Burundi : Entre monopole et capitalisme, dans quelle voie faut-il cheminer le secteur agricole ?

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Le secteur agricole figure sur la liste des priorités budgétaires 2022-2023 du Burundi, avec une enveloppe de 80 milliards de francs burundais. Cette somme sera principalement affectée à la subvention des engrais organo-mineraux, la production des semences sélectionnés et le repeuplement des cheptels. Plusieurs questions taraudent notre blogueur Guy Marie Eloi sur les stratégies retenues pour améliorer la production agricole ? 

Pendant plus de trente ans, l’agriculture et l’élevage ont été les parents pauvres des investissements nationaux, à tel point que le budget alloué à l’agriculture et l’élevage oscillait entre 5 et 7%. Nonobstant, ce secteur reste jusqu’ici le principal source de revenus au Burundi depuis son indépendance , elle constitue 90% de l’emploi totale et contribue 50% dans le PIB actuellement. En dépit des initiatives visant à réduire les milliers barrières qui empêchent ce secteur à s’épanouir, le chemin reste encore trop long.

En effet, les monopoles et les irrégularités dans la distribution des engrais chimiques et les monopoles dans l’achat et la vente des récoltes par les pouvoirs publics constituent un obstacle de front dans l’accessibilité équitable du marché et la disponibilité des produits agricoles sur le marché au moment opportun, d’où l’instabilité récurrente des prix.

Les défis à relever ?

Les principaux défis souvent rencontrés dans ce domaine est la monopolisation des grands fournisseurs des intrants agricoles indispensables pour la grande production d’une part. L’achat et la distribution des engrais minéraux sont très difficiles. « On est contraint d’utiliser le seul engrais Fomi disponible au Burundi même si sa distribution reste à améliorer », nous raconte Thierry, un cultivateur de Ngozi

Il ajoute que le retard de la distribution des engrais chimiques influence leur niveau de production parce que il arrive que la saison pluvieuse se termine longtemps avant le moment de récolte :  » Le retard de la distribution des engrais induit automatiquement le retard de la plantation, ce qui rapporte ainsi le moment de récolte. Or la pluie peut disparaître dans certaines mesures avant la maturation des plantations, d’où la baisse de la production« , poursuit Thierry.

Parallèlement, le secteur agricole n’est pas libéralisé, le monopole sur l’achat et la vente des récoltes paralyse de plus en plus l’accessibilité des produits sur le marché, ce qui induit la pénurie et l’inflation de certains produits agricoles sur le marché. D’ajouter, les exportations agricoles restent toujours centrées sur un petit nombre de plantes industrielles dont le thé, café et le coton.

Libéralisation du secteur agricole, une solution ?

Pour moderniser l’agriculture au Burundi, les décideurs doivent miser au libéralisation et professionnalisation du secteur. Cela n’impliquerait pas des interférences de l’État dans ce domaine, plutôt une bonne libéralisation du secteur agricole axé sur la libéralisation des intrants, la libéralisation du marché d’écoulement, en jouant sur les prix que le marché fixe lui-même et non pas celui de l’état est très encourageable.

Cela pourrait alors contribuer dans l’amélioration de l’entrepreneuriat rural, fondé principalement sur l’agriculture et l’élevage, ce qui crée les emplois dans le domaine agricole et à la fin du compte la pauvreté, la faim dans les ménages, le chômage élevé qui sévit notre pays seront éradiquer progressivement et porter l’espoir sur la croissance de l’économie nationale. De cette manière le capitalisme agricole peut faciliter l’accessibilité des produits sur les marchés et contenir toute sorte d’inflation par la libéralisation du marché agricole.

Par Guy Marie Eloi Igirubuntu

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