Burundi : Corruption, une taxe de plus qui tend à perdurer ?

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Alors que l’élargissement de l’assiette fiscale ne cesse d’aller crescendo, la corruption n’est pas en reste. Elle devient de plus en plus comme une obligation fiscale dans les services publics ce qui n’est pas sans conséquences sur l’économie du pays. Pour se rendre compte, une petite culbute dans cette analyse avec notre confrère Lionel Jospin MUGISHA. 

C’est une réalité cousue de fil blanc, la corruption est présente dans toute la vie du Burundi. Les faits sont là et les enquêtes en témoignent. Selon une enquête, la police, la magistrature, et l’Office Burundais des Recettes (OBR) sont considérées corrompus par les plus grandes proportions de la population Burundaise. Pour y voir clair, au sein de l’administration, aucune grille tarifaire n’est respectée. Tout se négocie de bouche-à-oreille.

A titre illustratif, pour avoir un permis de conduire ou un autre document de voyage, en plus des frais de ces documents il faut donner quelque chose aux personnels qui délivrent ces documents. D’ailleurs, il suffit de regarder sur les routes la manière dont les policiers affectés à la circulation routière prennent sans cesse de l’argent à la population. C’est un vol en bonne et due forme.

Tenez, tout le monde sait que dès qu’un policier te siffle, quelle que soit l’infraction, il faut prévoir au moins 5000 BIF. Pour avoir accès au permis de conduire ou passeport il faut prévoir 500 mille BIF et 250 mille BIF respectivement. Certains payaient 10 000 BIF pour avoir leur carte d’identité. « J’ai reçu des contrôleurs venus collecter l’impôt. Mais, après discussions, ils  m’ont exigé de verser un montant forfaitaire dans le compte du Trésor public afin que l’excédent leur revienne sur place. C’est un vol légalisé »raconte Marc, entrepreneur.           

Pourtant,…

Les conséquences sont légions. Là où il y a la corruption, il y a moins d’investissements. Certains individus ne se sentent pas libres de faire des affaires. Les entreprises privées sont déstabilisées par un jeu de corruption qui engendre une concurrence déloyale. Et par ricochet, affaibli l’attractivité du pays pour les investisseurs étrangers et attiser l’inefficacité de la politique de mobilisation des revenus de l’état ce qui ne fait qu’empire l’élargissement de l’assiette fiscale. Or, les entreprises constituent les poumons de l’économie du pays. Elles sont l’un des principaux moteurs de l’innovation, de la création des richesses et de l’emploi.

L’éradication de la corruption, l’urgence absolue

Au regard de ce qui précède, il est urgent de mettre en place une politique pour éradiquer la corruption. La corruption ne fera avancer le pays. En réduisant la corruption liée aux entreprises, le gouvernement permettra de densifier et de solidifier l’écosystème entrepreneurial Burundais. Il s’avère alors primordial de mettre l’accent sur la liberté économique, car l’éradication de la corruption est impossible dans un contexte d’absence de liberté économique. C’est une voie de sortie privilégiée.

Tout en se rappelant des promesses de la Campagne Ndeka Ngerageze, l’État ne devrait pas se limiter à barrer les routes du progrès au cours de cette année. Aussi longtemps que le gouvernement ne tiendra pas compte de la liberté économique, la croissance économique restera un vrai labyrinthe.

A propos de l’Auteur :

Lionel Jospin MUGISHA est en agent de développement. Il est l’analyste en politique public et aussi défenseur de la liberté économique

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