Africa Liberty Camp 2022: L’apport de la culture libertaire dans la prospérité

Signé sous le thème : « LIBERTE, CULTURE ET PROSPERITE », Africa Liberty camp 2022 est une retraite qui réunit l’élite libertaire et les jeunes africains passionnés par les idées libertaires à travers une formation accélérée sous formes de conférences, panel et ateliers. Ce programme vise à co-créer et à renforcer les capacités des jeunes leaders pour la liberté, permettre leur réseautage et mettre à leur disposition des auteurs et des mentors qui peuvent faciliter leur développement professionnel.

En effet, cet évènement hors du commun a vu la participation du professeur Ken Schoolland, auteurs du livre : « Les aventures de Jonathan Gullible » dont notre institut vient de traduire en français et d’autres orateurs et panelistes venus de différents horizons du monde pour discuter et apprendre la contribution des idées libertaires dans la prospérité du continent. Le Burundi était représenté par l’équipe de Institute for Economics and Enterprises.

La liberté économique et la prospérité en Afrique, comment gagner le pari?

S’agissant du continent africain, la pauvreté est une conséquence de plusieurs facteurs dont la mauvaise gestion des ressources et la structure naturelle des économies  locales maintiennent le berceau de l’humanité dans une dépendance économique. Selon le professeur Ken Schoolland, le plus  urgent  pour l’Afrique est de créer des sociétés productives : «  La question n’est pas pourquoi il y a la pauvreté la bas, la vrai question est pourquoi il y a la prospérité la bas. Chaque société a un degré différent de respect des droits individuels, de la liberté personnelle et responsabilités. Ce respect forme alors les caractéristiques et les politiques d’une société productive qui peut être exploré et créer la prospérité», Explique cet universitaire.

Pour créer la prospérité, l’Afrique doit sans douter s’appuyer aux principes de la liberté économique et miser sur son potentiel. Li Schoolland (Made in Chine) est née en chine sous le régime communiste qui avait maintenu son pays dans une pauvreté extrême. En expliquant la transition entre le parcours de la chine pauvre vers la chine puissance mondiale, elle souligne que l’Afrique devrait s’en inspirer : « Pendant mon enfance, la Chine avait la difficulté de nourrir son peuple parce que le pouvoir publique détenait la monopole absolue et dictait le modèle de vie ».

Pour vaincre la pauvreté, les chinois ont compris qu’il y a un manque à résoudre et ils se sont mis à l’œuvre parce que le gouvernement ne pouvait plus assurer leur survie. De là, le secteur privé commencèrent à se développer et à générer des emplois et des revenus. Il faut donc que les pays comprennent que ce n’est pas le gouvernement qui génère des revenus, au contraire il  fonctionne par les impôts et taxes récoltés auprès des opérateurs privées, raison pour laquelle il faut défendre la liberté économique qui est la seule garantie de la prospérité.

 Quid de l’impact du mouvement libertaire en Afrique

Le mouvement libertaire est rependu dans presque tous les pays en Afrique, dans les institutions universitaires, organisation non gouvernementale et Think Tank. Des milliers de jeunes suivent des formations, bénéficient des mentorats et participent dans la promotion des idées libertaires à travers le volontariat et l’implantation des Think Thank dans leur pays d’origine.

Au Burundi, Institute for Economics and Enterprises< ne fait pas exception. Il forme et éduque les jeunes leaders burundais sur les principes et l’impact d’une société libre : « Notre objectif est de continuer à créer des opportunités de réseautage pour les jeunes intentionnés. Nous cherchons toujours à assurer leur apprentissage et leur croissance en matière des idées libertaires, ainsi qu’à les mettre en contact avec des personnes qui seraient utiles dans l’aboutissement leurs rêves. », Conclut Lambert NDUWAYEZU, Fondateur et Directeur Exécutif.

Par Edgar MUGENZI, Editeur en Chef à l’Institute for Economics and Enterprises

Qu’est-ce que l’échange selon Fréderic Bastiat ?

Bastiat était un journaliste, économiste puis homme politique français, Frédéric Bastiat (1801-1850). Aujourd’hui, il est souvent considéré comme l’un des pionniers du libéralisme, qu’il qualifie de système fournissant « l’harmonie des intérêts ».

Il est farouchement opposé au protectionnisme. Il accuse les barrières commerciales d’entretenir des prix élevés, ce qui a pour conséquence de ne pas stimuler l’activité économique et la concurrence et de brider la progression du pouvoir d’achat. Il critique avec virulence toute intervention de l’Etat qu’il considère comme étant « la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde ». Il estime que la richesse bénéficie à tous, « Le profit de l’un est le profit de l’autre ».  Signalons qu’aujourd’hui, on qualifierait ce système de relation liée à cet effet de relation comme relation « gagnant-gagnant ».

Sa vision sur l’échange

En lisant les œuvres complètes de Fréderic Bastiat, Tome 2, nous pouvons comprendre ce que Fréderic Bastiat pensait sur l’échange et la conséquence dans sa privation. Je vous présente l’extrait du texte :

« L’échange est un droit naturel comme la propriété. Tout citoyen, qui a créé ou acquis un produit, doit avoir l’option ou de l’appliquer immédiatement à son usage, ou de le céder à quiconque, sur la surface du globe, consent à lui donner en échange l’objet de ses désirs.

Le priver de cette faculté, quand il n’en fait aucun usage contraire à l’ordre public et aux bonnes mœurs, et uniquement pour satisfaire la convenance d’un autre citoyen, c’est légitimer une spoliation, c’est blesser la loi de la justice.

C’est encore violer les conditions de l’ordre, car quel ordre peut exister au sein d’une société où chaque industrie, aidée en cela par la loi et la force publique, cherche ses succès dans l’oppression de toutes les autres.

C‘est méconnaître la pensée providentielle qui préside aux destinées humaines, manifestée par l’infinie variété des climats, des raisons, des forces naturelles et des aptitudes, biens que Dieu n’a si inégalement répartis entre les hommes que pour les unir, par l’échange.

C’est contrarier le développement de la prospérité publique, puisque celui qui n’est pas libre d’échanger, ne l’est pas de choisir son travail, et se voit contraint de donner une fausse direction à ses efforts, à ses facultés, à ses capitaux et aux agents que la nature avait mis à sa disposition.

Enfin c’est compromettre la paix entre les peuples, car c’est briser les relations qui les unissent et qui rendront les guerres impossibles, à de les rendre onéreuses. »

Extrait des œuvres complètes de Fréderic Bastiat, Tome 2

Le libre échange a beaucoup des avantages dans la promotion de l’esprit d’entreprise et la stimulation de la croissance économique des pays. Si les décideurs politiques qui souhaitent en finir avec la pauvreté dans leurs pays en fait la promotion, nous sommes conscients que la grande partie de la population verront leurs vies améliorées et sortiront de leur pauvreté absolue.

A bon entendeur, Salut

Par Lambert Nduwayezu, Fondateur de l’Institute for Economics and  Enterprises

L’avenir plus libre de l’Afrique ? 

La publication du mois dernier de l’ indice annuel de liberté économique 2022 de la Heritage Foundation est devenue une lecture difficile pour tous ceux qui s’intéressent à la prospérité future de l’Afrique. Malheureusement, le rapport a révélé que non seulement la liberté économique est en baisse à travers l’Afrique, mais pour aggraver les choses, c’est le cas depuis plusieurs années.

Cette tendance est inquiétante car les preuves montrent que les pays où les gens jouissent de niveaux de liberté économique plus élevés ont tendance à avoir des populations plus riches, des environnements plus propres, de meilleurs résultats en matière de santé et un meilleur accès à l’éducation par rapport à ceux qui vivent dans des pays où la liberté économique est moindre.

Dans l’indice de liberté économique 2022, 47 pays composent l’Afrique subsaharienne. Sur ces 47 pays, neuf ont amélioré leur note, un est resté constant et les 37 autres ont vu leur note diminuer. Une vague aussi écrasante de mouvement contre la liberté économique dans la plupart des États africains crée un précédent inquiétant. En outre, la détérioration des scores de pays tels que le Rwanda, la Namibie, la Tanzanie, l’Afrique du Sud et le Botswana est préoccupante. Trois de ces pays ont été classés comme « modérément libres » dans l’indice 2021 et sont tombés dans la catégorie « principalement non libres » cette année. Le déclin du Rwanda a été particulièrement grave puisqu’il a perdu 11,2 points au cours de l’année écoulée (noté sur 100), la plus grande perte de tous les pays de la région.

Le score moyen en Afrique subsaharienne pour la liberté d’entreprise, l’efficacité judiciaire, l’intégrité du gouvernement et les droits de propriété est tous d’au moins 10 points inférieurs aux moyennes mondiales. Bien que les avantages de la liberté économique pour des populations entières soient clairs, les groupes d’intérêt et les acteurs privés sont souvent incités à la saper à des fins personnelles.

L’augmentation du chômage, la hausse des taux d’inflation et le stress économique de la pandémie de Covid-19 se sont tous combinés pour placer l’Afrique dans une position de plus en plus périlleuse. La pression du monde développé pour réduire les émissions de carbone de l’Afrique par le biais des réglementations de la COP-26 rend encore plus la prospérité économique de la région.

Malheureusement, le déclin de la liberté économique en Afrique n’est pas une tendance qui résulte simplement de la pandémie de Covid-19 et des politiques de confinement qui ont suivi. Alors que la plupart des pays africains ont connu une liberté économique accrue pendant la majeure partie des années 2000, les scores sont en baisse depuis 2017 – deux ans avant la pandémie de Covid.

Cependant, heureusement, tout n’est pas sombre.

Ces derniers temps, il y a eu plusieurs développements bénéfiques sur le continent qui pourraient aider à inverser cette tendance de moins en moins libre et améliorer des millions de vies dans le processus.

Le développement le plus important pour la liberté économique en Afrique est la nouvelle zone de libre-échange continentale africaine. L’accord vise à abolir plus de 97% des barrières tarifaires entre les États africains au cours des 12 prochaines années. Si toutes les nations devaient ratifier l’accord

(41 des 55 États de l’Union africaine l’ont fait jusqu’à présent), la Banque mondiale estime que cette libéralisation du commerce pourrait sortir 30 millions de personnes de la pauvreté abjecte (définie comme vivant avec moins de 1,90 dollar par jour) et 68 millions sortiront de la pauvreté modérée (moins de 5,50 dollars par jour) d’ici 2030. Dans une autre étape positive, de nombreux pays ont commencé à prendre des mesures pour supprimer les barrières non tarifaires – qui contribuent à rendre le commerce des biens et services plus coûteux.

En outre, la ZLECAf peut avoir des retombées qui influencent positivement la liberté économique au-delà du domaine de la liberté commerciale. Au fur et à mesure que des gains sont réalisés grâce à la libéralisation des échanges, une plus grande crédibilité pourrait être donnée aux politiques de marché libre et les gouvernements pourraient mettre en œuvre de nouvelles réformes économiquement libérales. Certains des domaines touchés pourraient être la liberté d’entreprise, la liberté du travail, la liberté d’investissement et les droits de propriété.

De plus, quelques pays sont sortis de la catégorie « principalement non libre » pour entrer dans les rangs des « modérément libres » ces dernières années. Le Bénin, le Sénégal et la petite nation insulaire de Sao Tomé et Príncipe ont pu le faire. Cela montre que tout espoir n’est pas perdu et qu’il reste des États qui se consacrent à l’amélioration des libertés et de la qualité de vie de leurs citoyens.

Alors que la majorité des pays africains sont devenus moins libres, selon le rapport de The Heritage Foundation, l’avenir de la liberté à travers le continent ne doit pas être exclu pour l’instant. La ZLECAf a le potentiel de renverser la tendance négative actuelle et d’inaugurer une décennie ou plus de liberté et de prospérité accrues. En fin de compte, c’est le choix des gouvernements africains d’adopter ou non des politiques de liberté économique et de libéralisme. Mais si les gouvernements choisissent la liberté, la vie de millions d’Africains sera transformée pour le mieux.

Cet article est publiée en Anglais par IATP

Par  ALEXANDRE JELLOIAN

Stagiaire à l’IATP.