Burundi : Comment se réinventer pour un idéal anti-corruption ?

Au Burundi, depuis 2005, un arsenal d’instrument juridique et d’organe de contrôle et de répression de la corruption ont été mise en place au Burundi. En analysant tous les efforts entrepris dans la tolérance zéro, plusieurs questions s’imposent. Quelles sont les raisons qui ont contribué à sa défaillance ? Y-aurait-il des stratégies particulières et innovantes fondées sur la non intervention étatique faut- il entreprendre pour juguler à la recrudescence de la corruption au Burundi ? Quelques réponses avec notre collègues ISHIMWE Jean Acutis

Selon le classement fait en 2021 par Transparency International, le Burundi est un pays classé à la 168ème sur 180 pays dans l’indice de la corruption au monde. Pourtant, depuis 2005 ; un arsenal d’instrument juridique et d’organe de contrôle et de répression de la corruption ont été mise en place. Considérant les formes de généralisations et de banalisations et la manière dont la corruption rentre dans le lot commun des négociations quotidiennes routinières des burundais, il nous convient de ne pas utiliser le terme « corruption » mais d’utiliser l’expression «complexe de corruption» comme le dit Olivier de Sardan pour souligner comment la corruption s’est insérée dans un même tissu de normes et d’attitudes sociales usuelles.( Olivier de Sardan, « L’Economie morale de la corruption », in Politique africaine, 63,p,97-116)

La routinisation et la banalisation du phénomène de la corruption

Presque tous les services (publics et privés) se tarifent actuellement à une forme de geste qui prend le sens d’un devoir moral pourvu que ça ne soit pas une rémunération tarifée ou négociée. Une grande partie de ce qu’on appelle la petite corruption est monnaie courante sous forme de cadeau au service rendu. Il suffit de chercher un document dans un service d’une façon urgente, c’est le même bénéficiaire qui pense au prix de l’encre (amazi y’ikaramu).

Qui plus un, il ne serait pas absurde d’imputer ce phénomène de la corruption à notre culture burundaise. Chaque individu est inséré dans de multiples réseaux (clan, famille, région), dont chacun est porteur de solidarités, et donc de pressions correspondantes. Par le biais de ces liens, la multiplication des interventions en faveur de tel membre du réseau devient progressivement le mode normal de gestion des dossiers et des cas et cela se consolident par des adages ou certains proverbes comme ibunyokorome uhashikanwa na nyoko (c’est grâce à sa mère qu’on arrive chez l’oncle maternel).

Les dispositifs anti-corruption mis en place finiront-ils de porter ses fruits ?

Oui, un pas significatif a été franchi avec la promulgation de la loi n° 1/12 du 18 avril 2006 portant mesures de prévention et de répression de la corruption et des infractions connexes. De nouvelles institutions spécialisées ont été mises en place, à savoir la cour anti-corruption, le parquet général près la cour anti-corruption et la brigade spéciale anti-corruption. Cependant, comme me disait un avocat rencontré, cette loi sur la corruption semble toucher les petites gens, qui ne sont pas de vrais corrompus, ceux qui volent un sac de ciment, un sac de riz, un militaire qui réclame dix mille francs sur la route. Donc, malgré la mobilisation pour la tolérance zéro, on voit un dispositif qui manque toujours d’indépendance.

En plus, ce dispositif anti-corruption ne semble pas toucher certains domaines comme les passations de marché publique. C’est pourquoi, un nouveau cadre harmonisé dans le cadre de passation de marchés publiques lieu soupçonné pour plus de corruption s’avère nécessaire, pour qu’il y ait une gestion transparente et efficace des finances publiques. Toutes ces réformes constituent des instruments permettant de réaliser les objectifs en matière de lutte contre la corruption et les infractions connexes.

Ainsi, au Burundi comme dans pas mal des pays africains se sont ainsi conjugués et cristallisés dans les classes dirigeantes une confusion de la chose publique et de la chose personnelle, ce qui par conséquent contribue à la recrudescence de la corruption parmi les dirigeants. Certains penseurs tentent de trouver une raison comme quoiles indépendances ont vu la construction précipitée d’une bureaucratie nouvelle prenant la place des colonisateurs, et soucieuse avant tout d’exercer ses privilèges à leur place, et d’asseoir son statut au plus vite. Ni la chose publique ni le service public n’étaient vraiment au centre des préoccupations. Ces notions morales ne semblent toujours pas être entrées dans les mœurs pratiques, soixante ans plus tard. (Guillaume Nicaise, Petite corruption et situations de Pluralisme normatif au Burundi, in Afrique contemporaine 2018/2(N ° 266), 193 -213).

La quête de l’idéal anti-corruption par les normes éthiques

Toutefois, bien que nécessaire, tout ce dispositif juridique reste insuffisant. Il leur faut un complément par la norme éthique. Ceci étant, la quête de la « tolérance zéro » peut trouver un excellent ancrage dans la norme éthique. Ici, il nous incombe de proposer des alternatives innovantes souvent ignorées voire négligées basées sur la non intervention de l’Etat.

Devant ce complexe de la corruption qui gangrène beaucoup de secteur du pays, les citoyens sont informés mais ne sont pas formés. Si nous considérons comment les systèmes traditionnels et certains codes culturels justifient la corruption et parviennent de l’ancrer dans la banalisation des pratiques quotidiennes. Il est temps de couper court à ces pratiques qui stipulent que chacun broute là où on l’attache (impene irishwa aho iziritse).

Pour ce, il y a une urgence de former les jeunes générations des citoyens au sens de la res publica (la chose publique). Normalement sans la chose publique, il advient une vie publique qui s’éloigne progressivement des principes, non pas simplement traditionnels mais de valeur traditionnelle, de la sagesse burundaise. Par cette sensibilité à la chose publique, il faut développer d’autres réflexes de dénonciation des actions et des personnes suspectées de corruption pour éviter d’avoir sans cesse la main au portefeuille. En sus, il est nécessaire que les populations soient initiées aux voies et procédures permettant de les associer aux décisions (collectivité territoriale). L’exercice du contrôle citoyen de l’action publique contre la corruption par le principe de la participation à la gouvernance devient une autre norme éthique nécessaire parce que la gestion au quotidien de leur collectivité semble échapper aux citoyens au profit d’une classe dirigeante.

En somme, la corruption est donc aussi dénoncée dans les mots qu’elle est pratiquée dans les faits. L’influence de la tradition et un certain syncrétisme culturel fait de la tolérance-zéro un cul-de -sac qu’il nous faut une génération décidée pour assurément impulser une dynamique nouvelle à la réalisation de l’idéal anti-corruption.

A propos de nous:

Institute for Economics and Enterprises est un Think Tank qui promeut la liberté économique et individuelle au Burundi en particulier et en Afrique en général.

Burundi : Corruption, une taxe de plus qui tend à perdurer ?

Alors que l’élargissement de l’assiette fiscale ne cesse d’aller crescendo, la corruption n’est pas en reste. Elle devient de plus en plus comme une obligation fiscale dans les services publics ce qui n’est pas sans conséquences sur l’économie du pays. Pour se rendre compte, une petite culbute dans cette analyse avec notre confrère Lionel Jospin MUGISHA. 

C’est une réalité cousue de fil blanc, la corruption est présente dans toute la vie du Burundi. Les faits sont là et les enquêtes en témoignent. Selon une enquête, la police, la magistrature, et l’Office Burundais des Recettes (OBR) sont considérées corrompus par les plus grandes proportions de la population Burundaise. Pour y voir clair, au sein de l’administration, aucune grille tarifaire n’est respectée. Tout se négocie de bouche-à-oreille.

A titre illustratif, pour avoir un permis de conduire ou un autre document de voyage, en plus des frais de ces documents il faut donner quelque chose aux personnels qui délivrent ces documents. D’ailleurs, il suffit de regarder sur les routes la manière dont les policiers affectés à la circulation routière prennent sans cesse de l’argent à la population. C’est un vol en bonne et due forme.

Tenez, tout le monde sait que dès qu’un policier te siffle, quelle que soit l’infraction, il faut prévoir au moins 5000 BIF. Pour avoir accès au permis de conduire ou passeport il faut prévoir 500 mille BIF et 250 mille BIF respectivement. Certains payaient 10 000 BIF pour avoir leur carte d’identité. « J’ai reçu des contrôleurs venus collecter l’impôt. Mais, après discussions, ils  m’ont exigé de verser un montant forfaitaire dans le compte du Trésor public afin que l’excédent leur revienne sur place. C’est un vol légalisé »raconte Marc, entrepreneur.           

Pourtant,…

Les conséquences sont légions. Là où il y a la corruption, il y a moins d’investissements. Certains individus ne se sentent pas libres de faire des affaires. Les entreprises privées sont déstabilisées par un jeu de corruption qui engendre une concurrence déloyale. Et par ricochet, affaibli l’attractivité du pays pour les investisseurs étrangers et attiser l’inefficacité de la politique de mobilisation des revenus de l’état ce qui ne fait qu’empire l’élargissement de l’assiette fiscale. Or, les entreprises constituent les poumons de l’économie du pays. Elles sont l’un des principaux moteurs de l’innovation, de la création des richesses et de l’emploi.

L’éradication de la corruption, l’urgence absolue

Au regard de ce qui précède, il est urgent de mettre en place une politique pour éradiquer la corruption. La corruption ne fera avancer le pays. En réduisant la corruption liée aux entreprises, le gouvernement permettra de densifier et de solidifier l’écosystème entrepreneurial Burundais. Il s’avère alors primordial de mettre l’accent sur la liberté économique, car l’éradication de la corruption est impossible dans un contexte d’absence de liberté économique. C’est une voie de sortie privilégiée.

Tout en se rappelant des promesses de la Campagne Ndeka Ngerageze, l’État ne devrait pas se limiter à barrer les routes du progrès au cours de cette année. Aussi longtemps que le gouvernement ne tiendra pas compte de la liberté économique, la croissance économique restera un vrai labyrinthe.

A propos de l’Auteur :

Lionel Jospin MUGISHA est en agent de développement. Il est l’analyste en politique public et aussi défenseur de la liberté économique

Burundi : Entre monopole et capitalisme, dans quelle voie faut-il cheminer le secteur agricole ?

Le secteur agricole figure sur la liste des priorités budgétaires 2022-2023 du Burundi, avec une enveloppe de 80 milliards de francs burundais. Cette somme sera principalement affectée à la subvention des engrais organo-mineraux, la production des semences sélectionnés et le repeuplement des cheptels. Plusieurs questions taraudent notre blogueur Guy Marie Eloi sur les stratégies retenues pour améliorer la production agricole ? 

Pendant plus de trente ans, l’agriculture et l’élevage ont été les parents pauvres des investissements nationaux, à tel point que le budget alloué à l’agriculture et l’élevage oscillait entre 5 et 7%. Nonobstant, ce secteur reste jusqu’ici le principal source de revenus au Burundi depuis son indépendance , elle constitue 90% de l’emploi totale et contribue 50% dans le PIB actuellement. En dépit des initiatives visant à réduire les milliers barrières qui empêchent ce secteur à s’épanouir, le chemin reste encore trop long.

En effet, les monopoles et les irrégularités dans la distribution des engrais chimiques et les monopoles dans l’achat et la vente des récoltes par les pouvoirs publics constituent un obstacle de front dans l’accessibilité équitable du marché et la disponibilité des produits agricoles sur le marché au moment opportun, d’où l’instabilité récurrente des prix.

Les défis à relever ?

Les principaux défis souvent rencontrés dans ce domaine est la monopolisation des grands fournisseurs des intrants agricoles indispensables pour la grande production d’une part. L’achat et la distribution des engrais minéraux sont très difficiles. « On est contraint d’utiliser le seul engrais Fomi disponible au Burundi même si sa distribution reste à améliorer », nous raconte Thierry, un cultivateur de Ngozi

Il ajoute que le retard de la distribution des engrais chimiques influence leur niveau de production parce que il arrive que la saison pluvieuse se termine longtemps avant le moment de récolte :  » Le retard de la distribution des engrais induit automatiquement le retard de la plantation, ce qui rapporte ainsi le moment de récolte. Or la pluie peut disparaître dans certaines mesures avant la maturation des plantations, d’où la baisse de la production« , poursuit Thierry.

Parallèlement, le secteur agricole n’est pas libéralisé, le monopole sur l’achat et la vente des récoltes paralyse de plus en plus l’accessibilité des produits sur le marché, ce qui induit la pénurie et l’inflation de certains produits agricoles sur le marché. D’ajouter, les exportations agricoles restent toujours centrées sur un petit nombre de plantes industrielles dont le thé, café et le coton.

Libéralisation du secteur agricole, une solution ?

Pour moderniser l’agriculture au Burundi, les décideurs doivent miser au libéralisation et professionnalisation du secteur. Cela n’impliquerait pas des interférences de l’État dans ce domaine, plutôt une bonne libéralisation du secteur agricole axé sur la libéralisation des intrants, la libéralisation du marché d’écoulement, en jouant sur les prix que le marché fixe lui-même et non pas celui de l’état est très encourageable.

Cela pourrait alors contribuer dans l’amélioration de l’entrepreneuriat rural, fondé principalement sur l’agriculture et l’élevage, ce qui crée les emplois dans le domaine agricole et à la fin du compte la pauvreté, la faim dans les ménages, le chômage élevé qui sévit notre pays seront éradiquer progressivement et porter l’espoir sur la croissance de l’économie nationale. De cette manière le capitalisme agricole peut faciliter l’accessibilité des produits sur les marchés et contenir toute sorte d’inflation par la libéralisation du marché agricole.

Par Guy Marie Eloi Igirubuntu

L’Afrique a besoin de marchés libres, pas de transferts de richesse

Bien que la pauvreté ait été considérablement réduite dans les sociétés industrialisées, elle continue d’attaquer les pays en développement. Environ 689 millions de  personnes , soit environ 9,2 % de la population mondiale, vivent dans une extrême pauvreté, et la plupart d’entre elles se trouvent dans des pays en développement. Cependant, grâce à l’adoption de marchés plus libres, des pays en développement comme la Chine et le Vietnam ont réussi à arrêter la croissance de  la pauvreté .

Un mal préjugé de la philosophie ?

Mais malgré les progrès du capitalisme pour contrecarrer la montée de la pauvreté, certains experts blâment encore  le capitalisme de marché libre  pour l’extrême pauvreté, la faim et les catastrophes environnementales. Pour beaucoup, le capitalisme est un système d’exploitation brutale qui enrichit les riches aux dépens des pauvres. Cependant,  les études  montrent systématiquement que le capitalisme de marché libre est la stratégie la plus efficace pour améliorer la condition humaine et sortir les gens de la pauvreté.

Le capitalisme de libre marché tient ses promesses parce qu’il ne requiert que l’ingéniosité humaine et la liberté de produire sans ingérence du gouvernement. Lorsque les gens peuvent innover sans les inconvénients des réglementations gouvernementales, la création de richesse devient plus facile. De plus, des environnements commerciaux propices à l’entrepreneuriat inciteront davantage de personnes à améliorer leur niveau de vie en créant de nouvelles entreprises.

Plutôt que de dépeindre le capitalisme comme un ennemi du progrès, les experts devraient comprendre que des réglementations inefficaces cultivent la pauvreté dans les pays en développement et que partout où elles ont été démantelées, cela a déclenché une vague d’opportunités productives. L’ économiste AV Chari constate que  les industries  qui ont été retirées de la juridiction de License Raj ont produit une amélioration de la productivité totale des facteurs de 32 % en Inde. Cette amélioration s’explique par la baisse des coûts d’entrée et l’assouplissement des contraintes de capacité.

Sans surprise, la dérogation aux réglementations a permis de consacrer plus de temps et de ressources au développement des entreprises, améliorant ainsi la productivité. De plus, se conformer aux réglementations est souvent coûteux, donc en leur absence, plus de fonds peuvent être déployés dans l’expansion de l’entreprise. Par conséquent, la déréglementation réduit le coût de l’expansion des entreprises en garantissant que les ressources qui auraient été dépensées en raison des mandats gouvernementaux restent dans les coffres de l’entreprise et peuvent financer l’expansion.

Comme la déréglementation, la libéralisation est un autre outil de marché libre qui améliore le niveau de vie dans les pays en développement. Les sentiments protectionnistes sont toujours influents dans le monde en développement, mais protéger les marchés locaux de la concurrence ne parvient pas à élever les pauvres. Les pays qui adoptent la mondialisation sont plus susceptibles de bénéficier du transfert de technologie et d’enregistrer des réductions de la pauvreté. Bien que les importations soient perçues comme négatives, elles doivent être célébrées car les importations bon marché permettent aux personnes pauvres ayant moins de revenus disponibles d’économiser plus d’argent.

Ouverture commerciale comme solution ?

En Afrique, malgré le revirement de certaines politiques économiques rétrogrades, le protectionnisme continue de faire rage, notamment en raison des  retombées économiques  induites par le covid-19.  Une plus grande proportion des pauvres du monde vivent en Afrique subsaharienne (ASS) que partout ailleurs, c’est pourquoi la région devrait être plus sérieuse en matière d’ouverture commerciale que les autres régions. 

Jennifer Mbabazi, Oliver Morrissey et Chris Milner dans l’article « Trade Openness, Trade Costs and Growth: Why Sub-Saharan Africa Performs Poor »,  affirment que compte tenu de ses désavantages naturels, l’ouverture commerciale est particulièrement importante pour l’ASS : Les politiques qui encouragent les exportations et la diversification, et qui réduisent les obstacles à l’ouverture, peuvent stimuler les performances économiques.

Samuel Kwaku Agyei et Godwin Adolf Idan dans « Ouverture commerciale, institutions et croissance inclusive en Afrique subsaharienne »  soulignent  que l’Afrique subsaharienne a régressé dans la réduction des niveaux de pauvreté et que si les tendances actuelles persistent, 90 % de la population mondiale extrêmement pauvre sera résidant dans cette région. Pour éviter cette crise, ils recommandent aux pays d’Afrique subsaharienne de renforcer leurs institutions afin de promouvoir la bonne gouvernance et l’ouverture commerciale.

De même, les économistes déplorent généralement que l’Afrique soit sous-capitalisée ; cependant, la promotion de l’ouverture commerciale  peut faciliter la formation de capital en Afrique. Les biens de grande valeur sont souvent produits dans les pays riches ; par conséquent, les politiques qui permettent l’importation d’intrants étrangers permettent aux pays africains de remonter la chaîne de valeur. Les entrepreneurs africains produiront des produits de meilleure qualité pour les marchés d’exportation et nationaux et, par extension, acquerront plus de fonds pour alimenter une expansion et une accumulation de capital supplémentaires. Mais cela pourrait être un choc pour beaucoup que l’ouverture non seulement favorise la croissance, mais réduit également les inégalités. Dans un document de travail du Fonds monétaire international intitulé « Income Inequality in Small States and the Caribbean: Stylized Facts and Determinants », les auteurs  notent  qu’en attirant les investissements directs étrangers, l’ouverture financière conduit à plus d’emplois et à moins d’inégalités.

Blâmer le capitalisme pour les taux de pauvreté dans les pays en développement est politiquement correct, mais comme la plupart des hypothèses à la mode, cela ne peut pas être vérifié par des données. Les marchés libres ont enrichi le monde industriel, et les pays en développement peuvent facilement rejoindre la ligue des nations riches, s’ils ignorent les élucubrations erronées des intellectuels des pays riches.

Cet article est paru pour la première fois dans Mises Wire en Anglais et a été traduit en français par Institute for Economics and Enteprises.

Par Lipton Matthew : chercheur, analyste commercial et contributeur à mises.org,  The Federalist ,  The Imaginative Conservative ,  Merion West  et  American Thinker 

Afrique : L’individualisme, une philosophie adaptée pour la prospérité ?

Alors qu’individualisme est une philosophie favorisant l’initiative individuelle, l’indépendance et l’autonomie de la personne au regard de la société ; une doctrine qui fait de l’individu le fondement de la société et des valeurs morales, le collectivisme, lui ; est un système économique fondé sur la propriété collective des moyens de production. L’un voit la lutte de la pauvreté dans l’initiative individuelle / privée alors que l’autre c’est dans l’initiative publique / coopérative, collectivité. Donc, la différence entre collectivisme et individualisme réside dans ce que chaque idéologie considère comme important: l’individu ou le groupe.

Pourquoi alors l’individualisme ?

Dans son « Second traité de gouvernement », Locke soutient que les droits individuels sont le fondement d’une société libérale. La conclusion est qu’il est mauvais de violer les droits de propriété d’autrui : « Bien que la terre et toutes les créatures inférieures soient communes à tous les hommes, chaque homme a une propriété sur sa propre personne, sur laquelle personne n’a de droit à part lui-même. Le travail de son corps, et le travail de ses mains, nous pouvons dire, sont proprement à lui. »

Une philosophie qui met les décisions de l’individu au centre de tout a déjà révélé ses atouts dans le combat de la pauvreté. Une société qui valorise le fondement libérale est une société prospère. Par exemple, nous trouvons une codification la plus célèbre « des principes du libéralisme » dans la Déclaration d’indépendance des Etats Unis d’Amérique : “Nous tenons ces vérités pour évidentes, que tous les hommes sont créés égaux, qu’ils sont dotés par leur Créateur de certains droits inaliénables, que parmi ceux-ci se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. » Pourquoi ne pas se demander si ce n’est pas la raison de la puissance économique de l’Amérique ?

Une philosophie pour l’avenir africaine ?

La lutte contre la pauvreté a été et continue à être un combat de longue haleine dans le monde entier. Les pays africains, quant à eux devraient doubler les efforts. Plutôt devrait chercher une philosophie à adopter qui peut aider dans cette lutte. Il semble que le libéralisme a déjà démontré son impact positif dans ce chemin de croix. Lorsque nous cherchons à vaincre la pauvreté, nous devrons tenir compte des droits individuels, à commencer par le droit de propriété de soi.

La philosophie de l’individualisme a radicalement modifié nos relations les uns avec les autres. Elle a créé des cultures individualistes qui célèbrent l’accomplissement individuel, ainsi que des structures politiques et économiques qui protègent les droits individuels. En conséquence, comme George Ayittey les appelaient « Génération des Guépards », des générations de briseurs de moule et de pionniers ont renouvelé et amélioré notre monde, en tant qu’explorateurs, pionniers, inventeurs, entrepreneurs, artistes, scientifiques et leaders moraux.

À mesure que le temps avance, de nouveaux innovateurs ont la possibilité de se lever et de faire la différence. Et l’appel de ceux deux auteurs, Dan Sanchez et Patrick Carroll,ne nous échappe pas:« En décidant de tracer notre propre voie, nous pouvons nous aussi devenir des agents de changement revitalisants dans un monde qui stagne. Nous pouvons ouvrir de nouvelles voies là où d’autres ne sont pas encore allés, et nous pouvons donner l’exemple à ceux qui viendront après nous. »

La seule question est de savoir si nous allons saisir cette évidence d’Henry David Thoreau : « Si un homme ne suit pas le rythme de ces compagnons c’est peut-être parce qu’il entend un autre tambour. Qu’il marche au rythme de la musique qu’il entend, même si elle est mesurée ou lointaine ». Le ferez-vous ?

Par Lambert Nduwayezu, Fondateur et Directeur de l’Institute for Economics and Enterprises.

Afrique : Le collectivisme, une menace pour la lutte contre la pauvreté ?

Depuis les années 60, les pays africains cherchent à accéder à leur indépendance tant économique que politique. Cependant lorsqu’ils cherchent à rompre avec le système colonialiste, ces « leaders nationalistes » ont eu du mal à choisir le système économique propre à l’identité africaine.

A croire que le système capitaliste était propre au colonialisme, plusieurs d’entre eux ont voulu adopter le collectivisme comme système économique de leurs pays. Cependant, il y a lieu de se demander : Pourquoi nous sommes toujours dans la pauvreté ? Et si nous avons fait fausse route dès la recherche de nos indépendances, depuis les années 60 ?  

Quid du collectivisme.

Le collectivisme est un système économique (philosophie) fondé sur la propriété collective des moyens de production, selon le dictionnaire Larousse. Les adeptes du collectivisme voient la lutte de la pauvreté dans l’initiative publique / coopérative, collectivité. Donc, le mot clés de l’idéologie du collectivisme réside dans ce qu’elle considère comme important: « le groupe ».

En raison de vouloir rompre avec le colonialisme, les dirigeants africains ont voulu adopter un système économique radicalement opposée. Dans leurs plans de développement, nous y trouvions souvent ce que Georges Ayittey a qualifié « religion de développement, qui a façonné ou dirigée une grande partie de l’effort de développement postcoloniale ».

Donc, après l’indépendance des pays africains, de nombreux dirigeants nationalistes africains adoptèrent une idéologie socialisme comme idéologie directrice. Et au lieu de chercher aux problèmes africains les solutions internes africaines, ils cherchaient les solutions extérieures. Et cela dans la tendance de la « religion de développement ».

Cette tendance n’a pas cessé de se développer. Aujourd’hui, la majorité des pays africains fêtent leurs plus de 60 ans d’’indépendance politique. Mais l’indépendance économique reste à désirer. La pauvreté reste une grande menace de nos pays malgré les multiples politiques pour en sortir. Et nous devrions nous poser cette question actuellement : « Et si nous avons fait fausse route il y a plus de 60 ans ? »

 Une philosophie vouée à l’échec ?

En Afrique, nous rencontrons souvent des discours prônant le collectivisme : promotion des coopératives et associations dans la recherche du bonheur ou pour lutter contre la pauvreté. Cela n’est pas d’aujourd’hui, il date depuis la recherche de l’indépendance de nos pays. L’expérience et l’histoire montrent que l’adoption du système économique collectiviste a échoué dans la lutte contre la pauvreté dans le monde entier.

Dans son article critique du collectivisme en URSS, l’auteur Gérard-Michel Thermeau se posait cette question cruciale : « Le  socialisme réel aurait un bilan globalement positif selon ses adeptes. Qu’en dit vraiment l’histoire ?» La force est de constater que ce système n’a jamais réussi. Il conclut : « Le communisme reste toujours à l’horizon. Faut-il s’en étonner ? Seul le marché est intéressé à satisfaire les désirs individuels. En supprimant le marché, l’économie socialiste mettait en avant les seuls besoins définis par les gouvernants. »

En Afrique en général, nous avons essayés le collectivisme, sous toutes ses formes. Malheureusement cela a échoué tout comme dans le monde entier. Il est clair que cela ne pourrait jamais fonctionner à n’importe quelles stratégies « planifiées ». C’est un système défaillant, à la fois conceptuellement et moralement et qui cause en plus trop de morts. Il finit toujours à créer des inégalités et des classes dans un même « groupe ». Toujours les profitants sont les dirigeants du « groupe ». Ce n’est pas difficile de voir cela. Portez vos regards dans les pays communistes. Pourquoi allez loin ? Non, restez ici.

Pour avancer mieux dans notre lutte, il est primordial d’adopter l’opposé du collectivisme et de l’étatisme. Cela consiste à accorder aux gens la liberté de commercer, reconnaître les gens comme des individus différents capables de rechercher leur propre bonheur tel que défini par eux-mêmes.

Par Lambert Nduwayezu, Fondateur et Directeur de l’Institute for Economics and Enterprises

Il est temps de faire revivre l’individualisme ?

Un problème auquel sont confrontés les gens qui préfèrent généralement un gouvernement plus petit et limité ; propriété privée ; et le libre échange est ce qu’ils appellent eux-mêmes. Historiquement, le mot « libéral » était la réponse et l’est toujours dans de nombreuses régions d’Europe continentale. Cependant, dans le monde anglophone, en particulier aux États-Unis, le mot en est venu à désigner ceux qui favorisent un rôle interventionniste du gouvernement et une approche largement collectiviste de la politique et de la culture – une inversion presque complète du sens.

Il y a eu des efforts pour récupérer le terme par ceux qui se décrivent parfois comme des « libéraux à l’ancienne », mais ceux-ci n’ont pas réussi. Face à cette situation, les partisans de la position libérale originelle ont eu recours à un certain nombre d’expédients linguistiques. Pendant un certain temps, beaucoup ont adopté l’étiquette de « conservateur », qui était auparavant attachée à certains de leurs adversaires les plus résolus. Cette nomenclature, bien que largement utilisée aux États-Unis, n’a jamais fait son chemin ailleurs et ne s’y est pas encore complètement implantée. C’était en partie parce que de nombreux libéraux à l’ancienne refusaient de l’utiliser et aussi parce que le droit au label était vigoureusement contesté par ce que l’on peut appeler des conservateurs à l’ancienne ou « traditionalistes », qui revendiquaient un droit de premier usage.

Plus récemment, la plupart des partisans d’un gouvernement strictement limité ont opté pour le terme « libertaire », tandis que d’autres préfèrent le « libéral classique », plus savant. (J’ai utilisé les deux termes moi-même.)

Cependant, ces alternatives présentent toujours des problèmes et ne sont sans doute pas satisfaisantes. Comme l’a souligné FA Hayek, le terme « conservateur » n’apporte pas seulement des allusions à une tradition de pensée qui, bien que distinguée n’est pas « libérale » au sens ancien, il comporte également des implications d’une méfiance à l’égard de la raison et d’un scepticisme à l’égard du changement combiné à une révérence pour le passé et une affection pour des choses telles que la tradition, la hiérarchie et l’autorité, dont aucune ne fait partie intégrante de la tradition libérale historique, qui met l’accent sur la liberté individuelle, l’innovation et la responsabilité personnelle.

L’expression « libéral classique » est bien meilleure mais elle est maladroite et implique clairement que les idées sont une sorte de tradition préservée plutôt qu’un corps de pensée en développement. « Libertarian » est le plus populaire mais a ses propres inconvénients. En plus d’être un vilain mot, il implique pour quiconque connaît son histoire que la personne qui l’utilise comme étiquette est un anarchiste. Dans la plupart des cas, ce n’est pas vrai et cela prête à confusion. ?

Plus sérieusement, le terme « libertaire » attire l’attention sur une seule partie d’une philosophie beaucoup plus large : l’opposition à un gouvernement et à un pouvoir politique étendus. C’est en effet une partie centrale de la philosophie, mais ce n’est pas tout et l’utilisation du terme tend à faire en sorte que les autres éléments soient méprisés ou ignorés.

Est-ce vraiment un problème ? 

Si oui, est-ce suffisamment grave pour justifier une réflexion ? Ce n’est évidemment pas la difficulté la plus sérieuse, mais l’histoire et l’expérience politique suggèrent qu’elle est plus sérieuse qu’on ne pourrait l’imaginer. Tous les mots, et les étiquettes politiques en particulier, viennent avec toute une gamme d’associations historiques et culturelles et de significations secondaires qui ont un effet significatif sur la façon dont les gens réagissent aux individus et aux idées qui leur sont associées. Certaines étiquettes peuvent avoir une série d’associations si négatives qu’il est impossible de les utiliser pour identifier votre argument si vous voulez persuader les gens.

Aux États-Unis, par exemple, tout argument en faveur d’une plus grande décentralisation et d’une moindre centralisation est vain s’il est lié à l’expression « droits des États » en raison de l’association de ce terme avec le privilège racial et la ségrégation. D’autres mots portent tout un ensemble d’associations largement positives, ce qui rend les neutres plus favorablement disposés envers les arguments qui leur sont identifiés. C’était autrefois le cas du « libéral », c’est pourquoi les gens ont fait des efforts énormes et fructueux pour se l’approprier.

Il existe un terme disponible qui est rarement utilisé maintenant, mais qui était autrefois l’étiquette prédominante et acceptée pour l’ensemble des idées liées à la liberté et à la responsabilité personnelles. C’est « l’individualisme » – ou plutôt « l’individualisme ». Avant le milieu du XIXe siècle, le mot « individualisme » était rarement utilisé et, lorsqu’il l’était, c’était généralement au sens péjoratif, avec des connotations d’égoïsme et d’irresponsabilité. Cependant, à partir des années 1850 environ, toute une série d’écrivains des deux côtés de l’Atlantique (et pas seulement du monde anglophone) ont commencé à utiliser le mot et ses associés comme « individualité » de manière positive. À partir des années 1870, il a été capitalisé et utilisé comme étiquette politique.

La période entre 1880 et 1912 environ a vu un débat intense en Grande-Bretagne et dans l’Empire britannique, aux États-Unis et en France en particulier entre deux camps intellectuels assez bien définis et organisés, les individualistes autoproclamés et les collectivistes. Le deuxième groupe comprenait des socialistes fabiens et des progressistes américains (qui ont ensuite capturé le mot « libéral »), mais comprenait également des impérialistes conservateurs et des partisans de politiques telles que le nativisme et le racisme, ainsi que l’aile du parti républicain représentée par des personnalités telles que comme Théodore Roosevelt. (Beaucoup de progressistes socialistes et « de gauche » étaient également partisans de l’impérialisme, du racisme et de politiques telles que l’eugénisme – quelque chose aujourd’hui souvent oublié.)collectivisme , qu’il soit racial ou national. Elles étaient également associées à un certain nombre d’autres mouvements, surtout le féminisme, de nombreuses féministes de premier plan de l’époque s’identifiant fortement comme individualistes. Le cœur de l’argument était de savoir si le gouvernement a le devoir de promouvoir un bien-être collectif général, défini comme quelque chose au-delà de la poursuite du bonheur individuel, et s’il existe une identité collective qui l’emporte sur les revendications des hommes et des femmes individuels réels.

Le terme disparaît

Jusqu’aux années 1930, cette division entre individualisme et collectivisme était généralement considérée comme l’une des distinctions fondamentales de la politique moderne. Jusque dans les années 1930, l’opposition au New Deal provenait en grande partie de personnes qui s’identifiaient comme des individualistes et comme appartenant à ce qui était alors une tradition intellectuelle bien établie. Puis, tout à coup, dans les années 1940 et 1950, le terme a disparu de l’usage général en tant qu’étiquette politique et est revenu à un usage plus général, sans majuscule. Pourquoi cela s’est produit est un mystère, mais cela faisait clairement partie du remaniement général de la politique « de droite » qui a eu lieu avec l’avènement de la guerre froide.

Outre ses associations historiques, aujourd’hui largement oubliées mais mûres pour être redécouvertes, l’individualisme présente un certain nombre d’avantages par rapport à d’autres termes dans le monde contemporainIl a des connotations largement positives pour de nombreuses personnes mais crée également des divisions entre ceux qui répondent favorablement et d’autres qui ne le font pas plus clairement et clairement. En tant que tel, il envoie un message clair. Il a un large éventail de significations et d’associations en plus d’impliquer une vision claire du gouvernement et de son rôle, car il a également des implications sur les attitudes de chacun envers la culture, la philosophie et la vie sociale en général. Cela n’implique pas que si vous vous définissez de cette manière, vous êtes un partisan du statu quo (vous l’êtes peut-être, mais ce n’est pas l’implication clairement comprise du mot).

Il s’agit surtout de ce qui est de plus en plus le vrai débat dans les sociétés modernes. Depuis la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’Union soviétique, nous sommes de plus en plus revenus au débat de la période entre 1880 et 1914 entre des collectivistes de plus en plus agressifs de toutes sortes d’un côté et les défenseurs de l’autonomie individuelle et du choix volontaire de l’autre. Nous pouvons dire, et non ironiquement, « Individualistes du monde, unissez-vous ». Il est temps de dépoussiérer cette étiquette et de la raviver.

Cet Article a été publié initialement en anglais Foundation of Economic Education  et traduit en français par Institute for Economics and Enteprises

Par Stephen Davies, Responsable de programme à l’Institute for Humane Studies et Directeur de l’éducation à l’Institute for Economics Affairs de Londres.

Burundi : L’économie de marché pourra-elle sauver la population de leur pauvreté ?

Le Burundi est un petit pays d’Afrique centrale orientale dont le taux de pauvreté est supérieur à 60 %. Il est difficile pour de nombreux burundais d’accéder aux produits de première nécessité. Pour les uns, se nourrir est quasi impossible.  Plus de la moitié d’entre eux vivent avec moins de deux dollars par jour. Aussi, la faible croissance économique par rapport à la croissance démographique entraîne une hausse continue du taux de pauvreté, qui a atteint environ 87,1% en 2021, selon la Banque mondial.

Le capitalisme est bon remède pour la pauvreté ?

Les causes de la pauvreté peuvent être cherchées dans plusieurs angles comme nous le lisons dans cette analyse. L’accent est porté sur la catégorisation des causes. Pour les uns, la pauvreté est d’origine externe et pour les autres, interne. Pour nous, le problème n’est pas la question de cause à effet pour le moment. Mais plutôt de savoir la possibilité et le moyen de sortir de la pauvreté.  L’histoire montre que c’est possible de vaincre la pauvreté. Il suffit de tourner les yeux vers,par exemple, les pays comme la Chine et l’Inde. Et plutôt de se demander comment ont-ils possédé pour réussir ?  

Si l’on considère la période historique plus longue, on constate que les tendances actuelles ne sont que la continuation des victoires du capitalisme, économie de marché, dans la lutte contre la pauvreté. La majeure partie de l’histoire de l’humanité a été beaucoup caractérisée par quelques nantis et beaucoup de démunis. Cette situation a lentement commencé à changer avec l’avènement du capitalisme. Ainsi, les gains les plus importants dans la lutte contre la pauvreté ont eu lieu dans les pays qui ont ouvert leurs marchés, la Chine et l’Inde en sont témoins.

Comme l’auteur Steven Horwitz l’a remarqué, « Rien n’a fait plus pour sortir l’humanité de la pauvreté que l’économie de marché».  Regardez, aujourd’hui, dans les pays capitalistes, les pauvres vivent comme des rois, cela grâce à la libération du travail et à la possibilité d’accumuler du capital qui rend ce travail plus productif et enrichit même les plus pauvres. Sous l’impulsion du marché concurrentiel, économie de marché, et de ses signaux de profits et de pertes, les pauvres peuvent entreprendre une activité génératrice du revenu. Et à Steven Horwitz de conclure que « lorsque la recherche du profit et l’innovation sont devenues des comportements acceptables pour la bourgeoisie, la corne d’abondance a produit sa générosité, et même les plus pauvres ont partagé cette richesse ». Les inventions ne deviennent des innovations que lorsque les institutions adéquates existent pour qu’elles améliorent la vie des masses populaires, la population. C’est ce que le capitalisme a fait et continue de faire chaque jour. Et c’est pourquoi le capitalisme a été si bon pour les pauvres.

Est-il un bon modèle à suivre…. ?

Comme aussi l’auteur Steven Horwitz continue à le souligner, « une fois que les gens n’ont plus eu besoin de permission pour innover, et que la valeur des nouvelles inventions a été jugée en fonction des améliorations qu’elles apportaient à la vie des masses sous forme de profits et de pertes, les pauvres ont commencé à vivre dans le confort et la dignité. ».

Pour réduire la pauvreté, il est important d’embraser l’économie de marché.  C’est ce modèle qui est le plus important dans la promotion de l’esprit d’entreprise. Le marché libre ou libre-échange en est ingredient.  L’esprit d’entreprise ne peut pas évoluer dans un environnement des interventions étatique excessives.

Ces aspects ne découragent pas seulement l’esprit d’entreprise. Ils bloquent également la compétitivité et l’ouverture commerciale. Ces aspects rendent l’environnement des affaires difficile. Les hommes et femmes d’affaires externes et internes ne voient pas d’opportunités lucratives pour produire ou commercer dans un environnement pareil. Afin de réduire la pauvreté, il est impératif de sauver la liberté économique qui est basée sur le choix personnel, le commerce volontaire et la protection de la propriété privée. Il faut promouvoir le capitalisme conscient, l’économie de marché.

Par Lambert NDUWAYEZU, Fondateur et Directeur Exécutif de l’Institute for Economics and Enterprises

Burundi : Déficit budgétaire chronique, Comment faut-il combler le trou ?

Au Burundi, le déficit budgétaire augmente d’une année à l’autre. Cependant, il y a toujours lieu de se demander les principaux facteurs qui perdurent ce phénomène. Quels sont les effets du déficit budgétaire chronique ? Y aurait-il un moyen efficace pour rectifier le tir ? Analyse avec Lambert NDUWAYEZU, notre Fondateur et Directeur.

En date du 21/06/2022, le conseil des ministres s’est réuni pour analyser le projet loi budgétaire que le gouvernement burundais va utiliser au cours de l’exercice 2022-2023. Toujours, comme ça devient monnaie courante, le projet loi fait ressortir un déficit budgétaire.

Les exemples sont légions. Pour l’année budgétaire 2022/2023, les recettes globales passent de 1 562,06 milliards de BIF en 2021/2022 à 2193,6 milliards de BIF en 2022/2023, soit une augmentation de 40,4%. Quant aux charges, elles passent de 1 713,8 milliards de BIF dans le budget de l’Etat, Exercice 2021/2022 à 2 391,08 milliards de BIF dans le projet de budget de l’Etat pour l’Exercice 2022/2023, soit un accroissement de 39,5%. Le déficit global du projet du Budget général 2022/2023 s’élève à 197,4 milliards de BIF contre 151,8 milliards de BIF (2,02%) en 2021/2022, soit une hausse de 2,38 %.

Un déficit permanent, pourquoi ?

L’analyse des précédentes lois budgétaires ne peut pas laisser à chaque individu de conclure que le déficit va toujours en crescendo de l’année à l’année. Donc ce fléau devient permanent. Et il y a une raison pour cela. Les adeptes de la théorie keynésienne considèrent que le déficit budgétaire n’est pas mauvais. Pour eux, il stimule la « croissance » à long terme. Mais cette vision a été longtemps controversée par les adeptes de la liberté économique. La question n’est pas de comment stimuler la croissance, mais plutôt par qui et pourquoi la stimuler.

Et c’est avec ce dérangement des finances ? Donc, Il nous est impossible d’échapper à cette question de Fréderic Bastiat : « Pourquoi nos finances sont-elles dérangées ? »  Et d’en trouver la réponse également. « Parce que, pour les représentants, il n’y a rien de plus facile que de voter une Dépense et rien de plus difficile que de voter une Recette » première raison, et aussi « parce que Tout le monde veut vivre aux dépens de l’Etat et qu’on oublie que l’Etat vit aux dépens de tout le monde », deuxième raison.

Il n’est pas donc étonnant de trouver qu’un déficit budgétaire traduit une trop forte intervention de l’Etat dans les affaires économiques. Toujours il cherche à faire des dépenses excessives alourdissant les prélèvements obligatoires.

Des solutions

Plusieurs idées ont été avancées et continuent à être discutées sur comment réduire les déficits budgétaires. On est arrivé même à dire que si un Etat veut réduire son déficit budgétaire, il a le choix entre deux options : accroître les recettes fiscales tout en maintenant les dépenses constantes ou réduire les dépenses publiques à recettes fiscales stables. Le second choix est ordinairement le plus difficile à opérer. Car le problème ne se trouve pas là. Le problème est que, comme Bastiat l’a dit, « il veut tout faire ». Et cela conduira toujours les finances dans le rouge et elles ne tardèrent pas d’arriver dans le désarroi. Comment pensez-vous pouvoir en être autrement quand l’Etat est chargé de fournir tout à tous ?

Comme le second est difficile, les dirigeants se calment en pensant à combler le déficit par des « miracles ». Des solutions incertaines. Car le déficit surgit quand les dépenses excédent les recettes. Donc impossible d’accroitre les recettes à court terme pour combler le vide.  Ce qui fait que les déficits s’accumulent de l’année à l’autre. Et à long terme, cette évidence nous rattrape « être écrasé par des impôts, faire des emprunts sur emprunt, après avoir épuisé le présent, dévorer l’avenir ». Et voilà le mal !

Donc le mal est « d’être trop gouvernés », et avec cela, nous ne pouvons pas s’appuyer aux « miracles/aides » pour combler nos déficits. Il fait plutôt appliquer cette principe de subsidiarité : L’Etat doit se concentrer seulement sur les activités plus complexe que ses subalternes ne peuvent pas réaliser.

Par Lambert Nduwayezu, Fondateur et Directeur de l’ Institute for Economics and Enterprises

Pour réussir, la ZLECAf doit concerner le libre-échange réel, et non le « libre-échange » géré par le gouvernement

La zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est la plus grande zone de libre-échange au monde en nombre de pays. C’est le projet de libre-échange le plus ambitieux et, compte tenu des tendances démographiques, le plus prometteur au monde. La ZLECAf est très importante pour les économies africaines séparément et pour le développement économique collaboratif et intégré du continent. En cas de succès, il a également des implications importantes pour l’économie mondiale. En tant que tel, la ZLECAf est important. Pas seulement pour les Africains mais pour tout le monde

La ZLECAf a été créée en 2018 et les échanges commerciaux dans le cadre de l’accord ont officiellement commencé le 1er janvier 2021. Je dis officiellement car, curieusement, aucun échange n’a eu lieu dans le cadre de l’accord à ce jour. Plus d’un an plus tard. 

Bien qu’avec les gouvernements, presque tout prenne plus de temps et coûte plus cher qu’autrement, il est déroutant, troublant et peut-être aussi embarrassant que seize mois depuis le début des échanges, aucun échange n’ait eu lieu dans le cadre de la ZLECAf. Surtout si l’on considère que pour sortir des millions de personnes de la pauvreté et stimuler un véritable développement économique à travers le continent, les Africains doivent commercer librement les uns avec les autres à plus grande échelle.

Alors pourquoi le commerce n’a-t-il pas décollé dans le cadre de la ZLECAf ?

Non, ce n’est pas dû aux restrictions covid, à la guerre russo-ukrainienne ou à d’autres facteurs externes. La raison pour laquelle les sociétés africaines postcoloniales commercent à peine entre elles est philosophique. A l’indépendance, au lieu de démanteler les barrières mercantilistes coloniales pour rétablir un commerce libre et sans frontières entre Africains, les dirigeants africains, poussés par la pensée socialiste, ont doublé les régimes coloniaux étatistes et protectionnistes et, dans la plupart des cas, les ont rendus encore plus étatistes et répressifs. C’est essentiellement la raison pour laquelle le commerce intra-africain a été lamentablement faible.

Les systèmes économiques fortement étatiques de l’Afrique

Contrairement aux idées reçues, les économies d’aujourd’hui, du premier au tiers monde, ne sont pas capitalistes de marché libre. Même les États-Unis, le bastion du « capitalisme », ne sont pas une économie de marché. Au lieu de cela, nous, l’humanité, vivons sous des systèmes économiques étatiques de sévérité variable. 

Comme expliqué dans cet article , certains des systèmes les plus étatiques (c’est-à-dire cruels et oppressifs) se trouvent en Afrique. La grande majorité des pays africains sont régulièrement classés comme étant pour la plupart non libres et réprimés dans l’indice de liberté économique de la Heritage Foundation. Deux exceptions rafraîchissantes sont Maurice, qui se classe comme étant principalement libre, et le Botswana, qui se distingue par son succès économique relatif. 

Dans ce contexte de systèmes économiques étatiques répressifs, il ne faut pas s’étonner que, seize mois plus tard, aucun commerce n’ait eu lieu dans le cadre de la ZLECAf. Autrement dit, le commerce n’a pas encore eu lieu en raison du degré suffocant de répression économique et monétaire imposé aux Africains par les gouvernements africains.

Les politiciens et les bureaucrates africains, dont la plupart ont des opinions étatistes/socialistes, hésitent encore à démanteler les nombreuses barrières artificielles qui répriment le commerce entre Africains. Le paradoxe ici est que les politiciens mêmes qui ont ratifié l’accord pour établir un marché unique africain sont les mêmes politiciens qui hésitent à démanteler les barrières artificielles coloniales et postcoloniales qui empêchent les Africains de commercer librement. Il faudra de l’audace et un changement tectonique de la pensée économique pour que le commerce intra-africain décolle et pour que la ZLECAf réussisse : les politiciens africains devront supprimer les nombreuses barrières économiques et monétaires artificielles en place. 

Oui, l’existence de la ZLECAf est une preuve claire et en effet remarquable de l’engagement des dirigeants africains à créer un marché unique africain. Mais à quel point le marché sera-t-il libre ou non ? Je soutiens qu’il doit être véritablement gratuit.

Bien que la ZLECAf soit une étape décisive vers le libre-échange en Afrique, son succès n’est pas garanti en raison de la pensée économique étatiste/socialiste parmi les décideurs africains et de la prévalence de l’anti-marché libre, de l’anti-libre-échange et de l’anti-libre entreprise. croyances du public.

Désormais, le secrétariat de la ZLECAf pourrait engager une grande société de conseil pour analyser pourquoi le commerce n’a toujours pas eu lieu. Le cabinet de conseil proposerait, bien sûr, une pile de graphiques et de chiffres expliquant les nombreuses raisons pour lesquelles il en est ainsi. Cependant, la raison fondamentale est philosophique et se cache à la vue de tous. 

La ZLECAf peut être abordée de deux manières

Les dirigeants politiques africains peuvent aborder la ZLECAf de deux manières : la voie du marché ou la voie étatique.

De manière étatique, les gouvernements jouent le rôle principal dans le contrôle central, le commandement et la régulation de l’activité économique (c’est-à-dire la vie des gens). Telle a été l’approche en Afrique depuis « l’indépendance », qui, de toute évidence, n’a pas réussi à créer des sociétés africaines libres et prospères. 

La voie du marché est le système économique naturel. Les individus existaient bien avant l’émergence du gouvernement ou de l’État. La vie humaine, l’action humaine (rationnelle et déterminée), la coopération humaine, la propriété, et donc les marchés libres, le libre-échange et la libre entreprise sont bien antérieurs à l’État et à toutes les formes de gouvernement. Avec l’approche du marché, les dirigeants africains laisseraient enfin les Africains vivre, se déplacer, produire, innover et commercer librement dans la ZLECAf. 

En revanche, la voie étatique continuerait de réprimer et donc de saper gravement le plein potentiel de la ZLECAf. Les politiciens et les bureaucrates continueraient à détenir le pouvoir sur l’économie (c’est-à-dire la vie des gens). Par conséquent, la corruption, le copinage, la tyrannie, l’injustice, la recherche de rente, le détournement de fonds, le favoritisme, le chômage de masse, l’inflation galopante, la dette écrasante, la fiscalité lourde et la pauvreté généralisée, pour ne citer que quelques problèmes, continueraient probablement comme ils l’ont fait au cours des cinquante dernières années. . Plus tragiquement, le dividende démographique sans précédent de l’Afrique et l’énergie entrepreneuriale des jeunes resteraient largement réprimés et donc gaspillés, comme c’est le cas aujourd’hui. 

La voie du marché est le seul moyen de générer un développement économique généralisé, décentralisé et durable. Le marché libre est le seul système économique durable. C’est aussi le seul système qui garantit que le dividende démographique de l’Afrique devienne une grande bénédiction et non une grande malédiction. En d’autres termes, l’approche axée sur le marché est le seul moyen de garantir que le plein potentiel de la ZLECAf est réalisé. Il n’y a pas de troisième voie. Un système économique peut être dirigé soit par le marché, soit par l’État.

Les Africains doivent à nouveau commercer librement 

Le libre-échange géré par le gouvernement n’est pas du libre-échange. La ZLECAf devrait porter sur le véritable libre-échange. Un seul marché libre africain.

Forbes Afrique pose la question : « La ZLECAf sera-t-il le cœur de l’économie mondiale ? »

La ZLECAf a le potentiel de devenir le cœur de l’économie mondiale. Mais les décideurs africains doivent nécessairement abandonner leurs vues économiques étatistes et socialistes profondément enracinées et adopter les marchés libres, le libre-échange et la libre entreprise. 

Plus important encore, les dirigeants africains doivent adopter l’héritage économique de l’Afrique en matière de marchés libres, de libre-échange et de libre entreprise, car c’est le seul moyen de recréer un commerce africain libre et sans frontières, qui libérerait le continent de son héritage colonial pernicieux et omniprésent, comme l’a expliqué Dr. Steve Davies dans Restoring Trade in Africa: Liberating the Continent from the Colonial Legacy .

Dans « L’humanité du commerce », Frank Chodorov précise :

« Testons les affirmations des « protectionnistes » par une expérience de logique. Si un peuple prospère grâce à la quantité de biens étrangers qu’il n’est pas autorisé à posséder, alors un embargo complet, plutôt qu’une restriction, lui ferait le plus grand bien. Poursuivant ce raisonnement, ne serait-il pas préférable que chaque communauté soit hermétiquement isolée de sa voisine, comme Philadelphie de New York ? Mieux encore, chaque ménage n’aurait-il pas plus sur sa table s’il était contraint de vivre de sa propre production ? Aussi stupide que soit cette reductio ad absurdum, elle n’est pas plus stupide que l’argument « protectionniste » selon lequel une nation s’enrichit de la quantité de biens étrangers qu’elle garde hors de son marché, ou l’argument de la « balance commerciale » selon lequel une nation prospère grâce à l’excédent de ses exportations sur ses importations. »

En effet, il n’y a pas d’arguments convaincants que les protectionnistes peuvent utiliser pour justifier la balkanisation économique en Afrique et la poursuite des nombreuses restrictions tarifaires, non tarifaires et autres restrictions artificielles qui empêchent les Africains de commercer librement.

La plupart des sociétés africaines se situent essentiellement au même niveau de développement économique et de précarité socio-économique. Maintenir les barrières artificielles au commerce entre Africains, ou ne les supprimer que partiellement, est aussi absurde que les Caroliniens du Sud se sentent économiquement menacés par les Caroliniens du Nord et militent pour des barrières commerciales.

Dans son article « L’ZLECAf pourrait-elle recréer les réseaux commerciaux africains perdus ? », note Alexander Jelloian :

« Le colonialisme a provoqué une augmentation des politiques commerciales protectionnistes alors que les puissances européennes ont divisé l’Afrique sans accorder une attention suffisante aux facteurs sociaux, économiques ou géographiques. Les contrôles exercés par les autorités coloniales ont restructuré la vie économique loin des relations commerciales naturelles qui existaient depuis des centaines, voire des milliers d’années. Dans la plupart des États, la situation ne s’est pas améliorée après l’indépendance, car de nombreux nouveaux dirigeants africains ont poursuivi un développement dirigé par l’État et espéraient que la substitution des importations stimulerait la fabrication nationale. L’industrialisation n’a jamais eu lieu de manière substantielle dans la majeure partie du continent. Les gouvernements post-indépendance qui ont poursuivi le socialisme africain ont généralement maintenu à ce jour des tarifs élevés et des contrôles aux frontières, qui continuent d’étouffer la croissance économique. »

Conclusion 

Pour réussir, la ZLECAf doit porter sur le véritable libre-échange et établir un marché unique africain libre Le « libre-échange » géré par le gouvernement n’est pas du libre-échange.

Aborder la ZLECAf avec la pensée économique fortement étatique d’aujourd’hui est une recette pour l’échec complet ou partiel de la ZLECAf, le projet de libre-échange le plus ambitieux et le plus prometteur au monde. Parce que la ZLECAf est très importante pour des raisons qui vont au-delà du libre-échange, il est vital d’assurer son succès. 

Même s’il est difficile d’imaginer que les gouvernements africains abandonnent le contrôle répressif et le pouvoir de commandement qu’ils ont accumulé sur la vie des Africains depuis l’indépendance, il est néanmoins vital que les dirigeants africains abandonnent les concepts étatiques importés et adoptent véritablement l’héritage économique de l’Afrique des marchés libres, le libre-échange et la libre entreprise si la ZLECAf doit réussir à assurer un développement économique continental intégré, décentralisé, élargi et durable. 

Les dirigeants africains actuels et futurs doivent supprimer toutes les restrictions artificielles qui suppriment, répriment et entravent autrement la libre production, l’échange et la consommation de biens et de services en Afrique.

Cet article a été publié initialement en Anglais  par Mises Institute et a été traduit par l’Institute for Economics and Enterprises.

Auteur :

Manuel Tacanho est le fondateur d’Afridom, une start-up bancaire numérique solide basée sur l’argent pour l’Europe et l’Afrique. Il est également un défenseur des marchés libres et de l’argent sain pour le développement économique de l’Afrique.