire) ou de déflation (réduction de la masse monétaire) peuvent entraîner le déversement de sable dans les rouages ​​de l’échange, ce qui ralentit les échanges. 

Néanmoins, même si l’augmentation de la masse monétaire entraîne généralement une hausse des prix, il ne s’ensuit pas nécessairement qu’il existe une correspondance biunivoque entre la hausse de sa masse monétaire et la hausse subséquente des prix. Comme le note Bylund, un « doublement de la masse monétaire ne doublera pas tous les prix ». Pourquoi ? « Parce que les gens ne réagissent pas de la même manière ni en même temps au doublement de leur trésorerie. » Si quelqu’un achète, disons, trois bananes et que soudainement son argent double, cela ne signifie pas nécessairement qu’il achètera six bananes. Peut-être que l’argent supplémentaire sera dépensé pour un autre bien, ou simplement mis à la banque.

Prévision économique, une entreprise à risque ?

En outre, cela aide également à comprendre pourquoi la prévision économique est une entreprise risquée. Les gens ne sont pas comme les pièces d’un damier qui peuvent être facilement contrôlées et anticipées. Au contraire, les gens ont le libre arbitre. Ils agissent pour atteindre leurs objectifs souhaités, qui changent en fonction des opportunités et des compromis qui émergent spontanément à la lumière des milliards d’autres personnes faisant de même. Les prévisions économiques examinent un instantané de l’économie à un moment donné (et généralement un moment ancien, car les données économiques ne sont généralement disponibles qu’après coup plutôt qu’en temps réel) et la projettent vers l’avant. Mais l’économie n’est pas un instantané, c’est un processus de milliards d’individus agissant de concert les uns avec les autres. D’où la difficulté de prévoir ce que l’économie pourrait faire d’ici un an, voire un mois d’ici.

Mais ce ne sont là que quelques-uns des problèmes que le lecteur rencontrera dans Comment penser l’économie, et pour ceux qui se demandent par où commencer, il s’agit d’une introduction idéale au sujet.

Cet article a été publié initialement en Anglais par FEE et traduit en Français par Institute for Economics and Enterprises

A propos de l’Auteur :

David Weinberg travaillait auparavant dans une institution de politique publique. 

Burundi : La corruption dans l’entrepreneuriat, sevrage à tout prix !

Le Burundi, avec un taux d’inflation des produits alimentaires de 15,1% en mars 2022, reste un pays où le mot « pénurie »  rime  facilement avec corruption.  A partir d’un 2000 Fbu donné ici et là, pour  avoir ceci ou cela en plus de la surtaxation, cette corruption devient une entrave au développement des petites entreprises. Notre collègue Romaine Gaby nous emmène à la rencontre des jeunes entrepreneurs.

Dans un système économique qui fait face à la recrudescence de la corruption, les grandes entreprises ont tendance à monopoliser le marché en évinçant leurs concurrents par tous les moyens qui piétinent les principes du marché libre. Parallèlement, les ponts de vins imposés aux détenteurs de petits business pour accéder au marché ou aux capitaux affectent de plus en plus l’entrepreneuriat des jeunes, ce qui met à genou l’esprit de la libre innovation et incite à la désobéissance fiscale et affecte ainsi les recettes publiques.

Analysant la complexité de l’économie burundaise, les chiffres laissent deviner que le pays des tambours souffre encore de la corruption chronique. Classée à la 168ème sur 180 pays dans l’indice de la corruption au monde, l’économie du Burundi continue à faire face aux vents contraires avec une croissance économique de 3,3 % en 2022, un produit intérieur brut (PIB) de 267 dollars américains et un taux d’inflation de 17,57 % au mois de juin 2022 tandis que les chiffres de l’Institut des statistiques et d’études économiques du Burundi (Isteebu) montre que le taux d’inflation des produits alimentaires est passé de 8,3% en novembre 2021 à 15,1% en mars 2022. Cette situation laisse les jeunes entrepreneurs perplexes.

De la corruption à la pénurie, une contre marche.

Pour dire vrai la corruption a existé depuis des lustres mais lorsqu’un pays qui peine à trouver du sucre, du ciment, des boissons,…  pour sa population alors que les usines transformatrices travaillent à la normale, il est sûr que cette corruption doit s’aggraver. L’entrepreneur, abasourdi, se voit obligé de mettre tout ce qui est à sa disposition pour assurer la production de ses limonades, pâtisseries, … d’autant plus que la demande ne fait qu’augmenter du jour au jour sur le marché. Par conséquent, il n’a d’autres choix que de donner le billet rouge (allusion au billet de 2000 BIF) pour accélérer la livraison ou bien acheter le service avant les autres.

 Ils témoignent…

« Je suis désolé de le dire mais depuis que j’ai enregistré mon entreprise à l’agence de développement du Burundi ADB, je ne fais que dépenser ici et là pour voir si mes marchandises arrivent à temps dans mes boutiques », se lamente Ladislas Ntunzwenimana, propriétaire d’une mini-boulangerie à Kamenge.

En effet, les coûts de déplacement ont flambé au pays de Nyaburunga avec la crise pétrolière de 2022 causée par la guerre en Ukraine. « C’est très difficile à expliquer. Imaginez-vous ! Avant la crise, 10 sacs de farine de blé étaient transporté à 2000 Fbu par un taxi-vélo. Aujourd’hui, avec la délimitation de la circulation des motos, Bajaj et des vélos, 10 sacs sont acheminés à la boulangerie pour 12.000 Fbu par un taxi voiture. Et ceci dépend des jours. Parfois le carburant manque partout et pour éviter une rupture de stock, je file un dix milles francs à un gars pour me faire ce deal », continue-t-il.

« … Là je ne calcule pas des bières achetées par ici et par là pour trouver cette personne capable d’avoir le carburant à tout moment. Aussi, les prix de transports vont parfois jusqu’à 20. 000Fbu. Sérieusement, je travaille pour ne pas fermer. Je ne fais que dépenser. »

Cette situation est partagée par plusieurs jeunes qui travaillent tant bien que mal juste pour joindre les deux bouts du mois. A cela s’ajoutent la problématique du secteur informel qui emploi beaucoup de jeunes, mais qui reste jusqu’ici malmené par les pouvoirs publics.

Renverser le tir, c’est encore possible.

Certes le gouvernement essai tant bien que mal pour booster l’entreprenariat des jeunes, en témoignent la création de la banque des jeunes et le programme PAEEJ. Nonobstant, pour sortir dans la pauvreté, le Burundi a encore un long chemin  à faire, c’est-à-dire que la politique économique en vigueur doit s’inspirer avant tout  aux principes du marché libre et aux règles de la libre concurrence en jugulant toute perversion et malversation économiques liée à chaque tentative de corruption. Au contraire toutes les initiatives ne pourront pas aboutir

De cette manière les jeunes entreprises et particulièrement celles des jeunes  pourraient avoir la chance d’accéder librement aux marchés et aux capitaux afin de contribuer dans activement dans l’accessibilité et diversification des produits, tremplins du développement économique du pays.

A propos de nous:

Institute for Economics and Enterprises est un Think Tank qui promeut la liberté économique et individuelle au Burundi en particulier et en Afrique en général.

La « Main Invisible » : un guide pour mieux comprendre l’économie

« La vie n’est pas ce que nous voulons. Il s’agit des choix que nous faisons. »  Beaucoup d’entre nous connaissent cette vieille scie, mais combien savent que c’est plus qu’une simple leçon de vie, qu’elle est en fait le noyau central de l’économie ? Le nouveau livre de Matthew Hennessey, Visible Hand: A Wealth of Notions on the Miracle of the Market , explique comment il en est ainsi, et ce faisant, il montre que l’économie n’a pas besoin d’être intimidante pour l’homme de la rue. En fait, en tant que quelqu’un qui avoue n’avoir rien connu de l’économie avant 30 ans, Hennessey, qui est actuellement rédacteur d’opinion au Wall Street Journal, révèle que nous le comprenons intuitivement même lorsque nous ne le réalisons pas.

Prenons la notion de « coût d’opportunité ». Hennessey note que nous sommes tous confrontés à des choix quant à l’endroit où passer notre temps, notre énergie et notre argent. Au lycée, par exemple, Hennessey mentionne qu’il avait le désir à la fois de jouer dans la pièce de théâtre de l’école et de sortir pour l’équipe de baseball, mais parce qu’ils se chevauchaient, il devait choisir entre eux. S’il choisissait le jeu, il devait abandonner le baseball, et vice versa.

En l’occurrence, il a choisi d’agir. Perdre la chance de jouer au baseball était donc un « coût d’opportunité » de cette décision. Et ce n’était pas le seul. En effet, choisir la pièce signifiait renoncer à des opportunités de travailler, d’étudier ou de passer du temps avec des amis, qui étaient toutes des options viables avant qu’il ne prenne sa décision. Le point, alors, est que nous vivons dans un monde où les ressources (y compris le temps) sont rares et pourtant nos désirs sont illimités, ce qui signifie qu’il n’y a pas de « solutions » pour satisfaire tous nos désirs, il n’y a que des alternatives, et choisir parmi impliquent toujours des coûts d’opportunité.

Ainsi, si la « rareté » est la première leçon de l’économie, une conséquence est que nos décisions sont prises à la marge, ou par rapport à si nous voulons plus ou moins de quelque chose. Pour le voir, considérons le choix entre l’eau et les diamants, également connu sous le nom de « paradoxe diamant-eau», qui a déconcerté les économistes pendant près d’un siècle. Même si l’eau est essentielle à la vie et que les diamants ne le sont pas, si nous avions le choix (et en supposant que toutes choses sont égales), nous choisirions d’avoir des diamants plutôt que de l’eau.

Pourquoi ?

La réponse est que lorsque nous faisons un choix, nous ne choisissons pas entre tous les diamants du monde et toute l’eau du monde, auquel cas nous choisirions d’avoir de l’eau pour notre survie. Au contraire, nous choisissons entre avoir plus d’eau ou avoir un diamant supplémentaire. Compte tenu de l’abondance relative de l’eau, en avoir plus n’apporte que peu de satisfaction supplémentaire ; à l’inverse, du fait de leur relative rareté, disposer d’un diamant supplémentaire apporte une satisfaction considérable, ou « utilité marginale », par rapport à l’eau.

À partir de là, Hennessey ajoute la notion de bon sens selon laquelle plus nous avons de quelque chose, moins nous avons tendance à le vouloir, ce que les économistes appellent « l’utilité marginale décroissante ». Il illustre cela par un exemple brillant qui est peut-être le plus mémorable du livre. Imaginez, dit-il, que vous êtes à une foire locale et que vous n’avez pas mangé de toute la journée. Au fur et à mesure que vous parcourez les options alimentaires, vous et vos amis décidez d’acheter un favori de l’enfance, la barbe à papa. « La première bouchée, dit-il, est délicieuse.

Tout le monde sourit avec les yeux alors que ça fond dans la bouche. Le plaisir et les rires se développent vers la deuxième bouchée, mais le frisson culmine immédiatement. La maximisation a été momentanément atteinte. Il pend comme un ballon de football en l’air. À la troisième bouchée, le plaisir est terminé. Tout le monde est dégoûté de soi. Vous et vos amis aimeriez pouvoir revenir en arrière et éviter complètement la barbe à papa.

Si l’utilité marginale est la satisfaction que nous recevons d’avoir la barbe à papa par rapport aux alternatives, la satisfaction décroissante qui vient de chaque bouchée supplémentaire de barbe à papa constitue le concept d’utilité marginale décroissante. Comme le dit Hennessey, « chaque bouchée de barbe à papa procure moins de plaisir, moins d’avantages, moins de satisfaction que la précédente ». La vente à emporter ? Nos décisions sont toujours prises dans un sens relatif – que ce soit d’avoir la prochaine bouchée de barbe à papa ou non – et pas dans un sens absolu – que ce soit d’avoir chaque bouchée de barbe à papa ou pas de bouchées du tout.

C’est une leçon économique essentielle que nos politiciens feraient bien d’apprendre. Après tout, parce que les gens prennent des décisions à la marge, un taux d’imposition sur le revenu trop élevé peut décourager les gens d’entreprendre des activités génératrices de revenus supplémentaires, ce qui signifie qu’une imposition élevée finit par réduire le bien-être, même lorsque cela peut ne pas sembler évident (voir , par exemple, le témoignage personnel de l’économiste Greg Mankiw à ce sujet ici ). Pourtant, les politiciens reconnaissent rarement ce fait lorsqu’ils fanfaronnent sur tous les avantages que leurs lourdes politiques fiscales et de dépenses apporteront.

De plus, Hennessey souligne que la relation entre « l’offre » et la « demande » n’est pas aussi confuse qu’il n’y paraît souvent, car ce sont en fait les deux faces d’une même médaille. Autrement dit, l’offre est la demande, et vice versa. Il aide le lecteur à voir cela en utilisant l’exemple d’une entreprise Lego que son fils aime. Lorsque la société Lego vend des Legos aux consommateurs, ses employés se retournent et dépensent de l’argent pour l’épicerie, l’essence et les divertissements. Ainsi, « l’offre » de Legos constitue la « demande » d’autres biens et services dans l’économie. 

Néanmoins, le livre regorge de leçons comme celle-ci qui sont éminemment relatables, et il est écrit d’une manière à la fois accessible et amusante pour le non-spécialiste. Plus important encore, peut-être, le lecteur en sortira-t-il en sachant que si la vie se résume aux choix que nous faisons, l’économie aussi.

Cet article est apparue pour la première fois en Anglais sur FEE et a été traduit en français par Institute for Economics and Enterprises

A propos de auteur

David Weinberg travaillait auparavant dans une institution de politique publique.

Qu’est-ce que l’économie ?

L’économie est un domaine passionnant. L’économie d’autrefois cherchait à découvrir comment le monde fonctionne. Cela a montré, ou même prouvé, qu’il existe un ordre naturel. Il y a une structure dans le chaos apparent. L’économie a quelque chose d’une vie propre : elle a une nature. Cela signifie non seulement que nous pouvons l’étudier et en apprendre davantage sur ses manières, mais aussi que nous ne sommes pas libres de le modifier à volonté et que nous ne pouvons pas le faire fonctionner d’une manière que nous pourrions préférer mais qui ne correspond pas à sa nature. Il y a des « lois » selon lesquelles l’économie fonctionne, et elles sont immuables. L’économie des trois derniers siècles s’est attachée à identifier, apprendre et comprendre ces lois.

Pour comprendre l’économie, il est essentiel de reconnaître qu’il s’agit d’actions et d’interactions humaines. En fait, l’économie, ce sont les gens qui agissent et interagissent. C’est peu ou rien d’autre. Nous avons tendance à penser à l’économie en termes de ressources, de machines, d’entreprises et peut-être d’emplois. Mais c’est une simplification qui induit en erreur. Ce sont des éléments importants, mais ce ne sont que des moyens pour parvenir à des fins. L’économie consiste à utiliser des moyens pour atteindre des fins. Autrement dit, c’est la façon dont nous agissons pour satisfaire nos désirs, pour nous améliorer. En termes simples, l’économie consiste à créer de la valeur.

Nos moyens sont limités mais nos désirs ne le sont pas. Nous devons trouver comment faire le plus possible avec le peu que nous avons. Si nous choisissons de poursuivre une fin, nous ne pouvons pas utiliser les mêmes moyens pour poursuivre également d’autres fins. En d’autres termes, il y a toujours un compromis. Chaque choix que nous faisons et chaque action que nous entreprenons signifie que nous renonçons à ce que nous n’avons pas choisi. Soit vous prenez la voiture pour faire un tour, soit vous restez à la maison. Vous ne pouvez pas faire les deux en même temps. Vous pouvez utiliser votre argent pour acheter une chose ou pour en acheter une autre. Ou vous pouvez économiser votre argent pour une autre fois. Mais le même argent ne peut pas être utilisé à la fois pour acheter quelque chose et être épargné aussi. Votre choix d’une chose signifie que vous n’avez pas et ne pouvez pas choisir l’autre. En choisissant une chose plutôt qu’une autre, en agissant, nous hiérarchisons la valeur des choses pour nous, nous économisons. L’économie, c’est nous tous qui économisons.

L’économie, son essence et son objectif

L’économie est un ordre non planifié. C’est ce qui émerge lorsque les gens vaquent à leurs occupations, lorsque nous agissons et interagissons comme bon nous semble.

L’économiste français du XIXe siècle Frédéric Bastiat a résumé cela dans une question : « Comment Paris est-il alimenté ? » Vivant dans une grande ville, les Parisiens ne produisent pas de nourriture mais y ont tout de même un accès abondant. La question importante est de savoir comment cela se produit. Après tout, il n’y a pas de plan central sur les types et les quantités d’aliments à proposer aux Parisiens et à quel moment. Personne ne dit aux agriculteurs quand et quoi semer, quelles terres utiliser pour chaque culture, quels outils utiliser ou développer, ou dans quelles villes, villages ou places de marché vendre leurs produits et à quels prix. Tout cela arrive. L’économie est « un système décentralisé et distribué où tous les gens – les agriculteurs comme les citadins – font leurs propres plans et décisions ». Ils ne se contentent pas d’exécuter les ordres d’un commandement central.

L’objectif de l’économie est de comprendre comment une économie, sous toutes ses formes, fonctionne : « la nature et le fonctionnement du processus global des personnes prenant leurs propres décisions, agissant et interagissant comme bon leur semble ». L’économie manque à la fois de plan et de planificateur. Il n’a même pas de but. C’est juste.

Mais les gens ont des objectifs. Ils ont des besoins et des désirs qu’ils s’efforcent de satisfaire par différents moyens. Certaines choses sont fournies par la nature, mais la plupart d’entre elles exigent que les gens fassent des efforts pour les produire. Ce sont les biens et services qui satisfont tous nos désirs. La production est au cœur de l’économie : « il s’agit de fournir autant de moyens que possible pour satisfaire autant de besoins hautement valorisés que possible »

Le problème économique

La production est un problème. Ce n’est pas simplement une question de combien de ressources sont disponibles. Il n’y a pas de relation constante entre l’entrée et la sortie. Très souvent, plus d’entrées peuvent produire plus de sorties, c’est vrai. Mais avec les innovations, nous obtenons plus de production par intrant, nous augmentons la productivité. Cela est encore plus évident lorsque nous parlons de la valeur de la production et pas seulement de la quantité. La valeur n’est jamais automatique. On peut utiliser beaucoup de ressources pour produire quelque chose qui s’avère être assez sans valeur. Si je produis un tableau, le résultat attendu n’aura que peu de valeur, quels que soient mes efforts ou la quantité de peinture que j’utilise. La même toile et la même peinture utilisées par Vincent van Gogh créeraient quelque chose de beaucoup plus précieux. En apposant sa signature sur ma peinture, cela augmenterait la valeur de ma peinture. Mais ma signature sur sa peinture diminuerait sa valeur.

La seule relation qui existe entre les entrées et les sorties est que les entrées doivent être utilisées pour produire des sorties. Nous ne pouvons pas créer quelque chose à partir de rien.

Le problème économique n’est pas la production en soi mais l’économie de la production. Il s’agit du problème qui se pose parce que nous n’avons pas plus de ressources que nous ne pouvons en trouver. En d’autres termes, les ressources sont rares. Il nous incombe donc de déterminer comment nos ressources peuvent être utilisées pour produire le meilleur résultat possible (en termes de valeur). Nous sommes devenus de plus en plus doués pour comprendre cela, surtout au cours des derniers siècles. Pendant des milliers d’années, nous avons fait très peu de progrès, mais soudain, avec ce qu’on appelle l’industrialisation, nation après nation a commencé à se sortir de la pauvreté grâce à des percées dans la production. L’intérêt pour l’économie coïncide avec ce développement.

D’où le titre du traité extrêmement influent d’Adam Smith : « Une enquête sur la nature et les causes de la richesse des nations. » Le titre attire l’attention sur les deux dimensions de la richesse nationale (prospérité) qui sont encore au cœur de l’économie : la nature de la richesse et ses causes. La nature de la richesse fait référence à la manière dont nous devrions la comprendre, à ce qui la compose et à la manière dont l’économie en tant que système est liée à la théorie de la valeur en tant que satisfaction personnelle. Les causes de la richesse renvoient aux origines et aux processus particuliers qui ont amené cette prospérité. Si nous les comprenons bien, nous pouvons sortir les gens de la pauvreté et créer une société toujours plus prospère. L’économie, en tant qu’étude du fonctionnement de l’économie, est donc aussi la science de la création de la prospérité.

L’économie comme compréhension

Être économiste, c’est étudier l’économie en tant que processus continu. Le but est de comprendre son fonctionnement et sa nature. Il s’agit de comprendre la nature et les causes de ces processus, mécanismes et ordres universels que nous identifions comme l’économie. Nous en apprenons davantage sur la prospérité et, surtout, sur la manière d’en produire davantage et de faire en sorte que davantage de personnes en bénéficient.

Pour comprendre le fonctionnement de l’économie, nous devons être humbles devant le fait qu’elle existe et qu’il y a un ordre, elle a une nature. La tâche de l’économiste n’est pas de prédire les spécificités de l’avenir, mais de découvrir les processus sous-jacents qui produisent les résultats économiques que nous pouvons observer. En d’autres termes, nous devons développer une logique pour comprendre les phénomènes et comportements économiques agrégés – une théorie économique. L’économie est un cadre pour penser et raisonner sur l’économie, pour donner un sens à ce qui se passe. Une « intuition », si vous voulez.

Il s’ensuit que l’apprentissage de l’économie consiste fondamentalement à acquérir des connaissances en économie afin de mieux comprendre le monde dont nous faisons partie. Le monde réel, et non le monde inventé, que l’on retrouve dans les modèles formalisés. Comme l’a dit Ludwig von Mises, « l’économie traite de l’homme réel, faible et sujet à l’erreur tel qu’il est, et non d’êtres idéaux, omniscients et parfaits comme seuls les dieux pourraient l’être ». Oui, exactement.


Cet article est le chapitre 1 du nouveau livre de Bylund, How to Think about the Economy  et a été initialement publiée en anglais par Mises Institute et traduit par Institute for Economics and Enterprises

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Per Bylund est professeur associé d’entrepreneuriat et professeur Records-Johnston d’entreprise libre à la School of Entrepreneurship de l’Oklahoma State University. Site Web : PerBylund.com .

L’Afrique a besoin de marchés libres, pas de transferts de richesse

Bien que la pauvreté ait été considérablement réduite dans les sociétés industrialisées, elle continue d’attaquer les pays en développement. Environ 689 millions de  personnes , soit environ 9,2 % de la population mondiale, vivent dans une extrême pauvreté, et la plupart d’entre elles se trouvent dans des pays en développement. Cependant, grâce à l’adoption de marchés plus libres, des pays en développement comme la Chine et le Vietnam ont réussi à arrêter la croissance de  la pauvreté .

Un mal préjugé de la philosophie ?

Mais malgré les progrès du capitalisme pour contrecarrer la montée de la pauvreté, certains experts blâment encore  le capitalisme de marché libre  pour l’extrême pauvreté, la faim et les catastrophes environnementales. Pour beaucoup, le capitalisme est un système d’exploitation brutale qui enrichit les riches aux dépens des pauvres. Cependant,  les études  montrent systématiquement que le capitalisme de marché libre est la stratégie la plus efficace pour améliorer la condition humaine et sortir les gens de la pauvreté.

Le capitalisme de libre marché tient ses promesses parce qu’il ne requiert que l’ingéniosité humaine et la liberté de produire sans ingérence du gouvernement. Lorsque les gens peuvent innover sans les inconvénients des réglementations gouvernementales, la création de richesse devient plus facile. De plus, des environnements commerciaux propices à l’entrepreneuriat inciteront davantage de personnes à améliorer leur niveau de vie en créant de nouvelles entreprises.

Plutôt que de dépeindre le capitalisme comme un ennemi du progrès, les experts devraient comprendre que des réglementations inefficaces cultivent la pauvreté dans les pays en développement et que partout où elles ont été démantelées, cela a déclenché une vague d’opportunités productives. L’ économiste AV Chari constate que  les industries  qui ont été retirées de la juridiction de License Raj ont produit une amélioration de la productivité totale des facteurs de 32 % en Inde. Cette amélioration s’explique par la baisse des coûts d’entrée et l’assouplissement des contraintes de capacité.

Sans surprise, la dérogation aux réglementations a permis de consacrer plus de temps et de ressources au développement des entreprises, améliorant ainsi la productivité. De plus, se conformer aux réglementations est souvent coûteux, donc en leur absence, plus de fonds peuvent être déployés dans l’expansion de l’entreprise. Par conséquent, la déréglementation réduit le coût de l’expansion des entreprises en garantissant que les ressources qui auraient été dépensées en raison des mandats gouvernementaux restent dans les coffres de l’entreprise et peuvent financer l’expansion.

Comme la déréglementation, la libéralisation est un autre outil de marché libre qui améliore le niveau de vie dans les pays en développement. Les sentiments protectionnistes sont toujours influents dans le monde en développement, mais protéger les marchés locaux de la concurrence ne parvient pas à élever les pauvres. Les pays qui adoptent la mondialisation sont plus susceptibles de bénéficier du transfert de technologie et d’enregistrer des réductions de la pauvreté. Bien que les importations soient perçues comme négatives, elles doivent être célébrées car les importations bon marché permettent aux personnes pauvres ayant moins de revenus disponibles d’économiser plus d’argent.

Ouverture commerciale comme solution ?

En Afrique, malgré le revirement de certaines politiques économiques rétrogrades, le protectionnisme continue de faire rage, notamment en raison des  retombées économiques  induites par le covid-19.  Une plus grande proportion des pauvres du monde vivent en Afrique subsaharienne (ASS) que partout ailleurs, c’est pourquoi la région devrait être plus sérieuse en matière d’ouverture commerciale que les autres régions. 

Jennifer Mbabazi, Oliver Morrissey et Chris Milner dans l’article « Trade Openness, Trade Costs and Growth: Why Sub-Saharan Africa Performs Poor »,  affirment que compte tenu de ses désavantages naturels, l’ouverture commerciale est particulièrement importante pour l’ASS : Les politiques qui encouragent les exportations et la diversification, et qui réduisent les obstacles à l’ouverture, peuvent stimuler les performances économiques.

Samuel Kwaku Agyei et Godwin Adolf Idan dans « Ouverture commerciale, institutions et croissance inclusive en Afrique subsaharienne »  soulignent  que l’Afrique subsaharienne a régressé dans la réduction des niveaux de pauvreté et que si les tendances actuelles persistent, 90 % de la population mondiale extrêmement pauvre sera résidant dans cette région. Pour éviter cette crise, ils recommandent aux pays d’Afrique subsaharienne de renforcer leurs institutions afin de promouvoir la bonne gouvernance et l’ouverture commerciale.

De même, les économistes déplorent généralement que l’Afrique soit sous-capitalisée ; cependant, la promotion de l’ouverture commerciale  peut faciliter la formation de capital en Afrique. Les biens de grande valeur sont souvent produits dans les pays riches ; par conséquent, les politiques qui permettent l’importation d’intrants étrangers permettent aux pays africains de remonter la chaîne de valeur. Les entrepreneurs africains produiront des produits de meilleure qualité pour les marchés d’exportation et nationaux et, par extension, acquerront plus de fonds pour alimenter une expansion et une accumulation de capital supplémentaires. Mais cela pourrait être un choc pour beaucoup que l’ouverture non seulement favorise la croissance, mais réduit également les inégalités. Dans un document de travail du Fonds monétaire international intitulé « Income Inequality in Small States and the Caribbean: Stylized Facts and Determinants », les auteurs  notent  qu’en attirant les investissements directs étrangers, l’ouverture financière conduit à plus d’emplois et à moins d’inégalités.

Blâmer le capitalisme pour les taux de pauvreté dans les pays en développement est politiquement correct, mais comme la plupart des hypothèses à la mode, cela ne peut pas être vérifié par des données. Les marchés libres ont enrichi le monde industriel, et les pays en développement peuvent facilement rejoindre la ligue des nations riches, s’ils ignorent les élucubrations erronées des intellectuels des pays riches.

Cet article est paru pour la première fois dans Mises Wire en Anglais et a été traduit en français par Institute for Economics and Enteprises.

Par Lipton Matthew : chercheur, analyste commercial et contributeur à mises.org,  The Federalist ,  The Imaginative Conservative ,  Merion West  et  American Thinker