Impact du covid-19 sur le secteur privé dans la CAE et le rôle des jeunes dans la relance économique.

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A l’ère du déclenchement de la pandémie de covid-19, l’économie mondiale a connu une forte baisse, notamment celle des pays en développement qui ont vu leur petit revenu fondre comme une boule de neige, en raison des fermetures de frontières, des mesures de confinement et autres mesures de riposte qui ont affecté la production des entreprises et le libre-échange transfrontalier. Néanmoins, les jeunes ont un rôle majeur dans la relance des économies, en particulier dans les pays de la communauté est-africaine.

Commençons par le Kenya, le géant économique de l’EAC. Les chiffres indiquent qu’environ 93 % des entreprises ont connu une baisse de leurs ventes par rapport à la même période de l’année précédente. Les ventes ont chuté d’environ 50 % dans les entreprises kenyanes moyennes et médianes, et de plus de 70 % pour un quart des entreprises. Près de 65 % des entreprises connaissent une baisse de la demande, des flux de trésorerie et des financements disponibles. De plus, les entreprises s’attendent à ce que les ventes continuent de baisser au cours des prochains mois. La pandémie affecte de manière disproportionnée les petites entreprises et les entreprises appartenant à des femmes.

Selon le bulletin économique trimestriel de la Banque de Tanzanie (BoT), la croissance du crédit au secteur privé par les banques commerciales a chuté à 2,3 % en mars 2021, en grande partie en raison de l’impact de la pandémie de Covid-19 sur la demande et l’offre de divers produits. Au premier trimestre de cette année, les activités économiques qui ont enregistré des taux de croissance négatifs comprenaient le bâtiment et la construction, le commerce, l’agriculture, la fabrication ainsi que les mines et les carrières. Le crédit au secteur de la construction a enregistré une croissance négative de -11,9 (moins 11,9) pour cent tandis que celui du commerce était de -10,3 (moins 10,3) % tandis que celui de l’agriculture était de -8,1 (moins 8,1) %. de -2,4 (moins 2,4) pour cent.

En Ouganda, de sévères limitations du transport international ont réduit les exportations et le tourisme et restreint l’accès aux principaux intrants industriels. Dans le même temps, l’effondrement de l’économie mondiale a réduit la demande globale et réduit les envois de fonds des Ougandais vivant à l’étranger. Les mesures de confinement entre mars et mai 2020 ont aggravé les difficultés économiques en empêchant les personnes de travailler et en limitant la mobilité interne. En raison de la crise mondiale, la croissance du PIB a ralenti, passant de 6,8 % au cours de l’exercice 2018/19 à 2,9 % au cours de l’exercice 2019/20, et devrait croître à un niveau similaire au cours de l’exercice 2020/21. 75 % des entreprises des secteurs de la fabrication, de la vente au détail et des services signalent des difficultés d’accès aux intrants, et 55 à 66 % signalent des difficultés d’accès aux fournisseurs. Dans le même temps, le manque de liquidité est signalé comme une contrainte majeure.

Le Burundi, le Rwanda et le sud du Soudan sont des pays enclavés, qui sont durement touchés par le manque d’approvisionnement par la fermeture de l’accès à l’océan et à la mer, qui a causé le manque de monnaie au Burundi. Le Rwanda était en plein boom économique avant l’apparition du nouveau coronavirus. La croissance économique avait dépassé la barre des 10% en 2019, principalement en raison des importants investissements publics réalisés pour la mise en œuvre de la stratégie nationale de transformation. Les projections prévoyaient que cet élan se poursuivrait en 2020.

Cependant, la pandémie de COVID-19 a freiné brutalement le commerce international des biens et des services, avec des répercussions profondes sur l’économie mondiale. Les exportations et le tourisme sont durement touchés par les graves perturbations affectant le commerce et les voyages internationaux.

Les jeunes, moteur de relance économique ?

Dans la communauté Est Africaine, la plus grande portion de la population est jeune. Cette dernière travaille bec et ongle pour survivre, leurs maigres ressources les empêchent de créer leurs propres emplois dans une région soumise aux multiples barrières non tarifaires en matière de création d’une entreprise. Ils font face au chômage récurrent malgré la volonté d’innover et d’inverser les tendances.

La quasi-totalité des jeunes entrepreneurs sont des start-ups ou travaillent dans le secteur informel. Sur le marché, il faut un parcours de combattant pour naviguer sur les rails des mastodontes qui détiennent parfois des monopoles et par conséquent, les petites entreprises se retrouvent phagocytés juste quelques temps après le démarrage. C’est pourquoi à notre avis les gouvernements devraient mettre en place un système économique favorisant une libre concurrence et l’accessibilité du marché pour tous.

S’agissant de la construction d’un système économique post-pandémique, il convient également de noter que les jeunes sont un atout considérable. En mettant en place des mesures qui stimulent la libre entreprise et l’innovation, les start-ups pourraient sans doute décoller et contribuer dans la promotion de l’innovation ainsi que la création de l’emploi. De cette façon, ils contribueront à la réduction du chômage, à la productivité, au développement de la richesse et à l’économie du pays.

À l’aube de la ZLECAf, Les Etats de l’EAC devraient adopter une politique de promotion des petites et moyennes entreprises, et mettre en place un système d’allègement fiscal favorable aux jeunes startups. Quant aux institutions financières, elles doivent accorder aux jeunes entrepreneurs l’accès facile aux crédits à des taux d’intérêt préférentiels afin que leurs entreprises puissent s’essouffler dans les premières années d’existence. C’est à ce prix que les jeunes entrepreneurs pourront à leur tour créer des emplois durables et contribuer de manière considérable dans la relance de l’économie de la communauté de l’Afrique de l’Est.

Par Edgar Mugenzi, Analyste

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