Burundi : Enregistrement en ligne des entreprises, une mesure venue à point nommé.

Le processus complexes de l’enregistrement des entreprises au Burundi constitue une des barrières qui hante les Start ups. Même si la nouvelle mesure d’enregistrement en ligne est un ouf de soulagement, il reste encore des échelons à gravir pour faciliter l’accès rapide aux documents légaux des entreprises d’après notre collègue Odyssé NIYONKURU.

« Désormais, l’immatriculation des sociétés et des personnes physiques commerçantes s’effectuera en ligne, les créateurs des sociétés pourront le faire directement chez eux après le paiement de 40 000 Fbu pour les personnes morales et 30 000 Fbu pour les personnes physiques », lit-on dans  le communiqué officiel de l’Agence de développement du Burundi.

 Le Burundi est un pays où la création d’entreprise est en pleine expansion, créer cette dernière en ligne semble être une solution attrayante pour les jeunes qui se lancent dans les procédures de la formalisation car l’ensemble des formalités peut être effectué de manière dématérialisée. Ainsi, les jeunes entrepreneurs de l’intérieur du pays, entravés par l’éloignement des agences qui facilitent la création des entreprises et perdent beaucoup de temps et d’argent pour la formalisation de leur société, la digitalisation bénéficieront dorénavant des services virtuelles.

Un ouf de soulagement,…

Avant le budget global à prévoir pour effectuer sa création d’entreprise était une somme exorbitante pour les jeunes entrepreneurs d’autres provinces que Bujumbura qui débutent dans l’entrepreneuriat, alors qu’avec cette digitalisation une économie substantielle peut être réalisée par la réduction des dépenses, du temps et des processus qui suscitaient parfois de la corruption ou autres lobbying.

Pour Christian un jeune entrepreneur de NGOZI, cette mesure est un ouf de soulagement : «  Ça fait une année que je veux toujours formaliser mon entreprise, mais comme je n’ai pas de moyen pour me rendre au guichet unique de l’ADB à Bujumbura, car ça exige des frais supplémentaires pour déplacement, restauration et logement qui s’ajoutent au 40 000 Fbu pour l’enregistrement étaient au-delà de mes moyens, j’espère donc réaliser mon rêve en ligne », explique-t-il.

Et Pourtant…

C’est une mesure économiquement séduisante, même si réaliser seul ces procédures de création en ligne peut s’avérer complexe, malgré qu’elle présente des avantages évidents en termes de simplicité, de rapidité et d’économies suite à l’accès à l’Internet qui reste un défi à pallier dans notre pays où seulement environ 10% de la population peut avoir accès à l’internet.

En générale cette mesure va avoir un impact positif sur toute la vie économique du pays, surtout dans la réduction du secteur informel, lequel occupant une place prépondérante dans l’économie burundaise. Pourtant avec la digitalisation, elle favorisera l’accès du plus grand nombre à ses services ce qui contribuera par ricochet à l’élargissement de l’assiette fiscale mais aussi il faudra aussi que l’État créé des guichets unique dans chaque province pour les  décentraliser, dans ce cas toute personne y compris ceux qui n’ont pas accès à l’internet pourront être bénéficiaires.

A propos de nous:

Institute for Economics and Enterprises est un groupe de réfléxion basé au Burundi. Il fait promouvoir les idées liberales économiques

Burundi : Le Capitalisme, un pneu de secours dans la lutte contre la corruption ?

Selon Transparency International, les pays qui ont plus de plus de liberté  économique sont les moins corrompus, or le pays des tambours fait encore la queue du classement se positionnant à la 168ème place sur les 180 pays évalués. Dans une telle position, le capitalisme et ses principes s’imposent comme pneu de secours dans la lutte contre la corruption et toute malversation économique afin de booster les indicateurs de la liberté économique. Plus d’éclaircissement avec notre collègue, Odyssé NIYONKURU

Commençons par une brève définition. Le CAPITALISME est un système économique où les acteurs privés possèdent et contrôlent des biens conformément à leurs intérêts, et l’offre et la demande fixent librement les prix sur les marchés, de la meilleure manière qui soit pour la société. L’essence du capitalisme est la recherche du profit. Adam Smith, philosophe du XVIIIe siècle et père de l’économie moderne, l’a dit : « Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du brasseur ou du boulanger que nous attendons notre dîner, mais plutôt du soin qu’ils apportent à la recherche de leur propre intérêt ». Dans un échange librement consenti, les deux parties recherchent chacune leur avantage, mais aucune des deux ne peut obtenir ce qu’elle veut sans tenir compte du souhait de l’autre. C’est cela donc qui peut conduire à la prospérité économique.

4 moyens d’arrêter la corruption par le capitalisme.

Au Burundi comme partout ailleurs, la corruption nait surtout de la complexité du système économique qui empêchent les à produire à cause de l’inondation des règlementations sur le marché. La corruption s’impose alors comme un moyen de lobbying permettant aux entreprises et individu d’échapper ces réglementations multiples, créant ainsi des inégalités.

Pour prévenir ou juguler à cette pratique, le système économique doit puiser sa grandeur dans les piliers du capitalisme qui convergent sur la création d’un marché libre qui tiennent en considération la compétition et la concurrence des biens et services :

Primo, la propriété privée, qui permet aux individus de posséder des biens matériels (terres, maisons) et immatériels (actions, obligations), stimule l’intérêt personnel, qui pousse les individus à agir selon leur propre avantage, insensibles à la pression sociopolitique. Ces individus non coordonnés finissent néanmoins par profiter à la société comme s’ils étaient guidés par une main invisible dans la quête de la prospérité.

 Secundo, la concurrence, qui, en laissant les entreprises libres de pénétrer et de quitter le marché, maximise la prospérité sociale, c’est-à-dire la prospérité commune des producteurs et des consommateurs; un mécanisme de marché qui détermine les prix d’une façon décentralisée par les interactions entre acheteurs et vendeurs : les prix déterminent ensuite l’affectation des ressources, naturellement en vue d’atteindre la plus grande satisfaction, non seulement pour les biens et les services, mais aussi pour les salaires.

Tertio, la liberté de choix en matière de consommation, de production et d’investissement : un client mécontent peut acheter d’autres produits, un investisseur placer son argent dans un projet plus lucratif, et un travailleur quitter son emploi pour un autre mieux rémunéré.

Quarto, le rôle limité des pouvoirs publics, qui doivent protéger les droits des citoyens et maintenir un environnement propre à favoriser le bon fonctionnement des marchés. En fonction du degré de force de ces piliers, on distingue différentes formes de capitalisme. Dans les économies de marché, la réglementation des marchés est minime ou inexistante. Dans les économies mixtes, le marché joue un rôle prépondérant, mais les pouvoirs publics le réglementent davantage afin d’en corriger les défaillances (pollution, encombrements, etc.), de promouvoir le bien-être social, ou pour d’autres raisons comme la défense ou la sécurité publique. Le capitalisme mixte est actuellement le modèle dominant.

Il faut agir maintenant !

La corruption freine la croissance économique, nuit à l’état de droit et entraîne un gaspillage de compétences et de précieuses ressources. Lorsque la corruption est omniprésente, les entreprises hésitent à investir face au coût nettement plus élevé de l’activité économique.

A mon humble avis, rien ne peut pas vaincre la pauvreté si la corruption persiste au Burundi, il faut que les lois et les stratégies soient mises en œuvre pour éradiquer la culture des ponts de vins qui enclouent le pays de  Mwezi sur la croix de la pauvreté depuis son indépendances. Pour y arriver, la voie n’est autre que le cheminement vers capitalisme.

A propos de nous:

Institute for Economics and Enterprises est un groupe de réflexion independant. Il promeut un système économique caractérisé par une philosophie de marché libre, d’état de droit et de propriété privée

« The Fountainhead » d’Ayn Rand, un roman pour notre temps

Bien qu’il ait été écrit il y a plusieurs décennies, The Fountainhead a un attrait durable car il aborde des questions qui sont aussi pertinentes aujourd’hui qu’elles l’étaient lorsque le roman a été publié pour la première fois. La bataille entre l’individualisme et le collectivisme en particulier fait rage et ne montre aucun signe de ralentissement. Ce livre remettra en question de nombreuses hypothèses sur la moralité et sur ce à quoi ressemble une vie bien vécue. Mais le défi ne vient pas sous la forme d’un argument. Il se présente sous la forme d’une histoire, qui a le potentiel de transformer votre façon de voir le monde, bref apercu du livre avec Patrick Carrol

Pour ceux qui ne l’ont pas lu, The Fountainhead est l’histoire d’un jeune architecte nommé Howard Roark. Roark est un non-conformiste qui se trouve en désaccord avec le reste de sa profession en raison de son refus de compromettre son expression artistique au nom de la tradition.  Cela va cependant plus loin que cela. La vision du monde autoproclamée de Roark est « l’égoïsme », et c’est cette attitude égoïste et individualiste que le reste du monde ne semble pas pouvoir supporter, à l’exception de quelques-uns de ses amis proches. Rand utilise sans vergogne l’histoire pour faire avancer sa philosophie de vie, appelée objectivisme. Roark est le héros prototypique de cette philosophie, bien que si vous lisez certaines des choses que fait Roark, vous pourriez vous hérisser à l’idée de le considérer comme un exemple à imiter. En repensant au livre, j’ai apprécié le récit, mais les dialogues sont vraiment ce qui le distingue. Ils étaient incroyablement intelligents et pointus, et ils aident vraiment le lecteur à connaître les personnages et leurs visions du monde.

Le livre m’a également mis au défi de repenser à de nombreuses idées de « bon sens » que les gens tiennent souvent pour acquises. Tout au long de l’histoire, Rand fait de nombreux points contre-intuitifs qui vont à l’encontre de la vision dominante sur divers sujets. Voici une sélection de quelques idées contre-intuitives qui m’ont marqué :

1) Notre culture n’est pas aussi individualiste que nous le pensons

La plupart des gens diraient que nous vivons dans une culture assez individualiste en Occident, mais Rand serait en désaccord. Selon Rand, notre société est pleine de « second-handers », des gens qui vivent pour et à travers les autres. Ce thème est introduit au début du livre dans un dialogue entre Roark et Peter Keating, un collègue architecte. Keating sait que Roark est bon en architecture, alors il demande conseil à Roark. La réponse de Roark est éclairante :« Si tu veux mon avis, Peter, tu as déjà fait une erreur, en me demandant. En demandant à personne. Ne demande jamais aux gens. Pas à propos de ton travail. Ne sais-tu pas ce que tu veux savoir? » Comme nous l’apprenons à travers le reste de l’histoire, demander des conseils peut sembler bénin, mais cela révèle souvent que vous n’avez pas d’opinion personnelle – vous ne pouvez vivre qu’à travers les opinions des autres. Et ce n’est pas comme si ces autres avaient leurs propres opinions non plus. Le fait est que nous vivons dans une culture où les gens ont peur d’être originaux et d’avoir leurs propres idées. Nous nous efforçons tellement de plaire aux autres, d’être la personne que les autres veulent que nous soyons, que dans le processus nous nous perdons nous-mêmes.

Être vraiment soi -même – un véritable individualisme – est difficile. Parce que cela signifie inévitablement être impopulaire, détesté et constamment critiqué. Et lorsque vous êtes critiqué, vous devez avoir suffisamment d’intégrité pour dire : « Je ne suis pas d’accord avec votre critique et je refuse de l’intégrer. Je refuse d’être la personne que les autres veulent que je sois simplement pour les apaiser ». L’intégrité dans ce sens est la loyauté envers vous-même, envers vous . Se trahir aux caprices des autres est le péché révélateur du second-hander.

Rand développe l’idée de seconde main dans une section ultérieure du livre. « C’est précisément la mort des brocanteurs », écrit-elle. « Ils ne se soucient pas des faits, des idées, du travail. Ils ne s’occupent que des gens. Ils ne demandent pas : « Est-ce vrai ? Ils demandent : « Est-ce que c’est ce que les autres pensent être vrai ? Pas pour juger, mais pour répéter. Non pas pour faire, mais pour donner l’impression de faire. Pas de création, mais de spectacle. Pas de compétence, mais d’amitié. Pas de mérite, mais de traction.

2) Le travail d’équipe ne permet pas toujours de réaliser le rêve

Les gens disent souvent que deux têtes valent mieux qu’une, et il y a des moments où c’est certainement le cas. Mais selon Rand, la mentalité de « travail d’équipe » est appliquée beaucoup trop largement dans notre culture, la médiocrité étant le résultat prévisible.

Il y a une histoire dans The Fountainhead qui vise à illustrer ce point, et elle tourne autour d’un projet architectural appelé La Marche des siècles, qui fait partie d’une exposition pour l’Exposition universelle. Huit des meilleurs architectes d’Amérique ont été choisis pour concevoir le bâtiment en collaboration. Il visait à démontrer combien il est préférable de travailler avec les autres par rapport à travailler seul. Peter Keating était l’un des huit collaborateurs.

Le projet, cependant, a été un « effroyable flop ». Et comme d’habitude, toutes les raisons sauf la plus évidente ont été données pour son échec. Quelques chapitres plus tard, Roark discute avec Peter Keating, essayant de lui faire comprendre la philosophie individualiste. Dans un commentaire désinvolte, Roark évoque La marche des siècles. « Peter, chacun d’entre vous au sein de ce comité a fait un meilleur travail seul que les huit d’entre vous ont produit collectivement. Demandez-vous pourquoi, parfois.

Je me suis demandé « pourquoi » quand j’ai lu cela, et la réponse était évidente, comme Rand l’avait voulu. La raison pour laquelle le projet a échoué est que « la création et la production sont mieux poursuivies en tant qu’entreprises individualistes ». Une personne avec une grande vision, quelqu’un qui peut contrôler chaque détail, est généralement la clé pour atteindre l’excellence. Lorsque vous dirigez en comité, personne n’est vraiment responsable ; vous devez faire des compromis et intégrer l’apport de chacun. Le résultat est un méli-mélo d’idées à moitié cuites. Aucune vision unique et globale ne peut se concrétiser. Mais ce sont précisément des visions uniques et complètes qui font la qualité d’un produit. Il y a une raison pour laquelle presque tous les grands arts sont créés par des individus plutôt que par des équipes.

3) Quand il s’agit de gens, vous pouvez souvent juger un livre par sa couverture

Il est de notoriété publique que vous n’êtes pas censé juger les autres sur la première impression. Vous venez de les rencontrer, après tout. Il est presque injuste de tirer des conclusions hâtives sur leur caractère et leur personnalité alors que vous les connaissez à peine.

Ou est-ce? Dans une section du livre, Rand fait un point intéressant sur l’intuition qui remet en question cette notion selon laquelle nous ne pouvons pas juger les gens simplement en les regardant.

« ‘Il n’y a rien de plus significatif qu’un visage humain. Ni aussi éloquent. Nous ne pouvons jamais vraiment connaître une autre personne, sauf par notre premier coup d’œil sur elle. Parce que, dans ce regard, on sait tout. Même si nous ne sommes pas toujours assez sages pour démêler les connaissances. As-tu déjà pensé au style d’une âme, Kiki ? ‘Le quoi?’ ‘Le style d’une âme. Vous souvenez-vous du célèbre philosophe qui parlait du style d’une civilisation ? Il l’appelait ‘style’. Il a dit que c’était le mot le plus proche qu’il pouvait trouver pour cela. Il a dit que chaque civilisation a son principe de base unique, une conception unique, suprême et déterminante, et que chaque effort des hommes au sein de cette civilisation est fidèle, inconsciemment et irrévocablement, à ce principe unique. … Je pense, Kiki, que chaque âme humaine a aussi son propre style. C’est un thème de base. Vous le verrez reflété dans chaque pensée, chaque acte, chaque souhait de cette personne. Le seul absolu, le seul impératif dans cette créature vivante. Des années à étudier un homme ne vous le montreront pas. Son visage le fera. Il faudrait écrire des volumes pour décrire une personne. Pensez à son visage. Vous n’avez besoin de rien d’autre. Vous trahissez bien plus que vous ne le réalisez lorsque vous montrez votre visage au monde.

4) L’ego de l’homme est la source du progrès humain

Le résumé de The Fountainhead paru sur la première édition en 1943 commence par la ligne suivante : « Un roman passionnant et dramatique, ce livre est basé sur une croyance provocante en l’importance de l’égoïsme, sur l’idée provocatrice que l’ego de l’homme est la source de progrès humain ». Dans sa postface, le protégé de Rand, Leonard Peikoff, éclaire un peu plus le titre, qui n’est jamais directement expliqué dans le livre lui-même : « Le titre de travail d’Ayn Rand pour le roman était Second-Hand Lives. Le titre final, choisi après l’achèvement du manuscrit, change l’accent : comme le livre, il donne la primauté non pas aux /méchants, mais au héros créateur, l’homme qui utilise son esprit de première main et devient ainsi la source de tous. réalisation

L’idée que l’ego de l’homme est la source du progrès et de la réussite est l’affirmation centrale du livre, et peut-être la plus radicale. Mais l’explication de Rand de cette idée – à la fois par le dialogue et le récit – est convaincante. « Avant de pouvoir faire des choses pour les gens, vous devez être le genre d’homme qui peut faire avancer les choses. Mais pour faire avancer les choses, vous devez aimer le faire, pas les conséquences secondaires. Le travail, pas les gens. Votre propre action, pas n’importe quel objet possible de votre charité. Je serai heureux si les personnes qui en ont besoin trouvent une meilleure façon de vivre dans une maison que j’ai conçue. Mais ce n’est pas le motif de mon travail. Ni ma raison. Ni ma récompense ».

Le point de vue de Rand est que la productivité et la réussite créative ne proviennent vraiment que d’individus agissant dans leur propre intérêt. Paradoxalement, la meilleure façon d’aider les autres est d’être, en un sens, égoïste. Cela semble probablement grossier, mais Rand nous met au défi de lutter au moins avec l’idée. Demandez-vous qui est le bienfaiteur le plus efficace des opprimés ? Celui qui professe de l’amour pour eux mais est incapable de les aider, ou celui qui agit par pur intérêt personnel mais – en raison de cet intérêt personnel – est en fait capable de produire quelque chose de valeur ?

Cet article a été publiée initialement en anglais par FEE et traduit en francais par Institute for Economics and Enterprises.

A propos de l’Auteur :

Patrick Carrol  est titulaire d’un diplôme en génie chimique de l’Université de Waterloo et est chargé de rédaction à la Foundation for Economic Education.

Adam Smith : Les idées changent le monde

Adam Smith est entré dans un monde que sa raison et son éloquence transformeront plus tard. Il a été baptisé le 5 juin 1723 à Kirkcaldy, en Écosse. On suppose qu’il est né ce jour-là ou un jour ou deux avant. Il deviendrait le père de l’économie ainsi que l’un des défenseurs les plus éloquents de l’histoire des marchés libres, ses idées avec Lambert Nduwayezu, fondateur de l’Institute for Economics and Enterprises

Le regretté économiste britannique Kenneth E. Boulding a rendu cet hommage à son prédécesseur intellectuel : « Adam Smith, qui prétend être à la fois l’Adam et le Smith de l’ économie systématique , était professeur de philosophie morale et c’est dans cette forge que l’économie a été faite. » Adam Smith a été le premier philosophe moraliste à reconnaître que le commerce de l’entreprise – et tous les motifs et actions sur le marché qui en sont à l’origine – méritait une étude approfondie et à plein temps en tant que discipline moderne des sciences sociales. Le point culminant de ses réflexions à cet égard survint en 1776 avec la publication de son livre  An Inquiry into the Nature and Causes of the Wealth of Nations , mieux connu depuis comme simplement La richesse des nations .  Notez qu’il n’a pas cherché à explorer la nature et les causes de la pauvreté des nations. La pauvreté, dans son esprit, était ce qui se passe quand rien ne se passe, quand les gens sont oisifs par choix ou par force, ou quand la production est empêchée ou détruite. Il voulait savoir ce qui donne naissance à ce que nous appelons la richesse matérielle, et pourquoi.

Adam et le mercantilisme

Bien que le mercantilisme prévoyait de modestes améliorations de la vie et de la liberté par rapport au féodalisme qui l’avait précédé, c’était un système enraciné dans l’erreur qui étouffait l’entreprise et traitait les individus comme des pions de l’État. Les penseurs mercantilistes croyaient que la richesse mondiale était un gâteau fixe, donnant lieu à des conflits sans fin entre les nations. 

Après tout, si vous pensez qu’il n’y a pas grand-chose et que vous en voulez plus, vous devez le prendre à quelqu’un d’autre. Les mercantilistes étaient des nationalistes économiques. Pour eux, les marchandises étrangères étaient suffisamment nuisibles à l’économie nationale, il faut que la politique gouvernementale soit mobilisée pour promouvoir les exportations et restreindre les importations. Ils pensaient que les métaux précieux étaient la définition de la richesse, surtout dans la mesure où ils s’entassaient dans les coffres du monarque. Parce qu’ils avaient peu de compréhension de l’intérêt personnel, la recherche du profit ou le fonctionnement des prix, les mercantilistes voulaient que les gouvernements accordent des privilèges de monopole à quelques privilégiés. Mais Smith était passionnément opposé à toutes les lois et pratiques qui tendaient à décourager la production et à augmenter les prix…. Il considérait avec méfiance toutes les associations professionnelles, tant formelles qu’informelles :« les gens du même métier se réunissent rarement, même pour s’amuser et se divertir, mais la conversation se termine par un complot contre le public, ou par un stratagème visant à des prix », explique Nobel Richard Stone.

Smith : l’internationalisme et l’intérêt personnel

Adam était celui qui croit en la coopération la plus large possible entre les peuples indépendamment des frontières politiques. Smith n’était pas accroché au vieux sophisme mercantiliste selon lequel plus de marchandises devraient être exportées qu’importées. Il a fait exploser cette erreur de « balance commerciale » en affirmant que, puisque les biens et les services constituaient la richesse d’une nation, cela n’avait aucun sens pour le gouvernement de s’assurer qu’il en restait plus qu’il n’y entrait. L’intérêt personnel avait été désapprouvé pendant des siècles comme un comportement acquisitif et antisocial, mais Smith l’a célébré comme un stimulant indispensable au progrès économique. « Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du brasseur ou du boulanger que nous pouvons attendre notre dîner », écrit-il, « mais de leur souci de leur propre intérêt. » De plus, il soutenait avec efficacité que l’intérêt personnel est une motivation inégalée : « L’effort naturel de chaque individu pour améliorer sa propre condition… est si puissant, qu’il est seul, et sans aucune aide, non seulement capable de poursuivre la société à la richesse et à la prospérité, mais de surmonter cent obstacles impertinents dont la folie des lois humaines encombre trop souvent ses opérations. »

Dans une économie libre, raisonnait Smith, personne ne peut mettre une couronne sur sa tête et ordonner que d’autres lui fournissent des biens. Pour satisfaire ses propres désirs, il doit produire ce que les autres veulent à un prix qu’ils peuvent se permettre. Les prix envoient des signaux aux producteurs pour qu’ils sachent quoi faire plus et quoi fournir moins. Il n’était pas nécessaire que le roi assigne des tâches et accorde des monopoles pour veiller à ce que les choses soient faites. Les prix et les profits agiraient comme une « main invisible » avec bien plus d’efficacité que n’importe quel monarque ou parlement. Et la concurrence veillerait à ce que la qualité soit améliorée et que les prix soient maintenus bas. Adam Smith a été le premier à s’apercevoir que nous sommes tombés sur des méthodes d’organisation de la coopération économique humaine qui dépassent les limites de nos connaissances et de notre perception. 

Sa « main invisible » aurait peut-être mieux été décrite comme un motif invisible ou insondable. Nous sommes amenés — par exemple par le système de prix dans les échanges marchands — à faire des choses par des circonstances dont nous ignorons largement et qui produisent des résultats que nous n’avons pas l’intention de faire. Dans nos activités économiques, nous ne connaissons pas les besoins que nous satisfaisons ni les sources des choses que nous obtenons. Le père de l’économie faisait beaucoup plus confiance aux gens et aux marchés qu’aux rois et aux édits. Il déclara : « Dans le grand échiquier de la société humaine, chaque pièce a un principe de mouvement qui lui est propre, tout à fait différent de celui que le législateur pourrait choisir de lui imposer. » Smith a fait preuve d’une compréhension du gouvernement qui éclipse celle de nombreux citoyens aujourd’hui lorsqu’il a écrit « C’est la plus haute impertinence et présomption… chez les rois et les ministres, de prétendre surveiller l’économie des particuliers et de restreindre leurs dépenses… Ils sont eux-mêmes toujours, et sans aucune exception, les plus grands dépensiers de la société. Qu’ils s’occupent bien de leurs propres dépenses, et qu’ils puissent en toute sécurité confier les leurs à des particuliers. Si leur propre extravagance ne ruine pas l’État, celle de leurs sujets ne le fera jamais. »

Les idées comptent vraiment. Ils peuvent changer le monde. Adam Smith l’a prouvé à la pelle, et nous sommes tous infiniment mieux grâce aux idées qu’il a brisées et à celles qu’il a mises en mouvement.

Pour une lecture plus approfondie consulter l’article entier en anglais sur FEE

Apropos de l’auteur: Lambert Nduwayezu, fondateur et directeur de l’Institute for Economics and Enterprises.

Liberté économique, une piste pour résoudre la surtaxation au Burundi?

L’autofinancement budgétaire durant les sept dernières années rime avec la superposition des taxes et impôts, ainsi que l’introduction de nouvelles régulations fiscales. Dans un pays où l’entrepreneuriat est dominé par les petites entreprises des Start ups qui cherchent encore à se confirmer, il devrait y avoir des politiques fiscales qui favorisent la croissance économique en diversifiant les sources des recettes. Analyse de notre collègue Edgard MUGENZI

Les exemples sont légions. A titre illustratif, pour chaque kg de sucre acheté, il est appliqué une taxe de 600 Fbu. Quant à la sainte mousse qui est devenue un gisement des recettes, sa taxe a passée de plus de 90 milliards BIF en 2018 à 129.3 milliards BIF de recettes publiques, soit une augmentation de 39,3 milliards BIF. Sur la période 2018/2022, cette hausse fiscale se chiffre à plus de 43%. 

Pour NKENGURUTSE Salvator, économistes et commerçants, les surcharges fiscales contribuent dans l’augmentation des prix sur le marché et par conséquent c’est toute la population qui en paye le prix cher : « Quand la taxe augmente sur un produit, le prix doit nécessairement monter, et dans tous les cas, c’est au consommateur que revient l’impact direct », explique-t-il.

Des nouvelles mesures, mais…

Le projet de loi des finances instaure 14 nouvelles mesures fiscales. Ce projet compte retenir 15% sur les locations des véhicules et autres engins, à l’exception des celles effectuées par les contribuables qui en font la profession. Il est prévu un prélèvement forfaitaire pour les déclarants en douane de 30 000 FBu, soit une hausse de 50%. De même sur chaque opération de transfert d’argent mobile, il sera prélevé 1% sur la commission perçue par l’intermédiaire. De plus, les associations sans but lucratif ne sont pas exonérées sauf les exonérations reconnues par les lois nationales et internationales. 

Les métiers du secteur formel ne sont pas épargnés. A partir de l’exercice 2022-2023, les notaires et les avocats sont tenus de calculer et de payer au compte du Trésor public la taxe, soit 10% des honoraires encaissées. Dans le secteur du transport rémunéré, en plus du contrôle technique et de la redevance routière, l’article 70 du PLF instaure un impôt forfaitaire libératoire trimestriel sur le transport rémunéré. Par exemple, un bus de plus 35 places va payer 54 000 FBu tous les trois mois. Quant aux institutions financières, ils vont contribuer à hauteur de 5% de leur résultat brut avant impôt au projet du développement du pays.

La liberté économique, une solution ultime

Pour résoudre la problématique de surtaxation, il faut penser avant tout à stimuler plusieurs sources de recettes, donc instaurer des stratégies qui offrent la liberté des personnes à produire et à investir librement dans tous les domaines de la vie économique. Ici il faut divorcer avec la corruption, le favoritisme et interventionnisme étatique car « L’aide du gouvernement aux entreprises est tout aussi désastreuse que la persécution du gouvernement, le seul service qu’un gouvernement peut rendre à la nation est de ne pas toucher à la situation », Capitalism: The Unknown ideal, Ayn Rand, 1966.

C’est-à-dire que le gouvernement doit laisser aux peuples la liberté de produire et de retirer l’interventionnisme étatique en privatisant les entreprises publiques qui, de surcroît, monopolisent aujourd’hui les marchés sans jamais montrer de progrès remarquables pour libéraliser le capital et les capitaux. Cette façon de laisser les gens produire librement stimule l’innovation, la production et attire les capitaux, ce qui revient à élargir le nombre de contributeurs à l’assiette fiscale de l’État, à augmenter l’emploi et à résoudre le problème de la pauvreté.

A propos de nous:

Institute for Economics and Enterprises est un groupe de refléxion independant. Il prone des idées liberales classiques et reve un Afrique libre et prospère.