Dans la perspective de développement de l’entrepreneuriat péri-urbain de Bujumbura, les jeunes se sont lancés dans l’exploitation des carriers pour faire face au chômage et gagner leur vie quotidienne. Pour avoir un site d’exploitation, tu dois appartenir à une coopération d’exploitation. Les carriers affirment néanmoins que ces coopératives ne leur aident pas davantage dans le sens proprement dit des coopératives. La restructuration de ces coopératives, ne serait-il pas une aubaine pour ces jeunes carriers ambitieux d’entreprendre ? Point avec notre collègue Guy Marie Eloi.
Les jeunes carriers récitent…
« Je fais ce métier de carrier pendant plus de 5 ans. J’arrive à nourrir mes enfants, je leur achète facilement des cahiers, des stylos, je paie mon loyer, le minerval des enfants et je m’achète tout ce que je veux grâce à ce métier de carrier sans toutefois demander de l’argent à mon mari », témoigne Fabiola, une jeune maman qui fais le métier de carrier dans le site d’exploitation Mugere bas.
« J’ai terminé mes études secondaires en informatique de gestion. Après, j’ai cherché un boulot mais je n’ en ai pas trouvé. J’ai dû m’arranger et j’ai trouvé un petit capital et puis je suis venu travailler dans ce site d’exploitation de Mugere haut. Pour le moment, je peux gagner 100 000fbu par semaine si j’ai bien travaillé et m’offrir en retour tout ce que je veux. » Nous témoigne encore Jeannette.
« Notre survie en dépend de cette rivière ». Racontent d’autres jeunes carriers travaillant dans les sites d’exploitation de la rivière Mugere.
Défis
Même si le métier de carrier fait vivre plusieurs jeunes, les défis entravant ce métier ne manquent pas et ceux-ci ralentissent l’épanouissement entrepreneurial de ces jeunes. Ils racontent qu’ils doivent adhérer à une coopérative pour être accepté comme carrier. Lorsqu’ils vendent un ben de gravier ou de sable, une part du bénéfice va directement à la coopérative et l’autre les revient. Cette part perçue par les coopératives n’est pas moindre car les carriers partagent presque la moitié de leur bénéfice avec ses coopératives. Or, ces coopératives ne réalisent pas pleinement leur rôle. Si tu rencontres un accident de travail, un autre bien portant va te remplacer et tu vas te prendre en charge toi-même, mais tu rejoindras aisément ton site à ton retour. « La fonction de ces coopératives est d’enseigner des mesures protectrices de l’environnement aux carriers d’une part. De payer d’autre part les frais fiscaux aux fiscs ainsi que les frais d’acquisition des sites d’exploitation dont ces jeunes carriers sont incapables de payer dès le début », explique Evelyne l’une des membres dirigeants d’une coopérative. Le faible financement et le manque des outils adaptés restent aussi un défi majeur dans leur métier de carrier.
Solution
L’activité de carrier est exercée par les personnes de tout genre, homme et femme, dominés en grande partie par les jeunes. Les jeunes carriers pensent que la restructuration de leurs coopératives pourrait améliorer leur productivité et augmenter leur bénéfice. Leur suggestion porte sur la voie de la libéralisation des sites d’exploitation au lieu de toujours travailler dans les coopératives. Ils militent pour l’implantation et le respect du droit de propriété privédes sites d’exploitation. Ces suggestions corroborent avec celles de l’économiste libéral Autrichien Carl Menger affirmant qu’il faut « privilégier des actions individuelles en considérant que chacun cherche à maximiser son intérêt et à satisfaire ses besoins pour dynamiser l’économie. » Cela permettra ainsi aux jeunes carriers de rentabiliser leur entrepreneuriat, de réduire le chômage des jeunes et de contribuer in fine à l’édification de leur prospérité.
A propos de nous :
Institute for Economics and Enterprises est un Think Tank basé au Burundi qui une mission de produire une société basée sur les principes du libre marché, de l’Etat de droit et de la propriété privée.






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