Paru pour la première fois en 1949, “Human Action: A Treatise on Economics” n’est pas un simple manuel d’économie. C’est le chef-d’œuvre de Ludwig von Mises (1881-1973) et la pierre angulaire de l’École Autrichienne moderne. Ce traité monumental propose une refondation complète de la science économique, la hissant au rang de science déductive et logique, fondée sur l’étude rigoureuse du comportement humain. Aperçu du livre avec Lambert Nduwayezu, fondateur de l’Institute for Economics and Enterprises.
Pour Mises, l’économie ne s’étudie pas comme la physique, par des expériences ou des données statistiques. Elle est la praxéologie, la science de l’action humaine.
1. La praxéologie : Le fondement de toute économie
Au cœur de L’Action Humaine se trouve un axiome unique et irréfutable : l’être humain agit. L’action est définie comme la tentative consciente de l’individu de passer d’un état moins satisfaisant à un état plus satisfaisant. Chaque choix, chaque non-choix, chaque transaction—aussi petit soit-il—est motivé par un objectif et implique une préférence et un sacrifice (un coût d’opportunité).
De cet axiome fondamental, Mises déduit l’ensemble des lois économiques. L’économie devient ainsi une science a priori, où les lois du marché -comme l’offre et la demande, le rôle des prix, les avantages de la division du travail- sont aussi certaines que les théorèmes mathématiques, car elles découlent logiquement de la nature même de l’action.
Aussi, Mises utilise le terme catallaxie pour décrire le marché comme un processus social d’échange volontaire. Le marché libre n’est pas une entité figée ou un lieu physique, mais un réseau dynamique d’interactions où les individus coopèrent sous le régime de la propriété privée.
Il souligne queles prix sont le langage essentiel de la catallaxie. Ils transmettent l’information cruciale sur la rareté des ressources et l’intensité des désirs des consommateurs, permettant aux entrepreneurs de planifier de manière rationnelle. Aussi, l’entrepreneur est le moteur du progrès. Il est celui qui, face à l’incertitude future, anticipe les besoins des consommateurs, alloue les ressources et, s’il réussit, réalise un profit. La concurrence entrepreneuriale est le mécanisme par lequel les ressources sont continuellement réorientées vers leur usage le plus valorisé. Du coup, les entrepreneurs qui réussissent sont ceux qui ajustent le mieux leur production aux besoins des consommateurs.
2. Le plaidoyer pour le marché et la liberté individuelle
Human Action est une “défense radicale et imperméable des conclusions politiques du laissez-faire”. Mises soutient que le moteur du marché est la souveraineté du consommateur, qui est l’arbitre suprême de sa propre satisfaction.
Mises met en garde contre l’interventionnisme :
« La substitution de la planification économique à l’économie de marché supprime toute liberté et laisse à l’individu simplement le droit d’obéir. »
Il explique que dès lors que la liberté économique est retirée, toutes les libertés politiques et les chartes de droits deviennent une illusion. Dans un système planifié, l’autorité contrôle tous les aspects de la vie d’un individu et le travail devient obligatoire.
3. La critique incontournable du socialisme
L’une des contributions majeures du livre est son argument contre l’impossibilité du calcul économique socialiste.
Mises démontre que, en l’absence de propriété privée des moyens de production, il n’y a pas de véritable échange de biens capitaux, et donc pas de formation de prix significatifs pour ces biens. Sans prix monétaires pour les machines, les usines ou la terre, les planificateurs socialistes n’ont aucun moyen rationnel de comparer les coûts, d’évaluer la rareté ou de déterminer la méthode de production la plus efficace.
Le socialisme n’est pas seulement moins productif que le capitalisme ; il est irrationnel sur le plan économique car il lui manque l’outil essentiel à la gestion : le système de prix.
4. Monnaie, État et cycle économique
Mises consacre également une partie importante à la Théorie autrichienne du cycle des affaires. Selon cette théorie, les booms et les récessions ne sont pas des défauts inhérents au marché libre, mais le résultat direct de l’intervention de l’État dans le système monétaire.
Lorsque les banques centrales – ou l’État – abaissent artificiellement les taux d’intérêt, cela envoie un signal trompeur aux entrepreneurs, les incitant à investir dans des projets qui ne sont pas justifiés par une épargne réelle. Cela crée une phase d’expansion artificielle (le boom), qui se termine inévitablement par une récession (le krach) lorsque l’inadéquation entre les projets et la réalité des ressources est révélée.
En conclusion, L’Action Humaine est un plaidoyer puissant et rigoureux pour le libéralisme classique et le capitalisme de laissez-faire. Mises y soutient que la liberté individuelle, la propriété privée et le marché libre ne sont pas seulement des arrangements politiques ou éthiques souhaitables ; ils sont les seules conditions sous lesquelles la coopération sociale et la prospérité humaine peuvent exister de manière durable et rationnelle.
Ce traité reste une lecture essentielle pour quiconque souhaite comprendre les principes fondamentaux qui gouvernent la richesse et l’organisation de la société. Aujourd’hui, l’œuvre demeure un texte essentiel, non seulement pour comprendre les mécanismes complexes de l’économie de marché, mais aussi pour défendre l’idée que l’économie et la liberté sont indissociables.
A propos de nous :
Institute for Economics and Enterprises est une Think Tank basé au Burundi qui une mission de produire une société basée sur les principes du libre marché, de l’Etat de droit et de la propriété privée.






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