Analyse du classement du Burundi selon la liberté économique en 2025

Analyse du classement du Burundi selon la liberté économique en 2025

Le rapport annuel Economic Freedom of the World (EFW) 2025 (Liberté Économique du Monde), publié par le Fraser Institute en coopération avec un réseau mondial de think tanks, fournit une évaluation exhaustive de l’état de la liberté économique dans 165 juridictions. Cet indice, fondé sur 45 composantes regroupées en cinq grands domaines — Taille du gouvernement, Système juridique et droits de propriété, Monnaie saine, Liberté de commercer à l’échelle internationale et Réglementation —, est un outil essentiel pour mesurer l’étendue des choix économiques des citoyens et le rôle de l’État dans l’économie. Analyse de Lambert Nduwayezu, fondateur de l’Institute for Economics and Enterprises.

L’édition 2025, qui utilise les données les plus complètes disponibles pour l’année 2023, révèle une tendance mondiale préoccupante : la liberté économique globale a reculé de manière significative après la pandémie de coronavirus, annulant près d’une décennie de progrès. C’est dans ce contexte de régression mondiale que le classement du Burundi mérite une attention particulière.

Le Burundi : parmi les pays les moins libres

Le Burundi se positionne de manière critique dans l’indice EFW 2025. Avec une performance qui le place dans le quatrième quartile, celui des pays les “Least Free” (les moins libres), la nation est confrontée à des défis structurels majeurs en matière de gouvernance économique.

Les données 2023 attribuent au Burundi un score global de 5,01 sur 10, le plaçant au 152e rang mondial sur 165 juridictions. Ce classement est partagé avec l’Éthiopie, et il met en lumière des contraintes systémiques qui entravent la croissance et le développement. Le rapport souligne que le faible niveau de liberté économique au Burundi n’est pas dû à une seule faiblesse, mais à une combinaison de facteurs dans plusieurs des cinq domaines mesurés. Les indices de l’État de droit et de la stabilité monétaire sont généralement des points de friction majeurs pour les nations de cette catégorie.

Le rapport EFW insiste sur le fait que la corrélation entre la liberté économique et la prospérité est l’une de ses conclusions les plus robustes. Les nations les plus libres — menées par Hong Kong, Singapour et la Nouvelle-Zélande — bénéficient de niveaux de vie nettement supérieurs. Inversement, être classé parmi les moins libres signifie que les citoyens font face à d’importants désavantages économiques.

Les Conséquences de l’absence de liberté économique

Les résultats du Burundi dans les dernières tranches du classement ne sont pas de simples statistiques ; ils ont des implications directes et mesurables sur la vie de ses citoyens. Le rapport EFW démontre une nette disparité entre les quartiles :

Primo : Disparité de revenu et de pauvreté : Les personnes vivant dans le quartile des pays les plus libres gagnent, en moyenne, 6,2 fois plus que celles vivant dans le quartile du Burundi. Plus révélateur encore, le revenu des 10 % les plus pauvres est 7,8 fois plus élevé dans le quartile le plus libre. De plus, le taux de pauvreté est environ 25 fois plus élevé dans le quartile des pays les moins libres.

Secundo : Santé et longévité : La liberté économique est également un déterminant clé du bien-être physique. Les données compilées par les auteurs indiquent que les individus résidant dans les juridictions les plus libres jouissent d’une espérance de vie plus longue d’environ 17 ans par rapport à ceux du quartile du Burundi.

Tertio : Investissement et qualité de l’éducation : Bien que les chapitres spécifiques de cette édition se concentrent sur les États-Unis et la paix, les résultats globaux confirment que des niveaux plus élevés de liberté économique sont associés à une meilleure qualité de l’éducation (selon les scores PISA et les tests harmonisés de la Banque mondiale). Un environnement économique plus libre tend à attirer l’investissement étranger et domestique nécessaire pour financer de meilleurs services publics.

Perspectives de réforme et voie à suivre

Pour le Burundi, l’amélioration de son classement nécessiterait des réformes ciblées et substantielles. Les auteurs du rapport EFW soutiennent que le simple fait de réduire la taille du gouvernement n’est pas suffisant.

L’accent doit être mis sur le renforcement du système juridique et des droits de propriété. Pour les nations d’Afrique subsaharienne, l’instabilité de la monnaie et la faiblesse de l’État de droit minent souvent la confiance des investisseurs et freinent l’esprit d’entreprise. Des réformes visant à garantir des tribunaux impartiaux, une application stricte des contrats, et l’absence de confiscation de la propriété sont fondamentales pour une amélioration durable de l’indice.

En conclusion, le rapport Economic Freedom of the World 2025 rappelle au Burundi l’urgence des réformes institutionnelles. Seul un engagement en faveur des institutions de marché, de l’État de droit et d’une concurrence ouverte peut libérer le potentiel économique de ses citoyens et se traduire par une augmentation significative de la prospérité et du bien-être social.

A propos de nous :

Institute for Economics and Enterprises est une Think Tank basé au Burundi qui une mission de produire une société basée sur les principes du libre marché, de l’Etat de droit et de la propriété privée.

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