Burundi : L’entrepreneuriat agricole pourrait-il booster l’employabilité des jeunes ?

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Au Burundi, le secteur agricole emploie plus de 80% de la population, pratiqué majoritairement par les femmes, ce secteur est une alternative pour faire face au chômage juvénile croissante.

Des chiffres sont là pour nous donner raison. Selon le recensement des jeunes chômeurs diplômés fait en 2020, quatre cents mille jeunes chômeurs diplômés sans emplois ont été recensés au moment où les fonctionnaires de l’Etat avoisinent cent vingt milles. Plus de 93% des jeunes lauréats des universités passent cinq ans avant de trouver le premier emploi sans oublier aussi les jeunes qui ne parviennent pas à continuer leurs études universitaires et qui restent chômeurs. Les jeunes chômeurs sont donc trois fois supérieurs à ceux qui ont un emploi, donc à la capacité d’embauche du pays.

De surcroît, d’après le Centre Diocésain de Communication(CEDICOM) sur la lutte contre le chômage des jeunes au Burundi, le milieu rural comporte 55,4% de chercheurs d’emploi alors qu’en milieu urbain les chiffres de demandeurs d’emplois culminent à 65,4%.

La place de l’agriculture dans le PAEEJ

Le Programme d’autonomisation Economique et d’Emploi des Jeunes Diplômés, PAEEJ vise à soutenir les jeunes à créer leur propre emploi et n’est pas toisé l’état pour la recherche de l’emploi. Aussi des nouvelles banque en faveur des jeunes ont été créés notamment la BIJE (Banque d’Investissement des Jeunes) et le FIGA (Fonds d’Impulsion, de Garantie et d’Accompagnement) qui pourront collaborer avec le PAEEJ pour accompagner les jeunes dans leurs développements personnelles.

Selon Pr Désiré Manirakiza, coordinateur national du PAEEJ, ce dernier est doté d’une enveloppe de 48 milliards FBU pour une période de 4 ans pour soutenir l’entrepreneuriat et la création de l’emploi chez les jeunes frappés de plein fouet de chômage. Selon lui, le PAEEJ développe les 7 domaines : l’agrobusiness, l’industrie, la petite et la moyenne puis l’énergie, les TIC, l’écotourisme, l’eau et l’assainissement, et enfin le transport. Cependant, cette année est dédié à l’agriculture qui aura une enveloppe remarquable.

Comment rectifier le tir ?

selon le Plan National de Développement 2018-2027, l’agriculture contribue à elle seule à hauteur de 39,6 % au PIB du pays, offre 84% d’emplois, fournit 95% de l’offre alimentaire et constitue le principal pourvoyeur de matières premières à l’agro-industrie et de l’emploi à une grande masse de la population.

À mon humble avis, l’Etat devrait libéraliser ce secteur en laissant le choix aux agriculteurs pour cultiver les cultures en fonction des demandes se trouvant sur le marché. Il ne devrait pas aussi s »interférer dans la fixation des prix de n’importe quelle culture car les prix se régulent eux même suivant la loi de l’offre et de la demande.

Dans ce cas, les jeunes seront libres de concevoir des projets agricoles innovants et stimuler l’esprit de la libre entreprise dans l’entrepreneuriat agricole, ce qui pourrait booster les exportations des produits manufacturés et le PIB par ricochet.


Par Guy Marie Eloi IGIRUBUNTU

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